Après cette semaine dans les terres du Panama, il me faut revenir à la source : la mer ! J’ai donc décidé d’avancer mon chemin vers le nord. Je vais au Costa Rica. Dans ma tête je ne compte vraiment pas m’éterniser dans ce pays américanisé et cher. Tout d’abord, j’attaque le Costa Rica avec Pavones qui, à lui seul, m’aura pris 2 semaines. J’ai hésité pas mal entre passer la frontière du côté du Pacifique ou du côté caraîbes en passant par Porto Viejo. Le problème avec Porto Viejo c’est que les vagues sont quasi nulles en cette saison. Il faut y être en début d’année où ça rentre bien apparement.
A Pavones il y a la 2ème plus longue vague du monde en gauche après Chicama au Pérou mais elle est de loin la plus longue des grosses. Elle peut atteindre 3/4m dans les gros jours et sa perfection est sans limite. Elle déroule sur 2/3 kms avec 3 sections pas évidentes à passer si la vague n’est pas parfaite. Je ne peux plus attendre avant d’arriver dans ce paradis. La seule chose qui me fera attendre c’est le trajet pour parvenir dans ce bled.


En ayant commencé le voyage depuis le lodge au Panama, j’ai dû prendre un premier bus d’1h30 jusque David, puis une nouvelle heure et demie pour la frontière avec Costa Rica. Il me faudra traverser la frontière à pied en essayant de passer entre les gouttes. En effet quand j’arrive à cette frontière c’est le déluge, il pleut à torrent. Mais au moins un avantage que j'ai trouvé à la planche de surf en voyage c’est que ça protège très bien des grosses pluies.
De l’autre côté de la frontière il me faut demander mon chemin. Je sais juste que je veux aller à Pavones mais j’ai aucune idée d’où cela se trouve. Fort heureusement les gens ne sont pas si méchants et m’indiquent une des routes possibles ce qui ne s’avèrera peut être pas la plus rapide mais bon c’est bien d’en chier un peu. Je reprends donc un bus pour aller à Golfito. Le plus rapide est en passant par Laurel. Le confort a bien changé. On se retrouve dans des grands bus, entassés comme des sardines sous une chaleur de porc. 2h de route comme cela et j’arrive enfin à Golfito mais il est trop tard pour prendre un nouveau bus pour Pavones. Je dois donc me prendre une nuitée à pas moins de 12 dollars dans un taudis. Ca confirme mon idée de pays cher ! En négociant j’arrive à l’avoir à 8 dollars mais non sans mal. Le lendemain le bus pour Pavones passe enfin et après 3h30 de route sur des pistes j’arrive à Pavones.
Le village est tout petit, dans le centre il y a 3 superettes, un commissariat, quelques auberges et un surfshop. Toutes les routes sont en terre. On se sent vraiment paumé en tout cas. Ne sachant pas trop où je vais dormir j’ai préparé mon arrivée dans le bus. J’ai rencontré une dame qui me propose de m’héberger gratuitement. Tout compte fait j’irai à l’auberge Casa Olas où je me suis senti comme à la maison. Avec Jennie qui prend bien soin de ses hôtes avec un super sourire chaque jour. Je n’ai pas choisi le plan gratuit car c’est un peu loin du spot et chargé comme un baudet je n’ai pas envie de m’éterniser à marcher après cette journée et demie de voyage.
Me voilà enfin, j’ai une chambre pour moi pour 10 dollars la nuit, j’enfile mes tongues, j’enlève mon tee-shirt et je vais checker les vagues. Les vagues ne sont pas très grosses mais je sens bien le potentiel de l’endroit. La plage est faite de petits cailloux, de sable noir, blanc par endroits, tout cela bordé par des centaines de palmiers. Ca y est je crois que je suis au paradis. Le village est très calme surtout que c’est la basse saison touristique en ce moment. Ca ne fait la fête que le samedi soir par ici. En tout cas c’est l’endroit parfait pour se détendre et se reposer.
Me journées sont rythmées au rythme des marées. En fonction de celles-ci je vais surfer ou non. Je vais en général surfer 2 ou 3 fois par jour en moyenne 4/5h par jour. Les conditions sont tellement parfaites. La vague déroule parfaitement. Ca permet de travailler mes manœuvres. J’aurais bien appris à accélérer dans la vague et à faire de beaux bottom et take off.
Les surfeurs à l’eau sont bien cools. Je rencontre Tonio un surfeur français qui vient d’arriver au Costa Rica et qui sera en trip 5 mois juste pour se mettre des barrels ! En tout cas, bon délire. Il se sera fait une semaine camp bien roots dans son hamac tente. Son budget short l’oblige un peu. Il est avec un hollandais rencontré dans le bus la veille qui, lui aussi, veut vivre un peu dans la nature. Sauf que lui n’a rien pour dormir. Il fera sa première nuit à même le sol. Par la suite cela deviendra un peu plus luxueux. Il se fera un lit surélevé avec des feuilles pour éviter que le lit soit trempé à chaque pluie. La vie bien roots dans ce camp. J’y passe une fois de temps en temps pour prendre des news. L’endroit est sympa face à la mer. Il leur est arrivé de voir des baleines de la plage. Il parait même qu’il est possible des les entendre depuis la côte en plongeant sa tête sous l’eau. Ils ne feront qu’une semaine dans le camp non pas par envie de retourner à la ville mais plutôt parce qu’ils se sont fait expulser. Le hollandais lors d’une soirée arrosée avec un autre mec au camp s’est fait engrainé pour aller chercher des bières. Le problème c’est qu’à cette heure tardive tout est fermé. Ils décident donc de voler une bière dans un restaurant à côté. Une fois parti avec la bière volée, ils doivent s’échapper sous les cris et balles du proprio ricain qui les a vus. Le ricain veut régler ça à sa manière. Il les a rattrapé et foutu les 2 à terre en leur donnant des coups. Il était surénervé pour une bière ! Pour s’excuser les 2 loustiques lui donne un billet de 20 dollars. Le problème c’est que l’histoire ne s’arrête pas là.
Le lendemain Tonio vient surfer avec moi assez tôt ce qui lui fait quitter le camp 15 minutes avant que la bande de ricains arrive de nouveau. Ils sont 6 furieux ricains avec des flingues. Le hollandais se fera tabasser à coup de crosse de pistolet et passera la journée dans la forêt caché avant que Tonio ne revienne. Le soir-même ils étaient dans mon hôtel loin de ces tarés. Le hollandais Jack prendra le premier bus pour fuir les mecs.
A l’auberge il y a beaucoup de gens de passage, mais il y a Alex, un ricain de San Diego bien sympa qui est là depuis 8 mois qui se la couler douce sous les palmiers et surfe quand c’est bon. Tout ça sur le chômage de la Californie. Le système en Californie est assez fou. Il a un chômage de max 900 dollars pour 2 semaines. Le pointage est sur internet toutes les 2 semaines pendant 2 ans. Que demander de plus !
Enfin voilà l’ambiance est cool et en plus on est au sevrage : 1 bière par semaine, c’est tellement cher pour boire de la bière sans goût (Bière est à 1,5 dollars soit 1,20 euros) !
Pendant les 2 semaines où je suis resté j’ai eu des conditions descentes mais pas non plus extraordinaires pour le spot. Mais pour moi c’était extraordinaire. J’ai eu dans les gros jours 2 mètres max mais qui déroulent à la perfection. Quel pied !
Après ces 2 semaines posé comme il fallait je me dirige vers Playa Dominical avec Tonio. Même si on a longtemps hésité d’aller à Matapalo en face de Pavones. Plus gros que Pavones en droite cette fois qui déroule…