
C’est en partant
d’Osaka au Japon que je me dirige vers Bali, l’île de rêve pour les surfeurs.
Eau chaude, vagues qui déroulent à la perfection, soleil… Comme d’habitude je
ne me suis pas trop renseigné sur l’endroit on verra bien quand j’y serais. Un
peu à l’arrache, je n’ai aucune idée du nombre d’heure de vol. La seule chose que je sais c’est que j’ai une escale à
Kuala Lumpur en Malaisie. Tout compte fait après 8 + 2 heures de vol plus 3
heures d’escale et 200 euros de moins dans la poche j’arrive à destination,
mais il est déjà minuit. Malgré la fatigue pas moyen de se reposer. Il faut que
je négocie le taxi pour me conduire à l’hôtel que mon pote m’a conseillé dans
le centre de Kuta. J’ai un ordre de prix j’arrive à diviser le prix de plus de
2 fois. Pour 8 dollars je me fais déposer à l’hôtel Banasaya 2 dans Benasari.
Encore une fois il faut négocier (10 dollars la nuit). Je prends 2 nuits le
temps d’organiser la suite du voyage à Bali.
Cette première journée
sera utile pour trouver une moto (600 000 Rp/mois soit 2 dollars par jour)
avec assurance mais celle-ci autant dire qu’elle ne sert à rien (juste en cas
de vol je ne paye que 500 dollars de franchise !), une nouvelle planche de
surf 6.0 presque neuve (petit plaisir pour 300 dollars sans aucun dings), et
pour savoir où je pars le lendemain. Finalement je vais rejoindre mon pote
Juanma (espagnol de Madrid que j’ai rencontré à Huanchaco au Pérou un an plus
tôt et qui est là pour 6 mois) qui vit à Balangan. 


Le lendemain je charge
la moto comme il faut le gros sac à dos dans le dos, le petit aux pieds et la
planche sur le côté. J’ai un peu d’appréhension avec la conduite à gauche et le
traffic. Je suis super chargé, je n’ai pas de carte, il n’y a presque aucun
panneaux, aucun nom de rue non plus. Je pars dans la matinée, vu que je n’ai
aucune idée de combien de temps le voyage en moto me prendra. Je demande mon
chemin à plusieurs reprises et petit à petit j’arrive à sortir de la ville de
Kuta où le traffic est horrible. Je n’ai jamais vu cela jusqu’à maintenant. Il
n’y a pas de règles. Ici les gens achètent leur permis de conduire à 20 dollars
ou roulent sans permis. Ca double à gauche, à droite. La corruption est
terrible par ici à tel point que si un flic veut m’arrêter, il vaut mieux que
j’accélère. Tout compte fait après un gros demi tour sur la voie rapide (il n’y
a pas d’autre moyen) et une bonne heure de route j’arrive à Balangan. Je vais
jusqu’à la plage et je me renseigne sur les hôtels. Les prix ne sont pas du
tout dans mon budget. Les prix des logements à Bali ne sont pas donnés surtout
quand on est tout seul. Ils me disent tous de descendre voir les paillottes sur
la plage c’est là que c’est le moins cher. Ni une ni deux je remonte sur ma
moto et j’entame mon premier terrain de cross en pente ardue pour descendre
jusqu’à la plage. Les paillottes sur pilottis sont bien là, j’en vois quelques
une, je négocie et je me décide. Voilà l’endroit où je vais dormir un peu plus
d’un mois. Ma chambre est face à la mer, quand j’ouvre ma porte le matin j’ai
vu sur le spot de Balangan. Le confort laisse à désirer mais ça me convient
bien pour 8 dollars la nuit (80 000 Rp). Pour moi c’est le paradis, par
contre il faut aimer vivre avec le bruit grondant de la mer. J’ai mis quelques
jours à m’habituer au grondement sourd des plus grosses vagues qui parfois te
réveillent en pleine nuit.
