mardi 13 août 2013

Premier mois en solo à Bali



C’est en partant d’Osaka au Japon que je me dirige vers Bali, l’île de rêve pour les surfeurs. Eau chaude, vagues qui déroulent à la perfection, soleil… Comme d’habitude je ne me suis pas trop renseigné sur l’endroit on verra bien quand j’y serais. Un peu à l’arrache, je n’ai aucune idée du nombre d’heure de vol. La seule  chose que je sais c’est que j’ai une escale à Kuala Lumpur en Malaisie. Tout compte fait après 8 + 2 heures de vol plus 3 heures d’escale et 200 euros de moins dans la poche j’arrive à destination, mais il est déjà minuit. Malgré la fatigue pas moyen de se reposer. Il faut que je négocie le taxi pour me conduire à l’hôtel que mon pote m’a conseillé dans le centre de Kuta. J’ai un ordre de prix j’arrive à diviser le prix de plus de 2 fois. Pour 8 dollars je me fais déposer à l’hôtel Banasaya 2 dans Benasari. Encore une fois il faut négocier (10 dollars la nuit). Je prends 2 nuits le temps d’organiser la suite du voyage à Bali.


Cette première journée sera utile pour trouver une moto (600 000 Rp/mois soit 2 dollars par jour) avec assurance mais celle-ci autant dire qu’elle ne sert à rien (juste en cas de vol je ne paye que 500 dollars de franchise !), une nouvelle planche de surf 6.0 presque neuve (petit plaisir pour 300 dollars sans aucun dings), et pour savoir où je pars le lendemain. Finalement je vais rejoindre mon pote Juanma (espagnol de Madrid que j’ai rencontré à Huanchaco au Pérou un an plus tôt et qui est là pour 6 mois) qui vit à Balangan.  

Le lendemain je charge la moto comme il faut le gros sac à dos dans le dos, le petit aux pieds et la planche sur le côté. J’ai un peu d’appréhension avec la conduite à gauche et le traffic. Je suis super chargé, je n’ai pas de carte, il n’y a presque aucun panneaux, aucun nom de rue non plus. Je pars dans la matinée, vu que je n’ai aucune idée de combien de temps le voyage en moto me prendra. Je demande mon chemin à plusieurs reprises et petit à petit j’arrive à sortir de la ville de Kuta où le traffic est horrible. Je n’ai jamais vu cela jusqu’à maintenant. Il n’y a pas de règles. Ici les gens achètent leur permis de conduire à 20 dollars ou roulent sans permis. Ca double à gauche, à droite. La corruption est terrible par ici à tel point que si un flic veut m’arrêter, il vaut mieux que j’accélère. Tout compte fait après un gros demi tour sur la voie rapide (il n’y a pas d’autre moyen) et une bonne heure de route j’arrive à Balangan. Je vais jusqu’à la plage et je me renseigne sur les hôtels. Les prix ne sont pas du tout dans mon budget. Les prix des logements à Bali ne sont pas donnés surtout quand on est tout seul. Ils me disent tous de descendre voir les paillottes sur la plage c’est là que c’est le moins cher. Ni une ni deux je remonte sur ma moto et j’entame mon premier terrain de cross en pente ardue pour descendre jusqu’à la plage. Les paillottes sur pilottis sont bien là, j’en vois quelques une, je négocie et je me décide. Voilà l’endroit où je vais dormir un peu plus d’un mois. Ma chambre est face à la mer, quand j’ouvre ma porte le matin j’ai vu sur le spot de Balangan. Le confort laisse à désirer mais ça me convient bien pour 8 dollars la nuit (80 000 Rp). Pour moi c’est le paradis, par contre il faut aimer vivre avec le bruit grondant de la mer. J’ai mis quelques jours à m’habituer au grondement sourd des plus grosses vagues qui parfois te réveillent en pleine nuit.

Installé comme il faut chez une famille indonésienne, on me propose des champignons hallucinogènes qui est bien la seule drogue légale par ici. Pour la marijuana, c’est 5 ans de prison minimum et cela va même jusqu’à la peine de mort. Mes journées se ressemblent. Je me lève assez tôt en général à 7 heures pour checker l’océan. Ca tombe bien je n’ai pas besoin de marcher beaucoup (3 pas) ou même 0 si je regarde de la fenêtre. En général il y a toujours des vagues. En cette période de l’année les swells rentre les uns après les autres (juin, juillet, aout). On a minimum 1 mètre de vague, en moyenne 1,5-2 mètres , et quelques big swells qui nous ont ammené du très gros avec 3-4 mètres. Je pars surfer tôt le matin en général c’est là où il y a le moins de monde. En juin ce n’était pas trop plein mais dès le premier juillet tous les spots se sont remplis, impressionant. Je surfe la plupart du temps à Balangan qui est une longue gauche pas très tubulaire, qui ferme un peu à moins d’être ultra rapide pour passer les sections et encore ! Plus c’est gros plus ça ouvre en général. 

