mercredi 13 juin 2012

Decansar a Huanchaco

Me voici enfin dans un bled dans lequel j'ai envie de me poser un peu. Cela fait près de 6 mois que je bouge sans arrêt. Je vais donc me reposer ici à Huanchaco à côté de Trujillo. Ici la vie est plutôt paisible, il fait bon vivre. En bord de mer avec des vagues parfaites (gauches) tous les jours entre 1 et 2 mètres. Que c'est bon! J'ai donc acheté ma deuxième planche de surf du voyage au shaper chez qui je loge. N'ayant pas fait travailler mes bras depuis 5 mois, il m'aura fallu une bonne semaine pour retrouver la condition physique. Une vraie gonzesse! J'ai l'impression d'avoir des bras d'enfants, incapable de ramer plus de 10 minutes d'affilé le premier jour! Maintenant ça va déjà beaucoup mieux, et j'en profite pour progresser un max. Tous les jours minimum 3h dans l'eau. Il n'y a pas trop de monde sur le spot c'est vraiment le top et l'ambiance est agréable.
Huanchaco est situé à seulement 40 minutes de Chicama la vague la plus longue du monde en gauche. Mais celle-ci ne marche que par gros swell supérieurs à 2 mètres. J'espère avoir la chance d'avoir les conditions pour la surfer...

Je pense rester quelque temps ce qui explique que le blog risque de stagner un petit peu!!!

Quelques jours à Huaraz


Huaraz est le point de départ du Pérou pour faire de la haute montagne. C´est la plus haute chaîne de montagnes tropicales. Les villes ici sont pour la plupart coincées entre la cordillère blanche et la cordillère noire. La cordillère blanche fait seulement 180 km de long mais compte 35 sommets de plus de 6000m. Il y a l’Alpamayo aussi, qui est considéré comme la montagne la plus belle du monde avec sa forme pyramidale parfaite.
Après une nouvelle nuit dans le bus, j’arrive à Huaraz bien dans le coltard. Avec un ricain du bus on se trouve un taxi pour nous emmener à l’hotel. Manque de pot c’est complet ! Et c’est parti pour se galérer à trouver quelque chose de convenable dans les rues des Huaraz. On finit par se faire interpeler dans la rue. Le bonhomme nous propose un logement très bien pour un prix défiant toute concurrence. Du coup on finit notre nuit là bas. Le ricain, lui, a déjà tout organisé. Il part le lendemain pour une rando de 7 jours ultra difficile avec l’ascension de 4 sommets entre 5000 et 6300m. Du très très lourd.

Pour moi cette première journée sera tranquille à organiser le trek du lendemain. Seul problème c’est que j’ai atteint le satané plafond de ma carte bancaire et je vais donc devoir repousser la rando à plus tard. Du coup avec le peu qu’il me reste je me fais un tour d’une journée pour aller voir le glacier pastoruri. Sur le chemin on verra des plantes un peu particulières typiques de la région : les "Puya raimondi". De la famille des broméliacées, cette plante développe une tige qui peut monter jusqu´à 10m de haut. Elle vit environ 100ans et meurt après sa première floraison. Floraison qui donne jusqu´à 3000 fleurs et 6 millions de graines. On fera un autre arrêt au niveau d’une source d’eau gazeuse qui sort de terre. Pour atteindre le glacier il nous faut faire 2 petits kms à pied à plus de 5000m. On arrive alors sur un joli glacier avec son lac, avec un fucking guarda parque qui nous empêche de marcher sur des cailloux ! Mais sinon visite sympa. Le lendemain je suis encore bloqué pour cette histoire d’argent. Du coup je pars le surlendemain pour me faire le fameux trek Santa Cruz que tout le monde fait en 4 jours avec guide. J’ai longtemps hésité avec le trek du côté de la face nord de l’Alpamayo (le plus beau côté de la plus belle montagne du monde) mais ce sont 6 jours de randos assez intenses avec 4 cols à près de 5000m, toute la nourriture sur le dos et pas très emprunté il est assez facile de se perdre. Le Santa cruz passe dans la vallée par la face sud de l’Alpamayo.

