mardi 29 mai 2012

Huacachina (Ica)


Après 12h de bus de nuit depuis Arequipa j’arrive à Ica. J’ai prévu de faire un passage rapide Huacachina une oasis en plein milieu du désert en bordure d’Ica. Huacachina est à seulement 5 minutes du centre d’Ica. En arrivant je suis impressionné par les dunes de sables gigantesques. Le petit village est littéralement entre 2 dunes de plus de 100m de haut. Je me trouve un hôtel pour 15 soles la nuit avec piscine. J’ai récupéré un peu de température et je peux enfin remettre le short parce que ça fait bien un mois et demi que je me caille ! ;-)

Je compte me faire un tour de buggy avec au programme du sandboarding en fin d’après midi. J’ai appris qu’il y avait même des compétitions de ce sport. J’en avais déjà fait une fois en australie, c’est l’occasion de réessayer. C’est du snowboard sur dunes de sable. 45 soles (15 euros) pour 2h avec en prime à ce moment de la journée un petit couché de soleil sur le désert de dunes. En attendant, je me fais une petite balade autour du lac et je m’attaque à l’ascension de la dune pour avoir une belle vue sur l’oasis. Ca grimpe sec, il me faudra bien 15 minutes pour arriver en haut. Quelle vue ! Je continue ma balade dans le désert tranquillement… En revenant sur lac, je croise des péruviennes dans leur barque, ils veulent absolument me prendre en photo. Ce n’est pas la première fois que cela m’arrive. On m’interpelle, au début je crois que c’est pour que je les prenne en photo et non ils veulent que je sois sur la photo avec eux alors que je ne les connais ni d’Eve ni d’Aden. L’heure du buggy approche et c’est parti ! On est 8 passagers dans l’engin remonté à bloc avec le pilote. Ca démarre fort, sensations garanties. Mieux qu’un rollercoaster, on en vient à sauter les dunes, déraper, se faire des pentes presque verticales… Ouah on est tous à hurler comme des fous tellement c’est bon ! On est tombé sur un bon pilote. Quelques photos, et on commence à faire du sandboarding. Première descente sur le ventre et après debout comme en snowboard, pas mal du tout comme sensation mais ça n’a rien à envier à la neige ! Moins de vitesse, moins d’accroche dans le sable pour les virages. Mais sympa quand même ! On rentre ensuite à fond la caisse en se faisant des belles frayeurs de conduite mais qu’est-ce que c’est bon. Un de ces jours je me louerai un buggy dans les dunes pour triper comme il faut.


De retour à l’hôtel il y a un petit barbecue et on fait la fête avec le gars de l’hôtel, dragueur et très en forme. On a bien rigolé avec une ricaine et une belge. Le lendemain il est temps de quitter ce petit paradis pour Lima à 4h de route au nord.

lundi 28 mai 2012

Arequipa


J’arrive à Arequipa après une bonne nuit dans le bus je commence à en avoir l’habitude ! Il est un peu tôt pour trouver un hôtel mais je la tente quand même. La cinquième tentative sera la bonne. Après des prix exorbitants dans les 40 soles la nuit (12 soles à Cusco !) j’arrive à trouver une auberge sympa El Misty pour 15 soles la nuit en dortoir à 2 quadras de la place principale. Cette petite journée à Arequipa sera tranquille. Je flâne dans les rues en attendant Karla qui arrive en soirée. Karla est une chilienne que j’ai rencontré 2 mois plus tôt dans mon voyage à Pucon. On a décidé de se retrouver ici pour passer une petite semaine ensemble.

Je l’attends face à la cathédral comme prévu mais après une heure d’attente à discuter avec un péruvien, je rentre à  l’hôtel bredouille. Elle finira par arriver directement à l’hôtel quelques heures plus tard. On se fait une petite soirée resto puis bar et au lit. On prend notre temps le lendemain et on part en bus à Cabanaconde petit village idéal pour démarrer une rando dans le canyon de Colca. Le canyon de Colca est environ deux fois plus profond que le grand canyon des Etats-Unis. Il va jusqu’à faire 3000m de profondeur. On n’en verra qu’environ 2000m depuis l’endroit où l’on va. Après 6h de bus insupportable (pas de suspension) à sauter dans tous les sens on arrive vers 11h du soir. Il fait un froid de canard on est à plus de 3000m d’altitude au sommet du canyon. 

Le lendemain on part pour 3 jours de rando tranquille. Petite marche de 4h jusqu’au village de San Juan de Chancho au fond du canyon. Arrivés en bas un bonhomme du village nous demande de payer l’entrée du parc national à 70 soles l’entrée (près 25 euros!). 40 pour les sud américains, Karla me fait passer pour un argentin pour que je puisse payer que 40. On pose notre tente dans le petit village. Bonne petite soirée à la belle étoile. Le jour suivant je me lève avec un point dans le ventre. Aucune idée de ce que cela peut être, comme un gros point de côté en plus fort et qui ne s’arrête pas. Planté en plein milieu du canyon je n’ai pas le choix que d’avancer au prochain village. La douleur s’estompera en début d’après midi comme elle est apparue. La marche dans le fond du canyon est sympa, après 4h de marche on arrive au village Oasis Sangalle où l’on passera la nuit. Pour remonter le lendemain sur Cabanaconde. 4h de montée sont normalement nécessaires pour remonter les 1100m de dénivelé. On part un peu à la bourre pour avoir le dernier bus de jour de 14h qui part pour Chivay.
 Du coup, obligé de presser Karlita à monter un peu rapidement alors qu’elle n’a pas l’habitude de randonner. Ca grimpe sec pendant 3h30 sans se reposer des masses. On arrive à avoir le bus de justesse pour se faire déposer à la Cruz del condor. C’est un point de vue sur le canyon assez impressionnant où l’on peut apercevoir des condors tôt le matin ou en fin de journée. Il n’y a pas un chien, on est tout seul pour voir ces oiseaux gigantesques. Je dirais que ce sont des aigles géants, les plus grands oiseaux de la planète jusqu’à 2 à 3 m d’envergure. On aura la chance d’en voir 5 planer au dessus du vide du canyon. Ensuite, on veut rentrer sur Chivay en faisant du stop mais il n’y a aucune voiture qui passe. Du coup on se met à marcher en direction opposée de retour vers Cabanaconde car il y a un bus qui part le soir vers Chivay. On est à 1h30 de marche. Sur la route on se retrouve face à des troupeaux de taureaux. Ils nous dévisagent lorsque l’on passe le plus tranquillement possible pour ne pas les exciter. Ca va on ne se fera pas charger mais un peu d’inquiétude quand même. Un bus passe par là et nous prend après 30 minutes de marche. Il nous faut attendre le bus pour Chivay un petit moment dans un bar. Après les 2h de bus pour Chivay, on prend une motocyclette comme en Asie (à 2 derrière le conducteur) pour aller jusqu’à une auberge.