C’est à Balangan que je me suis retrouvé avec les plus grosses vagues de ma vie. Je n’ai même pas osé en surfé une, frogorifié avec ma 6.0. Il m’aurait fallu une 6.6 pour partir plus tôt sur les monstres de près de 4 mètres. C’est dingue, j’ai vraiment ressenti pour la première fois que je n’étais plus le maître, que je dépendais de la prochaine vague qui viendrait. La quantité d’eau soulevée avec 3,6 m et 18 secondes de prévisions est énorme. La vague ne te laissera aucune chance, tu dois être prêt à faire tes 20 secondes remué dans tous les sens en espérant ne pas toucher le corail. Les conditions étaient balaises, on était que 4 à l’eau alors que d’habitude à cette heure là on est 40 voir plus. Un jet ski était là pour assurer notre sécurité et nous sortir de la mauvaise zone au cas où. D’un côté c’est rassurant mais de l’autre tu te dis que tu joues avec ta vie. Les sets venaient toutes les 15 minutes mais non de dieu quels sets. Les plus grosses vagues cassent à plus de 100 mètres du bord tellement elles sont énormes. Quand tu fais un duck dive tu peux compter les secondes sous l’eau en espérant qu’elle ne t’aspire pas par derrière. Aucun droit à l’erreur dans ces conditions. J’ai du laisser la priorité à un surfeur sur la seule vague géante que j’aurai pu prendre. J’ai pu voir le type 2 3 mètres sous moi, impressionant. Après plus d’une heure à me pisser dessus en voyant les vagues géantes déferler, je décide de me mettre dans la zone à l’inside pour me prendre une moyenne de 3 mètres. Manque de pot quand je m’y mets, vient une série de puta madre qui me fait perdre beaucoup de terrain, du coup je rentre avec une mousse sans en surfé une. Un peu déçu mais cela m’a servi à m’habituer à de grosses conditions. Quelques jours plus tard on a eu de nouveau du gros swell un peu moins gros comme 3 mètres, mais cette fois ci je me sentais parfaitement allèse grâce à cette session démoniaque.
 






Bien entendu on ne sort jamais vraiment indèmnes des sessions de surf surtout quand on n’a pas de chausson à marée basse. Le reef n’est jamais bien loin. Plus la vague est tubulaire et parfaite en général, plus le corail est proche. Chaque jour je ressors de l’eau avec une égratinure au pied en plus, jamais bien grave en général. J’ai touché le reef 2 fois sur un mois avec le dos et une bonne fois au tibia en tapant la planche. Résultat un bon gros trou dans la planche.
 
Bien sûr il y a plein d’autres spots aux alentours dans le Bukit. En partant de Balangan vers le sud il y a Dreamland (plus grosse que toute mais molle), Bingin (vague gauche courte mais qui tube à la perfection et qui est pleine à craquer tout le temps), Impossible (vague gauche longue qui ouvre plus que Balangan mais qui reste rapide, elle porte ce nom pour ses 3 sections impossible à passer), Baby Padang (vague pour débutant droite et gauche), Padang Padang (vague gauche parfaite qui tube à la perfection mais très peu de fond, pas le droit à l’erreur, pour les pros), Uluwatu (la vague la plus consistente où rentre tout le swell en plus gros, ultra bondé en général par les australiens et les brésiliens et plein d’autres…dur d’avoir les vagues que l’on veut, mais reste l’une des plus belles vagues, tubes, turns…). Après on part sur la face sud que je ne connais pas bien comme green ball, tout le swell rentre en plus gros étant donné que ça frappe en direct. Il y  a Nusa Dua aussi qui rentre très fort en droite comme Uluwatu. Canggu est un beach break que je n’ai pas du tout aimé (rempli d’australiens, venté sideshore en saison sèche). Ce qui est très impressionnant sur les spots de Bali c’est qu’ils sont surfables quelque soit la marée. En général plus la marée basse plus la vague est raide et tubulaire (take off plus rapide), par contre à marée haute la vague est plus grosse mais moins creuse.

Je vois Juanma presque tous les jours, on surfe, on mange, on fait la teuf 2 fois par semaine le reste du temps c’est repos pour mieux rider la wave ! Le logement n’est pas vraiment donné par contre pour manger ça ne coûte pas un rond. On mange local pour 1 à 2 euros : nasi mie goreng (riz ou pâte frie), nasi campur (riz assortiment de ce que l’on veut légumes viande), soto ayam (soupe avec boules de poulet), sate (brochette de viande sauce cacahuète)… Si on veut manger étranger à Bali cela reste relativement peu chère en général 5 euros voir 10 max. On trouve aussi des supers restaurants de poisson sur la plage qui coûte une dizaine d’euros par personne, une tuerie. Il faut se méfier du piment par ici ils ont la main légère.

