Phongsali est situé
tout au nord du Laos pas loin de la frontière avec la Chine. C’est une ville
assez reculé et pas frocément facile d’accès. Ce qui sort un peu de la route
habituel du touriste.
La route pour Phongsali
sera longue. En partant de Chiang Rai dans le nord de la Thailande, il me
faudra plusieurs jours pour y parvenir. Tout d’abord un premier bus pour
atteindre la ville frontière avec le Laos nommée Chiang Khong. De là il faut
normalement prendre un tuc tuc pour nous conduire jusque l’embarcadère où l’on
tamponne le passeport pour sortir de Thailande. Jeff, un type en scooter m’a
proposé de monter avec lui. J’ai fait le trajet avec ce ricain installé là
depuis 10 ans. De là j’ai pris une pirogue pour traverser le fleuve. J’arrive
alors à Houai Xai, au Laos.
Je fais alors mon visa
on arrival qui me coûte 30 dollars pour un mois. Et je repars de plus belle
vers le terminal de bus à l’arrière d’une camionnette qu’ils appellent tuk tuk
ici. J’arrive juste à temps pour prendre le bus qui me conduira dans la ville
où j’ai prévu d’aller à Luang Namtha (4 heures de route supplémentaire). Sur
les conseils de Philou je dois faire un trek dans le parc national de Nam Ha.
Lors du trajet, je note nettement la différence entre les 2 pays. La pauvreté
du Laos n’a rien à voir. Je n’ai pas vu une seule maison qui n’est pas faite en
bois avec un toit de feuille le long de la route. Elles sont pratiquement
toutes sur pilotis. Les paysages sont très vert et très vallonés avec des
champs de riz partout dès qu’ils peuvent utiliser une surface plate, ou des
champs de mais quand c’est plus raide.
A la sortie du bus je
rencontre 3 suisses (Chris, Stella and Fabienne) pour partager les frais du
dernier tuk tuk de la journée, qui nous conduira dans le centre de la petite
ville. Cette ville est vraiment paisible. C’est ma première impression sur le
Laos, le calme.
On va dans l’auberge
Zuela qui nous coûte 4 euros chacun la nuit seulement. Je partage la chambre
avec le suisse. On ira manger au marché de nuit juste en face. La nourriture
change légèrement de la Thailande. On a même des nems ! Les suisses
finalement me font changer d’avis sur le trek. Nam Ha étant pas mal touristique
car quiconque veut faire un trek et rencontrer les populations reculées vient
par ici. Ce qui rend les villages habitués aux touristes car tous les jours ils
voient des touristes débarquer.



Je les suis donc le
lendemain en direction de Phongsali. On prend un bus jusque Oudom Xai à 3
heures de route. On devra ensuite attendre le lendemain pour prendre le seul
bus de la journée pour Phongasli. Cette fois ci c’est 9 heures de route dans un
bus d’antiquité. Au départ on nous distribue le fameux sac plastique pour vomir
au cas où. La route est longue très longue, on ne sompte plus les virages. Je
n’ai jamais vu ça près de la moitié du bus vomira à travers la fenêtre. Je
comprends mieux pourquoi ils se sont tous précipités une heure avant le départ
sur les sièges à la fenêtre.

En arrivant au terminal
de Phongsali, l’on doit reprendre un tuk tuk. Mais pas de bol tous les laosiens
se sont rués dessus et nous les 4 touristes on devra attendre qu’il revienne
car c’est le seul. Finalement on se fera prendre en stop à l’arrière d’un 4x4
pour effectuer les 3 kms qui nous
séparent du centre. J’ai remarqué qu’au Laos et même en thailande ils te
mettent les terminaux de bus toujours un peu à l’extérieur de la ville même
dans les petits villages. Je suppose que c’est pour faire fonctionner le
business du tuk tuk. On se trouve une guesthouse en haut de la colline
surplombant le village pour 5 euros. On aurait aimé passer à l’office de
tourisme pour se réserver le trek mais c’est fermé.
Dès le lendemain matin
on se précipite au bureau et l’on arrive à réserver un trek pour le matin même.
Je n’avais pas envie de prendre de guide mais aucune carte des sentiers n’est
trouvable. Le trek de 3 jours nous coûtera 80 euros par tête. On ne sera que 3
car Fabienne a un problème de poumon qu’il l’empêche de trop marcher. Je trouve
cela un peu cher juste pour de la marche mais la moitié part directement aux
villages que l’on va voir. Pour ma part j’ai toujours l’ongle de l’orteil
décollé, j’espère qu’il ne va pas s’infecter.
On démarre donc le trek dans la foulée le temps de faire
le sac et que le tuk tuk nous emmène au début de la randonnée où le guide nous
attendra. Le guide a 23 ans et est Kamu (une des tribus du nord du Laos). Il
parle très bien anglais ce qui permet d’échanger un peu pus que d’habitude. Il
nous explique qu’au Laos, il y a 49 langues et que le boudhisme est le pus
répandu même si beaucoup de tribus croient encore aux esprits.