Ne voulant pas le faire avec un guide et une dizaine de touristes,  j’entame mon trek en solo. Levé 4h30 pour choper un combi qui m’emmène jusque Caraz. Ensuite je me débrouille pour trouver un taxi combi qui m’emmène à Huaripampa où démarre le trek. Je commence à marcher à 8h30. J’ai prévu de faire le trek en 3 jours pour rentrer plus tôt sur la côte et surfer un jour de plus ! Je démarre fort et après une bonne journée de marche (8h30) j’ai fait plus de la moitié. Du coup je finis le trek en 2 jours avec une deuxième journée de 5h30 de marche. C’est fou comme le monde est petit. Sur le chemin je rencontre pas moins de 5 personnes que j’ai rencontrées auparavant dans différents endroits dont un ricain avec qui j’ai monté le Huayna Potosi un mois plus tôt. J’ai rencontré aussi un français qui est en formation pour être guide de haute montagne il s’apprêtait à gravir l’Alpamayo. Près de 4h d’escalade de glace avec une pente à 70 degrés et descente en rappel. Waouh !!! 1h avant la fin du trek je rencontre un autre français qui discute avec une vieille du coin. Il me dit qu’il n’y a plus de bus pour rentrer sur Huaraz après 14h (il est 15h). Entre 2 phrases il me dit qu’il y a des camions jusque 16h mais c’est dangereux ! 
Bon je suis prêt à prendre le risque, étant un peu à la bourre, je finis le trek avec un rythme sacrément soutenu tout en montée. J’en ai chié ! Mais j’arrive avant 16h dans le bled où il y a une vulgaire route. Juste le temps de me reposer et un camion passe par là. Je l’arrête et je négocie à 15 soles le retour sur Yungay. 3h de piste de montagne inoubliable. Une heure de montée, une heure de descente en lacets extrême. Je comprends pourquoi il m’avait dit que c’était dangereux. Le camion citerne est obligé dans certains lacets de se faire le virage en 3 fois (2 marches arrières) devant le vide. Impressionnant mais le conducteur gère bien et tout se passe bien. Je suis avec 3 péruviens dans la cabine du camion sympas comme tout. Après 3h de tape cul, j’arrive à Yungay et il me faut prendre un combi surempli pour Huaraz (1h de route). Je suis debout la première moitié de la route en attendant que des gens descendent. Arrivé à Huaraz enfin, j’enchaîne dans la foulée avec 8h de bus pour Trujillo. Quelle journée !

Je pense que je reviendrai par ici, il a vraiment plein de choses à faire. Niveau randonnée, de hautes montagnes c'est le top.Il y a également le canyon de Pato qui a l'air de valoir le coup d'oeil!

samedi 2 juin 2012

Premier passage à Trujillo

Contraint d’y passer avant Huaraz  je vais écourter au max mon premier séjour dans le coin en espérant que les grèves à Huaraz ne vont pas durer. En arrivant au terminal, je suis comme d’habitude alpagué par tous les taxis avec toujours la bonne excuse que le quartier est dangereux et qu’il faut absolument monter avec eux. Mais un autre passager du coin m’a dit que le centre n’est qu’à quelques cuadras donc un peu de marche pour trouver un hôtel ca fait pas de mal. Je trouve un hôtel pas mal avec chambre seule et bano compartido pour 20 soles. Un peu mort du trajet de nuit je m’effondre comme une me..e. Du coup levé à 16h j’aurai juste le temps de visiter le centre de Trujillo. Superbe centre avec tous ses bâtiments coloniaux encore en super état et cette ambiance tranquile en plein centre et bien active par ses klaxons et ses foules de gens en périphérie. 

Le lendemain les grèves se sont enfin calmées à Huaraz et je peux enfin prendre un bus en soirée. Mais avant de partir de Trujillo j’en profite pour visiter les sites autour de la ville à ne pas manquer. Pour raisons économiques et plus sympa j’y vais par mes propres moyens.

Huacas de sol y de la luna

Merveilleux sites de la civilisation Moche (100 à 800 après JC).
A l´entrée du site, un très intéressant musée sur la civilisation Moche : jolies céramiques (dont des vases spécialement utilisés pour prendre des potions pour rentrer en trance et obtenir le privilège d’avoir des hallucinations et prendre contact avec le monde supérieur ainsi que le monde des morts)  et très bonnes explications sur cette civilisation passionnante. Sur ce site, deux temples sont encore visibles : le temple de la lune (de fonction politico-administrative) et le temple du soleil (de fonction cérémoniel), entre les deux se trouvait le village des artisans et des producteurs. A l´heure actuelle, seul le temple de la lune peut être visité, l´autre n´a pas été restauré. Des travaux de restauration sont menés chaque jour pour remettre à jour cette cité des sables.
 