Au couvent Santa Catalina
Plaza de armas d' Arequipa
Le lendemain je me lève de nouveau malade, mais cette fois ça m’a tout l’air d’une intoxication alimentaire. Du coup moi qui voulais me faire un petit tour de rafting sur le rio Colca, c’est raté et je décide de rentrer avec Karla sur Arequipa. Au terminal de bus de Chivay je rencontre par hasard 2 français que j’ai rencontrés à La Paz 3 semaines plus tôt (dont Thibault avec qui j’ai fait l’ascension du Huayna Potosi). Pas de bus, on a de la chance on trouve une voiture qui nous conduit pour le même prix. Le problème c’est que la route monte jusqu’à 5000m et que me sentant déjà pas bien à 3000, la route sera bien difficile. 3h30 à la limite de vomir dans la voiture ! Pour Karla c’est la fin. Elle me dépose jusqu’à l’auberge à Arequipa et retourne sur Arica au nord du Chili. Moi je comatte au lit en attendant que ça passe. Le lendemain ça va mieux et je  profite de cette belle journée pour visiter la cathédrale, et le couvent de Santa Catalina qui n’est pas donné 35 soles mais qui vaut vraiment le coup d’œil. En rentrant vers l’hotel pour avoir mon bus pour Ica je me fais interpeler dans la rue. C’est John l’anglais avec qui j’ai fait le tour en vélo magique à Cafayate en argentine un mois et demi plus tôt. C’est l’occase de repratiquer mon anglais après 2 semaines d’espagnol non stop. On se raconte nos histoires et il me faut partir pour Ica.

lundi 21 mai 2012

10 jours à Cusco

Cusco est mondialement connu pour les ruines Incas du Machu Pichu, septième merveille du monde tout de même. La ville est à un peu plus de 3000m d’altitude entouré de montagnes. Cette ville a une véritable histoire (fondé par les incas) et a un charme fou. On a vraiment envie d’y séjourner même si c’est très touristique. Dans la rue on a le choix, les vendeurs ambulants sont partout pour nous vendre toute sorte de choses plus ou moins légales !  
Après ma nuit passée dans le bus, bien dans le « coltard », je cherche un taxi pour m’amener dans le centre ville à la plaza de armas. Ne voulant pas payer le taxi au plein tarif, je trouve Guadaloupe, une argentine de 32 ans qui elle aussi cherche à se rendre au centre ville. Ca tombe bien ! Il est à peine 5h du mat quand on arrive à la place centrale. Il fait un froid de canard. On s’empresse de trouver un hôtel. Le taxi driver nous a proposé l’hôtel Felix pas cher à 12 soles la nuit soit 4 euros chacun en plein centre. On a de la chance, c’est ouvert et l’intendant ne nous fait pas payer de supplément pour le check-in un peu temprano. Complétement morts on refait une nuit en arrivant. Cette journée sera tranquille à flâner dans les rue de Cusco. Quel plaisir… La soirée sera endiablée dans un bar à deux pas de l’hôtel  avec un petit concert in vivo puis boîte de nuit. Le surplus de bières ou de brochettes je ne sais pas me scotche au lit une bonne partie de la journée du lendemain ;-(
On profite aussi de ces 2 jours en villes pour organiser le trip au Machu Picchu. Ce fameux nous coûtera pas mal d’énergie et de temps mais pour un résultat à la hauteur de nos espérances. En effet, je veux absolument faire le Machu Picchu par moi-même. Je ne veux absolument pas passer par un tour opérateur pour suivre une troupe de 15 touristes avec des guides. Je vais expliquer brièvement les différentes options pour se faire plaisir en solo en mode économique (sans utiliser le train hors de prix).
 
Option 1 : La plus courte, 3 jours en solo, consiste à prendre un bus de Cusco jusque Santa Maria 5h de route (25 soles), puis taxi jusque Santa Teresa 40 min de route (10 soles), puis taxi jusque Hydrolélectrico 30 min (5 soles). Une fois dans cette dernière il suffit de remonter à pied jusque Aqua Calientes 2h de marche le long des rails. Aqua Calientes se situe au pied du Machu Picchu. Le second jour, monter à pied jusqu’au Machu en 1h30 environ. Passer toute la journée au Machu puis rentrer par le chemin inverse…

Option 2 : Cher, dure 4 jours, c’est via le chemin inca qui amène directement au Machu Picchu. Le problème pour effectuer ce trek c’est qu’il faut réserver à l’avance genre 3 mois avant et même un an avant pour certaines périodes. Hors de portée pour moi qui voyage un peu au pif.
Option 3 : La moins coûteuse mais dure en tout 6 jours. C’est le trek du Salkantay qui mène à Hydrolelectrico. Parfaitement faisable tout seul sans guide contrairement à ce que l’on peut entendre à Cusco. C’est celle que j’ai faite j’y reviendrai plus en détails….

