vendredi 12 avril 2013

Temps mort à Point Reyes

Après cette journée remplie d’émotion avec cette chute libre, on part voir ma copine Sarah  qui vit maintenant sur Point Reyes. Je l’ai rencontré un an plus tôt à Santiago de Chile, ce sera l’occasion de se revoir. Elle vit ici juste pour une petite année avant de repartir je ne sais où  à Hawaii ou Nouvelle Calédonie. Moi j’ai cette envie de me poser un peu par ici, marre de rouler comme un sauvage et ne jamais prendre le temps de rien depuis le début de ce trip en voiture. Cela fait plus d’une semaine que l’on roule sans cesse ! Point Reyes est un beau parc national en bord de mer. 
A peine arriver chez elle, on veut se boire une bière dans un pub typi





 






que. On a de la chance parce que dans ce petit bled tout ferme à 21 heures, elle arrive à nous emmener dans un pub qui fût autrefois un bar de passe. L’ambiance y est sympa, avec les lumières roses, le jukebox, et les billards au fond. On peut apercevoir sur les murs des pièces qui servaient à l’époque de monnaie pour s’acheter une prostitué ou plusieurs selon les pièces. En plus on y boit de la bonne bière locale. Après un bon litre et demi chacun et quelques parties de billard, on rentre un peu émécher à la maison. Bonne petite soirée de retrouvaille en tout cas.
Le lendemain  on part à quatre se faire un petit tour au phare de Point Reyes. Mais avant on prendra le temps de s’acheter du bon pain, du fromage, du vin puis on passera se goûter quelques huîtres directement chez le producteur. Dans cette région ultra riche, on y trouve quasi que de la nourriture bio. On n’a pas croisé un seul fast food. On se croirait en France seul hic les prix sont exubérant. Un bon pain est à 8 dollars soit 6 euros ! Pour le fromage c’est la même, on arrive facile au dessus de 8 dollars jusqu’à 20 dollars. Le temps se gâte vers la pointe, on se retrouve dans un sacré brouillard. Dommage on ne voit pas grand-chose. On peut quand même apercevoir les falaises impressionnantes lors d’une éclaircie rapide.

Sarah doit ensuite aller s’occuper de son neveu. Rémi, Ben et moi on part se faire une petite promenade sieste le long d’une rivière bien calme. Après cela pour la première fois du voyage ensemble je laisse partir les loustiques. Je les rejoindrai plus tard sur San Francisco. Je préfère profiter un peu plus de Point Reyes. Le soir Sarah m’emmène avec son frère photographe voir une comète que l’on doit apercevoir normalement au coucher de soleil à dix degrés au dessus de l’horizon. J’en ai appris que pour mesurer 10 degrés sur l’horizon, c’est environ la taille de son poing posé sur la ligne d’horizon. Tout simple ! Le temps sera très chargé, même en montant au sommet de la colline qui sera au dessus des nuages pendant un petit moment. On ne verra finalement pas la super comète, tant pis on aura le droit à un joli couché de soleil flottant sur la mer de nuage. 

Le lendemain je profite que les 2 loustiques soient partis pour récupérer un peu de sommeil. Ca fait tellement longtemps ! En vacance mais jamais en week-end pour dormir ces temps ci. On se fera un super sandwich bio, ça change du fast food. Du coup, elle me prête sa voiture mais je démarre la randonnée sur Point Reyes un peu tard malgré tout pendant que Sarah garde son neveu de nouveau. La petite carte que j’ai sous la main est en miles, ce qui est trompeur quand on est habitué aux kilomètres. Je me laisse prendre par le temps en faisant un sacré parcours de 30 kilomètres. Je suis à peine arrivé sur la plage qu’il fait presque déjà nuit. Dommage que je n’ai pas plus de temps pour profiter de cette belle cascade qui se jette sur cette plage déserte. L’endroit est vraiment agréable même si le temps est un peu frais. Le soleil chauffe mais on sent que l’air est froid au moindre coup de vent. Et quand la nuit arrive c’est une autre histoire, ça caille. La randonnée est pas mal, on passe de la forêt, à la végétation plus basse, sculptée par le vent. La nuit tombe et il me reste encore 7 miles à parcourir en monté. Au galop ou presque j’ai réussi à boucler la rando en marchant 2 heures dans la nuit sans lune.

