lundi 27 février 2012

En route vers Quellon ?


Bon bah ce matin levé 7h pour aller discuter avec les manifestants au port de Chacabuco. Apparemment la nuit dernière a été assez violente à Puerto Aysen (à 15 kms d’où l’on se trouve), il y a eu de grosses échauffourées entre les manifestants et l’armée. Mauvais pour nous, le bateau ne partira pas ce matin. Le bateau étant pourtant dans la baie avec ses passagers qui attendent pour débarquer depuis plus d’une semaine. Je n’ai pas l’impression que la situation va s’arranger rapidement. Puerto Chacabuco est un petit port mais c’est aussi un endroit stratégique pour le blocage. Des barils d’essence pour faire explosif ont été placés dans le port pour mettre la pression sur le gouvernement. Deux bateaux de l’armée sont positionnés aussi dans la baie prêts à intervenir ! (communiqué de presse Damien, France inter depuis Puerto Chacabuco, il est 9h…)

Un peu plus tard dans la matinée la situation a l’air de se débloquer. Tout compte fait ils nous laisseront entrer dans le port vers 16h pour accéder au bateau. Parmi les passagers du bateau qui vient d’accoster, seul les résidents chiliens de la région d’Aysen sont autorisés à sortir du bateau. Pour les autres chiliens et touristes étrangers, impossible ! Ils doivent repartir pour 30h de bateau, retour à la case départ pour eux. Le comble c’est qu’ils doivent repayer le retour ! Autant dire qu’ils n’étaient pas contents…

Pour nous ça se goupille plutôt bien, tout s’est passé comme prévu plus ou moins et l’on n’a pas perdu de temps… En tout cas on a été vraiment chanceux sur ce coup là. Nous voilà à bord du rafiot sous un soleil de plomb. La seule pression que l’on avait redescend, c`était d’avoir le bateau . Et là c’est parti pour 30 heures de mer calme entouré de fiords et de paysages magnifiques… Au programme : photos, discussions avec les passagers, cartes, et lire le bouquin « Lattitude 0 » de Mike Horn, un acharné qui fait le tour du monde en suivant l’équateur…

dimanche 26 février 2012

Coyhaique


Le lendemain pas d’autres solutions que de faire du stop parce qu’il n‘y a pas de bus avant 3 jours. Après 4h d’attente, j’arrive à trouver une voiture qui part sur Cochrane directos. Je le saurai après mais ce sont tous des témoins de Jéhovah venus prêcher la bonne parole à Tortel. Les 2h30 de voyage se passeront très bien malgré une petite prière de départ et l’écoute d’une messe pendant 1h en espagnol. J’étais bien content de ne pas bien comprendre l’espagnol cette fois-ci ! Le conducteur super sympa me proposera même de mettre ma tente dans son jardin. Ne voulant pas rester sur Cochrane pour retourner sur Chile Chico je lui demande de me déposer à la sortie de la ville. Et là qui je vois en train d’attendre désespérément, les 2 français que j’avais laissés à Ushuaia. Ils attentent depuis 2 jours pour se faire prendre en stop mais rien à faire ! Mauvais présage, mais ils veulent aller sur Coyhaique tandis que moi je veux retourner à Chile Chico pour faire la traversée du lac en bateau pour seulement 2000 pesos (subventionnés par le gouvernement). Ils n’avaient pas l’air de s’ennuyer, à force d’attendre ils ont rencontré 4 chiliens de Santiago avec qui ils sont sur le bord de la route. Les grèves se sont intensifiées et toute la région est bloquée. Des barrages routiers se sont mis en place dont un juste avant d’arriver sur Coyhaique. Etant donné qu’il n’y a qu’une route (la Carretera Australe) c’est très facile de bloquer les accès. Ca tombe vraiment au plus mal pour nous. On se retrouve en plein milieu d’une grève d’une grandeur sans précédent apparemment !

