mercredi 9 octobre 2013

Relaxe à Vang Vieng



Vang Vieng est cette fameuse ville que j’ai pu connaître via des touristes qui en portaient le tee shirt. Depuis Bali j’en vois plein avec marqué tubing. Finalement je découvrirais ce que c’est réellement une fois sur place. Vang Vieng était le carrefour des touristes fêtards qui se donne à cœur joie pour se mettre une bonne cuite en descendant la rivère sur leur bouée en s’arrêtant dans les bars qui longent la rivière, à tel point qu’encore l’année dernière il y avait un mort par semaine. Depuis un an une loi est passée pour fermer la plupart des bars, sur la trentaine existant, il n’en reste plus que 3. A l’époque on pouvait avoir un shot gratuit dans chaque bar ce qui rendait les gens totalement défait avant d’arriver et ils se noyaient, ou tomber mal sur les rochers… Quand j’ai enttendu ça, je n’y croyais pas. Je pensais que les gens se tuaient à cause des rapides mais pas du tout, la rivière est complétement paisible.

Je prends le bus du matin. La route sera plus longue que prévu mais n’ayant pas de montre, je ne sais pas combien de temps on a pris. Ils ont du réparer la roue en route.


Finalement on arrive à bon port, la chaleur insupportable n’a pas changée. On monte dans un tuk tuk en vitesse qui est censé nous emmener jusque l’auberge. Mais il y a un pont à passer où chaque aller/retour te coûte 30 centimes d’euros. Il nous reste plus qu’à marcher pour le reste ! Ils sont mâlins ces laossiens. Jamais il ne te le dirait avant ce n’est pas dans leur intérêt, il est bien plus facile de mettre le client sur le fait accomplie et encore plus lorsqu’il a déjà payé. Je vois que même loin de notre société industrialisée, l’appât du gain existe toujours. Le touriste a de l’argent, il faut le faire cracher, mais vu que la majorité des touristes ne discutent pas les prix, ou ne rochignent pas, ils imposent leurs prix excessifs petit à petit, la pilulle passe mieux surtout chez une personne de passage.

On s’est dégôté un petit endroit sympa avec des bungalows qui donnent sur la rivière et les montagnes verticales imposantes d’en face. Même si l’on ne veut pas faire de tubing, rien que le site en vaut la peine à mon goût. Le soir on va se manger un bout dans un space restaurant. Au menu tout ce qu’il y a de plus normal pour un restaurant avec une enseigne « space ». On aura le choix entre le space cake (de weed, de champignons, d’opium) ou encore les pizzas… 


Bien posé (allongé) au restaurant, on entend soudainement des cris venant de l’autre côté de la route. Un type se met à hurler tout ce qu’il peut, « HELP, call ambulance » sans arrêt. Ce remue ménage interpelle tout le monde. Personne apparement n’étant médecin ne réagit pour venir au secours du type. Finalement il finit par s’arrêter de crier et tout revient à la normal.Les gens s’écartant j’aperçois mieux le couple en cause. C’est là que je les reconnais, c’est le couple espagnol/italien que j’ai rencontré lors de mon trek à Phongsali. Je vais les voir sur le trottoir d’en face. Elle est assise par terre, tous les deux sont choqués. En fait, elle s’est étranglée avec sa langue, lui en tentant de la lui attraper s’est fait mordre par son amie. En fin de compte plus de peur que de mal, mais les deux étaient particulièrement choqués, elle n’est pas passé loin. C’est comme si que cette ville est hantée maintenant, avec tous ces morts. C’est ce que certains disent, les habitants veulent fuir car ils pensent que tous ces morts sont dûs à des mauvais esprits.

Le lendemain je me prépare à mon premier jour de fénéantise. Je n’arrête pas de bouger ces derniers temps, j’ai besoin de mon petit jour de répis, mon petit dimanche. 

Je change d’hôtel car j’en ai marre de payer ce foutu pont et je me trouve un peu loin du centre ville. Direct je m’active et je me loue une petite moto dans le but d’aller faire un tour à Poukham cave avec son soit disant blue lagoon. Après 7 kms de piste j’arrive sur place, bien sûr on a le fameux checkpoint à touriste où l’on paye l’entrée. Il n’y a pas de lagoon c’est juste une rivière qui passe devant la grotte. Le terrain de jeu est sympa, on peut sauter de l’arbre direct dans l’eau turquoise. Je ne m’y attarderais pas même si j’ai bien chaud et qu’un bon petit bain serait bien plaisant. Je préfère guerrir mon orteil et ne pas l’infecter.