Option 4 : Assez longue, 9 jours je crois pour atteindre le Machu, c’est le trek de choquequirao faisable aussi tout seul je pense.
Il y a sûrement d’autres options mais je ne les connais pas…

Du coup après réflexion, et organisation on part avec Guadaloupe se faire le Salkantay en solo. En calculant bien notre temps, on prévoit de faire 3 jours de marche, puis un jour de repos pour se faire une petite expérience avec le cactus san pédro, puis on reprend la marche pour un jour et le 6 ème jour on se fait la journée au Machu Picchu et le lendemain retour à Cusco. Il faut préparer tout ce trip à l’avance car lors de la visite du Machu Picchu, je veux absolument monter au Huyana Picchu (sommet qui domine le Machu Picchu). Et pour cela il y a un nombre de places limité par jour réparti sur 2 créneaux un à 7h et l’autre à 10h (400 places en tout par jour et ça part comme des petits pains).  Pour cette ascension il faut s’y prendre au minimum 3 jours avant (réserver au ministère de la culture) et il faut ajouter 10 dollars au prix de l’entrée du Machu Picchu qui est de 50 dollars.
Premier jour il nous faut nous lever après 3h de nuit pour prendre un taxi qui nous emmène dans le rue d’Arcopata dans Cusco où il nous sera possible de prendre un minibus pour nous emmener au début du trek dans le village de Mollepata à 2h de route. Tout se goupille bien à peine arrivés à 4h30 du matin dans la rue en question, on part en minibus pour Mollepata. Avec un peu de chance, il s’avère que le conducteur du minibus est un guide qui fait ce trek habituellement. Il nous expliquera toute la théorie du trek avant le grand départ. On a 5 jours d’autonomie en nourriture plus 3 litres d’eau chacun, les sacs sont un peu lourd mais ça se fait bien… A Mollepata on s’offre un petit plaisir avec un petit déjeuner dans un resto et on entame le chemin. Le premier jour n’est pas évident parce que l’on est pas mal chargé et ça monte doucement mais sûrement tout le long. La marche du premier jour sera la plus longue, juste 8h30 de marche alors que la nuit fut de 3h dur dur. Guadaloupe qui n’a pas l’habitude de marcher des masses lutte un peu dans les quelques grimpettes un peu raides. J’en viens même à prendre son sac par moments pour avancer. Le finish est vraiment dur pour elle, ça me fait un peu peur pour la suite… On arrive dans le camp de repos de Soraypampa à 3450m juste un peu avant la nuit qui tombe très vite ici dès 6h du soir. Ce sera le camp le plus en altitude du trek, ça caille méchant. Bien mort, on s’endort comme des crêpes en sachant qu’il faut se lever tôt le lendemain pour le jour le plus dur apparemment. 

Le lendemain levé 6h pour attaquer l’ascension du col du Salkantay à 4637m. 1000m de dénivelé à faire, 3h sont normalement nécessaires pour cette montée. Ce qui change la donne c’est le poids de nos sacs qui dépasse largement ceux des autres touristes qui sont avec des guides car tout leur chargement sont sur dos de chevaux. Pour ma part je ne rencontre aucune difficulté, je me sens même en super forme à cette altitude après l’ascension du Huyana Potosi (6088m) en Bolivie une semaine plus tôt. Ce qui n’est pas le cas de Guadaloupe qui après 5 minutes de montée commence déjà à cracher ses poumons. J’ai chargé mon sac un peu plus que le sien pour l’aider mais l’effet n’est pas au rendez-vous. Du coup je pars de l’avant et je monte à mon rythme en suivant les porteurs avec leurs chevaux qui tracent comme il faut. Je mets 1h30 à monter jusqu’au col au lieu de 3h ce qui me permet sans perdre de temps de déposer mon sac et de redescendre tout ce que j’ai monté pour aller chercher Guadaloupe qui n’a gravi que 1/3 de la côte en 2h. Elle avance à une lenteur sans précédent. Elle a le mal d’altitude et son cœur palpite au moindre effort. Je prends son sac sur toute la montée en l’encourageant. Tous les 20 mètres elle doit s’arrêter. On finit par arriver au bout après 4h au total. Dur dur mais on l’a fait. Maintenant c’est que de la descente, ce qui posera moins de problèmes. On se fera 4h de descente pour arriver dans le bled de Chaullay perdu dans les montagnes. Apparemment il y a eu des vols et des agressions sur ce trek, on est donc obligé de dormir dans les villages. Ce qui nous vaudra au moins le luxe d’une petite bière en plein trek.

Le troisième jour il n’y a que 5h30 de marche. On prend donc tout notre temps avant de partir. On démarre vers 10/11h tranquilou. La marche est sympa, tout en descente, on longe un fleuve toute la journée pour arriver dans le village de Lucmabamba où l’on se reposera le lendemain.