 Heureusement que j’avais
ma frontale. Sarah m’a dit en rentrant qu’il y a des bobcats et des kingcats par ici et que c’est justement la période où ils sont susceptibles d’attaquer. Ne sachant pas j’étais avec ma musique dans la nuit noir, je n’aurai rien vu venir. Sain et sauf mais en retard après 6h30 de marche, je reviens au bercail un peu tard pour le restaurant prévu. En plus elle a tenté de me retrouver vu que je ne revenais pas. Enfin voilà une bonne randonnée de porcasse comme je les aime même si il n’y avait pas beaucoup de points de vue sur le chemin que j’ai emprunté.
Le lendemain on part ensemble pour San Francisco et tenter de rejoindre les loulous.
 

mercredi 10 avril 2013

S'envoyer en l'air à Lodi ça vous dit?



Depuis le lac Tahoe on se dirige vers Sacramento la capitale de la Californie où l’on a l’intention de se trouver enfin un hôtel et dormir bien au chaud. Cela fait 3 nuits que l’on dort en tente ou dans la voiture dans le froid avec la neige ou la glace qui nous entoure. Ben a besoin de son petit confort ce qui se comprend. Rémi et moi ça va on peut encore en chier un peu mais cette nuit nous reposera bien avant le grand saut. Petite anecdote : en arrivant dans la chambre il y a une capote usagée sous la table, bravo le Motel 6. En plus de cela ils te font payer un supplément pour l’internet, vive les ricains. Business is business ! 

Petit coup de gueule français sur le système ricain : les prix affichés n’incluent jamais la taxe à part dans les grandes surfaces. Et en plus de cela il faut tiper (donner un pour boire). Ce qu’il fait qu’au final tu te retrouves avec 30% (8% de taxe en général + 10 à 25% de tips selon la bonté du serveur) de plus que la note dans un restaurant par exemple. Bon à savoir, mais même en le sachant tu te fais avoir.

Et oui un bon mois plus tôt sur les plages du Michuacan au Mexique, on a rencontré avec Rémi un québécois qui est instructeur de saut en chute libre. Il nous a donné ce petit filon. Lodi est l’endroit le moins cher des Etats Unis et même du continent pour sauter en chute libre. Pour seulement 100 dollars on peut sauter en tandem (15 dollars quand on a son matos, 35 quand on loue le matos et que l’on saute seul (expérience requise)). Du coup ce n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd,  maintenant on est là prêt pour le grand saut. On a prévenu Ben la veille de sauter. On voulait à la base lui faire la surprise et arriver direct mais le Ben se serait mis à paniquer ;-) Après cette petite nuit à Sacramento, on file la petite boule au ventre vers Lodi plus au sud. Sur la route on s’arrête dans un magasin REI (matériels divers de montagne). J’achète enfin une Go Pro et on est maintenant prêt à sauter. Je la recharge comme je peux dans la voiture. Il est marqué que qu’il est nécessaire d’enregistrer le produit avant sa première utilisation. Pas le temps pour ça on tentera sans et puis tant pis si ça ne marche pas.