L’entrée de la grotte est à une centaine de mètre de haut. Après cette montée un peu chaotique, on s’infiltre dans un trou qui laisse place à la grandeur de la grotte. Grâce à une ouverture dans la roche, la lumière rentre assez bien, ce qui permet d‘en apprécier sa grandeur. Un boudha y est entreposé en plein milieu. Les blocs de roches qui se sont détachés sont vraiment mastoques. Le chemin est assez glissant. On peut s’immisser pas mal profond pour atteindre une autre cavité géante mais celle-ci beaucoup moins lumineuse. Je me retrouve tout seul dans le noir complet. Je prends mon temps,  j’apprécie le silence et l’obscurité. Quand je suis sur le chemin du retour je croise deux mecs qui n’ont pas de frontale. Pour ne pas qu’ils retournent louer une frontale, je leur prette la mienne. Je les attends donc dans la grotte. C’est à ce moment que je pense alluciner, en regardant l’un des murs, je vois plusieurs formes de visages de monstres (comme des aliens), comme si que le mal de l’obscurité sortait de là. Impressionnant ! Les visages des extraterrestres dans la science fiction sort peut etre de cette grotte ! 

Je ressors avec l’allemand et le hollandais. Je le reverrais le lendemain pour aller faire le tubing. En rentrant je m’arrête pour visiter une dernière grotte. C’est la grotte Tham Numborkeo. L’entrée est de toute beauté, il y a un petit bassin d’eau bleue où l’on peut se baigner en écoutant le bruit de la cascade qui part dans la terre. Je rentre dans la grotte en solo, la lumière deviendra très vite indispensable. Je m’enfonce dans le tunnel pas très grand. J’ai un mélange de peur et d’adrénaline qui me pousse à continuer d’avancer. J’ai cette sensation de se dire que si ma frontale tombe en panne pour quelconque raison, je suis dans la merde. Je ne pourrais jamais trouver la sortie plongée dans le noir intense. Finalement je m’enfonce pendant une 20 aine de minutes à l’intérieur avant de rebrousser chemin car la nuit devrait bientôt tomber. Quand je ressors j’ai le droit à un joli couché de soleil depuis les champs de riz avec les falaises en arrière plan. 
 
Le lendemain je pars faire le fameux tubing. Je n’ai pas été emballé plus que cela. Ca devait être mieux avant quand tous les bars étaient de la partie. Le monde aussi a sacrément diminué à en voir la taille des bars. C’est surtout une belle excuse pour se la coller. Je me fais déposer avec un tuk tuk et la bouée en amont de la rivière. Après seulement 2 minutes de flottaison, un local m’envoie sa bouteille accrochée à sa canne à pêche. Ce n’est pas pour la boire mais pour me ramener au bord où le premier bar nous attend. Je retrouve avec le hollandais et l’allemand avec qui on passera l’après midi. Il y a aussi 2 brésiliens bien sympas avec nous. Il n’y a plus que 3 bars ce qui fait que l’on prend notre temps. Le monde arrive, on doit être une quarantaine pas plus. L’ambiance est sympa. Ca joue au volley, au basket... Il y a même une palette accrochée à une corde pour faire du wakeboard statique. On passera un bon moment et en effet on a fini le tour bourré. 


Le lendemain je repars avec ma moto à la recherche de cave. Je décide d’aller au nord de Vang Vieng voir l’elephant cave. Cette dernière est une merde absolue à ne surtout pas aller voir, à moins que l’on veuille voir un n-ième boudha même pas beau et une roche qui ressemble soit disant à un éléphant. Par contre derrière cette fausse grotte, à quelques minutes de marche il y a 3 grottes. Je commencerai par les 2 premières qui sont proches et toutes les deux sèches. Armé de ma frontale avec mes nouvelles piles je m’enfonce jusqu’à n’en plus finir. La gallerie de la première est un tunnel de 5 mètres de diamètre qui ne s’arrête pas. Je me suis fait arrêter par une piscine d’eau que je n’ai pas voulu traverser ne sachant pas la profondeur.