Le quatrième jour est le jour de repos du trek qui était optional en fontion du san pédro. Le san pédro est un cactus du Pérou qui pourrait être assimilé à une drogue en Europe mais ici c’est parfaitement légal. On est allé se procurer de la poudre de San pédro (une grande cuillerée chacun 10 soles) au marché avant de partir. Du coup après une petite balade matinale dans le village, on part s’isoler en contrebas. L‘accès est super difficile, on passe par un pan de montagne éboulé. Une fois arrivés là-bas, on se fait un petit feu. On est seul au monde parfait pour expérimenter le cactus. Guadaloupe me montre sa technique pour chauffer de l’eau avec une bouteille en plastique. Ca marche tellement bien que la première tentative s’avouera être une catastrophe. La pression dans la bouteille est telle que quand elle l’ouvre, la bouteille explose avec l’eau bouillante et est projetée à plusieurs mètres (vidéo à l’appui !).
Il nous faut recommencer en faisant chauffer moins longtemps cette fois. La deuxième tentative sera la bonne ce qui nous permet de mélanger l’eau chaude avec la poudre de San pédro. Le mélange est infâme, la substance est bizarre. Il nous faudra nous boucher le nez comme pour un médoc tellement ce n’est pas bon. Deux heures plus tard les effets se font sentir et l’on se retrouve dans un monde assez surprenant. Où l’on se sent en parfaite communion avec la nature. Aucune hallucination, seulement un bien être à profiter de la nature. Vraiment agréable comme effet. Ce n’était vraiment pas violent en tout cas cette fois-ci. L’effet dure plusieurs heures environ 3-4h. Il n’y a aucune perte de moyen comme avec l’alcool par exemple. C’est tout doux et très agréable… A la tombé de la nuit il nous faut remonter au village. Freddy chez qui l’on dort nous offre un petit apéro. Voilà une journée reposante à souhait après ces 3 jours de marche non stop. 
Le lendemain Guadaloupe part de l’avant car il y a à nouveau un sommet à gravir avec un peu moins de 1000m de dénivelé mais à altitude moindre en dessous des 3000m. Ce qui devrait poser moins de problèmes. Ce qui me permet de marcher à mon rythme. Avec son 1h30 d’avance, je la rejoins à la fin de la descente un peu avant d’arriver à Hydroélectrico au bout de 3h. Ensuite l’on marche jusqu’Aqua Calientes à 2h supplémentaires le long des rails. Arriver dans la civilisation (dans une ville avec des voitures), on se trouve un petit hôtel à 15 soles la nuit chacun. Le luxe ça faisait 5 jours que je ne m`étais pas lavé. Quel pied ! Petite visite de la ville ultra touristique, petit restaurant et au lit car le lendemain on attaque le Machu Picchu de bonne heure. 
Il nous faut quitter Aqua Calientes à 4h30 du matin pour être à l’ouverture du Machu Picchu à 6h. Il nous faudra 1h15 pour monter au sommet de la montagne où se trouve le fabuleux site archéologique. Une ville Inca entière située au sommet d’une montagne grandiose. Le Machu Picchu (Montagne vieille en quechua langue des incas) a été découvert en 1911 seulement. On peut apercevoir toute la connaissance d’irrigation des incas, les croyances avec les sites de sacrifices, les bâtiments orientés vers le soleil… c’est impressionnant ! Cela date du 15ème siècle. Etant donné que l’on a l’entrée pour le huyana Picchu (montagne jeune), à 7h on traverse le site rapidement pour atteindre l’entrée de celui-ci. Et nous voilà repartis pour une ascension sur cette montagne sacrément à pic. 400m de dénivelé supplémentaire et nous voici au sommet. J’arrive en premier au sommet ce qui me permet de profiter quelques minutes tout seul de la magie du site. C’est fabuleux on surplomble tout, dont le Machu Picchu qui paraît tout petit. C’est franchement magique, le Huyana Picchu est absolument à faire si l’on fait le Machu Picchu. On restera près de 4h sur cette montagne sans voir le temps passer tellement c’est grandiose. On se dirige ensuite sur le huichuy picchu qui est un sommet un peu plus petit qui donne un autre point de vue sur le Machu Picchu. Ensuite on rentre  de nouveau dans l’arène du Machu Picchu. On visite sans relâche jusque la fermeture à 17h. C’est impressionnant comment les roches sont taillées, emboitées, sculptées… quel plaisir ! Après cette longue visite il nous faut redescendre sur Aqua Calientes.
Le lendemain ne sera pas la meilleure des journées. Il nous faut entamer la marche retour de 2h le long de la voie de chemin de fer pour atteindre hydroélectrico. Choper un taxi pour Santa Teresa puis un autre pour Santa Maria et enfin un bus pour Cusco. Un peu galère mais ça vaut tellement le coup ce Machu. Depuis le début du voyage, c’est l’un des sites que j’ai préféré jusqu’à maintenant avec les chutes d’Iguaçu en Argentine/Brésil, le glacier Perito Moreno en Argentine et le salar de Uyuni en Bolivie.
Le dernier jour à Cusco j’en profite pour voir un peu plus de ruines incas. Je passe par un tour pour aller plus vite même si cela ne m’enchante pas. Début de la visite, on va dans le village de Chinchero pour apprendre comment se fait l’artisanat péruvien. Ensuite on se dirige vers les terrasses de Moray qui sont des terrasses faites par les incas dans une cuvette en forme de cercles. Ce qui leur permettait de faire de l’agriculture avec différents micro climats (notamment différentes sortes de patates et mais).  Avec un système d’irrigation qui permet de récolter en saison sèche et en saison humide. 

Par la suite on se dirige vers les salines de Maras. Il a plus de 400 petites parcelles et chacune appartient à une famille du village. La taille des salines correspond au nombre de personnes dans la famille. Ce sel provient d’une source d’eau salée et avec un système de canal ingénieux : ils remplissent chacun leur petit bassin pour récolter le sel en saison sèche. 