La marche sera courte
seulement 3 heures pour la première journée. Le repas du midi sera
rudimentaire. Quelques feuilles font office de table, un peu de riz gluant, une
cuisse de poulet, un poisson, un peu de légumes et le petit piment. Un vrai
repas laossien qui sera vraiment le bienvenu en haut de la colline que l’on
vient de grimper gentillement. Après avoir traversé les rizières du village
Phunoi, le guide nous amène dans la maison du chef du village où l’on passera
la nuit. On arrive vers la fin de la journée. On peut ainsi les voir travailler
à ramasser le maîs qu’ils ont fait sécher toute la journée au soleil en les
étalant sur des paillasses. En les regardant ramasser les grains de maîs j’ai
soudain cette réflexion débile d’européen civilisé : mais pourquoi ils ne
se créent pas un système pour ramasser les grains plus vite. Je les vois
utiliser un vulgaire sac plastique qui leur sert de ramasse maîs. Ils sont 6
pendant plus d’une heure à bosser quand une seule personne pourrait effectuer
le travail avec jsute un peu d’astuce. On a l’impression de faire un retour
dans le temps. Mais finalement ils n’ont pas ce besoin de toujours produire
plus. S’ils sont heureux avec ce qu’ils ont. Ils vivent comme ils en ont envie
et perpétuent leurs traditions. C’est dingue comme mes réflexes d’efficacités
reviennent au galop. Le guide nous explique que le mais que l’on voit, ils ne
le mangent pas, ils vendent juste les sacs remplis (20 kilos environ) pour 2000
Kips soit 20 centimes d’euros à la Chine. Ce mais est transgénique. Ils le
sèchent en deux jours.





Avant que le soleil ne
se couche, on part dans le village voisin qui lui est Akka. Sur le chemin le
guide nous explique que les chinois viennent parfois pécher dans la rivière
illégalement. Ils utilisent des batteries pour électrocuter les poissons qui
remontent ainsi à la surface. Ce genre de pêche est strictement interdite comme
la pêche à la dynamite d’ailleurs et est sévèrement puni de 200 euros d’amende
mais pour les riches chinois voisins c’est une pacotille. Les chinois ont aussi
construit la piste qui nous emmène au village en échange de pouvoir déboiser la
région mais les habitants très peu éduqués le prenne comme un cadeau, tout
comme les tracteurs, mobilettes, toit en tôle offert. Les Akka ont une langue
très similaire au chinois. Ce dernier est d’ailleurs appris à l’école. Les
chinois ont tissés un climat de confiance avec cette ethnie qui n’y voit aucun
mal car le chinois les aident en échange de production de maîs transgénique ou de
récolte de racine de bamboo qu’ils font sécher ou encore d’autre plantes
médicinale qui s’appauvrissent de jour en jour dans la région. Le chinois
préfère utliser les terres de son voisin que de souiller ses propres terres.
Les Akka eux n’y voit que du bien dans cette histoire. Ils ont même aporter
l’électricité au village Akka tandis que le village Punoi juste à côté n’est
pas électrifié par le réseau.
La différence de style
de vie est bien différente d’un village à l’autre. En effet, chez les Akka, on
se croierait dans une porcherie au sens propre. Ils vivent parmi les animaux,
avec les poules, les porcs, les bœufs, les chevaux… Le village est assez sale
dû à tous ces animaux qui se lâchent un peu partout. Le village est beaucop
plus bruyant que celui d’à côté, ils parlent un peu à la manière des chinois.
Beaucoup d’enfants jo
uent pendant que les
femmes sont encore dans les champs. Les hommes eux rentrent plus tôt et sont là
à attendre assis à fumer des bangs de tabac (pipe à eau fabriqué en bamboo). On
se joint à ce groupe d’homme pour fumer avec eux et tenter de discuter via
notre guide. Le chef du village est présent. Les chefs de village en général se
succèdent de père en fils mais notre guide nous explique que cela a tendance à
changer, et que des votes sont effectués dans une minorité de villages. Le
moment est agréable. On finit ensuite notre tour du village à la tombée de la
nuit.
De retour dans la
maison du chef Punoi, on prend notre douche au seul point d’eau du village.
Chacun son tour avec les villageois ont se décrasse sous l’eau froide. Le
village est en bord de rivière ce qui permet d’irriguer toutes les platations
alentours de riz notamment. 5 maisons ont l’électricité via des turbines
rudimentaires placées dans le courant de la rivière. En revenant de la douche
saisissante, le repas nous attend. On commence toujours les repas que ce soit
le diner ou même le petit déjeuner par 2 shooters de whiski maison. Moi qui
raffole du whiski, c’est jackpot (ironique !), heureusement le goût n’est
pas le même que le traditionnel whisky, on dirait plus de l’eau de vie. Pour le
repas on remange la même chose, du riz gluant…Puis on ira se coucher sur des
paillasses avec moustiquaire.
Le lendemain on doit
repartir tôt mais le départ sera repousser pour cause d’apéro improvisé chez
l’ami de notre guide. On va à 3 maisons de là où son ami nous attend avec le
wisky maison mélangé avec du bois médicinal. Après quelques verres il nous dit
que l’on n’a pas besoin de marcher jusque la route à 2 heures de marche, il
nous conduira avec son tracteur typique du coin. Ce qui nous laisse le temps de
prendre un peu plus d’apéro et d’essayer de nouveau la pipe à eau. Dans la
maison il y a la femme la plus vieille des alentours. Le guide nous dit qu’elle
a 123 ans, qu’elle a mangé toute sa vie du riz et des légumes. Elle est
maintenant aveugle et se déplace sans pouvoir se lever.