La deuxième grotte est un tunnel très large, il m’est difficile de voir l’autre paroi par moment avec ma frontale. Cette fois ci j’ai pu accéder au bout de la grotte où il y a une cavité un peu plus grosse. Dans celle-ci je me suis même immissé dans des méandres de puta madre. J’ai suivi un guide qui était dans la grotte avec 2 touristes pendant un petit moment. 

La dernière grotte de la journée est la meilleure de toute. Clostrophobes s’abstenir ! Elle s’appelle la water cave qui est de loin ma préférée du coin. Un guide m’a joint à son groupe de japonais.On s’immisse dans la grotte sur une bouée en longeant une corde pour remonter le léger courant. Très vite l’obscurité prend le dessus. On se ballade une quinzaine de minutes en flottant puis on laisse tous nos bouées pour se faufiler dans les fentes de la roche que l’eau a creusée. Il faudra ramper à plusieurs reprises, avec la geule dans la boue. C’était super ! A faire absolument si on aime bien pousser ses limites. Le guide me disait qu’il y a eu deux morts récemment car ils ont été coincés par la montée des eaux. Personne n’a pu entrer dans la grotte avant que la pluie ne se calme soit 10 jours plus tard !

Cette journée 100% cave est finie. Après une dernière journée de repos je me décide enfin à quitter cet endroit pour la capitale Vientane.

lundi 7 octobre 2013

Luang Prabang



Depuis Phongsali on a décidé avec les 2 suisses Stella et Chris d’aller à Luang Prabang par voie fluviale et ne pas prendre le bus (12 heures de bus pourri). Cela nous prendra 2 jours de voyage. On devra prendre une piste dans un mini bus pour descendre jusque Hat Sa dans le bas de la vallée à un peu plus d’une heure de route. La piste défoncée par les camions nous fait partir en glissades par moment. L’aventure commence. Depuis Hat Sa on prend une pirogue pendant 4 heures en decendant le fleuve. Les paysages sont assez monotones, bien que vallonés par endroit. La verdure y est omniprésente. Je me croierai en Guyane à descendre le fleuve de couleur marron à travers cette forêt luxuriante. 


 Le stop se fera à Muang Khua après 4 heures sur l’eau. On devra y passer la nuit car il n’y a pas de bateaux qui vont plus loin pour aujourd’hui. On rendra visite aux parents de notre guide avec qui on a fait le trek. On a pu goûter au miel maison du père de famille, un petit délice. Le contact était cependant difficile à cause de la barrière de la langue. C’est d’ailleurs ce qui me dérange beaucoup dans ces pays d’Asie, on est toujours bloqué. Les gens ont beau être gentils, le rapport avec le gens est souvent limité. Je veux bien aimé un pays mais si tu ne peux pas échanger par la parole des idées, je ne trouve pas ça très intéressant au final. J’ai surtout cette comparaison avec l’Amérique du sud ou central où je pouvais me retrouver dans un bled loin de tout, l’échange par la parole était possible et beaucoup plus enrichissant.


Dès le lendemain on repart pour une longue journée de voyage. De retour sur une pirogue pour 4 heures jusque Muang Khiaw, on prend un mini bus jusque Luang Prabang avec 3 heures de trajet. Cet épisode est folklorique car au milieu du chemin on s’arrête pour faire monter 4 paysans dans le van. Bien sûr il ne reste que 2 places libres, donc on devra bien se serrer. Mais les laossiens en général sont assez sensibles au mal de l’auto c’est la raison pour laquelle on distribue à chaque fois des sacs plastiques. Ca n’a pas loupé, on a le droit à une heure de vomitage intense. Les types n’en pouvaient plus. La tête dans le plastique tout le long de la route, à le regarder, on aurait dit qu’il passait le pire moment de leur vie. J’ai pas pu m’empêcher de rire car les 2 suisses étaient restés à l’arrière et se prennaient des vapeurs un peu noséabondes. Finalement on arrive à Luang Prabang, où l’on prend un tuk tuk pour nous déposer dans le centre ville. 

Le lendemain je pars aux chutes d’eau de Kuang Si qui sont vraiment de toute beauté malgré qu’elles soient extrémement touristiques. On assiste à plusieurs cascades d’eau turquoise qui se succèdent dont la dernière qui est l’apothéose avec la plus grande chute. Je suis un peu déçu de ne pas pouvoir me baigner à cause de mon satané orteil (je n’ai plus d’ongle d’ailleurs, j’ai dû le retirer). Je ne voudrais pas qu’il s’infecte, ce serait le pire des scénarios. A l’entrée du parc il y a un mini zoo où l’on peut voir des ours locaux de petite taille comparé à des gros ours blanc. 

