samedi 19 janvier 2013

La laguna Miramar



En partant d’Ocosingo il nous faudra 6h de route à l’arrière d’un pick-up barricadé pour arriver au village perdu de San Quintin. Le trajet se fait un peu long sur la fin, les bancs en bois installés au fond du pick-up ne sont pas du meilleur confort. Le conducteur n’avance pas à plus de 30 km/h sur la piste. En plus le soleil m’a fait une petite insolation, ce qui me rend bien patraque. On a de la chance, la voiture nous dépose au village d’à côté Emilio Zapata. Normalement les pick-up s’arrêtent juste à San Quintin et ne vont pas plus loin. En effet il y a un différent entre les deux villages voisin, l’un est anti zapatista et l’autre pro zapatista. Bien mort du trajet, je laisse Rémi aller voir l’association à 10 minutes de là pour savoir comment se passe la suite pour aller à la Laguna Miramar. En attendant un bourré du village vient me casser les ….. On en vient quasiment à se mettre dessus. De toute façon il tenait à peine debout. Mais sa mère qui habitait à côté l’a fait partir juste avant. Elle me dit après : « Yo no tengo miedo » lol. «  yo tampoco ».

On dépose les sacs à l’association une fois que Rémi est de retour et on entame la marche de 1h30 pour atteindre enfin la laguna. El presidente nous a conseillé de leur louer des bottes, mais tétu comme des français on a refusé. On s’est donc attaqué au chemin boueux avec nos chaussures de randos. Quelle merde. Je n’ai jamais vu un chemin aussi boueux. Sur tout le long il nous faut regarder où mettre les pieds. En plus de cela, ça glisse à mort. Pour compliquer un petit peu, je me suis bien ouvert l’orteil en marchant en tongue à Ocosingo la veille, ce qui me fait boiter. Pour mettre un petite touche de piment supplémentaire, on fera la dernière heure dans le noir à la frontale. Quand on arrive on a de la boue jusqu’aux genoux, on est transpirant comme il n’est pas permis. Les chaussures auront fait quelques bons ploufs dans la boue. J’ai une couche de boue de 3 cm sur chaque pied ! Du coup petit bain dans l’eau tiède du lac où les étoiles s’y réfléchissent. On l’aura bien mérité. 

Cette laguna est loin de tout. La pureté du ciel est tip top. On mettra les hamacs sous un carbet. En revenant d’aller pisser de nuit j’ai failli marcher sur un bébé couleuvre. Heureusement je l’ai vu juste avant. Les gardes qui surveillent le site l’ont tué à coup de bâton. 

Le lendemain on a un guide qui est venu nous balader en kayak. Moi manque de pot je suis foudroyé d’une chiasse mais j’y vais quand même. On a fait un petit tour jusqu’aux 3 îlots où Rémi s’est baigné. Avec son masque il barbote pour tenter d’apercevoir les quelques petits poissons. Ensuite se dirige vers le mirador en pirogue. Rémi monte pour moi à 322 mètres pour voir la laguna vu du dessus. Il peut y voir aussi la laguna de los crocodilos mais il en a pas vu un seul. Moi je suis resté dans la pirogue ne pouvant pas trop bouger. Enfin on est allé voir une sculpture d’humain taillé dans la roche à plusieurs mètres de haut. Assez impressionnant quand on se dit que l’on est loin de tout. Le tailleur a surement dû se faire descendre avec des lianes pour sculpter ça.  Après seulement 3 heures on est déjà de retour. A la limite moi ça m’arrange.

Un peu déçu du tour on annule le tour du lendemain qui devait nous montrer la grotte avec les tortues de mer. En tout cas on se sent loin de tout ici. Coupé du monde totalement. Dans l’après midi on voit un bateau à l’horizon. C’est les indigènes du village d’en face qui débarquent. Toutes les femmes en habit traditionnelles sont avec leurs bébés dans le dos entouré dans un drap tandis que les hommes rament. Ils ont l’air très respectueux de leur environnement. On dirait que l’on est dans une autre époque. Il leurs a fallu aux moins 2 heures pour traverser le lac à la rame et ensuite (tous à pied nu) ils ont l’heure et demi de marche (5,3 kms) dans la boue avant d’arriver à un minimum de civilisation. L’électricité dans le village est arrivée il y a seulement 3 ans. Ils emmènent avec eux une poule qu’ils vont revendre au village.

Nous on est vraiment peinard ici. Moi de mon côté j’ai le temps de me vider. Je ne mange plus rien. J’ai des plaies qui ‘en finissent pas de s’infecter. On est resté 2 jours entiers sur place à vivre au rythme de la nature. Ca fait du bien. On n’a pas vu beaucoup d’animaux, à part entendre les singes hurleurs.

