Depuis le lac Tahoe on se dirige vers Sacramento la capitale de la Californie où l’on a l’intention de se trouver enfin un hôtel et dormir bien au chaud. Cela fait 3 nuits que l’on dort en tente ou dans la voiture dans le froid avec la neige ou la glace qui nous entoure. Ben a besoin de son petit confort ce qui se comprend. Rémi et moi ça va on peut encore en chier un peu mais cette nuit nous reposera bien avant le grand saut. Petite anecdote : en arrivant dans la chambre il y a une capote usagée sous la table, bravo le Motel 6. En plus de cela ils te font payer un supplément pour l’internet, vive les ricains. Business is business !
Petit coup de gueule français sur le système ricain : les prix affichés n’incluent jamais la taxe à part dans les grandes surfaces. Et en plus de cela il faut tiper (donner un pour boire). Ce qu’il fait qu’au final tu te retrouves avec 30% (8% de taxe en général + 10 à 25% de tips selon la bonté du serveur) de plus que la note dans un restaurant par exemple. Bon à savoir, mais même en le sachant tu te fais avoir.

Et oui un bon mois plus tôt sur les plages du Michuacan au Mexique, on a rencontré avec Rémi un québécois qui est instructeur de saut en chute libre. Il nous a donné ce petit filon. Lodi est l’endroit le moins cher des Etats Unis et même du continent pour sauter en chute libre. Pour seulement 100 dollars on peut sauter en tandem (15 dollars quand on a son matos, 35 quand on loue le matos et que l’on saute seul (expérience requise)). Du coup ce n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd, maintenant on est là prêt pour le grand saut. On a prévenu Ben la veille de sauter. On voulait à la base lui faire la surprise et arriver direct mais le Ben se serait mis à paniquer ;-) Après cette petite nuit à Sacramento, on file la petite boule au ventre vers Lodi plus au sud. Sur la route on s’arrête dans un magasin REI (matériels divers de montagne). J’achète enfin une Go Pro et on est maintenant prêt à sauter. Je la recharge comme je peux dans la voiture. Il est marqué que qu’il est nécessaire d’enregistrer le produit avant sa première utilisation. Pas le temps pour ça on tentera sans et puis tant pis si ça ne marche pas.

A peine arriver à l’aérodrome de Lodi, on s’inscrit pensant que l’on aura le temps de se changer. Le gérant nous met la pression en nous disant que l’on va sauter presque de suite. Moi je suis encore en tongue, je file vite à la voiture me changer en vitesse (avec le bazar qu’il y a dans le coffre dur de faire au plus rapide) et prendre la Go Pro pendant que Rémi et Ben lisent le contrat qui te dis en gros qu’ils ne se portent pas responsable pour tout accident Moins cher mais pas vraiment d’assurance. De toute façon si le parachute ne s’ouvre pas assurance ou pas je ne vois pas la différence, la finalité est la même. Le gérant m’a prêté une attache que je peux mettre au poignet pour maintenir la caméra. En l’an 2013, maintenant on ne te donne plus de notice avec le produit que tu achètes, il faut aller sur internet bien sûr quand tu enregistres ton joli produit comme un mouton. Du coup je n’ai aucune idée comment la faire marcher. Je n’ai que quelques minutes pour faire les réglages et la prendre en main. Ca rajoute un stress de plus pour sauter sachant que c’est notre premier à tous les trois. Je demande gentiment à un instructeur dans la salle qui rentre d’un saut pour qu’il m’explique rapidement comment cela marche histoire de gagner du temps et être sûr de ne pas tout dérégler. Le type m’a envoyé chier d’une manière. Il commence à me dire « quand tu vas au restaurant est-ce que tu demandes comment manger avec des couverts », je le coupe une première fois et m’enchaîne en me disant « va au comptoir et paye 50 dollars de plus pour te faire filmer », « je lui répond que je n’ai pas acheté cette Go Pro ce matin pour payer en plus de cela un caméra man, c’est débile. Bon tu ne veux m’expliquer apparemment ? ». Il me répond « non ». Je trace ma route en restant poli et je le remercie pour son aide. Je me débrouille tout seul finalement. C’est super facile à prendre en main avec ses trois boutons intuitifs. C’est là que l’instructeur revient à la charge et me dit en se la racontant « tu verras, le résultat sera beaucoup mieux avec un professionnel qui te filmes, je te montrerai en revenant de ce saut », je lui réponds « je m’en tape (I don’t care) » et cet abruti me répond «moi non plus (me neither) ». Voilà pour se remettre un peu dans l’ambiance.
Une fois signé, on passe dans la salle derrière où ils plient les parachutes et là nous attendent les instructeurs. On enfile le harnais qui nous attachera à l’instructeur. Chaque instructeur explique à son « élève » en une minute ce qu’il faut faire quand l’on sort de l’avion. « Regardes vers le haut, et fait la banane comme sur la photo » « ok ». On verra bien ! Je suis surpris on n’a pas de combinaison, je suis en tee-shirt, j’espère juste que ça ne caillera pas trop en l’air.