L’après midi je change de tour et je fais la visite de quatre ruines (Saqsayhuaman (temple sur les hauteurs de Cusco), Tambomachay (tour de défense inca et lieu de pèlerinage, purification avec une fontaine), Pukapukara (tour de défense inca) et Q’enqo (lieu de sacrifice inca)) autour de Cusco qui à mon goût ne valent pas la peine. C’est beaucoup plus touristique qu’intéressant et en plus c’est cher (70 soles pour l'entrée sur les 4 sites + 15 soles transport + guide)!
Après cette journée complète je pars en vitesse au terminal de bus pour prendre un bus de nuit en direction d’Arequipa. Avec un petit regret de ne pas avoir pu faire la vallée sacrée avec quelques ruines intéressantes, mais il me fallait un jour de plus pour cela.

vendredi 11 mai 2012

Copacabana et Isla del Sol

Etant donné que j’ai rendez vous le 20 à Arequipa avec une chilienne que j’ai rencontré à Pucon deux mois plus tôt et que nous sommes le 9, il faut que j’avance pour me faire Cusco une dizaine de jours. J’ai déjà perdu 3 jours à La Paz. Du coup après 3h de bus jusque Copacabana au bord du lac Titicaca, il est déjà 16h et apparemment tous les bateaux pour l’Isla del Sol sont déjà partis. Je tente ma chance quand même. Une fois arrivé au port j’arrive à trouver un bonhomme qui me propose le trajet pour 300 bs. Hors de question de mettre ce prix là, je lui fais bien comprendre que je ne suis pas prêt à partir pour ce tarif. Il me dit que je suis tout seul dans le bateau avec le conducteur pour 2h de viaje. Il me demande combien je veux mettre, je lui dis pas plus de 50bs. Il me propose 100, je dis 50, il me propose 60, toujours 50, je ne bouge pas. Il finit par me le lâcher à 50bs. Normalement la traversé est à 20 bs mais avec un bateau bondé de touristes. Du coup je pars tout seul sur le bateau, pénard avec le conducteur sans attendre.
L’île est apparemment l’une des plus belles îles du lac Titicaca. Le lac est le plus grand lac navigable à une altitude de seulement 3800m. Il fait à peu près 400 m de profondeur et fait 8400 km2. L’île doit faire une dizaine de kilomètres de long. Ca ressemble au saintes en Guadeloupe mais en moins beau.
J’arrive à la tombée de la nuit sur l’île dans un petit bled pas du tout touristique. En fait ici ce n’est pas le port où sont déposés les touristes habituellement. Il y en a un au nord, et un au sud. Là je suis au milieu. Le conducteur m’emmène dans une petite auberge pour 30bs (3 euros) la nuit. Une autre touriste hongroise est là aussi. La femme de la maison nous fait une petite truite du lac. Après un petit apéro furtif avec la hongroise, je vais me coucher parce que les nuits dernières de La Paz étaient plutôt courtes.

Le lendemain, un peu difficile de me lever, ce qui va rendre ma journée un peu speed. Le dernier bateau qui quitte l’île est à 15h30. Je veux l’avoir absolument pour partir à Cusco au Pérou dans la nuit. Depuis le village où je suis, je remonte vers le nord de l’île avec mon petit sac. Au nord il y a des ruines incas sympa mais pas transcendantes. Malgré que je sois pressé, je n’hésite pas à m’arrêter pour discuter avec les locaux quelques minutes. Ils ont d’ailleurs une langue à eux sur l’île. Après le beau point de vue du nord de l’île je repars vers le village pour récupérer mon sac et aller au port sud. Il ne me faudra pas moins de 3 billets d’entrées sur le chemin pour arriver jusqu’au sud. Ce sont comme des checkpoints, avec une ou deux personnes qui barrent la route et contre 10 à 15 bs te laissent passer avec un vulgaire bout de papier qui représente la municipalité. Je leur en mettrais de bolivianos, je te jure. Ce n’est pas tant le prix qui me révolte (loin de là). C’est que quand tu questionnes au premier chekpoint s’il y en a d’autres, ils te disent que non. Mentir pour mentir c’est un peu énervant ! J’arrive tout juste à temps au port sud pour prendre un bateau après 1h30 de marche en montée avec mon gros sac de plus de 20 kilos. Défi réussi ! Le retour se fait pour 20 bolives. En arrivant à Copacabana, je recherche tout de suite les bus qui partent pour le Pérou. Et me voilà 2h plus tard pour 10h de voyage pour Cusco avec un changement du bus à Puno.

J’aurais fait environ 3 semaines dans cette petite Bolivie. Les boliviens sont assez timides. Pas facile de les faire parler en général. Mais c’est quand même un pays sacrément à l’arrache mais j’en garde une bonne impression. Et surtout ça ne coûte rien. On se loge pour 2 euros, on mange pour 1 euro. Par contre la cuisine bolivienne, en 3 semaines, j’en suis devenu dégoutté. Toujours du riz avec des frites (ils en viennent même à mettre des frites dans la soupe), avec 2 bouts de légume et de la viande pannée revenue à l’huile. En gros ça mange gras pour pas un rond!

Le squat de 10 jours à La Paz


La Paz
La capitale de la Bolivie est située dans une cuvette à 3700m.  Toute la ville s’étend sur les hauteurs, plus on est pauvre plus on vit là haut dans le froid ! Le haut de la ville s’étend sur l’alto plano à plus de 4000m… plusieurs sommets de plus de 6000m bordent la ville.