A peine arriver à l’aérodrome de Lodi, on s’inscrit pensant que l’on aura le temps de se changer. Le gérant nous met la pression en nous disant que l’on va sauter presque de suite. Moi je suis encore en tongue, je file vite à la voiture me changer en vitesse (avec le bazar qu’il y a dans le coffre dur de faire au plus rapide) et prendre la Go Pro pendant que Rémi et Ben lisent le contrat qui te dis en gros qu’ils ne se portent pas responsable pour tout accident Moins cher mais pas vraiment d’assurance. De toute façon si le parachute ne s’ouvre pas assurance ou pas je ne vois pas la différence, la finalité est la même. Le gérant m’a prêté une attache que je peux mettre au poignet pour maintenir la caméra. En l’an 2013, maintenant on ne te donne plus de notice avec le produit que tu achètes, il faut aller sur internet bien sûr quand tu enregistres ton joli produit comme un mouton.  Du coup je n’ai aucune idée comment la faire marcher. Je n’ai que quelques minutes pour faire les réglages et la prendre en main. Ca rajoute un stress de plus pour sauter sachant que c’est notre premier à tous les trois. Je demande gentiment à un instructeur dans la salle qui rentre d’un saut pour qu’il m’explique rapidement comment cela marche histoire de gagner du temps et être sûr de ne pas tout dérégler. Le type m’a envoyé chier d’une manière. Il commence à me dire «  quand tu vas au restaurant est-ce que tu demandes comment manger avec des couverts », je le coupe une première fois et m’enchaîne en me disant «  va au comptoir et paye 50 dollars de plus pour te faire filmer », « je lui répond que je n’ai pas acheté cette Go Pro ce matin pour payer en plus de cela un caméra man, c’est débile. Bon tu ne veux m’expliquer apparemment ? ». Il me répond « non ». Je trace ma route en restant poli et je le remercie pour son aide. Je me débrouille tout seul finalement. C’est super facile à prendre en main avec ses trois boutons intuitifs. C’est là que l’instructeur revient à la charge et me dit en se la racontant «  tu verras, le résultat sera beaucoup mieux avec un professionnel qui te filmes, je te montrerai en revenant de ce saut », je lui réponds «  je m’en tape (I don’t care) » et cet abruti me répond «moi non plus (me neither) ». Voilà pour se remettre un peu dans l’ambiance. 

 Une fois signé, on passe dans la salle derrière où ils plient les parachutes et là nous attendent les instructeurs. On enfile le harnais qui nous attachera à l’instructeur. Chaque instructeur explique à son « élève »  en une minute ce qu’il faut faire quand l’on sort de l’avion. « Regardes vers le haut, et fait la banane comme sur la photo » « ok ». On verra bien ! Je suis surpris on n’a pas de combinaison, je suis en tee-shirt, j’espère juste que ça ne caillera pas trop en l’air.
On n’attend pas très longtemps l’avion sur le tarmac. Le petit coucou arrive, on n’a pas trop le temps de comprendre, on monte les premiers dans l’avion. Le vent créé par les hélices nous fait imaginer le vent que l’on va se prendre quand on se jettera. Maintenant on ne peut plus revenir en arrière. Mais bizarrement je me sens en confiance. Rémi aussi. On le sait depuis plus d’un mois que l’on va sauter avec Rémi. Et puis on aurait dû sauter en Australie tous les deux 4 ans plus tôt, donc là on ne peut pas être plus préparé. Par contre Ben on le sent un peu moins à l’aise, en plus vu sa position ce sera le premier à sauter de nous trois. J’aurai bien aimé filmer l’entrée dans l’avion mais j’ai peur de ne pas avoir assez de batterie.