Luang Prabang est une ville bien agréable malgré sa popularité. L’ambiance y est vraiment agréable, il y a beaucoup de tourisme mais cette ville qui est l’ancienne capitale du Laos et qui est maintenant la capitale religieuse et culturelle du Laos a su garder son charme. Les prix par contre se sont étonnament adaptés au porte monnaie des européens. On y trouve des restaurants très sympas mais qui visent une clientèle qui a de l’argent. Car le pauvre petit laotien avec son salaire de misère ne pourra jamais se le payer même si pour nous ce n’est pas trop cher 10 euros pour 2.

Le soir on va sur le Mont Phousi au milieu du vieux centre ville et qui domine la ville. La vue est sympa au couché de soleil comme au levé d’ailleurs (gratuit au levé) car la ville est encaissée dans une vallée entourée de montagnes. 

Le lendemain on part à la visite sans trop se presser des temples de la ville. La chaleur y est insoutenable on cherche le moindre coin d’hombre pour oser avancer. Dès 11h du matin jusque 16h c’est atroce. L’humidité de l’air te fait suer sans arrêter. C’est donc tant bien que mal que l’on découvre ces quelques temples sympas. J’en ai oublié les noms. Pour se détendre le soir rien de tel qu’un petit massage. C’est la première fois qu’un type un peu éféminé me fait un massage. Ca se passera bien même si les mains d’une femme restent plus agréables. Il y a un bar sympa à côté de l’hôtel, on y fera un tour pour notre dernière soirée à Luang Prabang.

Le dernier jour on a décidé de se lever tôt (5h) pour aller voir la marche des Mhonks à 6h. C’est le rituel matinal des moines. Les Mhonks marchent en file et viennent faire l’ômone pour la nourriture du jour. C’est ainsi que la population et quelques touristes viennent en aide aux moines. Tout le monde s’assoie sur ses genoux  en prenant soin de ne pas mettre ses pieds vers les moines ce qui serait irrespectueux. Puis on distribue la nourriture que l’on a (riz gluant, gateaux, banane…) à chaque moine qui tend son panier. Quand le panier est trop rempli ils dévesrsent le surplus dans un bac qui ira surement au temple. Le nombre de moines est impressionnant, ils s’étalent sur plusieurs centaines de mètres. C’était vraiment bien de pouvoir participer à ce rituel et de pouvoir aider ces jeunes moines. Ici peut être moine tout enfant de plus de 5 ans. Il a le droit de se retirer quand il en a envie pour retrouver une vie normale.

On profitera du levé matinal pour partir vers notre prochaine étape, Vang Vieng.

mercredi 2 octobre 2013

Trek à Phongsali



Phongsali est situé tout au nord du Laos pas loin de la frontière avec la Chine. C’est une ville assez reculé et pas frocément facile d’accès. Ce qui sort un peu de la route habituel du touriste. 

La route pour Phongsali sera longue. En partant de Chiang Rai dans le nord de la Thailande, il me faudra plusieurs jours pour y parvenir. Tout d’abord un premier bus pour atteindre la ville frontière avec le Laos nommée Chiang Khong. De là il faut normalement prendre un tuc tuc pour nous conduire jusque l’embarcadère où l’on tamponne le passeport pour sortir de Thailande. Jeff, un type en scooter m’a proposé de monter avec lui. J’ai fait le trajet avec ce ricain installé là depuis 10 ans. De là j’ai pris une pirogue pour traverser le fleuve. J’arrive alors à Houai Xai, au Laos. 

Je fais alors mon visa on arrival qui me coûte 30 dollars pour un mois. Et je repars de plus belle vers le terminal de bus à l’arrière d’une camionnette qu’ils appellent tuk tuk ici. J’arrive juste à temps pour prendre le bus qui me conduira dans la ville où j’ai prévu d’aller à Luang Namtha (4 heures de route supplémentaire). Sur les conseils de Philou je dois faire un trek dans le parc national de Nam Ha. Lors du trajet, je note nettement la différence entre les 2 pays. La pauvreté du Laos n’a rien à voir. Je n’ai pas vu une seule maison qui n’est pas faite en bois avec un toit de feuille le long de la route. Elles sont pratiquement toutes sur pilotis. Les paysages sont très vert et très vallonés avec des champs de riz partout dès qu’ils peuvent utiliser une surface plate, ou des champs de mais quand c’est plus raide.

