samedi 28 juillet 2012

Début de la Colombie en mode freelance

La nuit dans l'aéroport de Madrid
Arrivée au Panama
Un lac en Colombie
Après avoir passé un mois en France à un rythme effreiné, je remonte dans l'avion pour partir de nouveau en Amérique du Sud. Avec une bonne nuit dans l'aéroport de Madrid j'arrive à Bogota pas très frais. 3 avions me sont nécessaires pour arriver à bon port. A chaque avion c'est une nouvelle rencontre. La premiere sera avec une sympathique brésilienne barmaid qui vit à Madrid, la deuxième avec un Equatorien et la derniere avec un couple de Puerto Rico... ceci étant dit j'arrive à Bogota sans savoir ce que je vais faire. Ma planche de surf et ma tente sont à Montanita en Equateur chez Llomar, Jbits mon pote du lycée me rejoint dans 2 semaines pour faire essentiellement la Colombie pendant un mois où l'on mordra un peu sur l'Equateur pour tenter de se refaire un sommet (et morfler un bon coup enfin j'aimerais bien revoir des voyageurs avec qui j'ai bien tripé et qui devraient être dans le coin à quelques centaines de kilomètres. Du coup en arrivant à l'aéroport je ne sais toujours pas ce que je fais. Beaucoup de possibilités en attendant le Jbits. Il est un peu tard et tous les bus pour l'Equateur sont déjà partis. Ca me facilite la tâche et je me trouve une petite auberge Platypus dans Bogota pour la nuit. Je prends le taxi avec un Tito un équadorien que j'ai rencontré dans l'aéroport. Ça nous permet de partager les frais. Le taxi essaie de m'enfler mais je ne lâche pas le morceau et j'arrive à lui imposer mon prix qui était plus que correct.
Le lendemain j'envoie des messages aux gens pour savoir si il y en a un pas trop loin. Mo, un australien avec qui je surfais au Pérou, est à Carthagène dans le nord de la Colombie, côté Caraîbes. Même si je sais que j'irai forcément là bas avec Jbits plus tard, je me décide et je vais faire un peu de reconnaissance des lieux. Je prends mon temps pour le bus et je pars pour 22h de bus car l'avion est un peu trop cher. Mo m'a donné son hotel, je me débrouille pour y arriver. J'arrive à Carthagène sous une chaleur humide insoutenable. Alors qu'à Bogota ça caille sec. Je trouve l'hotel sans souci et Mo est là avec son pote Joseph. A peine arrivé ça s'enchaine, petit tour furtif dans la ville. Les 2 lascars s'en vont demain pour un tour en voilier de 6 jours sur les Iles San Blas au Panama. Le trip est un peu cher 400 euros mais vu qu'il n'y a pas de route pour passer de la Colombie au Panama (zone dangereuse avec les Farcs) c'est soit l'avion soit le bateau. Quitte à choisir pour le même prix autant prendre le bateau! Ensuite c'est apéro, content de se retrouver... On finit le matos. Quelle première soirée en Colombie! Le lendemain pas facile de se lever. J'essaye d'organiser mes prochains jours en attendant Jbits. J'apprends que pas moins de trois personnes différentes se trouvent à Santa Marta. Donc cache demain je pars pour Santa Marta au nord est de Cartagena près du Vénézuela. Il y a Joanna une hollandaise que j'ai rencontrée à Huanchaco au Pérou un mois plus tôt, l'argentine avec qui j'étais à Cusco 2 mois plus tôt et enfin John un anglais avec qui j'ai fait la Quebrada de las Conchas inoubliable à Cafayate en Argentine 3 mois plus tôt. Ça promet...

vendredi 20 juillet 2012

Long voyage Trujillo (Pérou) à Bogota (Colombie)