A priori ils m’ont dit qu’une voiture devait venir les chercher à 22h pour les emmener sur Coyhaique eux 2 plus les 4 chiliens. Etant donné les nouvelles de barrages je me dis que je ferais mieux de les suivre et de m’incruster dans la voiture. Tout compte fait la voiture ne viendra qu’ à minuit passé. A peine arrivé je me couvre avec mon super bas de montagnard et un deuxième pull. En effet on est 10 dans un pick up avec autant de sacs à dos ! Ils seront 6 dans la voiture et nous serons 4 dans la benne du pick up. Tout ça pour 6h de piste. Heureusement on lâchera 3 personnes sur la route pour n’être plus que 2 à l’arrière dans le froid. L’ambiance est à la rigolade dans la benne, et impossible de dormir par ce froid, ce vent… 2 bouteilles de vins nous aident à nous réchauffer quand les autres sont bien au chaud à l’intérieur de l’habitacle. Moi je suis assis sur un sac avec les jambes recroquevillées, complètement coincées. Je ne le ferai pas 2 fois en tout cas. Même si avec le recul ça restera un sacré souvenir. Rouler à la belle étoile dans un pick up blindé sur la Carretera Australe avec un froid de canard ! Le barrage avant Coyhaique est bien là. On le passe vers 5h du matin sans trop de problèmes.
Complétement morts  après cette route de fou on cherche une hospedaje (auberge) sans rien trouver. Tout est fermé à 6h du matin. Après cette nuit presque blanche on se retrouve donc à dormir avec les 2 français en pleine ville sur un petit bout d’herbe dans la rue pour une bonne heure. Pas le choix ! Enfin arrivés à Coyhaique on peut enfin retirer de l’argent même si du coup je n’avais presque rien dépensé en 4 jours au Chili. Par la suite on ira directos à l’agence de Naviera Austral pour savoir quand les bateaux partent pour faire Puerto Chacabuco – Quellon sur l’ile de Chiloé (toujours au Chili). C’est le bon plan que Rémi m’a conseillé de faire. Petite croisière d’une trentaine d’heures dans les fiords avec des paysages magnifiques et sans fucking touristes à part nous ! Pour une somme dérisoire (une trentaine d’euros seulement !). La nana de l’agence nous dit qu’il n’y a qu’un bateau par semaine le mercredi (nous sommes lundi) mais qu’il n’est  pas possible d’acheter sa place d’ici parce que vues les circonstances avec les grèves et les barrages ce n’est pas sûr du tout qu’il y ait des départs. Le seul moyen de savoir c’est de se rendre à Puerto Chacabuco à un peu moins de 100 bornes de Coyhaique au nord, là où doit partir le bateau. Mais seulement il n’y a plus de bus parce que les routes sont bloquées. La galère de la journée interminable commence.

Caleta Tortel

La camionette qui nous emmène à Puerto Guadal soulève de la poussière du chemin de terre jusqu’à l’intérieur via une porte qui se ferme mal. Quelle merde, on a du mal à respirer et la poussière s’infiltre partout ! Après une heure de trajet on dépose mon nouveau pote le chilien et moi je reste encore un peu pour me faire déposer un peu plus loin au croisement avec la Carretera Austral à El Maiden. Je pensais qu’il y avait un petit village mais rien ! Je me retrouve seul de nouveau mais maintenant au milieu de nulle part. Vers 18h, je me trouve à une trentaine de kms à pied du premier village . Je commence à marcher avec mon gros sac dans la direction de Cochrane pendant un vingtaine de minutes, prêt à dormir en tente sur le bord de la route. Tout compte fait, bien chanceux après si peu de temps, une voiture s’arrête et me conduira jusque Cochrane où je veux aller. Sympathique le conducteur et sa fille, on écoute la musique de Patagonie  en filant à toute allure dans un décor de rêve.

