Le
lendemain de bonheur je m’attèle à mon plan. Je retourne chercher la moto en
vitesse, et je vais droit vers le white temple. La visite est gratuite même
s’il n’y a pas grand-chose à voir à l’intérieur. Par contre le temple est
magnifique. L’effet du tout blanc est impressionnant. Ca change des dorures à
la thai. Sur la route j’ai aperçu un gros boudha au loin, je demande la route
pour y aller et après avoir traverser un labyrinthe j’arrive au boudha géant.
Il est situé à côté d’un tout petit village et il n’y a que cet édifice. Aucun
touriste bien entendu, je suis seul devant le monstre. Ca vaut le coup d’œil.
Je suis tellement impressionné par la taille que je me tape le pied dans une
ferraille qui me décolle l’ongle de l’orteil qui est en sang. Aouch !
C’est les risques du voyage, il faudra faire avec en plus des infections aux pieds
que je tente de soigner tant bien que mal. Mais avec l’humidité, c’est une vrai
galère, ça me rappelle les Mexique quand toutes mes plaies s’infectaient sans
arrêt. Je ne m’arrête pas à un orteil, et je continue mon chemin maintenant
vers le nord de Chiang Rai où je débute mon tour en moto vers le Golden
Triangle.
Après
2 heures de route j’arrive dans le grand village de Mae Salong perché sur sa
montagne qui sera mon point de départ pour une visite des alentours. En effet
la région est remplie de petits villages ethniques. Je trouve une chambre qui
me coûte 100 baht seulement (3 dollars). Ce qui est bien en saison des pluies
c’est qu’il y a beaucoup moins de touristes et pour le coup je n’en ai pas
croisé un. Par contre le mauvais côté c’est que l’on a de forte chance de se
prendre de la pluie. Ca n’a pas loupé, les averses se succèdent toute la
journée, heureusement j’ai ma super cape de pluie.
Après
seulement 4 kilomètres, je tombe sur un village Akkha facilement reconnaissable
par ses maisons en bois sur piloti. Je laisse la moto sur le bord du chemin et
je me ballade pour voir un peu ce qui se passe pas ici. A la deuxième maison,
une vieille dame sort de chez elle et me fait un joli sourire. Je lui souris à
mon tour et elle me fait un signe de la main m’invitant chez elle. Ne voulant
pas refuser son invitation, j’entre dans sa maison précaire faite de planche de
bois. Là il y a toute la famille qui regarde la télévision. Il me tende un
petit siège en bois de 10 centimètres de haut pour m’asseoir. Je m’installe et
tentant de communiquer pendant qu’elle s’impresse de me servir un thé (sans
trop de goût, on dirait plus de l’eau chaude avec des morceaux noir dans le
fond). Le fils parle 10 mots d’anglais, mais cela suffit pour comprendre un
petit peu. Je profite de ce moment. J’ai l’impression de faire un voyage dans
le temps. Bien qu’il y ait la télévision et une parabole dans la cour. C’est
bien le seul détail qui me rappelle l’époque plus ou moins actuelle. Je parle
comme je peux avec les mains, je dessine aussi pour me faire comprendre. Rien
que pour le mot jour, ça m'a pris un moment. Le fils a 26 ans avec sa femme de
20 ans et leur bébé de 1 an. Ils vivent avec les parents sous le même toit
ainsi que l’oncle et le grand père.
Le
fils m’emmène faire tout le tour du village Akkha. La discussion est difficile
mais avec les gestes je comprends un minimum. Il me montre les 3 portes d’un
bout à l’autre du village qui sont censés protégé ce dernier des mauvais
esprits. Il me montre la fameuse balançoire des Akkhas. Il me fait rentrer dans
plusieurs maisons où dans chacune il se passe une scène différente.
Je
rentre dans une autre maison où cette fois ci le sorcier du village est en
pleine action. Un viellard et une dame se font soigner. Mais attention à la
technique encestrale. Cela ne pose aucun problème que je sois présent, ils sont
même content. Le sorcier donne 2/3 petits coups de baguette magique sur le dos
du vieillard et vient lui mettre à l’emplacement où il a touché avec sa
baguette un verre où il vient y mettre le vide avec une pompe. La peau de
l’homme est aspirée à en extraire du sang ! Il le laisse plusieurs minutes
et refait de même à côté. Impresssionnant ! Pour la dame c’est la même,
elle s’est cassée le poigné. Il lui fait la même et ensuite viendra enrober sa
main dans une serviette où il a mis des plantes cuitent dans une feuille de
banane. Bien entendu il a fait ses incantations lorsqu’il a ouvert la feuille
de banane. Malheureusement je ne verrais pas le résultat !
