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| La Paz |
La capitale de la Bolivie est située dans une cuvette à 3700m. Toute la ville s’étend sur les hauteurs, plus on est pauvre plus on vit là haut dans le froid ! Le haut de la ville s’étend sur l’alto plano à plus de 4000m… plusieurs sommets de plus de 6000m bordent la ville.
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| En mode biker |
En arrivant après ma nuit dans le bus, je suis un peu à l’ouest. Je marche du terminal de bus jusqu’au centre sans vraiment savoir où aller… J’interpelle deux jeunes avec leurs gros sacs comme moi dans la rue. Il s’avère que ce sont des français et ils cherchent aussi un hôtel. Ca tombe bien je les suis jusqu’à l’hôtel où l’on sympathise. Du coup on s’organise les quelques jours futurs à La Paz ensemble.
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| Départ de l'ascension |
A peine arrivés, en allant se balader tôt le matin à 3 pour se renseigner sur ce qu’il y a à faire, on tombe à 2 pas de l’hôtel sur un bonhomme complètement drogué qui tente d’agresser Thibault sans succès. Il en vient à mettre sa main dans son pantalon pour faire semblant de sortir un flingue, ça va il n’a rien sorti, et il est parti comme il était apparu. On sent l’ambiance un peu tendue dans cette grande ville. A chaque coin de rue on nous propose de la drogue… Ca va j’étais prévenu que ce n’était pas une ville très fréquentable surtout la nuit. Dès le soir, il n’y a plus personne dans les rues et ce n’est pas très safe, mais bon j’ai l’impression que même en journée ça ne l’est pas non plus.
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| Pratique sur glace |
Le premier jour du coup on s’organise la descente de la route de la mort en vélo. La fameuse « death road » qui était connue pour sa dangerosité. Sinueuse, étroite, en bord de falaise… à l’époque où ils n’avaient pas construit la nouvelle route, il y avait énormément d’accidents. Dont des bus entiers dans le ravin ! Maintenant elle est principalement dédiée au tourisme pour descendre à fond la caisse en mountainbike. Ca tombe bien on a tous les 3 envie de sensations fortes…
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| Au refuge de haute altitude près à en découdre |
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| Grimpette sur glace en dévers |
On part tôt le matin en camionnette avec les vélos sur le toit. Après 30 minutes de route on est arrivé à la Cumbre et ça caille à mort. On est bien pressé, on veut que le briefing se termine pour enfin descendre la route de la mort. La descente commence sur une route bitumée, pas besoin de pédaler, on dévale la montagne à fond de cale pendant une trentaine de minutes. Après un petit passage dans le van on remonte sur nos vélos pour attaquer la vraie piste si dangereuse. Y a du gaz comme on dit. C’est parti pour environ 3h de descente… Bien sympa, les paysages défilent à toute allure. Vu que le groupe est un peu lent, on part de derrière pour se faire des petites courses bien hardcore. On se sent un peu comme dans un cirque, car les guides nous arrêtent à certains endroits pour prendre des photos comme ils font toujours. « Mettez le vélo comme ça pour la première, comme ça pour la deuxième ». Décidément je n’aime vraiment pas faire des tours organisés ! Heureusement que la descente est bonne… J’en viens par crever mais ça va la voiture balaie me change la roue en direct comme au tour de France. A la fin on arrive dans un petit bled, petite bière et petit restaurant… Le retour sera moins sympa car il nous faut 3h pour revenir sur la Paz dans un van !!!
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| La bas du Huyana Potosi |
Le lendemain Guillaume le français d’Uyuni me rejoint à l’hôtel. Et avec Thibault, on se motive à 3 pour s’attaquer au Huayna Potosi. Petite montagnette de 6088m. Ce sera ma première ascension en vraiment en haute montagne. Ca faisait longtemps que je me sentais prêt, avec tous les treks en Argentine, je suis plutôt en forme. On a décidé de se le faire sur 3 jours à la place de 2 jours. On aura 2 guides avec nous comme ça si quelqu’un doit redescendre, les autres peuvent continuer à en chier.
