Comme les contacts sont
toujours bon à prendre en voyage, on a prévu d’aller voir Cielo que j’ai
rencontré dans le bus au Guatemala. On a peine échangé quelques mots dans le
bus et m’a invité à venir chez elle quand je passerai dans le coin. Donc un
mois plus tard, je débarque avec Rémi à San Cristobal de las Casas.

C’est l’une des plus
belles villes coloniales du Mexique à 2140 mètres d’altitude. Pour ma part je
me croirai à Cusco au Pérou avec toutes ces collines environnantes qui
encerclent la ville. Il y a près de 300 églises dans cette seule ville. Cette
ville est parfaite pour y gouter de la bonne gastronomie typique mais aussi
j’ai pu y redécouvrir les petits pains français qui me manquent tant. Enfin
plein de petites bonnes choses dans cette ville de 250 000 habitants.
En arrivant à San
Cristobal pas moyen de contacter notre amie. Tant pis on trace à l’hôtel après
avoir dormi dans la voiture en venant de la Laguna Miramar. Une petite visite
des quelques rues piétonnes s’impose. Pour ma part je suis congelé le soir. Ca
fait longtemps que l’on se balade dans le chaud tropical. Après cette petite
après midi tranquille, notre amie Cielo vient nous chercher à l’hôtel. Manque
de pot elle est accompagné de son gamin hyperactif et l’on se retrouvera
bloquer chez elle à boire des bières et discuter. On serait bien sortie se
faire une petite soirée en ville mais la fatigue viendra à bout de nous avant.
Le lendemain on se fait
guidé par Cielo qui nous emmène en voiture aux villages d’à côté qui ont gardé
leurs traditions. Le changement est bouleversant. Entre la ville de San
Cirstobal et les villages aux alentours, on ne vit pas dans le même monde. Nous
sommes dans la région du Chiapas, il faut savoir que c’est la région où les
indiens sont le plus concentrés dans le pays. On y trouve près de 40 % des indiens du Mexique dans cette région. Le
Chiapas est l’Etat le plus pauvre du Mexique. Plus de 80% des communautés
indigènes n’ont ni eau potable, ni hôpitaux, ni électricité alors que l’état
produit 30 % de l’électricité du pays dans cette région. Le tiers des enfants
n’est pas scolarisé. On peut les voir travailler comme gardien de parking ou
vente de billet touristique. Assez bluffant, j’ai l’impression de faire un come
back en Bolivie.
On se retrouve pour
faire un petit tour dans le village de San Juan Chamula pour commencer. Les
Tzotziles (habitants du village) pratiquent leur propre religion mais en se
servant des instruments du culte catholique, importé ici par les jésuites
espagnols. L’église est assez étonnante,
les aiguilles de pin sur le sol remplacent les bancs. On peut y voir les
habitants venir faire leurs incantations en plaçant des bougies devant eux sur
le sol. Ils jouent de la musique dans l’église et portent quasi tous des robes
ou manteau en fourure noire. Le Christ a été remplacé par San Juan portant dans
ses bras un mouton, l’animal sacré des Tzotziles. Des miroirs fixés à leur cou
servent aux fidèles à voir le reflet de leur âme. La visite de cette église qui
est d’ailleurs le seul attrait de ce petit village, est vraiment intéressante.
On se dirige ensuite
vers le village de Zinacantan où l’on produit des roses mais aussi de
l’artisanat. On ira visiter une petite maisonnette où toute la famille nous
montre sa production d’habits. Les habits sont vraiment traditionnels par ici,
dur d’acheter quelque chose ! J’ai pu discuter avec la fille de la famille
qui n’a que 16 ans et déjà un enfant de 2 ans. La tradition est encore bien
présente dans ce petit village même si cela se perd de plus en plus. Les femmes
portent beaucoup plus les habits traditionnels que les hommes maintenant. Les
femmes commencent à mettre des chaussures…
Après cette petite
balade avec Cielo, on retourne visiter la ville toute l’après midi.

Le lendemain on part faire le fameux canion de
Sumidero. Une balade de 2h en gros hors bord pour faire 64 kms au total. On
traverse le canion qui s’élève à 1000 mètres de hauteur. Vraiment impressionnant !
Avant le barrage les eaux étaient tumultueuses mais maintenant l’eau atteint
250 mètres par endroits. Au cours de la balade on pourra apercevoir un
petit crocodile qui se languit sur le rivage, de nombreux oiseaux pêcheurs, un
singe perdu dans sa forêt dense que l’on ne verra jamais. Sur une des parois on
peut apercevoir un genre de sapin de noël formé sur la paroi rocheuse érodée
par une chute d’eau de 800 mètres et recouverte de mousse. Impressive !

Après le canion on part
se faire un petit détour par le village de Chiapa de Corzo. Cielo nous a dit de
faire un tour il y a un carnaval en ce moment. En effet en s’avançant petit à
petit dans le village on assiste à un véritable carnaval. Le carnaval le plus
ressemblant au carnaval de Dunkerque que j’ai vu jusque maintenant. Ils sont
tous vêtu de la tête au pied d’un drôle de costume. On dirait qu’ils ont mis
des brosses à chiottes sur leur tête mais c’est en fin de compte pour se moquer
de l’espagnol conquérant. En tout cas on passe un très bon moment dans cette
atmosphère chaleureuse et pas du tout touristique. A peine arriver à notre
table pour manger, la femme d’à côté nous offre une bière. L’ambiance est bien
sympa avec une bonne petite musique typique. Les hommes avec leurs masques
semblent regarder le ciel quand ils dansent. Il y a beaucoup de monde dans la
rue avec des bandes qui défilent et qui dansent sur la musique. Il nous faudra
écourter ce bon moment à la tombé de la nuit pour prendre notre bus et se
diriger vers Oaxaca.
On repousse un petit
peu Puerto Escondido qui était prévu après San cristobal de las Casas mais mes
blessures au pied n’étant pas encore guerri, je préfère attendre avant d’aller
surfer. Par contre Rémi boue d’envie de se mettre au surf mais il attendra 2
jours de plus. En tout cas un grand merci à Cielo qui nous aura bien balader
dans cette super ville.
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