dimanche 26 février 2012

Coyhaique


Le lendemain pas d’autres solutions que de faire du stop parce qu’il n‘y a pas de bus avant 3 jours. Après 4h d’attente, j’arrive à trouver une voiture qui part sur Cochrane directos. Je le saurai après mais ce sont tous des témoins de Jéhovah venus prêcher la bonne parole à Tortel. Les 2h30 de voyage se passeront très bien malgré une petite prière de départ et l’écoute d’une messe pendant 1h en espagnol. J’étais bien content de ne pas bien comprendre l’espagnol cette fois-ci ! Le conducteur super sympa me proposera même de mettre ma tente dans son jardin. Ne voulant pas rester sur Cochrane pour retourner sur Chile Chico je lui demande de me déposer à la sortie de la ville. Et là qui je vois en train d’attendre désespérément, les 2 français que j’avais laissés à Ushuaia. Ils attentent depuis 2 jours pour se faire prendre en stop mais rien à faire ! Mauvais présage, mais ils veulent aller sur Coyhaique tandis que moi je veux retourner à Chile Chico pour faire la traversée du lac en bateau pour seulement 2000 pesos (subventionnés par le gouvernement). Ils n’avaient pas l’air de s’ennuyer, à force d’attendre ils ont rencontré 4 chiliens de Santiago avec qui ils sont sur le bord de la route. Les grèves se sont intensifiées et toute la région est bloquée. Des barrages routiers se sont mis en place dont un juste avant d’arriver sur Coyhaique. Etant donné qu’il n’y a qu’une route (la Carretera Australe) c’est très facile de bloquer les accès. Ca tombe vraiment au plus mal pour nous. On se retrouve en plein milieu d’une grève d’une grandeur sans précédent apparemment !

A priori ils m’ont dit qu’une voiture devait venir les chercher à 22h pour les emmener sur Coyhaique eux 2 plus les 4 chiliens. Etant donné les nouvelles de barrages je me dis que je ferais mieux de les suivre et de m’incruster dans la voiture. Tout compte fait la voiture ne viendra qu’ à minuit passé. A peine arrivé je me couvre avec mon super bas de montagnard et un deuxième pull. En effet on est 10 dans un pick up avec autant de sacs à dos ! Ils seront 6 dans la voiture et nous serons 4 dans la benne du pick up. Tout ça pour 6h de piste. Heureusement on lâchera 3 personnes sur la route pour n’être plus que 2 à l’arrière dans le froid. L’ambiance est à la rigolade dans la benne, et impossible de dormir par ce froid, ce vent… 2 bouteilles de vins nous aident à nous réchauffer quand les autres sont bien au chaud à l’intérieur de l’habitacle. Moi je suis assis sur un sac avec les jambes recroquevillées, complètement coincées. Je ne le ferai pas 2 fois en tout cas. Même si avec le recul ça restera un sacré souvenir. Rouler à la belle étoile dans un pick up blindé sur la Carretera Australe avec un froid de canard ! Le barrage avant Coyhaique est bien là. On le passe vers 5h du matin sans trop de problèmes.
Complétement morts  après cette route de fou on cherche une hospedaje (auberge) sans rien trouver. Tout est fermé à 6h du matin. Après cette nuit presque blanche on se retrouve donc à dormir avec les 2 français en pleine ville sur un petit bout d’herbe dans la rue pour une bonne heure. Pas le choix ! Enfin arrivés à Coyhaique on peut enfin retirer de l’argent même si du coup je n’avais presque rien dépensé en 4 jours au Chili. Par la suite on ira directos à l’agence de Naviera Austral pour savoir quand les bateaux partent pour faire Puerto Chacabuco – Quellon sur l’ile de Chiloé (toujours au Chili). C’est le bon plan que Rémi m’a conseillé de faire. Petite croisière d’une trentaine d’heures dans les fiords avec des paysages magnifiques et sans fucking touristes à part nous ! Pour une somme dérisoire (une trentaine d’euros seulement !). La nana de l’agence nous dit qu’il n’y a qu’un bateau par semaine le mercredi (nous sommes lundi) mais qu’il n’est  pas possible d’acheter sa place d’ici parce que vues les circonstances avec les grèves et les barrages ce n’est pas sûr du tout qu’il y ait des départs. Le seul moyen de savoir c’est de se rendre à Puerto Chacabuco à un peu moins de 100 bornes de Coyhaique au nord, là où doit partir le bateau. Mais seulement il n’y a plus de bus parce que les routes sont bloquées. La galère de la journée interminable commence.

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