Ils me déposeront dans la ville de Cochrane. Je vais donc me faire une troisième nuit en tente mais cette fois en camping sauvage dans une petite forêt à la sortie de la ville. Dès le lendemain, je m’attaque au stop pour arriver à Tortel. Après 2h d’attente, un 4x4 me prend pour 1h30 de trajet, mais il en reste une encore. De nouveau au milieu de nulle part, je tends le pouce pendant 4h avant qu’une nouvelle voiture veuille bien me prendre. Mais celle-ci ne me conduira que 40 minutes plus loin. Je me retrouve à un nouveau croisement tout seul vers 17h, plus qu’à 22 kms de Tortel. En attendant 2 nouvelles personnes se sont faites déposer, ça permet de passer le temps. Mais bon après plus d’une heure d’attente je me décide à faire les 22 kms à pieds. Si tout va bien je devrais arriver à 4 km/h vers 23h au village de Tortel. Tout compte fait après 2 kms de marche une voiture me prend pour enfin arriver à destination.

Avec le temps gagné j’ai même le temps de visiter le village sous le soleil. C’est un petit pueblo assez atypique parce qu’il est entièrement monté sur des passerelles. Le paysage est pas mal du tout car il est situé dans une jolie petite baie. Il y a un camping gratuit sans commodités à l’opposé de la ville, où je passerai la nuit. Que des touristes chiliens sont présents, ça permet de travailler l’espagnol. Je me rends compte qu’il faut que je pratique encore bien avant de pouvoir comprendre des discussions de groupe. Pas évident ! Un petit feu réchauffe l’atmosphère…

samedi 25 février 2012

Puerto Aysen & Puerto Chacabuco


Pas le temps de se trouver une auberge pour enfin dormir, on a deux jours pour arriver à bon port pour savoir s’il y a un bateau et si on peut le prendre ce mercredi. Des personnes nous disent que c’est impossible de passer, d’autres l’inverse. On veut mettre toutes les chances de notre côté et on part faire du stop à la sortie de la ville. Complètement morts on se relaie. Pendant qu’un tend le pouce nous, les deux rescapés du back du pick up, on se fait une sieste dans la pelouse avec les moustiques pendant 2 bonnes heures. D’autres personnes font du stop aussi mais on est bien placé. Au bout de 4h de stop un camping car veut bien nous prendre tous les 3. Ils vont justement où l’on va à Puerto Aysen à 15 kms de Puerto Chacabuco. De toute façon on ne peut pas aller plus loin en voiture avec un barrage très virulent. Après 80 kms on se fait bloquer par un barrage. Pas moyen de passer. Plein de pneus brûlent pour dégager une bonne fumée bien noire. Ils nous feront attendre 2 bonnes heures sur le bord de la route pour enfin nous laisser passer ! Cela dit, ils faisaient passer les piétons, mais avec la fatigue dur dur de marcher avec les sacs sur une 15zaine de kms pour atteindre la ville. Une fois arrivés dans la ville, on dirait qu’il y a eu la guerre. Des feus sont allumés un peu partout dans les rues, quelques voitures calcinées, des arbres abattus et mis en travers de la chaussée. Apparemment les manifestations ont été assez virulentes par ici… Mais bon pas de violence dans la rue quand on arrive juste des restes, ça a l’air assez paisible.
Ayant réussi notre objectif d’atteindre cette ville on se fait une petite hospedaje sympa. Je peux enfin prendre une douche ! Ce que je n’avais pas pu faire depuis Chile Chico soit près de 4 jours… Une bonne nuit dans un bon lit par la même occasion. Quel pied ! Le lendemain il ne nous reste plus que 15 kms à parcourir pour arriver à Puerto Chacabuco. Mais là aucune voiture ne passe, le barrage est sur plus d’une centaine de mètres.  Déterminés à arriver à bon port, on marche vers le barrage enflammé avec nos gros sacs prêts à faire nos 4h de marche. Avant le barrage on croise un bus de l’armée, quelques militaires bien armés aussi. Mais bon j’ai l’impression qu’on arrive après la tempête ça tombe bien. En arrivant sur le barrage on fait semblant de rien disant hola ! Et les manifestants nous ont laissé passer. Après une bonne heure et demie de marche une voiture coincée entre les barrages nous prend pour nous avancer de quelque kms. Bien chanceux dirons nous. Elle nous déposera à un autre barrage intermédiaire. Et nous finirons les 5 derniers kms à pied. Entre Puerto Aysen et Puerto Chacabuco pas moins de 3 barrages sur la route. Arrivant à destination on va voir directement si le bateau part bien le lendemain. Mais mauvaise nouvelle un nouveau barrage avec une dizaine de pêcheurs bloque l’accès au port. L’agence de Naviera Australe est fermée. Le bateau de la semaine dernière est toujours dans la baie sans essence pour pouvoir partir. Bien dégoutés après tout cette galère de chemin : tout ça pour faire 100 kms et ne pas avoir de bateau ! Tant pis on est prêt à attendre une semaine de plus ici en attendant que les grèves s’arrêtent et que le bateau puisse partir. La grève a commencé depuis une semaine.