En mode biker
En arrivant après ma nuit dans le bus, je suis un peu à l’ouest. Je marche du terminal de bus jusqu’au centre sans vraiment savoir où aller… J’interpelle deux jeunes avec leurs gros sacs comme moi dans la rue. Il s’avère que ce sont des français et ils cherchent aussi un hôtel. Ca tombe bien je les suis jusqu’à l’hôtel où l’on sympathise. Du coup on s’organise les quelques jours futurs à La Paz ensemble.

Départ de l'ascension
A peine arrivés, en allant se balader tôt le matin à 3 pour se renseigner sur ce qu’il y a à faire, on tombe à 2 pas de l’hôtel sur un bonhomme complètement drogué qui tente d’agresser Thibault sans succès. Il en vient à mettre sa main dans son pantalon pour faire semblant de sortir un flingue, ça va il n’a rien sorti, et il est parti comme il était apparu. On sent l’ambiance un peu tendue dans cette grande ville. A chaque coin de rue on nous propose de la drogue… Ca va j’étais prévenu que ce n’était pas une ville très fréquentable surtout la nuit. Dès le soir, il n’y a plus personne dans les rues et ce n’est pas très safe, mais bon j’ai l’impression que même en journée ça ne l’est pas non plus.

Pratique sur glace
Le premier jour du coup on s’organise la descente de la route de la mort en vélo. La fameuse « death road » qui était connue pour sa dangerosité. Sinueuse, étroite, en bord de falaise… à l’époque où ils n’avaient pas construit la nouvelle route, il y avait énormément d’accidents. Dont des bus entiers dans le ravin ! Maintenant elle est principalement dédiée au tourisme pour descendre à fond la caisse en mountainbike. Ca tombe bien on a tous les 3 envie de sensations fortes…

Au refuge de haute altitude près à en découdre
Grimpette sur glace en dévers
On part tôt le matin en camionnette avec les vélos sur le toit. Après 30 minutes de route on est arrivé à la Cumbre et ça caille à mort. On est bien pressé, on veut que le briefing se termine pour enfin descendre la route de la mort. La descente commence sur une route bitumée, pas besoin de pédaler, on dévale la montagne à fond de cale pendant une trentaine de minutes. Après un petit passage dans le van on remonte sur nos vélos pour attaquer la vraie piste si dangereuse. Y a du gaz comme on dit. C’est parti pour environ 3h de descente… Bien sympa, les paysages défilent à toute allure. Vu que le groupe est un peu lent, on part de derrière pour se faire des petites courses bien hardcore. On se sent un peu comme dans un cirque, car les guides nous arrêtent à certains endroits pour prendre des photos comme ils font toujours.  « Mettez le vélo comme ça pour la première, comme ça pour la deuxième ». Décidément je n’aime vraiment pas faire des tours organisés ! Heureusement que la descente est bonne… J’en viens par crever mais ça va la voiture balaie me change la roue en direct comme au tour de France. A la fin on arrive dans un petit bled, petite bière et petit restaurant… Le retour sera moins sympa car il nous faut 3h pour revenir sur la Paz dans un van !!!
La bas du Huyana Potosi
Le lendemain Guillaume le français d’Uyuni me rejoint à l’hôtel. Et avec Thibault, on se motive à 3 pour s’attaquer au Huayna Potosi. Petite montagnette de 6088m. Ce sera ma première ascension en vraiment en haute montagne. Ca faisait longtemps que je me sentais prêt, avec tous les treks en Argentine, je suis plutôt en forme. On a décidé de se le faire sur 3 jours à la place de 2 jours. On aura 2 guides avec nous comme ça si quelqu’un doit redescendre, les autres peuvent continuer à en chier.
Problème de braguette en plein ascension vers 3h du mat
La première journée est tranquille, après avoir vu ce qu’étaient les stations essences de La Paz (attendre au moins 30 min pour un plein), on arrive directement au premier chalet à 4700m où l’on fera notre première nuit. Cette première après midi, (le jour supplémentaire), c’est que l’on va manipuler les crampons, le piolet et escalader la cascade de glace verticale ! Super sympa ce premier jour, la cascade de glace de 15m en devers, tout dans les bras… ambiance bon enfant et surmotivés pour arriver au bout de l’ascension du lendemain.
En avant la pratique
Le second jour, levés 8h, petit déj bien copieux, et on monte au chalet de haute altitude à 5300m. Il faut monter le sac, la grimpette se fait sur de la roche. En montant il nous est déjà difficile de respirer, qu’es-ce que ça va être plus tard. On arrive bien tôt en haut mais c’est prévu. On mange à midi puis à 17h et entre deux on essaie de dormir. Je dis bien on essaie parce que déjà que l’altitude n’aide pas mais en plus dormir à 17h ce n’est pas évident. Depuis ce niveau il nous est possible de voir la ruta francesa pour parvenir au sommet. 500m d’escalade à 70 degrés sur de la glace. Me sentant en super forme, je demande au guide s’il nous est possible de passer par ce chemin. Il me répond qu’il n’y a pas de souci, il suffit d’aligner 100 bs en plus soit 10 euros. Plus de 3h de grimpette en escalade à flanc de montagne glacée, ça donne envie. Mais quand il nous explique un peu plus en détails cela nous effraie un peu. Etant donné que l’on a qu’une corde, il nous faudra faire une dizaine de stops en plein milieu de la paroi juste retenu par un piolet. C’est-à-dire que l’on reste une dizaine de fois au moins 20 minutes sécurisé par son vulgaire piolet en plein froid, en pleine nuit à juste 6000m d’altitude. S’il y a un problème je préfère ne pas en connaître la fin. En plus on n’a pas de crampons pour paroi verticale. Du coup on se dégonfle un peu et on fera la montée simplette sans devoir escalader.

