jeudi 28 février 2013

Les plages de Tenacatita et Arrollo seco



On a mis un peu de temps à décoller de Ticla et on s’est sacrément fait surprendre par la longueur du trajet une nouvelle fois. Sur la carte ça parait tout près, maxi 3h. Mais non on  a mis 6h. Après 2 bus de 3h consécutifs on se fait jeter du bus sur le bord de la route pour aller à la plage de Tenacatita. Il fait nuit. On commence à marcher, en regardant le panneau des kms on posera vite les affaires pour attendre un voiture. Il y a 6 kms jusque la ville et la plage est à 9 kms. On a aucune idée où l’on a attéri ni ce qui nous attend réellement. C’est un québécois que l’on a rencontré à Nexpa qui nous a conseillé de venir dans ces 2 endroits.

Tenacatita est une plage qui apparemment a été racheté par un américain (même si on a eu d’autres versions sur la nationalité de l’investisseur) fortuné. Il y a 2 ans il a acheté toute la plage avec tout ce qu’il y avait avec autour. Les habitants ont été expulsés du jour au lendemain. Maintenant cela ressemble à un no man’s land. Après une petite marche de 2 kms en plein cagnard sur une route qui va vers la mer, on arrive à un barrage de gardes sacrément armés. Grille de plusieurs mètres de haut, chiens de garde de compète, artillerie lourde (fusil à pompe, machine gun), tout ce petit monde (7 gardes) pour accueillir deux vulgaires touristes. Ils nous parleront avec le grillage électrifié interposé un peu comme dans le film Mad Max. Ils finissent par nous ouvrir le portail, demande d’identité et fouille de sac. Ils trouvent la beu qui était dans la petite boîte. Ils nous la confisquent direct et nous la rendrons en sortant. Ouf !

Il nous laisse rentrer car l’accès est autorisé de 9h à 18h. Si t’es encore là à 18h, ils te sortent avec les armes. Je lui ai demandé pourquoi tant de force, où est le danger ? Il me dit qu’ils sont là pour la protection des tortues. Ils seraient presque drôles. On continue un petit kilomètre à pied pour atteindre la plage autorisé. Sur la droite il y en a une autre mais l’accés est refusé. On se croirait dans une base militaire. Il y a des gardes partout qui surveillent tes moindres faits et gestes. On se sent espionner de toute part. Horrible, on est tellement habitué à nos plages tranquilles sans personnes. Ici c’est presque le cas. Il n’y a pas un chien. A part 2 couples de touristes, tous les gardes et nous au milieu. Je me sens tellement mal à l’aise dans cet endroit rendu pourri. Le cadre est magnifique, grande plage en arc de cercle avec des rochers et des montagnes au loin. Seul hic, toutes les habitations ou ressorts sont laissés totalement à l’abandon. On se croirait dans Far Cry le jeu vidéo sur des plages paradisiaques où il faut sniper les gardes pour s’infiltrer. On voulait faire du masque et tuba à la base, mais avec cette ambiance et l’eau pas super chaude, on rebrousse chemin rapidement. On sera resté juste une petite heure sur place tellement c’est désagréable. De retour au village on se trouve un petit boui-boui avec des crevettes et du poulpe à 75 pesos (4 euros). 

Les sacs sont prêts. Je discute avec le gars du restaurant savoir si il ne connait pas quelqu’un qui a une voiture et qui aimerai bien nous conduire à Arollo Seco une plage à quelques kilomètres de là. Au détour de la conversation j’apprends qu’il y a 40 minutes de route. Ca va raquer, 250 pesos pour y aller direct. Dur dur de sortir de ce trou si l’on n’accepte pas la proposition. Je tente la négociation avec le mec mais rien à faire. Du coup on part à l’arrière du pick up torse poil dans le vent après avoir mangé nos crustacés.