Le temple de la lune a été construit en plusieurs étapes. Tous les 100 ans à peu près, un nouveau temple plus haut et plus grand était construit sur le précédent. Il y a ainsi 5 temples bâtis les uns sur les autres. Nous entrons par les prisons où étaient enfermés les hommes prochainement sacrifiés. Les Moches, comme beaucoup de civilisations, pratiquaient en effet les sacrifices humains lors des cérémonies de culte. Lors de ces évènements les dirigeants se vêtissaient de toutes sortes de bijoux en or, argent, cuivre doré… de cette manière ils se présentaient à la population et brillaient comme le soleil, la lune et les étoiles. Chez cette civilisation, les sacrifices étaient seulement humains. Les jeunes guerriers les plus costauds doivent se battre entre eux, le perdant est alors sacrifié. Il est donc ligoté et drogué, on l’emmène ensuite dans une pièce du temple en attendant sa décapitation et la découpe de son corps. Où le sang est récupéré dans une coupole. Ceci est la première cérémonie. La deuxième se passe au sommet du temple, la coupe de sang du sacrifié était présentée aux dieux et au peuple resté hors du temple, et ensuite versé sur le sol à l’endroit propice. Le peuple se massait au pied de la façade sud. Celle-ci a été restaurée et présente de magnifiques frises relatant les étapes du sacrifice. On a ainsi retrouvé récemment les corps de 110 guerriers dans le temple tous empilés les uns sur les autres. Car une fois tués, les corps sont mis dans le temple à la merci des oiseaux et autres bestioles. Une fois que le cadavre est dévoré, il fallait sacrifier un nouveau combattant. Le corps mort représentait des semences pour que le temple garde son caractère sacré. Chaque sacrifice était fait pour que les dieux soit cléments sur le temps (pluie au bon moment pour les cultures...) mais était aussi nécessaire pour garantir l’ordre politique et cosmique.
100 ap JC : début de la civilization Moche
350 : Construction du temple de la Luna
600 : Inondations importantes dans la ville, phénomène El Nino
Depuis cette période, c’est la décadence. Le pouvoir a de moins en moins de crédibilité. Une partie de la population part. Le pouvoir change de temple et s’installe dans el huaca del sol. Le village ne produit plus d’objets rituels mais seulement des objets à usage domestique.
800 : Fin des Moches

Le complexe de Chan Chan

Ancienne cité de la civilisation Chimù (9ème-15ème siècle juste après les Moches) bâtie entièrement d`adobe, de pierres, d´eau et de sable. Elle s´étendait autrefois sur près de 14 km2 et comptait pas moins de 28 palais où vivaient 100 000 personnes. Aujourd´hui seul le temple principal Tschudi est encore visible. C´est la plus grande ville en adobe des Amériques.



Les murs restaurés s´élèvent jusqu’à plus de 10 mètres et sont sculptés de motifs de poissons, vagues et loutres de mer. La cité se situant à proximité de la mer, le culte de la pêche et de la mer revêtait un caractère important. Une magnifique place des cérémonies et des sacrifices au centre du temple, puis les salles des audiences où le peuple apportait les offrandes aux sacerdotes (sorte de prêtres).
Ces 2 visites me prennent la journée. Mais vu que la cité Chan Chan est proche de la plage de Huanchaco, j’en profite pour y faire un saut. Ici on est à une heure de route de la plus longue gauche du monde chicama. Je check les planches de surf dans les surfs shop, je regarde ces vagues de 1,5m qui cassent presque parfaitement. Ca donne envie de se jeter à l’eau. Après Huaraz je m’y jette ça c’est sûr !
Petite adresse pas mal, de l’autre côté du rond point en face du terminal de bus de Movil Tour (compagnie de bus),il y a un restaurant chinois super bon pour pas un rond…

Lima


Lima capitale du Pérou est une mégalopole construite sur la côte en plein désert. C’est la seconde plus grande ville au niveau mondial qui est construite en plein désert (après Le Caire). Près de 14 millions d’habitants avec les banlieues soit près de la moitié de la population du Pérou.
 