C’est à Balangan que je
me suis retrouvé avec les plus grosses vagues de ma vie. Je n’ai même pas osé
en surfé une, frogorifié avec ma 6.0. Il m’aurait fallu une 6.6 pour partir
plus tôt sur les monstres de près de 4 mètres. C’est dingue, j’ai vraiment
ressenti pour la première fois que je n’étais plus le maître, que je dépendais
de la prochaine vague qui viendrait. La quantité d’eau soulevée avec 3,6 m et
18 secondes de prévisions est énorme. La vague ne te laissera aucune chance, tu
dois être prêt à faire tes 20 secondes remué dans tous les sens en espérant ne
pas toucher le corail. Les conditions étaient balaises, on était que 4 à l’eau
alors que d’habitude à cette heure là on est 40 voir plus. Un jet ski était là
pour assurer notre sécurité et nous sortir de la mauvaise zone au cas où. D’un
côté c’est rassurant mais de l’autre tu te dis que tu joues avec ta vie. Les
sets venaient toutes les 15 minutes mais non de dieu quels sets. Les plus
grosses vagues cassent à plus de 100 mètres du bord tellement elles sont
énormes. Quand tu fais un duck dive tu peux compter les secondes sous l’eau en
espérant qu’elle ne t’aspire pas par derrière. Aucun droit à l’erreur dans ces
conditions. J’ai du laisser la priorité à un surfeur sur la seule vague géante
que j’aurai pu prendre. J’ai pu voir le type 2 3 mètres sous moi,
impressionant. Après plus d’une heure à me pisser dessus en voyant les vagues
géantes déferler, je décide de me mettre dans la zone à l’inside pour me
prendre une moyenne de 3 mètres. Manque de pot quand je m’y mets, vient une
série de puta madre qui me fait perdre beaucoup de terrain, du coup je rentre
avec une mousse sans en surfé une. Un peu déçu mais cela m’a servi à m’habituer
à de grosses conditions. Quelques jours plus tard on a eu de nouveau du gros
swell un peu moins gros comme 3 mètres, mais cette fois ci je me sentais
parfaitement allèse grâce à cette session démoniaque.
Je vois Juanma presque
tous les jours, on surfe, on mange, on fait la teuf 2 fois par semaine le reste
du temps c’est repos pour mieux rider la wave ! Le logement n’est pas
vraiment donné par contre pour manger ça ne coûte pas un rond. On mange local pour
1 à 2 euros : nasi mie goreng (riz ou pâte frie), nasi campur (riz
assortiment de ce que l’on veut légumes viande), soto ayam (soupe avec boules
de poulet), sate (brochette de viande sauce cacahuète)… Si on veut manger
étranger à Bali cela reste relativement peu chère en général 5 euros voir 10
max. On trouve aussi des supers restaurants de poisson sur la plage qui coûte
une dizaine d’euros par personne, une tuerie. Il faut se méfier du piment par
ici ils ont la main légère.
Avec Ayu la petite
indonésienne que j’ai rencontrée au début de mon séjour à Bali, on est parti se
faire un bon petit moto road trip dans le nord de Bali. Elle étant en long week
end, on hésite pas et on part avec ma moto le samedi matin. On se dirige vers
le nord en partant de Canggu au lac Bratan. Le lac sur les hauteurs n’est pas
fou par contre la vue sur le lac Buyan est déjà mieux. On peut y voir des
singes le long de la route. On se dirige ensuite vers Munduk où l’on s’arrête
par hasard à une cascade dont ils font payer l’entrée 20 centimes de dollars.
La cascade est comme celle de Gigit apparement mais en moins touristique. Sympa
comme tout. Ensuite on continue de descendre vers Lovina où l’on assistera à un
très joli coucher de soleil. On passera la nuit dans cette dernière qui est
très touristique. On se fait un petit restaurant de poisson sur la plage pour attaquer
le lendemain qui s’annonce difficile. En effet on a réservé un tour pour aller
voir les dauphins. Départ 6 heures du matin qui dure 2 heures pour 6 dollars
par personnes pas de quoi se ruiner. Par contre je n’ai pas du tout aimé. Il
m’arrive de voir des dauphins, des tortues quand je surfe. Je ne conseille
vraiment pas ce tour à moins que l’on n’ait jamais vu de dauphins de sa petite
vie. Tous les touristes embarquent à 4 ou 5 sur un bateau (nous pour le coup on
a de la chance on est que tous les deux). Tous les bateaux partent pour le levé
du jour en direction du large de Lovina à quelques milles de la côte et
« chargent » les bancs de dauphins. J’ai trouvé cela horrible. Dès
que des dauphins apparaissent, des dizaines de bateaux se ruent dessus sans se
poser de question de les déranger ou non. Les conducteurs n’ont aucun scrupules
à foncer sur les bancs de dauphins pour le plaisir des touristes. On assitent à
un spectacle de tourisme de masse. Il m’est impossible de compter le nombre de
bateaux mais à la louche je dirais 300 ! Voilà ce que provoque le touriste
de base, j’ai honte d’avoir participé à cette chasse humaine. Ayu qui n’avait
jamais pu voir beaucoup de dauphins l’a plus ou
moins bien vécu.





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