Après cet entremède on
part enfin vers la suite du trek en tracteur. On commence les 3 heures de
marche dans une forêt bien plus humide en grimpette. On traversera plusieurs
cours d’eau. Je tente de les esquiver tant bien que mal pour ne pas ruiner mes
chaussures qui se délapident (semelles qui se décollent devant/derrière) mais
aussi ne pas mouiller mon orteil avec l’ongle décollé. En partant devant car le
rythme ne me convenait pas j’ai pu voir un cerf qui s’est mis à hurler et à
fuir lorsqu’il m’a entendu approcher. On a pu voir aussi pas mal de chenilles
tout aussi intriguantes les une des autres ainsi que de beaux papillons de type
morpho comme en Guyane. L’arrivé au village où l’on a prévu de dormir se fera
sous la pluie. Pas de bol le chemin de terre rouge se transforme vite en
terrain boueu et glissant. Heureusement que ce n’était que durant la dernière demie-heure. On aura pu
apercevoir d’un point de vue, la frontière avec la Chine démarqué par une
montagne.
Quand on arrive au
village on a quelques centimètres de boues sous les chaussures, ça colle. On se
sent vraiment sale après avoir suée dans la montée sous une chaleur
difficilement supportable. Le village est de nouveau Akka. On se retrouve à
dormir dans une cabane entouré de tous les animaux possible de la ferme. Cette
fois ci on est vraiment à la ferme. Le village est tout à flanc de colline, ça
glisse pas mal et c’est sale comme j’ai rarement vu. Les enfants jouent dans
cette crasse. Je me demande comment l’on peut vivre dans un envirronnement si poisseux, c’est allucinant. Laisser les
animaux chier partout n’arrange pas la chose. J’ai demandé où étaient les
toilettes pour les hommes, il faut aller dans la forêt en s’éloignant du
village. On dirait que l’animal est plus respecté que l’homme de ce point de
vue.

On reprendra notre
habitude de la douche froide en plein milieu du village. On n’aura pas
l’électricité ce soir là. On mangera dans l’obscurité tous ensembles autour
d’une petite table car un autre groupe de touristes est présent. Un type
espagnol qui fait des one man shows (« una puta mierda ») à Madrid
avec sa femme italienne ainsi qu’un allemand. Je commence à saturer un peu du
riz gluant et de la soupe… Cette fois ci on a le droit à une salade de bamboo
qui n’est pas mauvaise du tout. La journée se terminera par un massage Akka
dans notre cabane qui ne durera guère longtemps et d’une qualité bien médiocre.
Le contact avec les locaux du village est quasi inexistant. A part les enfants
qui joueront avec moi. Je me suis mis à jongler et ont commencés à avoir leurs
yeux qui brillent. On a passé un bon petit moment.
On reprendra la route
le lendemain tous ensemble, avec 3 heures à descendre. La pluie de la veille a
rendu le chemin infesté de sangsues. On doit s’arrêter toutes les 5 minutes
pour vérifier que l’on n’en a pas une qui nous suce le sang. Elles sont petites
(2 cm de long). Je crois que l’on s’est tous fait sucer au moins une fois. En te
sucant, elle te décoagulent le sang ce qui fait que tu saignes à flot pendant 2
minutes après l’avoir retirée. C’est le côté un peu moins marrant du trek, fort
heureusement il n’a pas plu les autres jours. Le guide nous racontais qu’avant
il y avait des sangsues énormes dans les rivières. Elles sucaient en général
les buffalos et en mourraient. Maintenant elles
ont étés éradiqués grâce à une plante aigre que les villageois ont mis
dans l’eau pour se baigner en toute sécurité.

Le trek arrive à sa
fin. On traverse des grandes rizières pour finir et rejoindre le village. Le
retour à Phongali se fera en tracteur again puis 2 heures en bus public. Je
suis un peu déçu de ce trek qui nous a donné une bonne vue d’ensemble sur la
vie des villages dans la région certes mais qui n’a pas su me donner le contact
avec les populations que je recherche ou encore des longues marches difficiles.
Phongsali c’est fini.
Il n’y a pas grand-chose à faire dans ce village, après une nouvelle nuit sur
place on se dirige vers le sud à Luang
Prabang par voie fluviale.