On a aucune idée de ce que Arollo Seco à part que l’on peut surfer. Ne sachant pas trop où aller on se trompe de plage, la voiture nous dépose là. On laisse nos affaires sous la terrasse d’une maison face à la mer. Le mec nous dit que c’est la maison de son ami. On repart avec eux vers le centre ville pour acheter de l’eau, à manger et surfer. On marche ensuite jusque l’autre plage où les rouleaux déroulent sans souci. Sur le chemin il y a un surf shop pizzeria. Le mec nous aidera avec sa voiture à aller rechercher les sacs que l’on  a laissés à l’autre plage. On s’installe dans un petit camp super. On est 2 sur notre plage. On profite bien de cette plage toute l’après midi. Petite session de surf mais c’est un peu venté. 
Le lendemain au réveil je me fais un petit feu de bois en vue de réchauffer la pizza énorme de la veille. Ca fonctionne nickel, on réchauffe la pizza sans forcer. Après cette mise en bouche, on part se faire une petite session de surf de nouveau. Il y a des bon gros rouleaux jusqu’à 2 mètres qui poussent bien en beach break. Un peu technique pour Rémi il mettra un petit temps à rentrer dans l’eau, et il finira sa session par abandon 30 minutes plus tard. Il s’est fait un petit mal de côte avec une vague qui la transpercer. Le pauvre est de nouveau sur le carreau. Le montagnard nous a lâchés. Tout seul à l’eau je continue. J’ai réussi à en choper une jolie. Un bon mètre cinquante qui tube et qui pousse bien. Quel bonheur !

De retour sur le sable chaud, je me fais une petite sieste dans le hamac. Rémi me réveille avec sa pizza réchauffé au feu de bois. Il est ensuite temps de quitter ce lieu magique pour partir vers la ville de Puerto Vallarta. Le sable est bouillant, je me suis brûler les pieds lors du retour à pied nu avec les sacs sur le dos. L’effort de retour sur le centre du village n’est pas facile. 20 minutes en plein soleil avec au moins 30 kilos sur le dos voir 35 au total. Ce ne sont même plus jambes qui font mal lorsque je marche avec les sacs c’est les frottements sur les épaules. On en aura coulé des gouttes de sueur sur ce chemin. Remi en a bien chier aussi. Pour une fois il a une planche à ramener et avec sa côte ça ne facilite pas le travail. Mais récompense un petit yoghourt à l’épicerie du coin.


On fait ensuite du stop à la sortie du village pour atteindre la route principale où passent les bus pour Puerto Vallarta. On a de la chance le premier pick up nous prend sans rechigner.

mercredi 27 février 2013

Ticla



Ticla est une petite bourgade en bord de mer. Situé à l’embouchure d’une rivière quasi asséchée. Le spot pour le surf est particulièrement bon. Droites principalement, on y débusque des gauches par moment. Il y a un peu de caillasse j’en ai fait les frais en cassant le nez de ma planche. Un petit canard dans une pierre ça ne pardonne pas. Heureusement il y a un shaper dans le village qui pourra me la réparer dans l’après midi pour 250 pesos soit 15 euros pas donné ! 

On s’est fait déposer au bord de la route au milieu de nulle part avec tout notre chargement. Comme en plein terrain aride avec la mer au loin et une petite route de terre qui veut nous y conduire. On commence à entamer la marche. Le chauffeur m’a dit qu’il n’y a que 5 minutes de marche. On s’apercevra vite qu’il y a bien plus. On marche un bon 2 kms sous cette chaleur terrible. Aucune voiture jusqu’à cette bonne demi heure de marche. On se faufile à l’arrière du premier pick up qui passe, et là on passe de la galère au kiffe. On regarde défiler le paysage en regardant vers l’arrière. C’est un moment sympa, on a aucune idée dans quel recoin on va, mais on y va.







La voiture nous arrête sur la plage où il y a de jolies cabanas. On posera notre hamac avant que tout le monde se pointe. On est vendredi, un peu de swell est prévu jusqu’à 5 foot (pas ouf non plus), du coup plein de surfeurs sont descendus de Guadalajara. C’est assez plein, sur le spot on est prêt de 60 à l’eau. Heureusement que le spot est grand. Rémi loue une planche pour 2 jours. Il arrivera à surfer ses premières vagues avec beaucoup de persévérance. Il a réussi à se lever 3 fois. On a un mètre dans les séries c’est pas facile pour les débutants. Je m’amuse bien dans ces vagues même si le niveau à l’eau est assez élevé. Il faut se battre un peu pour sa vague, mais bon ça le fait bien quand même.
Au retour c’est la belle vie. On se refait un hamburger aux crevettes pour le même prix qu’un au bœuf. 