Le retour se fera un peu plus au sec que l’allé. En attendant le mini bus qui part à 2h du matin, on est invité par un enfant de 11 ans dans sa maison rustique. Quelque parpaings pour faire office de mur, une télé avec Frankenstein, une table et des lits par terre. L’enfant est d’une gentillesse, ça fait plaisir, comme toute sa famille d’ailleurs qui arrive un peu plus tard. 

On dormira quelques heures dans le salon avant de prendre le bus pour Margarita. Pendant ue Rémi dort j’écris le blog. Et j’entends des cris de la pièce d’à côté. Et qui je vois débarqué, un  muet muni d’une machette, qui crie comme il peut parce qu’il a entendu des bruits dans la rue. Le voilà qui sort en faisant un sacré boucan, il revient 2 minutes plus tard sans sa machette et m’explique comme il peut qu’il a tué un animal qui nous menaçait. Un peu flippant le gaillard !


vendredi 18 janvier 2013

Les ruines de Tonina

A côté de la petite ville de Ocosingo se trouve les ruines de Tonina méconnues du public. Dans un envirronement de toute beauté, ce site est très original. Il se présente sous la forme d’une gigantesque pyramide adossé à une colline. Une vraie ville vertigineuse de 80 mètres de haut. Niveau après niveau, on trouve des habitations, des bâtiments officiels, 8 palais et 13 temples. Le tout à 1000 mètres d’altitude dans la chaleur tropicale.




Le peuple de Tonina était un peuple super belliqueux, voir agressif. Avec une hache d’obsidienne, les Toniniens n’hésitaient pas à couper des têtes. Avec leur puissante armée, ils ont même réussi à capturer le roi de Palenque qu’ils ont offert en sacrifice. La décapitation était chez eux une véritable obsession. La cité a été habitée dès le préclassique et a connu ses heures de gloire entre 600 et 900 après JC. Mais peu après elle a subi une invasion ennemie, et après la mutilation des sculptures et des inscriptions, elle a été rapidement abandonnée. Elle fût à nouveau habitée un moment, avant d’être définitivement oubliée des hommes à partir de 1250.

La vue d’en haut est fabuleuse. On peut voir les mexicains encore en train de restaurer le site. Avec Rémi on s’est fait une petite mission dans une crypte dont l’accès est interdit depuis peu. On a soulevé deux trois planches et hop on s’est immiscer avec la frontale dans un escalier pas plus large que nous. Sensation garantie. On est descendu sur une dizaine de mètres de profondeur. La hauteur est vraiment limite, mieux vaut ne pas être claustrophobe. A un moment on passe même plus en largeur. Je me suis enfoncé sur une 30 aine de mètre tandis que Rémi est resté en bas des escaliers. Impressionnant ! Après avoir discuté avec un guide par hasard un peu plus tard au marché d’Ocosingo, on a appris que les archéologues pensent que cela donne sur une tombe d’une reine.
 
Le site en tout cas récemment ouvert au public vaut vraiment le coup. Je dirais mieux que les ruines de Palenque bien plus touristiques.

Après cette visite un peu au pas de course. On rentre sur Ocosingo pour choper le dernier camion qui part vers la laguna Miramar. Mais le camion ne se remplissant pas on est forcé d’attendre le lendemain et dormir à Ocosingo.

jeudi 17 janvier 2013

Quelques jours à Palenque


Après une nuit bien courte dans le bus (je n’avais pas eu de bus aussi confortable depuis la Colombie), on arrive à Palenque à 3h du matin. On se cherche un petit spot pour mettre le hamac. Après avoir marché un petit kilomètre on trouve quelques arbres à la sortie de la ville le long de la route. On y installe notre petit camp à l’arrache pour quelques heures, histoire de finir la nuit.

On cache ensuite les affaires pour aller se dégoter un petit déjeuner bien mérité. Et ensuite direction El Panchan, un quartier Hippie à côté de Palenque. On arrive juste après une rainbow (fête qui dure un mois entre hippies), quelques uns sont encore là. On peut les voir déambuler dans la ville de Palenque avec leur drap qui leur sert de vêtement et des plumes dans les cheveux. J’installe ma tente pour 2 dollars. On rencontre un méxicain tatoueur de la rue avec ses écarteurs dans les oreilles. On décide de le suivre pour aller dans le village zapatista de Roberto Vario.