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| Problème de braguette en plein ascension vers 3h du mat |
La première journée est tranquille, après avoir vu ce qu’étaient les stations essences de La Paz (attendre au moins 30 min pour un plein), on arrive directement au premier chalet à 4700m où l’on fera notre première nuit. Cette première après midi, (le jour supplémentaire), c’est que l’on va manipuler les crampons, le piolet et escalader la cascade de glace verticale ! Super sympa ce premier jour, la cascade de glace de 15m en devers, tout dans les bras… ambiance bon enfant et surmotivés pour arriver au bout de l’ascension du lendemain.
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| En avant la pratique |
Le second jour, levés 8h, petit déj bien copieux, et on monte au chalet de haute altitude à 5300m. Il faut monter le sac, la grimpette se fait sur de la roche. En montant il nous est déjà difficile de respirer, qu’es-ce que ça va être plus tard. On arrive bien tôt en haut mais c’est prévu. On mange à midi puis à 17h et entre deux on essaie de dormir. Je dis bien on essaie parce que déjà que l’altitude n’aide pas mais en plus dormir à 17h ce n’est pas évident. Depuis ce niveau il nous est possible de voir la ruta francesa pour parvenir au sommet. 500m d’escalade à 70 degrés sur de la glace. Me sentant en super forme, je demande au guide s’il nous est possible de passer par ce chemin. Il me répond qu’il n’y a pas de souci, il suffit d’aligner 100 bs en plus soit 10 euros. Plus de 3h de grimpette en escalade à flanc de montagne glacée, ça donne envie. Mais quand il nous explique un peu plus en détails cela nous effraie un peu. Etant donné que l’on a qu’une corde, il nous faudra faire une dizaine de stops en plein milieu de la paroi juste retenu par un piolet. C’est-à-dire que l’on reste une dizaine de fois au moins 20 minutes sécurisé par son vulgaire piolet en plein froid, en pleine nuit à juste 6000m d’altitude. S’il y a un problème je préfère ne pas en connaître la fin. En plus on n’a pas de crampons pour paroi verticale. Du coup on se dégonfle un peu et on fera la montée simplette sans devoir escalader.
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| A bout lors de la descente |
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| La fameuse corniche |
Le dernier jour est interminable. Levés minuit sans avoir vraiment dormi, une heure à tout casser. Il faut se lever, s’habiller bien chaudement : tee-shirt manches longues, 2 pulls polaires, vestes de montagnes, colants, pantalon, gants, bonnet, cagoule et le casque. Je me prends une overdose de maté de coca, du pain… au petit déjeuner. C’est le grand jour. On est parti du chalet vers 1h du mat, on met les crampons et on s’encorde. Je suis sur la cordée de 3 avec Guillaume. Vu que Thibault ne se sentait pas bien la veille, il monte encordé avec un guide seul. Frontale sur le casque, ça caille bien, il doit faire -15 jusqu’à -20 degrés au sommet. On démarre notre ascension finale. Crampons aux pieds, on marchera jusqu’au sommet que sur de la glace. Les pas sont de plus en plus difficiles. On pose à peu près un pas par seconde, et on est essoufflés comme des boeufs. C’est vraiment une drôle d’impression d’être exténué au bout de 5 pas comme si on venait de courir un sprint de 200m.
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| Vue lors de la descente |
A chaque fois que l’on s’arrête le souffle revient mais plus on monte plus on met du temps à récupérer. Je suis avec ma grosse chique de coca dans la bouche pour atténuer le mal d’altitude. Je pensais être habitué, cela fait plus d’une semaine que je suis au dessus de 3000m. Mais manque de pot au fur et à mesure de la montée je ressens ce petit mal de tête au fond. Mais ça va je peux quand même continuer. Grosse erreur, je suis monté avec mon sac de 85L sur le dos pour mettre mon camel back et avec 2-3 bricoles. Les premiers 500m de dénivelé me fatiguent à mort avec le sac. On finit par se l’échanger avec Guillaume tout les 100m. Le sac a beau peser entre 5 et 8 kilos, c’est un enfer. Je me ressens revivre lorsque je le donne à Guillaume. Encordé derrière le guide et Guillaume, je vois la gourde transparente de Guillaume se congeler au fur et à mesure que l’on avance. Mon camel back aussi vient de congeler. Il nous est presque impossible de boire avec cette satanée glace. J’en viens à compter mes pas par 4 pour dire de ne pas en faire qu’un, tout ça avec un souffle de tueur. On montera au sommet en 4h30 avec un rythme assez soutenu par les guides.