On se trouve donc une petite auberge pas chère prêts à y faire quelques nuits. Ici c’est, dirons-nous le cul du monde. Il n’y a rien à faire. Chaque jour vers 20h il y a les informations sur les décisions prises lors de la réunion du jour faite avec les protestataires et le gouvernement chilien. Et bonne nouvelle apparemment le bateau devrait repartir demain à 9h du matin. Si c’est le cas, on a vraiment un bol monstre… La suite au prochain épisode !

Chile Chico (Chilie)

Après 13h de bus j’arrive enfin à Los Antiguos vers 23h du soir. N’ayant pas eu le temps de prendre une douche, après les 2 jours de randos à El Chalten, je suis vraiment pressé d’arriver. Première fois que cela arrive en Argentine, le bus nous dépose où on le souhaite dans cette petite ville perdue. En fait c’est juste une ville de transit pour pouvoir passer au Chili à quelques kilomètres. Je ne vais pas m’éterniser dans cette bourgade dès le lendemain je prends une navette pour passer la frontière pour arriver à Chile Chico au Chili. Ce sera mon point de départ pour faire la fameuse Carretera Australe qui traverse la Patagonie du nord au sud chilien et qui se finit par un cul de sac à O’Higgins où on a la possibilité d’aller du côté argentin à El Chalten (2h de bateau puis 22kms de marche puis 12 kms en bateau ou à pied et enfin un bus pour 46 kms) mais cela revient à près de 400 euros tout de même !

Chile Chico est un petit village vraiment sympathique. A peine arrivé je ressens le changement d’ambiance du Chili. J’arrive sous le soleil où j’ai pu remettre le short et les tongues. Un petit orchestre joue dans la rue avec un petit public bien local qui écoute. Ici c’est beaucoup moins touristique, les transports en commun sont presque inexistants. Les gens sont beaucoup plus avenants dans les conversations. A demander sa route, on se retrouve vite à parler plusieurs minutes avec les passants. Je me suis rendu compte à mon arrivée qu’il m’est impossible de retirer des pesos chiliens. Un peu embêtant, seulement les cartes mastercard fonctionnent ici. Heureusement que j’ai quelques pesos échangés 2 jours auparavant avec un voyageur à El Chalten. J’ai 72 000 pesos (110 euros) pour tenir une bonne semaine. Je vais devoir me serrer la ceinture avant d’arriver à Coyhaique plus au nord, où ma carte visa fonctionnera. Mais avant je voudrais aller visiter le village de Caleta Tortel à 300 kms au sud ! Je parviens tout de même à m’arranger avec une dame de la banque pour échanger mes derniers pesos argentins malgré que la banque soit fermée. J’arrive à en tirer 50 000 (75 euros) de plus.

Avec ce budget serré ce sera camping sauvage au maximum et autostop… Après une visite de la ville rapide et de reconnaissance sur comment je pourrais me rendre à Caleta Tortel, je me décide de faire du stop à la sortie de la ville. Quelques israéliens sont déjà présents, j’ai l’avantage d’être tout seul. Mais bon après 5h d’attente j’abandonne et je vais m’installer au camping de la ville. Pendant l’attente j’ai appris que toute la région connait une grève générale. Comme l’année d’avant il y a pénurie d’essence dans toute la région. Les protestants revendiquent le coût de la vie trop chère, le droit à l’éducation, à la médecine dans les petits villages, la baisse du coût de l’essence… Je me croirais en Guyane, le problème est exactement le même. La région d’Aysen en Pantagonie est le territoire "oublié du Chili". Pour mon cas ça ne va pas me faciliter la tâche pour me rendre à Tortel. Mais très motivé et ne voulant pas renoncer, je garde mon objectif en tête même si je sais que je pourrais rester coincé quelque part sur la Carretera Australe sans argent !!! Et puis j’aime bien prendre des risques ;-)