On ne fera pas grand-chose dans ce bled, à part se faire plaisir en surf, bien manger (restaurant mexicain super bon avec ses galettes de mais fraîches du jardin). On reste bien 3 jours ici.
 

Maruata



La route jusque Maruata est assez folle. Sur la carte on a l’air si proche, mais il nous faudra bien 3 heures de bus en mode rallie pour en venir à bout. Le conducteur est chaud patate. Remi après quelques minutes dans le bus me dit d’aller à l’avant pour regarder les prouesses de notre pilote. En effet, la gaillard attaque les courbes comme un déganté. Pourtant habitué au bus, je crois bien que je n’ai jamais vu cela. Mais on sent que le mec gère son bus, donc tant mieux même si je ne suis pas tout à fait rassuré. La route est sinueuse comme jamais et on a bien l’impression de foncé dans le talus quand le bus se met à tourner.

Le bus nous arrête au cruce une nouvelle fois sur cette belle route 200.  On est surpris par la taille du centre ville. On s’attendait à un petit village, mais après juste 2 minutes de marche, on tombe sur un hôpital. Assez surpris on cherche notre route à partir de la place du village. On n’a même pas le temps de demander qu’un jeune vient à nous et nous propose sa paillotte pour que l’on s’installe. Du coup on lui fait confiance, et on le suit. On marche un bon 10 minutes à la lueur de sa lampe torche. On finit par arriver sur le spot. On sent la bonne vibration par ici. On est face à la mer et on devine des falaises de chaque côté de la creek. On n’a aucune idée d’où on a atterri mais on y est. Le bruit des vagues douces nous perce toute la nuit.

Le matin on se réveille dans ce petit paradis. C’est vrai qu’il y en a souvent des petits paradis ces temps ci mais là c’est vraiment LE PARADIS. C’est la plus belle plage que j’ai vue jusqu’à ce jour. C’est hallucinant. Il n’y a pas de surf par ici, on le savait. Mais la beauté et la tranquillité du site sont choquante tellement c’est fou. On a posé notre hamac sous une paillote situé face à la petite creek fermé par des falaises. De chaque côté de ces gros rochers il y a une plage. Les rochers sont traversés de part en part par des grottes. Il y a des véritables galleries qui se sont formées avec les vagues. C’est bluffant. Il n’y a personne. On a le site pour nous avec un soleil parfait. Pour cette première journée on se la joue relaxe. On veut vraiment profiter de l’endroit et se ressourcer. Petit Huevos rancheros au petit déjeuner, délicieux (œufs aux plats servi sur une galette de maîs avec une sauce piquante par-dessus, j’adore).  On profite d’être cool pour aller prendre des nouvelles de la métropole dans un cyber café et souhaiter la saint valentin à ma petite Mexicaine.

Ensuite on part en vadrouille sur la plus grande plage de Maruata. On marche une bonne demi heure pour arrive au bout. On est bloqué par une falaise jaune et blanche. Remi a la bonne idée de s’aventurer dans un chemin en retrait pour tenter d‘atteindre la plage d’après. Mais à pied nu on a pas mal morflé et Rémi lui s’en souviendra. Il a chopé un tripoté de tics sur tout le corps. L’aventure n’est pas de tout repos. On reviendra sous un coucher de soleil de toute beauté. Au retour, notre dueno nous prépare un petit feu face à la mer et nous fait griller les langoustes à l’ail. On se régale les pieds dans le sable pour pas un rond (160 pesos pour 2 soit 10 euros). Quelle journée ! On ne fera pas long feu ce soir là.
Comme d’habitude Rémi se réveille le premier de son hamac. Quand j’ouvre les yeux, il n’y a personne. En vadrouille pour changer ! J’ai quand même cette vue au petit matin. Tout de suite on se sent bien. Et près à en découdre avec une bonne grosse journée. Rémi est allé mater le levé de soleil depuis la falaise à côté. Le soleil se lève sur les terres. Une fois de retour je me décide à mon tour de voir la vue de là haut. La montée n’est pas des plus évidentes. Avec les mains remplies, il ne m’aura pas fallu beaucoup de temps pour glisser dans ma super tongue à 5 euros du Salvador et me retrouver par terre sur cette roche aiguisée. Tient ! 5 petites nouvelles plaies que je vais mettre à guérir dans l’eau de mer. Je ne sais pas comment je me suis débrouiller j’en ai même une au visage. En tout cas la vue d’en haut est bluffante. Face à l’océan, ces gros rochers, ces plages, on est nickel. Ca recharge bien les batteries même si ces derniers temps on est déjà surchargé. A mon retour au camp, on part se faire une petite visite approfondie des grottes alentours et autres secret spots. Une vidéo retranscrit parfaitement le moment, ce sera en ligne for sure. 