On n’attend pas très longtemps l’avion sur le tarmac. Le petit coucou arrive, on n’a pas trop le temps de comprendre, on monte les premiers dans l’avion. Le vent créé par les hélices nous fait imaginer le vent que l’on va se prendre quand on se jettera. Maintenant on ne peut plus revenir en arrière. Mais bizarrement je me sens en confiance. Rémi aussi. On le sait depuis plus d’un mois que l’on va sauter avec Rémi. Et puis on aurait dû sauter en Australie tous les deux 4 ans plus tôt, donc là on ne peut pas être plus préparé. Par contre Ben on le sent un peu moins à l’aise, en plus vu sa position ce sera le premier à sauter de nous trois. J’aurai bien aimé filmer l’entrée dans l’avion mais j’ai peur de ne pas avoir assez de batterie.
La montée dure 15 minutes. Quand l’instructeur me dit ça, je suis rassuré, j’ai le temps de me préparer tranquillement. Mes oreilles se bouchent tout le temps. On monte en faisant des tours, on sent bien la poussé du petit coucou malgré tout. On se retrouve par moment au dessus du hublot qui fait face au sol. Au bout de 10 minutes l’instructeur me rappelle de m’abaisser pour ne pas me cogner que je sortirai de l’avion, et de bien placer la tête en arrière avec mes mains en croix sur ma poitrine. Quand il me tapera sur l’épaule je pourrais écarter les bras et filmer tranquille. Il sert bien son harnais au mien. Plus qu’une minute, je mets les lunettes et j’allume la caméra. L’avion commence à se redresser d’un coup et là on prend tous un coup au cœur. On a l’impression que le pilote a coupé les moteurs et que l’on part en chute libre. Mais non en fait il a ralenti et arrêté de monter comme un porc. La porte s’ouvre, le vent s’engouffre, je vois 8 tandems sautés avant moi dans cette ambiance de furie comme en tempête. Ben est le prochain, je tente de filmer comme je peux. En même temps il me faut essayer d’avancer à cheval sur cette banquette avec l’instructeur dans le dos. Un peu galère. Il me dit de mettre mes mains en croix plusieurs fois mais je veux filmer Ben en train de sauter. Je vois le Ben partir d’un coup comme happer par le vide. C’est à mon tour de sauter. JE n’ai pas trop le temps de comprendre, je me place à moitié dans le vide et on compte un deux trois et boum ! Une grosse chute de une minute à fond les ballons. Tu vois le paysage défilé tellement vite. On se rapproche du sol à une vitesse incroyable. Étonnamment ça ne me soulève pas le ventre tant que cela. Avec la vitesse de l’avion on ne part pas de 0 km/h ce qui diminue l’effet de soulèvement des organes. Je kiffe cette vitesse effrénée. J’essaie de filmer comme je peux. L’instructeur me remet la main en position une ou deux fois pendant la chute pour reprendre le bon angle. Il ouvre déjà le parachute alors que j’ai l’impression d’être encore super haut. J’ai un ressenti que la chute libre a duré 15 secondes. Quand il envoie le parachute on ne se stabilise pas tout de suite et j’ai l’impression que l’on tombe encore comme une pierre. On mettra 5 minutes pour redescendre sur la terre ferme. On a le temps de regarder le paysage. On peut même apercevoir le lac Tahoe au loin où l’on était la veille. On a une bonne petite sensation lorsque qu’il se met à faire des manœuvres avec son parachute. Je ne demande que ça. C’est tellement bon ! Ca me rappelle le parapente en Guyane. On passera au dessus de l’autoroute qui est juste à côté de la zone d’atterrissage pour finalement atterrir sur le cul quitte à ruiner son pantalon. Encore sous l’émotion mon instructeur me détache rapidement, je lui fais un bon check et je pars vers Rémi qui est en train d’atterrir en tentant de le filmer comme je peux. Au loin voilà le Ben qui court vers nous. Quelle euphorie ! Qu’est-ce que c’était bon ! Finalement la vidéo a fonctionné malgré cette histoire d’enregistrement de produit sur internet. Nikel ! Rémi achète pour 30 dollars la vidéo qu’à fait son instructeur.
La VIDEO ICI!!
Skydiving from damlechauve on Vimeo.
Et il est temps de quitter cet endroit les jambes encore tremblantes pour se diriger vers la Napa Valley à 2 heures de routes au nord. Cette région au nord est de San Francisco est renommé pour son activité viticole. Les fameux vins californiens qui viennent chagriner les vins français sur la scène internationale viennent en parti d’ici. Manque de pot on arrive un peu tard pour faire le tour des vignobles et la dégustation. Tant pis, on ne fera que traverser les vignobles.