mercredi 27 février 2013

Maruata



La route jusque Maruata est assez folle. Sur la carte on a l’air si proche, mais il nous faudra bien 3 heures de bus en mode rallie pour en venir à bout. Le conducteur est chaud patate. Remi après quelques minutes dans le bus me dit d’aller à l’avant pour regarder les prouesses de notre pilote. En effet, la gaillard attaque les courbes comme un déganté. Pourtant habitué au bus, je crois bien que je n’ai jamais vu cela. Mais on sent que le mec gère son bus, donc tant mieux même si je ne suis pas tout à fait rassuré. La route est sinueuse comme jamais et on a bien l’impression de foncé dans le talus quand le bus se met à tourner.

Le bus nous arrête au cruce une nouvelle fois sur cette belle route 200.  On est surpris par la taille du centre ville. On s’attendait à un petit village, mais après juste 2 minutes de marche, on tombe sur un hôpital. Assez surpris on cherche notre route à partir de la place du village. On n’a même pas le temps de demander qu’un jeune vient à nous et nous propose sa paillotte pour que l’on s’installe. Du coup on lui fait confiance, et on le suit. On marche un bon 10 minutes à la lueur de sa lampe torche. On finit par arriver sur le spot. On sent la bonne vibration par ici. On est face à la mer et on devine des falaises de chaque côté de la creek. On n’a aucune idée d’où on a atterri mais on y est. Le bruit des vagues douces nous perce toute la nuit.

Le matin on se réveille dans ce petit paradis. C’est vrai qu’il y en a souvent des petits paradis ces temps ci mais là c’est vraiment LE PARADIS. C’est la plus belle plage que j’ai vue jusqu’à ce jour. C’est hallucinant. Il n’y a pas de surf par ici, on le savait. Mais la beauté et la tranquillité du site sont choquante tellement c’est fou. On a posé notre hamac sous une paillote situé face à la petite creek fermé par des falaises. De chaque côté de ces gros rochers il y a une plage. Les rochers sont traversés de part en part par des grottes. Il y a des véritables galleries qui se sont formées avec les vagues. C’est bluffant. Il n’y a personne. On a le site pour nous avec un soleil parfait. Pour cette première journée on se la joue relaxe. On veut vraiment profiter de l’endroit et se ressourcer. Petit Huevos rancheros au petit déjeuner, délicieux (œufs aux plats servi sur une galette de maîs avec une sauce piquante par-dessus, j’adore).  On profite d’être cool pour aller prendre des nouvelles de la métropole dans un cyber café et souhaiter la saint valentin à ma petite Mexicaine.

Ensuite on part en vadrouille sur la plus grande plage de Maruata. On marche une bonne demi heure pour arrive au bout. On est bloqué par une falaise jaune et blanche. Remi a la bonne idée de s’aventurer dans un chemin en retrait pour tenter d‘atteindre la plage d’après. Mais à pied nu on a pas mal morflé et Rémi lui s’en souviendra. Il a chopé un tripoté de tics sur tout le corps. L’aventure n’est pas de tout repos. On reviendra sous un coucher de soleil de toute beauté. Au retour, notre dueno nous prépare un petit feu face à la mer et nous fait griller les langoustes à l’ail. On se régale les pieds dans le sable pour pas un rond (160 pesos pour 2 soit 10 euros). Quelle journée ! On ne fera pas long feu ce soir là.
Comme d’habitude Rémi se réveille le premier de son hamac. Quand j’ouvre les yeux, il n’y a personne. En vadrouille pour changer ! J’ai quand même cette vue au petit matin. Tout de suite on se sent bien. Et près à en découdre avec une bonne grosse journée. Rémi est allé mater le levé de soleil depuis la falaise à côté. Le soleil se lève sur les terres. Une fois de retour je me décide à mon tour de voir la vue de là haut. La montée n’est pas des plus évidentes. Avec les mains remplies, il ne m’aura pas fallu beaucoup de temps pour glisser dans ma super tongue à 5 euros du Salvador et me retrouver par terre sur cette roche aiguisée. Tient ! 5 petites nouvelles plaies que je vais mettre à guérir dans l’eau de mer. Je ne sais pas comment je me suis débrouiller j’en ai même une au visage. En tout cas la vue d’en haut est bluffante. Face à l’océan, ces gros rochers, ces plages, on est nickel. Ca recharge bien les batteries même si ces derniers temps on est déjà surchargé. A mon retour au camp, on part se faire une petite visite approfondie des grottes alentours et autres secret spots. Une vidéo retranscrit parfaitement le moment, ce sera en ligne for sure. 

On entre dans les entrailles de la première qui donne sur la plage. Le courant est flippant avec des vagues à l’intérieur qui viennent des deux côtés. On ne s’aventura pas bien loin sous peine de se faire aspirer. La deuxième par contre est bien plus petite. Il y a juste un faille dans la roche, on peut à peine s’y glisser. Derrière la faille une petite salle où l’on peut se tenir debout. Au début je ne voulais pas rentrer car le souffle qu’émet la grotte en se remplissant est démoniaque. C’est le genre de truc qui te rend sourd tellement c’est grave. On finit par rentrer, on s’enfance dans le noir, c’est un couloir de notre largeur. Après 10 mètres à s’enfoncer on préfère sortir car le courant devient trop fort. En sortant, on marche 10 mètres et on tombe une autre grotte. Celle-ci est bien grosse, de grosses vagues déboulent à la sortie. On fait mumuse dans les rouleaux puis on passe rapidement aux choses sérieuses. Cette fois ci à seulement 20 mètres, un goulet d’étranglement entre deux énormes rochers. Les swell en rentrant à l’intérieur créent des vagues assez impressionnantes (2 mètres). Après avoir testé la zone de mousse, on se lance un petit défi. Objectif : sauter du rocher (commencé à 3 mètres pour finir à 6 mètres) juste après que la vague  vienne se fracasser avec toute sa puissance. On attend la série, et hop on saute dans notre Aqualude géant, et en plus tout cela tout seul. Le premier saut est de test par contre c’est tellement bon que les suivants on les a bien envoyés. Tu as le temps de te sentir voler quelques secondes en regardant du dessus ce rouleau géant. Le saut est assez impressionnant. Quel pied ! Après on marche encore un peu (20 mètres) et on retombe sur une grotte de puta madre (Rémi). Et juste après on arrive sur une plage splendide. Vierge, seul deux troix paillottes par ci par là. Les rouleaux fracassent ce sable vierge de trace. Ca c’était une matinée bien envoyée sous un soleil de plomb.
Après 2 jours il nous faut déjà quitter l’endroit pour enchainer dans notre rythme infernal. On a une deadline à respecter maintenant. Ben vient nous rejoindre le 2 mars à San Diego pour se faire un gros road trip en Californie. Il nous reste que 2 semaines maintenant pour finir la côte du Michoacán, partir au nord pour se faire le trip en train dans le canion « Barranca del Cobre » et enfin visiter avec le temps qu’il nous restera la Baja California.  Seulement 2 semaines pour lui pour ma part j’ai prévu un mois avec une entrée au states prévue le 1er mars, et un billet pour Hawaii le 1er avril depuis San Diego.

On fait nos sacs de nouveau comme quasi tous les jours en ce moment. Au moins pour ça je commence à être rodé. On entame notre marche de 20 minutes en plein cagnard. Je suis vraiment lourd à ce moment du voyage. Mon sac est plein à craquer. J’attends Ben pour qu’il puisse ramener quelques affaires. On attend une nouvelle fois notre bus au cruce de la route 200 pour partir sur Ticla, un bon spot de surf.

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