A bout lors de la descente
La fameuse corniche
Le dernier jour est interminable. Levés minuit sans avoir vraiment dormi, une heure à tout casser. Il faut se lever, s’habiller bien chaudement : tee-shirt manches longues, 2 pulls polaires, vestes de montagnes, colants, pantalon, gants, bonnet, cagoule et le casque. Je me prends une overdose de maté de coca, du pain… au petit déjeuner. C’est le grand jour. On est parti du chalet vers 1h du mat, on met les crampons et on s’encorde. Je suis sur la cordée de 3 avec Guillaume. Vu que Thibault ne se sentait pas bien la veille, il monte encordé avec un guide seul. Frontale sur le casque, ça caille bien, il doit faire -15 jusqu’à -20 degrés au sommet. On démarre notre ascension finale. Crampons aux pieds, on marchera jusqu’au sommet que sur de la glace. Les pas sont de plus en plus difficiles. On pose à peu près un pas par seconde, et on est essoufflés comme des boeufs. C’est vraiment une drôle d’impression d’être exténué au bout de 5 pas comme si on venait de courir un sprint de 200m.
Vue lors de la descente
 A chaque fois que l’on s’arrête le souffle revient mais plus on monte plus on met du temps à récupérer. Je suis avec ma grosse chique de coca dans la bouche pour atténuer le mal d’altitude. Je pensais être habitué, cela fait plus d’une semaine que je suis au dessus de 3000m. Mais manque de pot au fur et à mesure de la montée je ressens ce petit mal de tête au fond. Mais ça va je peux quand même continuer. Grosse erreur, je suis monté avec mon sac de 85L sur le dos pour mettre mon camel back et avec 2-3 bricoles. Les premiers 500m de dénivelé me fatiguent à mort avec le sac. On finit par se l’échanger avec Guillaume tout les 100m. Le sac a beau peser entre 5 et 8 kilos, c’est un enfer. Je me ressens revivre lorsque je le donne à Guillaume. Encordé derrière le guide et Guillaume, je vois la gourde transparente de Guillaume se congeler au fur et à mesure que l’on avance. Mon camel back aussi  vient de congeler. Il nous est presque impossible de boire avec cette satanée glace. J’en viens à compter mes pas par 4 pour dire de ne pas en faire qu’un, tout ça avec un souffle de tueur. On montera au sommet en 4h30 avec un rythme assez soutenu par les guides.
Au sommet
 A cause du rythme, j’aurai le temps de me retourner pendant la marche que 2 fois pour admirer La Paz au loin tout illuminée. La dernière partie est au top. Il fait encore nuit, à la lueur de notre frontale, on voit la pente qui se raidit drôlement avec au loin le semblant de sommet. Avec l’adrénaline, on ne s’arrête pas avant cette portion. A peine le temps de lever la tête (ce qui est un effort élevé à cette hauteur, toute l’énergie est donnée au corps pour faire un pas supplémentaire), je vois ma cordée partir en escalade. On ne réfléchit pas, on y va. Une dizaine de mètres à 80° et on arrive sur la corniche. Une magnifique corniche d’une centaine de métres en montée pour atteindre le sommet. Je me retrouve à ce moment là, à regarder à gauche, du vide noir, à droite, du vide bien bien profond. Bon bah il faut avancer, et ne pas réfléchir, mais tout en restant super vigilant. Il nous faut marcher sur cette corniche de 40 cm de large tout en glace. C’est flippant ! Après 20 minutes de concentration, on arrive tous ensemble au sommet ; sur cette plateforme de 5 m de diamètre gelée. Le levé de soleil arrive, le ciel s’éclaircit à toute allure. On a une vue sur La Paz encore tout illuminée et le lac Titicaca à 4000m d’altitude. A peine arrivé en haut, je m’écroule, pour récupérer mon dernier souffle… Ca envoie, on a l’impression d’avoir gravi l’impossible et d’avoir été au bout de nous-mêmes.
Petite cascade de glace
Mais je n’avais pas encore imaginé à ce moment-là que la redescendre sera terrible. Le mal de crâne empire drôlement, et il faut déjà repenser à la redescente après quelques photos bien sûr. Mais quelle galère, avec le froid et l’altitude, nos batteries d’appareil photos se sont déchargées à mort. Et  on a juste le temps de faire nos 5 photos chacun et de profiter un peu de la vue (genre 20 minutes) en se gelant. Maintenant il faut redescendre, je me relève avec l’aide du piolet, je suis complétement mort. Le mal d’altitude commence à me taper fort. J’ai un énorme sentiment de fatigue et des vertiges. Mais bon pas le choix, il faut y aller, maintenant je suis en premier de cordé, le guide reste derrière. Avec le jour qui s’est levé, on peut voir parfaitement les deux côtés de l’arrête. Encore plus flippant ! Tout compte fait ça ira, j’avance un pied l’un devant l’autre en m’appuyant avec mon piolet, en essayant de ne pas trébucher avec les crampons (ce qui est fort facile en descente). Sur la corniche je prendrai la peine de regarder en bas 2 petites fois furtives. Après il faut se refaire la partie de 10m à 80° mais dans l’autre sens ; à coup de piolet ça se passe bien. Une fois passé cette étape, la plus technique, je m’effondre par terre, pour tenter de récupérer. Mais impossible, la fatigue ne part pas. La descente se fera en 2 bonnes heures interminables. Je me sentais mourir, à bout de force. Le soleil se lève bien, et il commence à faire super chaud avec tout mon déguisement. J’arrive tant bien que mal à trouver la motivation pour retirer tout ça. Chacun de mes mouvements est d’une lenteur pas possible. Le mal de tête est toujours là, rien ne passe. Je titube comme un alcolo bien plein.
Le Huyana Potosi (6088m)
Au sommet
Le guide me dit qu`à 5500m le mal de crâne passera, mais rien à faire je l’aurai jusqu’au châlet à 5300m. A la fin, je m’effondre tout les 100m mètres, incapable de faire un pas de plus. Je m’allonge, je n’ai qu’une envie c’est de dormir. Je commence à fermer les yeux par moment et je me sens partir je ne sais où. En train de mourir ou juste de dormir, je ne sais pas, mais en tout cas j’étais HS. Guillaume a aussi le mal d’altitude sous les mêmes symptômes que moi, mais un peu moins fort. Thibault lui n’a aucun souci, son problème de bide de la veille a été soigné par le guide avec des plantes recueillies sur le chemin. Il redescend à toute allure avec son guide quand nous nous galérons. Une fois au chalet à 5300m, je me sens complétement mort, je viens de faire un exploit. Je n’arrive même pas à enlever mes crampons moi-même. Ensuite il ne nous laisse pas beaucoup le temps pour repartir au châlet plus bas à 4700. Les autres ont juste le temps de manger un bout, moi je préfère dormir car je suis épuisé, j’en tremble de tous les côtés. Cette petite sieste et ce maté de coca me seront bien bénéfiques. Et je me sens un peu mieux, enfin tout juste capable de redescendre les 600m de dénivelé qui restent, avec mon sac sur le dos ! Le mal de tête persiste mais diminue jusqu’à disparaître après 3/4 d`heure à La Paz à 3700m. Moi qui voulais me faire un autre sommet prochainement à plus de 6000m, je ne sais pas si je trouverais la motivation de nouveau pour ce type d’effort physique. Je suis allé au bout de moi-même, je crois que c’est l’effort physique et mental le plus dur que j’ai fait jusqu’à maintenant. 