A la sortie du bus je rencontre 3 suisses (Chris, Stella and Fabienne) pour partager les frais du dernier tuk tuk de la journée, qui nous conduira dans le centre de la petite ville. Cette ville est vraiment paisible. C’est ma première impression sur le Laos, le calme. 

On va dans l’auberge Zuela qui nous coûte 4 euros chacun la nuit seulement. Je partage la chambre avec le suisse. On ira manger au marché de nuit juste en face. La nourriture change légèrement de la Thailande. On a même des nems ! Les suisses finalement me font changer d’avis sur le trek. Nam Ha étant pas mal touristique car quiconque veut faire un trek et rencontrer les populations reculées vient par ici. Ce qui rend les villages habitués aux touristes car tous les jours ils voient des touristes débarquer. 
 
 Je les suis donc le lendemain en direction de Phongsali. On prend un bus jusque Oudom Xai à 3 heures de route. On devra ensuite attendre le lendemain pour prendre le seul bus de la journée pour Phongasli. Cette fois ci c’est 9 heures de route dans un bus d’antiquité. Au départ on nous distribue le fameux sac plastique pour vomir au cas où. La route est longue très longue, on ne sompte plus les virages. Je n’ai jamais vu ça près de la moitié du bus vomira à travers la fenêtre. Je comprends mieux pourquoi ils se sont tous précipités une heure avant le départ sur les sièges à la fenêtre. 
En arrivant au terminal de Phongsali, l’on doit reprendre un tuk tuk. Mais pas de bol tous les laosiens se sont rués dessus et nous les 4 touristes on devra attendre qu’il revienne car c’est le seul. Finalement on se fera prendre en stop à l’arrière d’un 4x4 pour effectuer les 3 kms qui  nous séparent du centre. J’ai remarqué qu’au Laos et même en thailande ils te mettent les terminaux de bus toujours un peu à l’extérieur de la ville même dans les petits villages. Je suppose que c’est pour faire fonctionner le business du tuk tuk. On se trouve une guesthouse en haut de la colline surplombant le village pour 5 euros. On aurait aimé passer à l’office de tourisme pour se réserver le trek mais c’est fermé.

Dès le lendemain matin on se précipite au bureau et l’on arrive à réserver un trek pour le matin même. Je n’avais pas envie de prendre de guide mais aucune carte des sentiers n’est trouvable. Le trek de 3 jours nous coûtera 80 euros par tête. On ne sera que 3 car Fabienne a un problème de poumon qu’il l’empêche de trop marcher. Je trouve cela un peu cher juste pour de la marche mais la moitié part directement aux villages que l’on va voir. Pour ma part j’ai toujours l’ongle de l’orteil décollé, j’espère qu’il ne va pas s’infecter.

On démarre  donc le trek dans la foulée le temps de faire le sac et que le tuk tuk nous emmène au début de la randonnée où le guide nous attendra. Le guide a 23 ans et est Kamu (une des tribus du nord du Laos). Il parle très bien anglais ce qui permet d’échanger un peu pus que d’habitude. Il nous explique qu’au Laos, il y a 49 langues et que le boudhisme est le pus répandu même si beaucoup de tribus croient encore aux esprits.
La marche sera courte seulement 3 heures pour la première journée. Le repas du midi sera rudimentaire. Quelques feuilles font office de table, un peu de riz gluant, une cuisse de poulet, un poisson, un peu de légumes et le petit piment. Un vrai repas laossien qui sera vraiment le bienvenu en haut de la colline que l’on vient de grimper gentillement. Après avoir traversé les rizières du village Phunoi, le guide nous amène dans la maison du chef du village où l’on passera la nuit. On arrive vers la fin de la journée. On peut ainsi les voir travailler à ramasser le maîs qu’ils ont fait sécher toute la journée au soleil en les étalant sur des paillasses. En les regardant ramasser les grains de maîs j’ai soudain cette réflexion débile d’européen civilisé : mais pourquoi ils ne se créent pas un système pour ramasser les grains plus vite. Je les vois utiliser un vulgaire sac plastique qui leur sert de ramasse maîs. Ils sont 6 pendant plus d’une heure à bosser quand une seule personne pourrait effectuer le travail avec jsute un peu d’astuce. On a l’impression de faire un retour dans le temps. Mais finalement ils n’ont pas ce besoin de toujours produire plus. S’ils sont heureux avec ce qu’ils ont. Ils vivent comme ils en ont envie et perpétuent leurs traditions. C’est dingue comme mes réflexes d’efficacités reviennent au galop. Le guide nous explique que le mais que l’on voit, ils ne le mangent pas, ils vendent juste les sacs remplis (20 kilos environ) pour 2000 Kips soit 20 centimes d’euros à la Chine. Ce mais est transgénique. Ils le sèchent en deux jours.