A peine arrivé je peux sentir la pollution à bout de nez. Ca faisait un moment que j’étais dans des petits bleds et en altitude. Il y a un voile gris qui pèse sur la ville. Le taxi m’emmène à une auberge pas trop chère dans Miraflores Lexluthor. Par hasard je me suis rendu compte en lisant le récit de voyage de Sandra qu’elle était ici quelques semaines plus tôt ! Je n’ai pas trop envie de m’attarder dans cette grande ville. Je vais donc me faire une visite express de la ville.

Première fin d’après midi je visite le quartier de Miraflores. Quartier résidentiel plutôt branché en bord de mer. Je revois la mer que je n’avais pas vue depuis au moins 2 mois datant de Valparaiso au Chili. Ca fait du bien de ressentir cette humidité naturelle. N’ayant rencontré personne pour faire la fête à l’auberge je reste tranquilou…

Le lendemain j’irai visiter le centre historique de Lima. Cet endroit de la ville vaut à lui seul une petite visite. Avec sa plaza de armas splendide, toutes ses églises, ses casonas (maisons magnifiques avec son style espagnol datant de la colonisation et ses musés)… Pour arriver dans le centre je prends un minibus. Assez typique on se croirait à la criée. Le chauffeur s’occupe de conduire et un autre ouvre la porte du bus et crie sans arrêt la destination de son bus. Il fait payer les passagers au moment où il le souhaite. C’est le type d’expérience bien plus enrichissante que de prendre un taxi. Après la plaza de armas, je me fais la visite de l’église et couvent de San Francisco avec guide en espagnol. Ce lieu est impressionnant avec son patio, ses frises en bois en cours de reconstruction, sa coupole en bois, et ses fameuses catacombes situés sous l’église pour soit disant élever les corps au ciel. Les photos sont interdites mais les catacombes étant tellement impressionnants, je n’ai pas pu m’empêcher. Les ossements (près de 70 000) sont entreposés dans les catacombes. C’est impressionnant tous ces os empilés. Malgré les tremblements de terre successifs le couvent a merveilleusement bien résisté.

Après cette visite intéressante mais quelque peu troublante, je pars à la rencontre des quartiers populaires dans le quartier chinois à quelques blocs de là. La ferveur est bien présente, après les rues du plein centre bien touristiques, bien propres, je me plonge dans un bain de foule. Ca s’agite dans tous les sens, entre les vendeurs ambulants et la foule qui ne va je ne sais où ! J’aime bien ressentir cette ambiance un peu stressante. Ensuite je suis intrigué par le musée de la banque de réserve. Pas mal de poteries de toutes les civilisations du Pérou, peintures… et entre deux poteries les anciennes portes blindées de la banque épaisses de 70 cm avec tout un système de vérins. Ensuite je vais vers la place de San Martin. Belle place avec encore une manifestation comme toujours au Pérou, il n’y a pas un jour où je n’ai pas vu une manifestation. Les vendeurs ambulants en profitent pour vendre des chips aux patates douces, chips bananes, des œufs de caille durs (déjà pelés), des burgers…Ensuite je finis ma visite par le parc de la reserva où tous les soirs on peu assister au circuit magique de l’eau. Une quinzaine de fontaines avec des jeux de lumières. Je me croirais à Las Vegas face au Bellagio quelques années plus tôt en voyant le spectacle effectivement magique. Bien agréable ce petit parc, il faut que je me presse pour choper un nouveau bus ! Voulant absolument quitter Lima je suis contraint et forcé d’aller à Trujillo sur la côte à 8h de bus. Car à la base je voulais  aller à Huaraz pour aller effectuer un de mes derniers grands trek en haute montagne, mais il y a des grèves à Huaraz et aucun bus ne part. J’ai donc décidé de monter plus haut à Trujillo pour revenir sur Huaraz plus tard. Ce qui ne m’arrange pas car Lima comme Trujillo sont quasi à altitude 0 et pour le trek ce sera entre 4000m et 5000m, je risque de me reprendre un nouveau coup de mal d’altitude à m’éterniser sur la côte L. Pas le choix !