Les zapatistas sont les révolutionnaires indiens du Méxique qui se sont rebellés contre le gouvernement dans les années 90.  A l’entrée de la ville on peu voir des visages de rebelles dessinés sur les murs des maisons. Cet endroit méconnu des touristes est à seulement 30 minutes de voitures de Palenque. On y accède à l’arrière d’un pick up. Ce petit village est juste à côté de superbes chutes d’eaux. L’endroit est magnifique. Il y a deux rivières qui se rejoignent en contrebas. Les cascades sont à couper le souffle. Pas par leur hauteur ni par leur débit mais par leur ruissellement sur la roche arrondie. L’eau est limpide et chaude. Un vrai pied pour se baigner et contempler la nature. On se laisse aller toute l’après midi. Des escaliers sont creusés dans la roche où l’eau ruisselle dessus. C’est magnifique. Dans le top 5 des cascades que j’ai pu voir. L’endroit n’est pas touristique du tout et en plus l’entrée est gratuite.

On y passe toute l’après midi. Le mexicain envoie sa copine qui elle parait moins mafieuse près de notre sac pour nous piquer l’appareil photo. Manque de pot on n’est pas dupe et on ne la laissera pas l’approcher. Du coup ils partent sans butin. La nuit tombe déjà et il nous faut rentrer. Mais pas bol on a loupé le dernier pick up qui retourne sur Palenque. Ni une ni deux on entame une marche suicidaire. On a 12 kms à marcher pour rejoindre la route principale où l’on espère qu’il y aura une voiture qui s’arrête pour nous prendre. On marche à la belle étoile en tee shirt. On avait rien prévu du tout. 

Heureusement il ne fait pas trop froid. Mais s’il nous faut dormir sur le bord de la route ça va cailler. En marchant ça va. Après 8 kms à pieds sans croiser une voiture dans le bon sens, on finit par tomber sur la première qui nous prend en stop. Super content, on court et on monte à l’arrière du pick up qui nous ramène direct jusque Palenque.


Bien mort de la journée on ne fera pas de vieux os. Le lendemain on a prévu de se faire les ruines de Palenque. Celles-ci sont très touristiques et pas forcément super impressionnantes. Pas de grande pyramide, ni beaucoup de sculptures. Un  peu déçu de ce site je dois dire.

La cité Maya commença à se développer durant l’époque classique entre 300 et 600 après JC avant de connaître son apogée entre 600 et 700.Cette époque correspond au très long règne du roi Pacal, qui fit construire la plupart des édifices importants, notamment la pyramide du temple des inscriptions avec à l’intérieur, la fameuse crypte funéraire qui lui servira de sépulture (malheureusement inaccessible au public). L’architecture, dite classique, est très différente de celle d’Uxmal (style Puuc) ou de Chichen Itza. Palenque n’a d’ailleurs pas les proportions monumentales  de ces deux dernières, ce qui laisse penser que son rôle politique n’était que secondaire. A l’approche de ses 100 ans, le grand Pacal meurt enfin. Son fils Chan-Bahlum (Jaguar serpent) finit par lui succéder et poursuit l’œuvre de son père. A la mort du fils la cité entrera en déclin. La cité finit par disparaître durant presque 8 siècles aux yeux des hommes et du monde. Beaucoup de frises sur les murs retranscrivent la passation de pouvoir entre le père et le fils.



Après cette visite on part en vadrouille  pour voir les cascades touristiques de Misol-Ha. On se fait déposer par un combi puis ensuite il nous faut marcher 3 kms. La cascade est impressionnante. La chute d’eau est de 30 mètres dans un joli bassin. Le site est assez petit. On peut passer derrière la chute. En remontant derrière on s’immisce dans une grotte d’où vient une autre chute d’eau. On remonte la grotte avec de l’eau jusque la taille à l’aide de notre frontale sur une 50 aine de mètre. Le noir est complet, le courant est assez puissant. La résonnance d’une cascade à l’intérieur de la grotte nous fait avancer. Et là on finit par arriver dans une grande chambre avec deux cascades qui débitent à fond. On peut juste les apercevoir avec notre frontale. On arrive à s’en approcher. Le spectacle est saisisant. Un peu frissonant quand l’on s’imagine que l’eau monte d’un coup. Cet endroit est tip top. On finit par rentrer à la tombé de la nuit où il nous faut rejoindre la route principale. On attendra un bon petit moment le combi sur le bord de la route. Mais ça va on a réussi à rentrer au camp sans souci.

Le lendemain on part pour Ocosingo. On ne fera pas Aqua Azul qui a l’air bien classe aussi bien que touristique.