Apparemment le lendemain il y a un bus qui part pour Puerto Guadal à 70 kms de Chile Chico. Par contre les bus pour aller à Cochrane (200 kms de Chile Chico sur la route de Tortel) est en panne !  Je suis assez serein et j’attendrai tranquillement le lendemain pour prendre le bus pour Puerto Guadal.
Après avoir visité par moi-même une petite grotte sans grande importance à côté de la ville, j’apprends que le bus est plein et qu’il fallait réserver ! Merci à la dame de l’office de tourisme. Un peu dégouté d`avoir attendu bêtement le bus, un autre chilien en stage à Chile Chico se trouve dans la même galère. On décide donc de faire du stop pour aller à Puerto Guadal malgré le peu de voitures étant donné les circonstances. Après une petite heure un fourgon nous propose de nous prendre pour 6 000 pesos. On accepte et ça y est je quitte enfin Chile Chico.

jeudi 16 février 2012

4 jours à El Chalten

A peine 3h de bus pour arriver dans ce petit village  montagnard entouré de montagnes à seulement 400m d’altitude. El Chalten est l’endroit idéal pour démarrer quelques randos. A peine arrivé je croise une allemande que j’avais croisé en transfert à Rio Gallegos. Ca tombe bien je cherche un hôtel, et je me retrouve dans une chambre avec 3 israeliens super sympa.


Ce ne sont pas les premiers que je rencontre ni les derniers je pense. Ils sont partout ces israeliens, du moins depuis Ushuaia. J’ai appris pas mal de choses sur leur pays. Les hommes après le lycée partent pour 3 ans d’armée pour participer à l’effort de guerre. Quand aux femmes c’est seulement 2 ans ! Ils ont un an de formation et après ils se retrouvent au front. Du coup après leurs quelques années de guerre beaucoup partent voyager pour plusieurs mois loin de chez eux. L’Israël étant par nature juive, ils ne peuvent pas aller dans les pays frontaliers musulmans avec lesquels il y a beaucoup de tensions.

Ayant bien sympathisé avec eux je vais partir avec eux le lendemain pour un trek de 2 jours. On se fera la rando de 4h en 2h (Poincenot 9,5 km 350 m de dénivellé gentil). Arrivés en haut, on monte le camp où il y a déjà pas mal de tentes. J’y rencontre d’ailleurs Dorian un français de polytech’ Marseille qui est en dernière année. Le monde est sacrément petit. Là haut c’est hyper venté on entendra les arbres siffler toute la nuit. Le plan est de se réveiller à 4h du mat pour aller voir le lever de soleil sur le mont Fitz Roy. On n’arrivera pas à se lever. La pluie, le vent et le froid nous condamnera sous la tente pour ce réveil très matinal. On montera au Lago de los tres un peu plus tard dans la matinée malgré le brouillard et la tempête. On se dirigera ensuite vers le lac Torre pour un retour à la ville vers 21h. Tout ça à un rythme impressionnant. 9h de marche équivalent à 14h de marche sur la carte… Le physique est bien attaqué, les cloques commencent à arriver ;-( Mais pour se remettre d’aplomb rien de tel que 700 g de steack chacun…

De retour à l’hôtel pour une nuit on repart le lendemain avec le français et le plus en forme des israeliens pour aller au Lago Toro. 7h de marche aller, camping sur place et retour le lendemain. Après 4h de marche on découvre un pur endroit et décide de faire du camping sauvage. L’endroit est magnifique, on a une vue de presque 360°. Qui dit camping sauvage dit feu sauvage, qui nous permettra de se réchauffer une fois la nuit glaciale tombée. On se fera un retour matinal pour avoir nos bus respectifs. A 10 minutes près j’arrive à avoir un bus pour Los Antiguos au nord de El Chalten ce qui me permettra d’aller le lendemain à Chile Chicos (Chili) pour faire un petit bout de la carretera Australe.