On entre dans les entrailles de la première qui donne sur la plage. Le courant est flippant avec des vagues à l’intérieur qui viennent des deux côtés. On ne s’aventura pas bien loin sous peine de se faire aspirer. La deuxième par contre est bien plus petite. Il y a juste un faille dans la roche, on peut à peine s’y glisser. Derrière la faille une petite salle où l’on peut se tenir debout. Au début je ne voulais pas rentrer car le souffle qu’émet la grotte en se remplissant est démoniaque. C’est le genre de truc qui te rend sourd tellement c’est grave. On finit par rentrer, on s’enfance dans le noir, c’est un couloir de notre largeur. Après 10 mètres à s’enfoncer on préfère sortir car le courant devient trop fort. En sortant, on marche 10 mètres et on tombe une autre grotte. Celle-ci est bien grosse, de grosses vagues déboulent à la sortie. On fait mumuse dans les rouleaux puis on passe rapidement aux choses sérieuses. Cette fois ci à seulement 20 mètres, un goulet d’étranglement entre deux énormes rochers. Les swell en rentrant à l’intérieur créent des vagues assez impressionnantes (2 mètres). Après avoir testé la zone de mousse, on se lance un petit défi. Objectif : sauter du rocher (commencé à 3 mètres pour finir à 6 mètres) juste après que la vague  vienne se fracasser avec toute sa puissance. On attend la série, et hop on saute dans notre Aqualude géant, et en plus tout cela tout seul. Le premier saut est de test par contre c’est tellement bon que les suivants on les a bien envoyés. Tu as le temps de te sentir voler quelques secondes en regardant du dessus ce rouleau géant. Le saut est assez impressionnant. Quel pied ! Après on marche encore un peu (20 mètres) et on retombe sur une grotte de puta madre (Rémi). Et juste après on arrive sur une plage splendide. Vierge, seul deux troix paillottes par ci par là. Les rouleaux fracassent ce sable vierge de trace. Ca c’était une matinée bien envoyée sous un soleil de plomb.
Après 2 jours il nous faut déjà quitter l’endroit pour enchainer dans notre rythme infernal. On a une deadline à respecter maintenant. Ben vient nous rejoindre le 2 mars à San Diego pour se faire un gros road trip en Californie. Il nous reste que 2 semaines maintenant pour finir la côte du Michoacán, partir au nord pour se faire le trip en train dans le canion « Barranca del Cobre » et enfin visiter avec le temps qu’il nous restera la Baja California.  Seulement 2 semaines pour lui pour ma part j’ai prévu un mois avec une entrée au states prévue le 1er mars, et un billet pour Hawaii le 1er avril depuis San Diego.

On fait nos sacs de nouveau comme quasi tous les jours en ce moment. Au moins pour ça je commence à être rodé. On entame notre marche de 20 minutes en plein cagnard. Je suis vraiment lourd à ce moment du voyage. Mon sac est plein à craquer. J’attends Ben pour qu’il puisse ramener quelques affaires. On attend une nouvelle fois notre bus au cruce de la route 200 pour partir sur Ticla, un bon spot de surf.