Je me suis fait voler dans le siège de ma moto à Kuta lors d’une soirée. Manque de pot j’avais mon appareil photo et mon nouveau téléphone seulement depuis 2 semaines. Je l’avais acheté d’occas pour 60 dollars en vue de communiquer avec Juanma étant donné que dans ma paillotte, il n’y a pas internet. Après un an et demi à vivre parfaitement sans téléphone. J’ai racheté une merde neuve pour communiquer.


Avec Ayu la petite indonésienne que j’ai rencontrée au début de mon séjour à Bali, on est parti se faire un bon petit moto road trip dans le nord de Bali. Elle étant en long week end, on hésite pas et on part avec ma moto le samedi matin. On se dirige vers le nord en partant de Canggu au lac Bratan. Le lac sur les hauteurs n’est pas fou par contre la vue sur le lac Buyan est déjà mieux. On peut y voir des singes le long de la route. On se dirige ensuite vers Munduk où l’on s’arrête par hasard à une cascade dont ils font payer l’entrée 20 centimes de dollars. La cascade est comme celle de Gigit apparement mais en moins touristique. Sympa comme tout. Ensuite on continue de descendre vers Lovina où l’on assistera à un très joli coucher de soleil. On passera la nuit dans cette dernière qui est très touristique. On se fait un petit restaurant de poisson sur la plage pour attaquer le lendemain qui s’annonce difficile. En effet on a réservé un tour pour aller voir les dauphins. Départ 6 heures du matin qui dure 2 heures pour 6 dollars par personnes pas de quoi se ruiner. Par contre je n’ai pas du tout aimé. Il m’arrive de voir des dauphins, des tortues quand je surfe. Je ne conseille vraiment pas ce tour à moins que l’on n’ait jamais vu de dauphins de sa petite vie. Tous les touristes embarquent à 4 ou 5 sur un bateau (nous pour le coup on a de la chance on est que tous les deux). Tous les bateaux partent pour le levé du jour en direction du large de Lovina à quelques milles de la côte et « chargent » les bancs de dauphins. J’ai trouvé cela horrible. Dès que des dauphins apparaissent, des dizaines de bateaux se ruent dessus sans se poser de question de les déranger ou non. Les conducteurs n’ont aucun scrupules à foncer sur les bancs de dauphins pour le plaisir des touristes. On assitent à un spectacle de tourisme de masse. Il m’est impossible de compter le nombre de bateaux mais à la louche je dirais 300 ! Voilà ce que provoque le touriste de base, j’ai honte d’avoir participé à cette chasse humaine. Ayu qui n’avait jamais pu voir beaucoup de dauphins l’a plus ou  moins bien vécu.
 

On a décidé pour la suite de la journée d’aller aux chutes de Sekumpul qui sont une merveille de la nature. Ce sont les plus belles chutes de Bali sans aucun doute. Encore très peu touristique, il faut que cela le reste. L’accès n’aide pas à ce que ça le devienne, tant mieux. Contrairement aux chutes de Gigit qui attire le moindre touriste et qui n’est pas sensationnel. A Sekumpul il n’y a pas moins de 7 chutes d’eau de plus de 30 mètres à couper le souffle. Photos à l’appuie ! Ensuite il nous faut déjà rentrer pour Canggu car la route est longue. On tentera la route qui part vers le sud depuis Sekumpul et qui rejoint la route principal de Gigit. Il nous faut grimper cette montagne à deux sur le scooter pendant une bonne heure. La route et ultra mauvaise et autant le dire l’accés en voiture est impossible. Cette balade de 2 jours en moto restera inoubliable, car le passage dans les petits villages pas touchés par le tourisme est vraiment chouette et authentique. On s’arrêtera dans un petit village où se déroulent des combats de coqs illégaux. On peut y voir que des hommes, les femmes ne sont pas les bienvenues apparement. Ayu s’est un peu fait taquiner. Sur la route j’ai pu voir aussi sur des points de vue touristiques des énormes serpents de plusieurs mètres ou encore des chauves souris dont juste le corps fait 30 centimètres (envergure de 1 mètre environ avec les ailes ouvertes !).

Avec Juanma on et allé voir la final du contest de surf à Keramas qui compte pour le championnat du monde. Ambiance garantie, le soleil tape fort, très fort. Le sable noir n’aide pas non plus. Heureusement il y a la piscine face à la mer d’où l’on peut regarder le spectacle. Les surfeurs se mettent des tubes dans tous les sens.














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