samedi 11 février 2012

3 jours à El Calafate




Comme convenu El Calafate ça envoie du pâté ;-) Arrivant un peu tard vers 1h du mat, sans hôtel, je trouve un camping pas cher et qui n’a pas l’air trop mal. Ces prochains jours je compte bien  essayer de rattraper le budget d’origine. Car en Argentine les transports ne sont vraiment pas donnés. C’est pas forcément très cher mais les distances sont telles que les prix s’en répercutent. Et vu que ça devient une destination à la mode pour le touriste européen ça augmente d’année en année à une vitesse folle. Exténué par le voyage et par les derniers jours de rando à Ushuaia, je me donne un bon jour de repos sous un soleil et une chaleur bien plus agréable que sur la terre de feu. J’ai même pu remettre les tongues. Quel pied !

Le lendemain je veux aller avoir le Perito Moreno (glacier mondialement connu) qui se trouve à 80 km de là. Pour moi il est hors de question de payer la navette qui amène les touristes au parc national. L’entrée du parc est déjà à 100 pesos (20 euros), le transport est au même prix. Du  coup ready à faire du stop. En quittant le camping je demande quand même aux quelques voitures qui s’apprêtent à partir. Et par chance une argentine avec 2 espagnols partent à ce moment là pour le Perito Moreno. Au volant d’une vielle renault, on se dirige vers le parc. Ils ont prévu de faire une petite excursion en bateau la moins chère (70 pesos). Ca tombe bien je voulais la faire aussi. L’excursion en bateau permet de voir le glacier de bien près avec différents points de vue. 
Le glacier est splendide, je n’avais jamais rien vu de tel, je pense que les photos parlent d’elles même. C’est immense, quelques km de large, des dizaines de long et à la partie qui se stoppe dans l’eau la hauteur est de 60m. C’est hallucinant, fascinant… On peut le regarder des heures. C’est l’œuvre de milliers d’années… La couleur bleue de la glace vient du compactage…Pour l’instant ça fait partie avec les chutes d’Iguacu des choses à absolument voir en Argentine… Ultra touristique mais tellement bon…

El Calafate est une petite ville sympathique, on se croirait dans un petit village de montagne. C’est de loin l’une des villes les plus agréables que j’ai vues depuis le début du trip…
Il est possible d’aller voir d’autres glaciers comme le glacier Upsala, qui a l‘air magnifique aussi mais il est seulement accessible en bateau pour la modique somme de 450 pesos ! Je préfère continuer ma route et remonter vers El Chalten qui sera la prochaine étape. Je n’irai donc pas à Puerto Nathales pour aller randonner dans le fameux national parc national du Chili de Torres del Paine. C’est un choix de timing… et gros problème une énorme partie du parc a été ravagée par les flammes dont les endroits les plus jolis. C’est donc sans trop de regrets que je remonte…

Je suis motivé à faire du stop, je pars dès 9h sur le bord de la route pour me caler à la sortie de la ville après le poste de douane (bien 4 kms). Après 5h sans succès, je rebrousse chemin avec mes sacs bien trop lourds (19 kg + 8kg) que je n’arrive pas à vider ! et je prends un bus pour 3h de route seulement ;-) pour El Chalten. Le comble du bus, je suis tout seul dans un bus de 50 personnes ! Traversant les collines arides…

jeudi 9 février 2012

4 jours à Ushuaia toujours en Argentine

Après près de 36h de voyage j’arrive enfin à Ushuaia. Après avoir dû passer la frontière Argentine / Chili deux fois dans la même journée. Quelle galère !! (1 à 2 h d’attente à chacune). En effet Ushuaia est à l’extrême sud de l’Amérique du Sud et une partie de la « tierra del fuego » est chilienne. Ce qui sépare l’Argentine en 2. En arrivant sur la « terre de feu » le paysage se métamorphose, le paysage aride et plat laisse la place à un décor de plus en plus montagneux. On se croirait dans un décor de cinéma où tout est mort. Sur une partie tous les arbres semblent morts comme gelés. Une mousse verte sous forme de poils dans le sens du vent recouvre les arbres gris sans feuilles. Je peux sentir le froid à travers la vitre du bus. Ca ne donne vraiment pas envie de sortir dehors ! Durant le trajet, pour la première fois du voyage j’ai du enlever le short et les tongues. Ca fait bien 2 ans que je n’ai pas eu froid !!! Le paysage continue de changer pour se transformer en montagnes enneigées juste avant d’arriver à bon port.