Ce petit séjour à Huanchaco fut bien relax. Je ne sais pas combien de temps je suis resté peut être 2 semaines peut être plus. Il  n’y avait pas grand-chose à faire à part se reposer un peu, prendre le temps, surfer, mater des films, sympathiser avec les gens de l’hôtel et surtout ne pas compter le temps passé, juste profiter. J’ai bien tripé avec un espagnol et un australien. On avait notre petit groupe pour se faire des petites soirées sympas. Une charmante hollandaise Johanna a fait son apparition à la fin du séjour. Du coup je repars avec elle, son couple d’ami avec qui elle voyage et ma planche de surf. Après une bonne nuit dans le bus (40 soles) eux s’arrêtent à Mancora moi, je continue ma route pour Aguas verdes qui est la ville frontière avec l’Equateur. J’ai aussi sympathisé avec un péruvien dans le bus qui me propose de m’aider à traverser la frontière et faire les formalités de passeport. Ne pouvant pas refuser on s’arrête au poste frontière d’Aguas Verdes après 13h de  bus. Je tamponne la sortie péruvienne, je change mes quelques soles péruviens qu’il me reste en dollars américain. Et oui l’Equateur utilise cette monnaie depuis 12 ans dans son pays. Il m’est conseillé d’échanger au Pérou plutôt qu’en Equateur à cause du grand nombre de fausse monnaie en Equateur. Ensuite avec mon compère on part en mototaxi dans le centre d’Aqua Verdes. Il nous faut ensuite traverser la frontière à pied qui se fera en quelques minutes. On arrive à Huaquillas pour trouver un bus qui peut m’emmener à Guayaquil. Manque de pot le bus ne s’arrête pas au poste de frontière.
Je dois donc prendre un taxi pour 5 dollars A/R pour faire tamponner mon passeport et revenir à l’agence de bus. A peine le temps de manger un bout dans la rue me voilà reparti pour  4h30 de bus. Mais avant de prendre le bus mon compère péruvien me demande bien sur une propina, de l’argent pour ce qu’il a fait pour moi. Ce qui me rend fou c’est que les péruviens (c’est pas la première fois que ça m’arrive) sont incapables de dire la vérité dès le départ. Ce serait tellement plus correct de dire les choses avant. En réalité je n’avais besoin d’aide de personne pour trouver mon chemin à la frontière mais bon du coup comme un bon saint Maritain je lui donne son pourboire. Je ne sais pas si c’est ma culture qui est tant décalée de la leur mais parfois j’ai vraiment l’impression qu’ils me prennent pour un con ! Ca casse les rapports humains, toujours prêts à t’avoir par derrière. Je n’ai aucune confiance envers les Péruviens dorénavant. 


Le trajet jusque Guayaquil est tout simplement horrible : bruyant, chaleur, pas confortable… pour la modique somme de 7 dollars ! Ensuite sans perdre de temps je veux trouver un bus pour Montanita pour voir mon pote Ademar (Ecuadorien, surfeur pro que j’ai rencontré dans l’hotel à Huanchaco). Manque de pot j’arrive trop tard, il n’y pas de bus direct. Me voilà pour aller sur Santa Catalina (4 dollars 2h30) et enchainé direct pour Montanita (1,50 dollars 1h). Ce voyage aura été éprouvant et n’est pas fini !!! En étant parti à 20h30 de Huanchaco j’arrive à 22h le lendemain à Montanita avec un enchainement dans les bus sans précédent (pas plus de 30 minutes entre chaque). Un peu fatigué mais j’arrive dans cette ville de folie pour faire la fête. C’est samedi soir, j’arrive dans le bar d’Ademar en plein milieu de la teuf. Les rues sont blindées de monde qui sont tous là pour faire la fête. Cette ambiance me donne de la force pour faire la fête jusque 3h du mat. Le temps est un peu crasseux le lendemain et les vagues petites, donc pas de surf comme on avait prévu.
 
Mon marathon continue, je dois atteindre Bogota en bus pour le mercredi car j’ai un avion pour rentrer en France un petit mois. Obligation du pôle emploi oblige et j’en profite pour faire une surprise à Clara qui fête ses 18 ans avec toute la famille.

Je repars donc le dimanche pour Guyaquil 3h (5,50 dollars) de bus en laissant ma planche de surf) à Montanita. Ce qui sera plus simple pour prendre l’avion. J’ai d’ailleurs été surpris sur les 4 bus que j’ai empruntés aucun ne m’a demandé de surcharge bagage pour la planche. Arrivé à Guayaquil j’enchaine pour un long trajet jusque Tulcan direct qui est la ville frontière avec la Colombie. Départ 16h30 arrivé à 7h du mat soit plus de 14h de bus et c’est loin d’être fini (14 dollars). Dans le bus j’ai rencontré 2 bodyboarders vénézuéliens venus surfer les vagues du Pérou et de l’Equateur et 4 colombien(nes). Bon délire du coup arrivé à Tulcan on prend le taxi pour aller au cimetière de Tulcan. En effet c’est un joli cimetière avec plein d’arbustes taillés, on se croirait au jardin de Versailles à quelques morts près. Les 2 vénézuéliens se baladent dans le cimetière avec leurs planches… Ensuite on prend un minibus pour nous amener à la frontière Colombienne. On fait nos paperasses administratives des 2 côtés et on trouve un bus qui part sur les coups de 11h pour Cali. Un taxi nous emmène au terminal de bus d’Ipiales la ville frontalière côté colombien et on embarque pour Cali. Ce sont 12h de bus (19 dollars), je commence à saturer ! J’arrive avec les 2 vénézuéliens à 23h au terminal de Cali, il est temps de les quitter pour enchainer avec un dernier bus pour Bogota. Ce sont encore 12h de bus interminables (25 dollars). J’arrive à midi en ayant passé une nouvelle nuit dans le bus. Sur 4 nuits consécutives j’aurais fait 3 nuits dans le bus. Je ne pensais pas que le trajet serait si long. En étant parti le vendredi à 20h je suis arrivé à Bogota le mardi à midi en ayant fait un petit crochet par Montanita. En tout, ce sont 62h de bus cumulées. Les routes sont belles en général mais c’est de la nationale sinueuse où l’on se traine à 50km/h !



