
Après 13h de bus j’arrive enfin à Los Antiguos vers 23h du soir. N’ayant pas eu le temps de prendre une douche, après les 2 jours de randos à El Chalten, je suis vraiment pressé d’arriver. Première fois que cela arrive en Argentine, le bus nous dépose où on le souhaite dans cette petite ville perdue. En fait c’est juste une ville de transit pour pouvoir passer au Chili à quelques kilomètres. Je ne vais pas m’éterniser dans cette bourgade dès le lendemain je prends une navette pour passer la frontière pour arriver à Chile Chico au Chili. Ce sera mon point de départ pour faire la fameuse Carretera Australe qui traverse la Patagonie du nord au sud chilien et qui se finit par un cul de sac à O’Higgins où on a la possibilité d’aller du côté argentin à El Chalten (2h de bateau puis 22kms de marche puis 12 kms en bateau ou à pied et enfin un bus pour 46 kms) mais cela revient à près de 400 euros tout de même !

Chile Chico est un petit village vraiment sympathique. A peine arrivé je ressens le changement d’ambiance du Chili. J’arrive sous le soleil où j’ai pu remettre le short et les tongues. Un petit orchestre joue dans la rue avec un petit public bien local qui écoute. Ici c’est beaucoup moins touristique, les transports en commun sont presque inexistants. Les gens sont beaucoup plus avenants dans les conversations. A demander sa route, on se retrouve vite à parler plusieurs minutes avec les passants. Je me suis rendu compte à mon arrivée qu’il m’est impossible de retirer des pesos chiliens. Un peu embêtant, seulement les cartes mastercard fonctionnent ici. Heureusement que j’ai quelques pesos échangés 2 jours auparavant avec un voyageur à El Chalten. J’ai 72 000 pesos (110 euros) pour tenir une bonne semaine. Je vais devoir me serrer la ceinture avant d’arriver à Coyhaique plus au nord, où ma carte visa fonctionnera. Mais avant je voudrais aller visiter le village de Caleta Tortel à 300 kms au sud ! Je parviens tout de même à m’arranger avec une dame de la banque pour échanger mes derniers pesos argentins malgré que la banque soit fermée. J’arrive à en tirer 50 000 (75 euros) de plus.

Avec ce budget serré ce sera camping sauvage au maximum et autostop… Après une visite de la ville rapide et de reconnaissance sur comment je pourrais me rendre à Caleta Tortel, je me décide de faire du stop à la sortie de la ville. Quelques israéliens sont déjà présents, j’ai l’avantage d’être tout seul. Mais bon après 5h d’attente j’abandonne et je vais m’installer au camping de la ville. Pendant l’attente j’ai appris que toute la région connait une grève générale. Comme l’année d’avant il y a pénurie d’essence dans toute la région. Les protestants revendiquent le coût de la vie trop chère, le droit à l’éducation, à la médecine dans les petits villages, la baisse du coût de l’essence… Je me croirais en Guyane, le problème est exactement le même. La région d’Aysen en Pantagonie est le territoire "oublié du Chili". Pour mon cas ça ne va pas me faciliter la tâche pour me rendre à Tortel. Mais très motivé et ne voulant pas renoncer, je garde mon objectif en tête même si je sais que je pourrais rester coincé quelque part sur la Carretera Australe sans argent !!! Et puis j’aime bien prendre des risques ;-)

Apparemment le lendemain il y a un bus qui part pour Puerto Guadal à 70 kms de Chile Chico. Par contre les bus pour aller à Cochrane (200 kms de Chile Chico sur la route de Tortel) est en panne ! Je suis assez serein et j’attendrai tranquillement le lendemain pour prendre le bus pour Puerto Guadal.
Après avoir visité par moi-même une petite grotte sans grande importance à côté de la ville, j’apprends que le bus est plein et qu’il fallait réserver ! Merci à la dame de l’office de tourisme. Un peu dégouté d`avoir attendu bêtement le bus, un autre chilien en stage à Chile Chico se trouve dans la même galère. On décide donc de faire du stop pour aller à Puerto Guadal malgré le peu de voitures étant donné les circonstances. Après une petite heure un fourgon nous propose de nous prendre pour 6 000 pesos. On accepte et ça y est je quitte enfin Chile Chico.
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