Avant que le soleil ne se couche, on part dans le village voisin qui lui est Akka. Sur le chemin le guide nous explique que les chinois viennent parfois pécher dans la rivière illégalement. Ils utilisent des batteries pour électrocuter les poissons qui remontent ainsi à la surface. Ce genre de pêche est strictement interdite comme la pêche à la dynamite d’ailleurs et est sévèrement puni de 200 euros d’amende mais pour les riches chinois voisins c’est une pacotille. Les chinois ont aussi construit la piste qui nous emmène au village en échange de pouvoir déboiser la région mais les habitants très peu éduqués le prenne comme un cadeau, tout comme les tracteurs, mobilettes, toit en tôle offert. Les Akka ont une langue très similaire au chinois. Ce dernier est d’ailleurs appris à l’école. Les chinois ont tissés un climat de confiance avec cette ethnie qui n’y voit aucun mal car le chinois les aident en échange de production de maîs transgénique ou de récolte de racine de bamboo qu’ils font sécher ou encore d’autre plantes médicinale qui s’appauvrissent de jour en jour dans la région. Le chinois préfère utliser les terres de son voisin que de souiller ses propres terres. Les Akka eux n’y voit que du bien dans cette histoire. Ils ont même aporter l’électricité au village Akka tandis que le village Punoi juste à côté n’est pas électrifié par le réseau. 

La différence de style de vie est bien différente d’un village à l’autre. En effet, chez les Akka, on se croierait dans une porcherie au sens propre. Ils vivent parmi les animaux, avec les poules, les porcs, les bœufs, les chevaux… Le village est assez sale dû à tous ces animaux qui se lâchent un peu partout. Le village est beaucop plus bruyant que celui d’à côté, ils parlent un peu à la manière des chinois. Beaucoup d’enfants jo
uent pendant que les femmes sont encore dans les champs. Les hommes eux rentrent plus tôt et sont là à attendre assis à fumer des bangs de tabac (pipe à eau fabriqué en bamboo). On se joint à ce groupe d’homme pour fumer avec eux et tenter de discuter via notre guide. Le chef du village est présent. Les chefs de village en général se succèdent de père en fils mais notre guide nous explique que cela a tendance à changer, et que des votes sont effectués dans une minorité de villages. Le moment est agréable. On finit ensuite notre tour du village à la tombée de la nuit.

De retour dans la maison du chef Punoi, on prend notre douche au seul point d’eau du village. Chacun son tour avec les villageois ont se décrasse sous l’eau froide. Le village est en bord de rivière ce qui permet d’irriguer toutes les platations alentours de riz notamment. 5 maisons ont l’électricité via des turbines rudimentaires placées dans le courant de la rivière. En revenant de la douche saisissante, le repas nous attend. On commence toujours les repas que ce soit le diner ou même le petit déjeuner par 2 shooters de whiski maison. Moi qui raffole du whiski, c’est jackpot (ironique !), heureusement le goût n’est pas le même que le traditionnel whisky, on dirait plus de l’eau de vie. Pour le repas on remange la même chose, du riz gluant…Puis on ira se coucher sur des paillasses avec moustiquaire.

