jeudi 17 janvier 2013

Quelques jours à Palenque


Après une nuit bien courte dans le bus (je n’avais pas eu de bus aussi confortable depuis la Colombie), on arrive à Palenque à 3h du matin. On se cherche un petit spot pour mettre le hamac. Après avoir marché un petit kilomètre on trouve quelques arbres à la sortie de la ville le long de la route. On y installe notre petit camp à l’arrache pour quelques heures, histoire de finir la nuit.

On cache ensuite les affaires pour aller se dégoter un petit déjeuner bien mérité. Et ensuite direction El Panchan, un quartier Hippie à côté de Palenque. On arrive juste après une rainbow (fête qui dure un mois entre hippies), quelques uns sont encore là. On peut les voir déambuler dans la ville de Palenque avec leur drap qui leur sert de vêtement et des plumes dans les cheveux. J’installe ma tente pour 2 dollars. On rencontre un méxicain tatoueur de la rue avec ses écarteurs dans les oreilles. On décide de le suivre pour aller dans le village zapatista de Roberto Vario.

Les zapatistas sont les révolutionnaires indiens du Méxique qui se sont rebellés contre le gouvernement dans les années 90.  A l’entrée de la ville on peu voir des visages de rebelles dessinés sur les murs des maisons. Cet endroit méconnu des touristes est à seulement 30 minutes de voitures de Palenque. On y accède à l’arrière d’un pick up. Ce petit village est juste à côté de superbes chutes d’eaux. L’endroit est magnifique. Il y a deux rivières qui se rejoignent en contrebas. Les cascades sont à couper le souffle. Pas par leur hauteur ni par leur débit mais par leur ruissellement sur la roche arrondie. L’eau est limpide et chaude. Un vrai pied pour se baigner et contempler la nature. On se laisse aller toute l’après midi. Des escaliers sont creusés dans la roche où l’eau ruisselle dessus. C’est magnifique. Dans le top 5 des cascades que j’ai pu voir. L’endroit n’est pas touristique du tout et en plus l’entrée est gratuite.

On y passe toute l’après midi. Le mexicain envoie sa copine qui elle parait moins mafieuse près de notre sac pour nous piquer l’appareil photo. Manque de pot on n’est pas dupe et on ne la laissera pas l’approcher. Du coup ils partent sans butin. La nuit tombe déjà et il nous faut rentrer. Mais pas bol on a loupé le dernier pick up qui retourne sur Palenque. Ni une ni deux on entame une marche suicidaire. On a 12 kms à marcher pour rejoindre la route principale où l’on espère qu’il y aura une voiture qui s’arrête pour nous prendre. On marche à la belle étoile en tee shirt. On avait rien prévu du tout. 

Heureusement il ne fait pas trop froid. Mais s’il nous faut dormir sur le bord de la route ça va cailler. En marchant ça va. Après 8 kms à pieds sans croiser une voiture dans le bon sens, on finit par tomber sur la première qui nous prend en stop. Super content, on court et on monte à l’arrière du pick up qui nous ramène direct jusque Palenque.


Bien mort de la journée on ne fera pas de vieux os. Le lendemain on a prévu de se faire les ruines de Palenque. Celles-ci sont très touristiques et pas forcément super impressionnantes. Pas de grande pyramide, ni beaucoup de sculptures. Un  peu déçu de ce site je dois dire.

La cité Maya commença à se développer durant l’époque classique entre 300 et 600 après JC avant de connaître son apogée entre 600 et 700.Cette époque correspond au très long règne du roi Pacal, qui fit construire la plupart des édifices importants, notamment la pyramide du temple des inscriptions avec à l’intérieur, la fameuse crypte funéraire qui lui servira de sépulture (malheureusement inaccessible au public). L’architecture, dite classique, est très différente de celle d’Uxmal (style Puuc) ou de Chichen Itza. Palenque n’a d’ailleurs pas les proportions monumentales  de ces deux dernières, ce qui laisse penser que son rôle politique n’était que secondaire. A l’approche de ses 100 ans, le grand Pacal meurt enfin. Son fils Chan-Bahlum (Jaguar serpent) finit par lui succéder et poursuit l’œuvre de son père. A la mort du fils la cité entrera en déclin. La cité finit par disparaître durant presque 8 siècles aux yeux des hommes et du monde. Beaucoup de frises sur les murs retranscrivent la passation de pouvoir entre le père et le fils.



Après cette visite on part en vadrouille  pour voir les cascades touristiques de Misol-Ha. On se fait déposer par un combi puis ensuite il nous faut marcher 3 kms. La cascade est impressionnante. La chute d’eau est de 30 mètres dans un joli bassin. Le site est assez petit. On peut passer derrière la chute. En remontant derrière on s’immisce dans une grotte d’où vient une autre chute d’eau. On remonte la grotte avec de l’eau jusque la taille à l’aide de notre frontale sur une 50 aine de mètre. Le noir est complet, le courant est assez puissant. La résonnance d’une cascade à l’intérieur de la grotte nous fait avancer. Et là on finit par arriver dans une grande chambre avec deux cascades qui débitent à fond. On peut juste les apercevoir avec notre frontale. On arrive à s’en approcher. Le spectacle est saisisant. Un peu frissonant quand l’on s’imagine que l’eau monte d’un coup. Cet endroit est tip top. On finit par rentrer à la tombé de la nuit où il nous faut rejoindre la route principale. On attendra un bon petit moment le combi sur le bord de la route. Mais ça va on a réussi à rentrer au camp sans souci.

Le lendemain on part pour Ocosingo. On ne fera pas Aqua Azul qui a l’air bien classe aussi bien que touristique.
 

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