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| Au sommet |
A cause du rythme, j’aurai le temps de me retourner pendant la marche que 2 fois pour admirer La Paz au loin tout illuminée. La dernière partie est au top. Il fait encore nuit, à la lueur de notre frontale, on voit la pente qui se raidit drôlement avec au loin le semblant de sommet. Avec l’adrénaline, on ne s’arrête pas avant cette portion. A peine le temps de lever la tête (ce qui est un effort élevé à cette hauteur, toute l’énergie est donnée au corps pour faire un pas supplémentaire), je vois ma cordée partir en escalade. On ne réfléchit pas, on y va. Une dizaine de mètres à 80° et on arrive sur la corniche. Une magnifique corniche d’une centaine de métres en montée pour atteindre le sommet. Je me retrouve à ce moment là, à regarder à gauche, du vide noir, à droite, du vide bien bien profond. Bon bah il faut avancer, et ne pas réfléchir, mais tout en restant super vigilant. Il nous faut marcher sur cette corniche de 40 cm de large tout en glace. C’est flippant ! Après 20 minutes de concentration, on arrive tous ensemble au sommet ; sur cette plateforme de 5 m de diamètre gelée. Le levé de soleil arrive, le ciel s’éclaircit à toute allure. On a une vue sur La Paz encore tout illuminée et le lac Titicaca à 4000m d’altitude. A peine arrivé en haut, je m’écroule, pour récupérer mon dernier souffle… Ca envoie, on a l’impression d’avoir gravi l’impossible et d’avoir été au bout de nous-mêmes.
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| Petite cascade de glace |
Mais je n’avais pas encore imaginé à ce moment-là que la redescendre sera terrible. Le mal de crâne empire drôlement, et il faut déjà repenser à la redescente après quelques photos bien sûr. Mais quelle galère, avec le froid et l’altitude, nos batteries d’appareil photos se sont déchargées à mort. Et on a juste le temps de faire nos 5 photos chacun et de profiter un peu de la vue (genre 20 minutes) en se gelant. Maintenant il faut redescendre, je me relève avec l’aide du piolet, je suis complétement mort. Le mal d’altitude commence à me taper fort. J’ai un énorme sentiment de fatigue et des vertiges. Mais bon pas le choix, il faut y aller, maintenant je suis en premier de cordé, le guide reste derrière. Avec le jour qui s’est levé, on peut voir parfaitement les deux côtés de l’arrête. Encore plus flippant ! Tout compte fait ça ira, j’avance un pied l’un devant l’autre en m’appuyant avec mon piolet, en essayant de ne pas trébucher avec les crampons (ce qui est fort facile en descente). Sur la corniche je prendrai la peine de regarder en bas 2 petites fois furtives. Après il faut se refaire la partie de 10m à 80° mais dans l’autre sens ; à coup de piolet ça se passe bien. Une fois passé cette étape, la plus technique, je m’effondre par terre, pour tenter de récupérer. Mais impossible, la fatigue ne part pas. La descente se fera en 2 bonnes heures interminables. Je me sentais mourir, à bout de force. Le soleil se lève bien, et il commence à faire super chaud avec tout mon déguisement. J’arrive tant bien que mal à trouver la motivation pour retirer tout ça. Chacun de mes mouvements est d’une lenteur pas possible. Le mal de tête est toujours là, rien ne passe. Je titube comme un alcolo bien plein.