J’ai discuté avec une Colombienne pendant mes heures perdues de bus sur la situation avec les Farcs pendant que l’on traversait la zone un peu tendue entre Ipiales et Cali. Elle me racontait que il y a 3 jours pas loin de là un bus de la même compagnie que l’on emprunte s’est fait attaqué par un groupe armé de Farcs. Dans ces cas là le chauffeur doit absolument arrêter le bus pour que les Farcs pillent les passagers mais normalement sans violence. Mais cette dernière attaque a mal tourné,  à priori le bus ne s’est pas arrêté assez longtemps et les Farcs ont tiré sans hésitation sur le bus. Plusieurs morts dont des enfants. 
 
Quand l’on traverse la zone un peu tendue, j’aperçois tous les 100m des militaires postés, et même des tanks blindés faisant des contrôles de routines dans les maisons sur le bord de la route. Elle me raconte que les Farcs recrutent un peu comme en Afrique les enfants des campagnes qui ne sont pas plus vieux que 14 ans ! Ce sont bien souvent des personnes sans éducation qui intègrent ce camp. Ils sont situés en Equateur et en Colombie, principalement sur la côte à priori et dans les campagnes.
On passe à un croisement où une dizaine de policiers sont postés. La dame me dit qu'il n’y a pas si longtemps une dizaine de militaires dont un grand général sont mort ici contre seulement 4 Farcs morts. Ils sont terriblement organisés. Mais elle me rassure en me disant que la situation s’est nettement améliorée comparé à il y a 20 ans. Ils ne pouvaient pas se déplacer avant. Maintenant me dit-elle on peut voyager ! Elle compare sa situation à celle de Cuba où les cubains ne sont pas autorisés à sortir de leur pays. Elle s’estime contente de ce point de vue. Encore maintenant, sur la portion Ipiales-Cali, les bus après 22h voyagent en convoi accompagnés par l’armée. Tout va bien, j’ai fait le voyage de jour !!!

Enfin arrivé à Bogota j’ai mon avion le lendemain. Je fait donc une nuit dans la capitale pour entamer la 2ème partie du voyage. J’ai prévu de prendre 3 avions pour rentrer en France. Je fais donc Bogota-Panama-Madrid-Paris… Mon 2ème avion accuse un retard de 1h30 à Madrid. La connexion sera vraiment tendue. J’ai un peu moins d’une heure pour faire le changement. Impossible d’attendre mon bagage que je dois réenregistrer. Je décide donc de le laisser sur le tapis roulant et d’aller direct au comptoir pour m’enregistrer. Tant pis je préfère cela que d’attendre l’avion suivant en payant un supplément de 109 euros. Mon bagage sera considéré comme perdu et il me sera envoyé dans les jours qui suivent normalement. Après m’être enregistré il faut que je traverse tout l’aéroport de Madrid en courant pour ne pas louper l’avion. En arrivant à la douane je pète un plomb. Je double tout le monde, en passant mon sac la douanière me dit qu’il faut que je vide ma gourde d’eau. Le problème c’est que pour la vider il faut que j’aille aux toilettes et faire de nouveau la queue. Donc je lui dis bah je vais la boire, ah non vous ne pouvez pas la boire de ce côté du portique, il vous faut ressortir. Ils m’ont rendu fou ! Encore un peu je loupais mon avion à cause d’une vulgaire bouteille d’eau. Enfin dans l’avion la pression redescend avec les gouttes de sueur ! J’arrive à paris le jeudi après midi en ayant commencé le trajet le vendredi d’avant. 6 jours de transport, plus jamais ça !