La montée dure 15 minutes. Quand l’instructeur me dit ça, je suis rassuré, j’ai le temps de me préparer tranquillement. Mes oreilles se bouchent tout le temps. On monte en faisant des tours, on sent bien la poussé du petit coucou malgré tout. On se retrouve par moment au dessus du hublot qui fait face au sol. Au bout de 10 minutes l’instructeur me rappelle de m’abaisser pour ne pas me cogner que je sortirai de l’avion, et de bien placer la tête en arrière avec mes mains en croix sur ma poitrine. Quand il me tapera sur l’épaule je pourrais écarter les bras et filmer tranquille. Il sert bien son harnais au mien. Plus qu’une minute, je mets les lunettes et j’allume la caméra. L’avion commence à se redresser d’un coup et là on prend tous un coup au cœur. On a l’impression que le pilote a coupé les moteurs et que l’on part en chute libre. Mais non en fait il a ralenti et arrêté de monter comme un porc. La porte s’ouvre, le vent s’engouffre, je vois 8 tandems sautés avant moi dans cette ambiance de furie comme en tempête. Ben est le prochain, je tente de filmer comme je peux. En même temps il me faut essayer d’avancer à cheval sur cette banquette avec l’instructeur dans le dos. Un peu galère. Il me dit de mettre mes mains en croix plusieurs fois mais je veux filmer Ben en train de sauter. Je vois le Ben partir d’un coup comme happer par le vide. C’est à mon tour de sauter. JE n’ai pas trop le temps de comprendre, je me place à moitié dans le vide et on compte un deux trois et boum ! Une grosse chute de une minute à fond les ballons. Tu vois le paysage défilé tellement vite. On se rapproche du sol à une vitesse incroyable. Étonnamment ça ne me soulève pas le ventre tant que cela. Avec la vitesse de l’avion on ne part pas de 0 km/h ce qui diminue l’effet de soulèvement des organes. Je kiffe cette vitesse effrénée. J’essaie de filmer comme je peux. L’instructeur me remet la main en position une ou deux fois pendant la chute pour reprendre le bon angle. Il ouvre déjà le parachute alors que j’ai l’impression d’être encore super haut. J’ai un ressenti que la chute libre a duré 15 secondes. Quand il envoie le parachute on ne se stabilise pas tout de suite et j’ai l’impression que l’on tombe encore comme une pierre. On mettra 5 minutes pour redescendre sur la terre ferme. On a le temps de regarder le paysage. On peut même apercevoir le lac Tahoe au loin où l’on était la veille. On a une bonne petite sensation lorsque qu’il se met à faire des manœuvres avec son parachute. Je ne demande que ça. C’est tellement bon ! Ca me rappelle le parapente en Guyane. On passera au dessus de l’autoroute qui est juste à côté de la zone d’atterrissage pour finalement atterrir sur le cul quitte à ruiner son pantalon. Encore sous l’émotion mon instructeur me détache rapidement, je lui fais un bon check et je pars vers Rémi qui est en train d’atterrir en tentant de le filmer comme je peux. Au loin voilà le Ben qui court vers nous. Quelle euphorie ! Qu’est-ce que c’était bon ! Finalement la vidéo a fonctionné malgré cette histoire d’enregistrement de produit sur internet. Nikel ! Rémi achète pour 30 dollars la vidéo qu’à fait son instructeur. 
La VIDEO ICI!!

Skydiving from damlechauve on Vimeo.

Et il est temps de quitter cet endroit les jambes encore tremblantes pour se diriger vers la Napa Valley à 2 heures de routes au nord. Cette région au nord est de San Francisco est renommé pour son activité viticole. Les fameux vins californiens qui viennent chagriner les vins français sur la scène internationale viennent en parti d’ici. Manque de pot on arrive un peu tard pour faire le tour des vignobles et la dégustation. Tant pis, on ne fera que traverser les vignobles. 

lundi 8 avril 2013

Joli ce lac Tahoe



Me laissant un peu aller ces temps ci je me laisse guider par mes deux compères Ben et Rémi. Ca fait du bien de ne pas toujours prendre des décisions et se laisser aller. Du coup on part vers le lac Tahoe directement en sortant de la Death Valley. A peine en route il fait déjà nuit. Les deux loustiques s’amuseront à faire quelques photos d’étoiles dans ce ciel presque parfait avec leurs appareils de compète. On reprend la route pour un sacré moment. Je prends le volant en cours de route. Ne m’étant pas renseigné sur la route, je me rends compte que l’on monte pas mal. Certaines routes sont fermés en hivers ce qui rallonge un peu le chemin. En fait je ne savais pas mais on est en plein dans les stations de ski. On l’apprendra plus tard mais cet endroit est apparemment le moins cher des Etats Unis pour skier. 

La nuit est déjà bien avancée quand on arrive au sud du lac Tahoe. Ben est motivé pour trouver un motel, Rémi et moi pas trop. Finalement on se trouvera un spot sur le bord de la route dans la forêt enneigée. On dormira à trois dans la voiture. C’est serré mais ça passe. 

Le lendemain on se fait un petit Starbuks café, le premier pour Rémi et moi. On squatte un peu l’internet, et pendant ce temps là on peut voir les skieurs défiler dans le café. Ca donne envie mais on résiste. Trop pressé par le temps pour succomber. On se fera le tour du lac sur lac journée. Ce lac est de toute beauté. Surtout en ce moment avec toute cette neige. C’est un régale pour les yeux. Les points de vue en hauteurs sur le lac Tahoe sont magnifiques. Après cette nouvelle journée de voiture on commence à saturer d’être enfermer dans cet habitacle. Mais l’on est plus très loin de San Francisco dorénavant. On se dirige maintenant vers Lodi pour s’envoyer en l’air !