



En partant d’Ocosingo
il nous faudra 6h de route à l’arrière d’un pick-up barricadé pour arriver au
village perdu de San Quintin. Le trajet se fait un peu long sur la fin, les
bancs en bois installés au fond du pick-up ne sont pas du meilleur confort. Le
conducteur n’avance pas à plus de 30 km/h sur la piste. En plus le soleil m’a
fait une petite insolation, ce qui me rend bien patraque. On a de la chance, la
voiture nous dépose au village d’à côté Emilio Zapata. Normalement les pick-up
s’arrêtent juste à San Quintin et ne vont pas plus loin. En effet il y a un
différent entre les deux villages voisin, l’un est anti zapatista et l’autre
pro zapatista. Bien mort du trajet, je laisse Rémi aller voir l’association à 10
minutes de là pour savoir comment se passe la suite pour aller à la Laguna
Miramar. En attendant un bourré du village vient me casser les ….. On en vient
quasiment à se mettre dessus. De toute façon il tenait à peine debout. Mais sa
mère qui habitait à côté l’a fait partir juste avant. Elle me dit après :
« Yo no tengo miedo » lol. « yo tampoco ».
On dépose les sacs à
l’association une fois que Rémi est de retour et on entame la marche de 1h30
pour atteindre enfin la laguna. El presidente nous a conseillé de leur louer
des bottes, mais tétu comme des français on a refusé. On s’est donc attaqué au
chemin boueux avec nos chaussures de randos. Quelle merde. Je n’ai jamais vu un
chemin aussi boueux. Sur tout le long il nous faut regarder où mettre les
pieds. En plus de cela, ça glisse à mort. Pour compliquer un petit peu, je me
suis bien ouvert l’orteil en marchant en tongue à Ocosingo la veille, ce qui me
fait boiter. Pour mettre un petite touche de piment supplémentaire, on fera la
dernière heure dans le noir à la frontale. Quand on arrive on a de la boue
jusqu’aux genoux, on est transpirant comme il n’est pas permis. Les chaussures
auront fait quelques bons ploufs dans la boue. J’ai une couche de boue de 3 cm
sur chaque pied ! Du coup petit bain dans l’eau tiède du lac où les
étoiles s’y réfléchissent. On l’aura bien mérité.

Cette laguna est loin
de tout. La pureté du ciel est tip top. On mettra les hamacs sous un carbet. En
revenant d’aller pisser de nuit j’ai failli marcher sur un bébé couleuvre.
Heureusement je l’ai vu juste avant. Les gardes qui surveillent le site l’ont
tué à coup de bâton.

Le lendemain on a un
guide qui est venu nous balader en kayak. Moi manque de pot je suis foudroyé
d’une chiasse mais j’y vais quand même. On a fait un petit tour jusqu’aux 3
îlots où Rémi s’est baigné. Avec son masque il barbote pour tenter d’apercevoir
les quelques petits poissons. Ensuite se dirige vers le mirador en pirogue.
Rémi monte pour moi à 322 mètres pour voir la laguna vu du dessus. Il peut y
voir aussi la laguna de los crocodilos mais il en a pas vu un seul. Moi je suis
resté dans la pirogue ne pouvant pas trop bouger. Enfin on est allé voir une
sculpture d’humain taillé dans la roche à plusieurs mètres de haut. Assez
impressionnant quand on se dit que l’on est loin de tout. Le tailleur a
surement dû se faire descendre avec des lianes pour sculpter ça. Après seulement 3 heures on est déjà de
retour. A la limite moi ça m’arrange.

Un peu déçu du tour on
annule le tour du lendemain qui devait nous montrer la grotte avec les tortues
de mer. En tout cas on se sent loin de tout ici. Coupé du monde totalement.
Dans l’après midi on voit un bateau à l’horizon. C’est les indigènes du village
d’en face qui débarquent. Toutes les femmes en habit traditionnelles sont avec
leurs bébés dans le dos entouré dans un drap tandis que les hommes rament. Ils
ont l’air très respectueux de leur environnement. On dirait que l’on est dans
une autre époque. Il leurs a fallu aux moins 2 heures pour traverser le lac à
la rame et ensuite (tous à pied nu) ils ont l’heure et demi de marche (5,3 kms)
dans la boue avant d’arriver à un minimum de civilisation. L’électricité dans
le village est arrivée il y a seulement 3 ans. Ils emmènent avec eux une poule
qu’ils vont revendre au village.
Nous on est vraiment
peinard ici. Moi de mon côté j’ai le temps de me vider. Je ne mange plus rien.
J’ai des plaies qui ‘en finissent pas de s’infecter. On est resté 2 jours
entiers sur place à vivre au rythme de la nature. Ca fait du bien. On n’a pas
vu beaucoup d’animaux, à part entendre les singes hurleurs.
Le retour se fera un
peu plus au sec que l’allé. En attendant le mini bus qui part à 2h du matin, on
est invité par un enfant de 11 ans dans sa maison rustique. Quelque parpaings
pour faire office de mur, une télé avec Frankenstein, une table et des lits par
terre. L’enfant est d’une gentillesse, ça fait plaisir, comme toute sa famille
d’ailleurs qui arrive un peu plus tard.
On dormira quelques
heures dans le salon avant de prendre le bus pour Margarita. Pendant ue Rémi
dort j’écris le blog. Et j’entends des cris de la pièce d’à côté. Et qui je
vois débarqué, un muet muni d’une
machette, qui crie comme il peut parce qu’il a entendu des bruits dans la rue.
Le voilà qui sort en faisant un sacré boucan, il revient 2 minutes plus tard
sans sa machette et m’explique comme il peut qu’il a tué un animal qui nous menaçait.
Un peu flippant le gaillard !