Ca y est me voici dans la ville la plus australe de l’Amérique du sud. C’est un peu cette ville qui a décidé de la date de départ. Il fallait absolument y être avant fin février, avant qu’il ne fasse trop froid. Apparemment, ici on peut avoir les 4 saisons en une journée. Le temps change très très vite, j’en ai d’ailleurs fait l’expérience…

En arrivant le soir vers 23h sans hôtel dans ce froid glacial pas évident du tout de trouver une petit lit dans une auberge de jeunesse. Après avoir fait 5 auberges sans succès, la 6e s’avère être la bonne. Oufff !!! Je me rends compte que je suis dans la même chambre que Guillaume et Edouard. Ce sont 2 français que j’ai rencontré quelques jours plus tôt à Puerto Madryn. Ca tombe bien ! Je vais passer les 3 prochains jours avec eux. Au programme pas grand-chose à faire dans les environs à part randonner, visiter des musées et si l’on veut petite balade en bateau sur le canal de Beaggle (canal comme celui de Magellan un peu plus au nord, qui relie l’océan Atlantique et Pacifique, sans avoir besoin de passer par le cap horn). Mais gare à qui s’y aventure comme je disais précédemment le temps change très vite et même dans le canal la traversée est risquée !

Le premier jour sera plutôt cool du moins jusqu’au milieu d’après midi. A 3 on se motive pour se faire une petite marche de 4h A/R. On se trompant de chemin plusieurs fois, on arrive enfin à sortir de la forêt et à être sur les hauteurs qui surplombent toute la ville d’Ushuaia. A peine arrivés la neige se met à tomber et la vue à diminuer. Pas le temps de beaucoup en profiter une fois là haut avec ce froid glacial. Parti de 0, on est monté à 800 m sans lacets, autant dire que pour la première rando, les cuisses sont déjà bien chaudes. La descente se fera bien vite pour arriver directos dans l’Irish pub de la ville, pour déguster la bière du coin : la Beaggle. Pas mauvaise du tout cette petite bière mais il lui manque encore un peu de caractère notamment au niveau du degrés ! Le bar se bondera de touristes du monde entier. Je ressens déjà cette overdose de touristes tout autour  à parler anglais!!! Soirée sympathique malgré tout !

Le deuxième jour je vais me faire le musée dans l’ancien centre pénitencier avec un ricain de l’auberge. Très bien, mais il faut du temps et beaucoup de patience pour tout lire… Les 2 autres devaient se faire un tour en bateau sur le canal de Beaggle, mais sortie annulée pour cause de mauvais temps (à vue d’œil un bon force 6 déjà en version vent polaire…). L’après midi on a prévu de partir pour le parc national de la terre de feu pendant 3 jours. Au programme rando et camping en tente malgrès de temps glacial.


On se fait déposer par une navette le dimanche soir dans un camping gratuit. La pluie se met de la partie ainsi que les petites bourrasques de vent. Mais motivés on arrivera à se faire un feu avec le bois mouillé trouvé sur place. Le soleil se couchant assez tard (22/23h), on part faire un tour avec Edouard voir si l’on ne peut pas acheter quelque chose à manger au camping payant car on est parti un peu vite, il nous manquera forcément à manger. A peine arrivé, la cafétéria ferme, le vent se met à monter, le froid à nous geler, on est bien blasé, on décide de faire du stop pour rentrer. La première voiture s’arrête et nous ramène au camp. C’est une famille Argentine d’Ushuaia ultra gentille qui en nous déposant nous donnera tout ses restes de son camping : morceaux de poulets, boudin noir, charbon, coca et même des serviettes. Que demander de plus, on rentre au camp le sourire aux lèvres. Le feu s’allume tant bien que mal, mais on s’en sort. On a même trouvé une pierre ultra fine qui nous servira de « plancha » pour cuire notre poulet. Repas royal malgré ce froid glacial !