En
continuant ma ballade on passe voir le ferronier du village qui est en train de
préparer la plaque métalique du casque pour les femmes Akkha. Son atelier est
rudimentaire. Il chauffe le métal par terre sur un feu qu’il ravifie à l’aide
d’un soufflet. Il vient ensuite taper le bout de métal avec un marteau pour
l’applatir et l’agrandir.
Dans
une autre maison, une jeune fille est en train de couper en lamelle le tronc
d’un genre de palmier pour donner à manger aux cochons. Ils ont tous leurs
cochons en dessous de leur maison en piloti. Dans ce village d’une autre époque
je suis surpris d’entendre de la musique à fond depuis la maison d’à côté.
A
mon retour à la maison d’accueil, ils me montrent le calendrier et veulent que
je reste 2 jours avec eux. Le problème c’est que je dois partir car mon visa
arrive à expiration. On va nourrir les cochons, les lapins, et on prépare le
repas du soir en piochant des herbes dans le jardin. Finalement je repartirai
avant le diner car la nuit commence déjà à tomber et il me faut rentrer.
J’aurai passé toute l’après midi dans cette famille. Super moment ! Je
suis un peu déçu de ne rien avoir pu leur offrir en retour. Je ne voulais
surtout pas donner de l’argent car c’est à cause de ce poison que le tourisme
bouleverse les cultures et les rapports humains. J’ai juste pu leur offrir un
grand merci.
Ma
visite des villages alentours n’aura pas été bien loin. Mais tant pis je
préfère passer du temps à partager que de survoler tous les villages et dire
j’ai tout vu. Ce n’est vraiment pas le but de mon voyage. Je ne recherche pas
la reconnaissance dans ce voyage, juste de l’expérience de vie ! Je me
foue que l’on me dise ouah qu’est ce que j’aimerai faire ce que tu fais… J’ai
presque envie de rentrer sans en parler. J’ai même envie de dire, si tu veux
savoir fais le, vie le et tu comprendras… Le raconter n’a pas la même
saveur !
Mon
retour à Mae Salong se fera dans la brume et la pénombre avant que la pluie ne
s’abatte toute la nuit sur le village.
Après
ce petit moment à rigoler avec eux, il me faut repartir. J’ai aussi l’occasion
de discuter avec d’autres vieilles Akkha qui fument leurs cigarettes maison.
Feuille de mais séché il me semble avec du tabac maison. Ce n’est pas bon mais
ils fûment tous ça.
De
retour sur la route, je me dirige vers Doi Tong le point culminant de la zone.
Ca grimpe, il fait plus frais. Un temple est au sommet mais la vue n’y est pas.
Un peu déçu, je continue ma route sur la crête de la montagne vers Mae Sai avec
la Birmanie à ma gauche et la Thailande à ma gauche. Sur la route en moins de
20 kilomètres, j’ai le droit à 4 barrages de l’armée sûrement dû au traffic
d’opium qui sévit dans la région, et en plus on n’est vraiment pas loin de la
frontière. J’ai le droit à la fameuse question : Où vas-tu ? Mae
Sai ! Ah bon, ok ! Juste une fois ils ont bien checker la moto. Ils
m’ont demandé mon passeport une fois, mais je ne l’ai pas car je l’ai donné en
caution pour louer ma moto, ils n’ont pas cherché plus loin. La route est jolie
en passant…
J’arrive
à Mae Sai, la ville frontière avec la Birmanie. Jen profite pour poser ma
question de visa. On peut passer la frontière sans visa pour 500 Baht soit 15
euros mais il faut rester dans la ville frontière du côté Birman. Si l’on veut
entrer dans le pays véritablement, le visa est obligatoire. J’avais entendu
dire que l’on est obligé d’entrer en avion, mais je ne pense pas finalement. Je
ne ferais pas logntemps dans cette ville dénuée de charme. On peut y trouver un
marché assez imposant qui peut être pas mal.
Je
poursuis ma route vers l’Est pour aller vers le fameux Golden Triangle. Cet
endroit porte ce nom car ce fût l’endroit du traffic d’opium qui valait de l’or
à l’époque. Ce point géographique est le point triple entre la Thailande, la
Birmanie (Myanmar) et le Laos. C’est l’intersection du kong (Mehkong), le 4ième fleuve d’Asie par le débit (10ième
du monde) et du Ruak. L’endroit n’est pas particulièrement impressionnant !
Il
y a un musée de l’opium un peu vieillot mais qui a quelques infos
intéressantes. Le Hall de l’opium qui a l’air nettement mieux était fermé. Je
passe faire un tour dans la ville paisible de Chiang Saen où j’avais prévu de
passer la nuit. Finalement après avoir mangé au marché au couché de soleil, je
rentre sur Chiang Rai à 60 kms de là.
Pour
finir cette longue journée de route rien de tel qu’un merveilleux massage thai
avant de repartir le lendemain pour passer la frontière du Laos.