Le lendemain on doit repartir tôt mais le départ sera repousser pour cause d’apéro improvisé chez l’ami de notre guide. On va à 3 maisons de là où son ami nous attend avec le wisky maison mélangé avec du bois médicinal. Après quelques verres il nous dit que l’on n’a pas besoin de marcher jusque la route à 2 heures de marche, il nous conduira avec son tracteur typique du coin. Ce qui nous laisse le temps de prendre un peu plus d’apéro et d’essayer de nouveau la pipe à eau. Dans la maison il y a la femme la plus vieille des alentours. Le guide nous dit qu’elle a 123 ans, qu’elle a mangé toute sa vie du riz et des légumes. Elle est maintenant aveugle et se déplace sans pouvoir se lever. 
Après cet entremède on part enfin vers la suite du trek en tracteur. On commence les 3 heures de marche dans une forêt bien plus humide en grimpette. On traversera plusieurs cours d’eau. Je tente de les esquiver tant bien que mal pour ne pas ruiner mes chaussures qui se délapident (semelles qui se décollent devant/derrière) mais aussi ne pas mouiller mon orteil avec l’ongle décollé. En partant devant car le rythme ne me convenait pas j’ai pu voir un cerf qui s’est mis à hurler et à fuir lorsqu’il m’a entendu approcher. On a pu voir aussi pas mal de chenilles tout aussi intriguantes les une des autres ainsi que de beaux papillons de type morpho comme en Guyane. L’arrivé au village où l’on a prévu de dormir se fera sous la pluie. Pas de bol le chemin de terre rouge se transforme vite en terrain boueu et glissant. Heureusement que ce n’était que  durant la dernière demie-heure. On aura pu apercevoir d’un point de vue, la frontière avec la Chine démarqué par une montagne.
Quand on arrive au village on a quelques centimètres de boues sous les chaussures, ça colle. On se sent vraiment sale après avoir suée dans la montée sous une chaleur difficilement supportable. Le village est de nouveau Akka. On se retrouve à dormir dans une cabane entouré de tous les animaux possible de la ferme. Cette fois ci on est vraiment à la ferme. Le village est tout à flanc de colline, ça glisse pas mal et c’est sale comme j’ai rarement vu. Les enfants jouent dans cette crasse. Je me demande comment l’on peut vivre dans un envirronnement  si poisseux, c’est allucinant. Laisser les animaux chier partout n’arrange pas la chose. J’ai demandé où étaient les toilettes pour les hommes, il faut aller dans la forêt en s’éloignant du village. On dirait que l’animal est plus respecté que l’homme de ce point de vue. 

On reprendra notre habitude de la douche froide en plein milieu du village. On n’aura pas l’électricité ce soir là. On mangera dans l’obscurité tous ensembles autour d’une petite table car un autre groupe de touristes est présent. Un type espagnol qui fait des one man shows (« una puta mierda ») à Madrid avec sa femme italienne ainsi qu’un allemand. Je commence à saturer un peu du riz gluant et de la soupe… Cette fois ci on a le droit à une salade de bamboo qui n’est pas mauvaise du tout. La journée se terminera par un massage Akka dans notre cabane qui ne durera guère longtemps et d’une qualité bien médiocre. Le contact avec les locaux du village est quasi inexistant. A part les enfants qui joueront avec moi. Je me suis mis à jongler et ont commencés à avoir leurs yeux qui brillent. On a passé un bon petit moment.

On reprendra la route le lendemain tous ensemble, avec 3 heures à descendre. La pluie de la veille a rendu le chemin infesté de sangsues. On doit s’arrêter toutes les 5 minutes pour vérifier que l’on n’en a pas une qui nous suce le sang. Elles sont petites (2 cm de long). Je crois que l’on s’est tous fait sucer au moins une fois. En te sucant, elle te décoagulent le sang ce qui fait que tu saignes à flot pendant 2 minutes après l’avoir retirée. C’est le côté un peu moins marrant du trek, fort heureusement il n’a pas plu les autres jours. Le guide nous racontais qu’avant il y avait des sangsues énormes dans les rivières. Elles sucaient en général les buffalos et en mourraient. Maintenant elles  ont étés éradiqués grâce à une plante aigre que les villageois ont mis dans l’eau pour se baigner en toute sécurité.
Le trek arrive à sa fin. On traverse des grandes rizières pour finir et rejoindre le village. Le retour à Phongali se fera en tracteur again puis 2 heures en bus public. Je suis un peu déçu de ce trek qui nous a donné une bonne vue d’ensemble sur la vie des villages dans la région certes mais qui n’a pas su me donner le contact avec les populations que je recherche ou encore des longues marches difficiles.
Phongsali c’est fini. Il n’y a pas grand-chose à faire dans ce village, après une nouvelle nuit sur place on se dirige vers le sud  à Luang Prabang par voie fluviale.