La nuit en tente sera bien fraîche surtout pour les 2 compères pas très bien équipés. Au réveil, pas avant 13h car avant il pleut, les montagnes aux alentours sont toutes couvertes de neige. On se décide quand même de faire la rando la plus difficile du parc. 8h de marche au programme pour monter 1000 m de dénivelé et arriver au sommet. On fera la montée avec 3 français supplémentaires qui étaient au même camping que nous. Je me suis mis en tête que cette rando était un entraînement pour la suite, j’ai donc un peu poussé sur les gambettes… à la moitié c’est enneigé tout autour, on s’enfoncera jusqu’aux genoux à certains endroits. Mais cette petite ascension est bien sympa, et une fois au sommet, elle nous permet d’avoir une vue d’ensemble sur Ushuaia, le canal de Beaggle et toutes les montagnes alentours. Ouahhh quel pied ! Une des filles ne saura pas monter jusqu’au bout ! La descente nous achèvera les cuisses pour aujourd’hui, de retour au camp un peu tard, de nouveau petit barbecue, où l’on partage notre bouffe tant bien que mal avec le peu qu’il nous reste.

Cette nuit sera bien meilleure que la première, la pluie n’étant pas de la partie. Le lendemain c’est bien ensoleillé et on part à 3 se faire une rando de 4h le long du lac du national parc. Très sympa même si un peu épuisant avec la marche de la veille et les sacs sur le dos !

Voilà ne voulant pas rester à Ushuaia plus longtemps (trop froid pour moi, cher et trop de touristes) je ne perds pas de temps et je prends mes billets de bus pour le lendemain à 5h du mat, direction El Calafate pour voir le glacier Perito Moreno…

samedi 4 février 2012

Visite de la Péninsule Valdès (Puerto Madryn, Argentine)

Après 20h de bus j’arrive enfin à Puerto Madryn qui est une petite station balnéaire un peu loin de tout, sur la côte, à mi-route entre Buenos Aires et Ushuaya. Idéal pour faire un break et oublier le transport. Puerto Madryn n’a rien d’exceptionnel en soi mais c’est situé à l’entrée de la Péninsule de Valdès. Cette péninsule est le paradis pour voir tout ce qui est animaux marins comme les pinguins, otaries, lions de mer, éléphants de mer, orques, baleines… Je ne verrai pas ces dernières car j’arrive trop tard dans la saison (jusqu’à fin décembre).

N’ayant pas réservé d’auberge à l’avance j’arrive à me trouver un truc sympathique pour une nuit où je réserve un tour pour la journée du lendemain sur la péninsule. On est un petit groupe de 5 touristes, ambiance sympa. On passera la journée à aller de point de vue en point de vue surplombant les animaux. L’ile est assez grande (100 km) ce qui fait pas mal de temps en voiture ;-(

Quelques chiffres : en attente !

Le soir je demande au guide de me déposer sur la seule petite bourgade de la péninsule pour y faire ma première nuit de camping du voyage. Le village tout petit est entouré de falaises. C’est vraiment beau. Je me suis fais une petite rando brousse de 10 km en fin de journée pour aller voir une dernière fois les lions de mer.

Après cette longue journée il est temps de repartir pour le grand sud : Ushuaya. Et là les heures de bus mieux vaut ne pas les compter ! Je pars à 11h du mat pour 1h de bus puis un autre bus à 16h pour 17h de trajet.  Ce dernier étant en retard j’ai failli louper ma correspondance pour le bus suivant qui fait Rio Gallegos à Ushuaya. De justesse je repars pour 12h de bus !!! Le paysage sur la route a bien changé. Je suis passé de prairie aride sans grande importance aux paysages montagneux (colines) de la terre de feu… Le froid aussi, bien que c’est l’été ici, j’ai à mon grand regret dû mettre un pantalon et sortir le coupe vent… Pas de pluie, que du soleil pour l’instant…