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| Le Huyana Potosi (6088m) |
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| Au sommet |
Le guide me dit qu`à 5500m le mal de crâne passera, mais rien à faire je l’aurai jusqu’au châlet à 5300m. A la fin, je m’effondre tout les 100m mètres, incapable de faire un pas de plus. Je m’allonge, je n’ai qu’une envie c’est de dormir. Je commence à fermer les yeux par moment et je me sens partir je ne sais où. En train de mourir ou juste de dormir, je ne sais pas, mais en tout cas j’étais HS. Guillaume a aussi le mal d’altitude sous les mêmes symptômes que moi, mais un peu moins fort. Thibault lui n’a aucun souci, son problème de bide de la veille a été soigné par le guide avec des plantes recueillies sur le chemin. Il redescend à toute allure avec son guide quand nous nous galérons. Une fois au chalet à 5300m, je me sens complétement mort, je viens de faire un exploit. Je n’arrive même pas à enlever mes crampons moi-même. Ensuite il ne nous laisse pas beaucoup le temps pour repartir au châlet plus bas à 4700. Les autres ont juste le temps de manger un bout, moi je préfère dormir car je suis épuisé, j’en tremble de tous les côtés. Cette petite sieste et ce maté de coca me seront bien bénéfiques. Et je me sens un peu mieux, enfin tout juste capable de redescendre les 600m de dénivelé qui restent, avec mon sac sur le dos ! Le mal de tête persiste mais diminue jusqu’à disparaître après 3/4 d`heure à La Paz à 3700m. Moi qui voulais me faire un autre sommet prochainement à plus de 6000m, je ne sais pas si je trouverais la motivation de nouveau pour ce type d’effort physique. Je suis allé au bout de moi-même, je crois que c’est l’effort physique et mental le plus dur que j’ai fait jusqu’à maintenant.
De retour à La Paz, je me suis fait avaler ma carte de crédit pour aucune raison apparente. On est mardi. Et il faut que je repasse lundi prochain pour la récupérer.
Le lendemain grosse journée, vu que je n’ai pas beaucoup marché la veille, il faut que je rattrape le retard. Je marche 7h à vive allure tout en descente. Cascades, ruines… c’est sympa. J’arrive dans un petit village (5 maisons) à la fin de la journée pour poser de nouveau ma tente. Mais cette fois-ci je dois payer l’emplacement. Le 3e jour je me lève tôt pour finir pensant qu’il me reste 6h de marche, mais ce sera bouclé en 1h30. Je chope un taxi dans le petit bled tout en bas. Il veut me prendre 150 bolivianos soit 15 euros pour une heure de trajet jusqu’à Coroico. Hors de question de payer ce prix là quand je sais qu’avec 40 bs j’ai pu faire Sucre La Paz (plus de 10hde trajet). Je résiste, et j’obtiens 50 bs pour aller à Yolola un croisement à une demi-heure. Une fois arrivé au croisement j’ai pu trouver un micro qui m’emmène pour 5bs à Coroico.
Je voulais aller sur Coroico pour me faire un trip de rafting pas trop cher. Mais une fois sur place j’apprends que tous les tours partent de La Paz. Alors que le site de rafting est ici à Coroico. A n’en rien comprendre. Ils ont tout centralisé à La Paz à 3h de là ! Cependant Coroico est une ville bien sympa pour se descansar du trek. Je profite un peu de ne pas marcher, et je profite du centre ville mignon. Du coup je repars sur La Paz dès le lendemain pour faire la fête en attendant de pouvoir récupérer ma carte de crédit.
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| Petit spot pour mettre la tente tranquille |
Grosse soirée le samedi avec une bonne bande de Chilien et beaucoup, beaucoup de français de l’hôtel Tout le monde au Tek’os, petite boîte qui envoie bien. Cela f
ait 3 semaines que je suis en Bolivie et je ne fais que parler français, ça me gêne un peu surtout dans l’apprentissage de l’espagnol.
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| Une habitante du coin |
Il y a des grèves dans tous les sens ici. Tous les jours depuis que je suis ici, j’ai vu des gens manifester. Une grève des transports est prévue pour lundi mardi à La Paz. Manque de pot je dois attendre lundi pour récupérer ma carte. Je profite de ces temps à La Paz pour bien manger sushis pour 45 bs merci Javier ! (5 euros), super kebab à 2 pas de l’hotel El Solario pour 12 bs (1,5 euros) ou encore la truite frite pour 18 bs (2 euros). Je visite aussi le musé de la coca qui est pas mal du tout. J’en ai retenu qu’il faut 300g de coca pour fabriquer 1 gramme de cocaine. J’arrive à quitter La Paz le mercredi matin après une grosse cuite pas facile ! Vu qu’il reste des manifestations tous les minibus sont plein à craquer. Je suis obligé de monter dans le coffre d’un taxi avec mon sac pour atteindre la cimeterio plaza pour choper un bus pour Copacabana.