De retour à La Paz, je me suis fait avaler ma carte de crédit pour aucune raison apparente. On est mardi. Et il faut que je repasse lundi prochain pour la récupérer.

Départ du trek El Choro

Le lendemain de ce sommet, je remets ça, je pars pour 3 jours de randonnées pour faire le trek des incas « El Choro ». Tout seul, cette fois, Thibault est parti pour Titicaca et Guillaume, lui, préfère se reposer. J’y vais en bus, et je commence le trek assez tard vers 15h. Le chemin est sympa. Il part de 4700 mètres pour monter (encore une montée avec le souffle coupé !) à 5000m pour ensuite redescendre tout le long dans la vallée jusqu’à 1900m. C’est plutôt désertique au départ pour arriver dans la jungle tropicale. Quelques ruines sur le chemin. Le premier jour je marche 3h jusqu’à la tombée de la nuit. Je trouve un super spot pour poser la tente. 

Le lendemain grosse journée, vu que je n’ai pas beaucoup marché la veille, il faut que je rattrape le retard. Je marche 7h à vive allure tout en descente. Cascades, ruines… c’est sympa. J’arrive dans un petit village (5 maisons) à la fin de la journée pour poser de nouveau ma tente. Mais cette fois-ci je dois payer l’emplacement. Le 3e jour je me lève tôt pour finir pensant qu’il me reste 6h de marche, mais ce sera bouclé en 1h30. Je chope un taxi dans le petit bled tout en bas. Il veut me prendre 150 bolivianos soit 15 euros pour une heure de trajet jusqu’à Coroico. Hors de question de payer ce prix là quand je sais qu’avec 40 bs j’ai pu faire Sucre La Paz (plus de 10hde trajet). Je résiste, et j’obtiens 50 bs pour aller à Yolola un croisement à une demi-heure. Une fois arrivé au croisement j’ai pu trouver un micro qui m’emmène pour 5bs à Coroico. 

Je voulais aller sur Coroico pour me faire un trip de rafting pas trop cher. Mais une fois sur place j’apprends que tous les tours partent de La Paz. Alors que le site de rafting est ici à Coroico. A n’en rien comprendre. Ils ont tout centralisé à La Paz à 3h de là ! Cependant Coroico est une ville bien sympa pour se descansar du trek. Je profite un peu de ne pas marcher, et je profite du centre ville mignon. Du coup je repars sur La Paz dès le lendemain pour faire la fête en attendant de pouvoir récupérer ma carte de crédit.

Petit spot pour mettre la tente tranquille
Grosse soirée le samedi avec une bonne bande de Chilien et beaucoup, beaucoup de français de l’hôtel Tout le monde au Tek’os, petite boîte qui envoie bien. Cela fait 3 semaines que je suis en Bolivie et je ne fais que parler  français, ça me gêne un peu surtout dans l’apprentissage de l’espagnol. 

Une habitante du coin
Il y a des grèves dans tous les sens ici. Tous les jours depuis que je suis ici, j’ai vu des gens manifester. Une grève des transports est prévue pour lundi mardi à La Paz. Manque de pot je dois attendre lundi pour récupérer ma carte. Je profite de ces temps à La Paz pour bien manger sushis pour 45 bs merci Javier ! (5 euros), super kebab à 2 pas de l’hotel El Solario pour 12 bs (1,5 euros) ou encore la truite frite pour 18 bs (2 euros). Je visite aussi le musé de la coca qui est pas mal du tout. J’en ai retenu qu’il faut 300g de coca pour fabriquer 1 gramme de cocaine. J’arrive à quitter La Paz le mercredi matin après une grosse cuite pas facile ! Vu qu’il reste des manifestations tous les minibus sont plein à craquer. Je suis obligé de monter dans le coffre d’un taxi avec mon sac pour atteindre la cimeterio plaza pour choper un bus pour Copacabana.