
Après 2 bus consécutifs
on arrive une nouvelle fois un peu tard dans la nuit. On tente de chercher
l’hôtel qui doit être à côté du terminal de bus en théorie comme indique le
guide mais rien. Et oui Rémi en bon débutant s’est trompé de terminal. On est
loin en fait, bon tant pis on s’installe dans le premier hôtel en face du
terminal. Il fallait s’en douter on tombe dans un bon bordel à pute. On prend
quand même la chambre, qui n’est pas bien chère pour le coup, bien sûr au péril
de nos oreilles. Je me couche bien tard ce soir là malgré la fatigue. Je dois
acheter mon billet d’avion pour partir pour Hawaii. Petit problème ma carte de
crédit ne fonctionne pas sur internet. Heureusement j’ai une autre carte qui
passe mais je vais devoir attendre le lendemain matin pour pouvoir enfin
l’acheter car les prix ont augmenté en plein milieu de la nuit. Je m’en sors à
150 euros l’aller pour Hawaii en partant de San Diego. C’est de là que j’ai
trouvé les billets les moins chers pour cette destination même si j’ai une
escale à Los Angeles. A n’en rien comprendre, depuis LA c’est 100 euros de
plus ! C’est donc décidé maintenant j’arrive à Hawaii le premier avril.
Pas en voilier comme je l’avais voulu à la base de mon voyage. Rémi qui est
venu m’a pas mal décalé mon timing mais en même temps le Mexique en vaut
vraiment la chandelle. De plus je gagne du temps en ne faisant pas le mois de
mer nécessaire pour arriver à Hawaii et même de l’argent (à
voir ;-)) !


Après cette nuit un peu
courte et agitée par les gémissements de nos dames de chambres, on part à 8h du
matin pour la rando sur le volcan Paricutin. On laisse les affaires à l’hôtel,
et on embarque le minimum avec nous. On prend le bus dans le terminal d’en face
pratique cette fois. Le mini bus nous dépose dans un village bien paumé. Ils
ont gardés toutes leurs coutumes et parlent leur propre dialecte impossible à
comprendre. On dirait de l’arabe ! De là on entame notre rando avec 1,5
litres de flotte chacun. La rando est prévu pour 8 heures de marche. Un peu
chaud je sous estime un peu ce qui nous attend. On commence la marche vers 10h
du matin. Après 30 minutes de marche dans les sapins avec son odeur si
caractéristique, on arrive bouche bé sur ce qu’il reste de l’ancienne ville de
Paricutin. Déjà arrivé ! Vu le nombre de villageois qui nous ont
proposés leurs talents de guide, on s’attendait à plus dur pour trouver le
chemin. Pour donner une idée de l’endroit, on sort de cette forêt qui sent si
bon et on arrive sur une coulée de lave de plusieurs mètres de haut qui
s’arrête juste à l’entrée de la forêt. On peut apercevoir le clocher d’une
église. On continue notre chemin vers le clocher et on arrive sur ce qu’il
reste de la ville de Paricutin. Il ne reste plus rien. Seule l’église coupée en
deux par la lave noire a résisté. C’est impressionnant, je n’ai jamais rien vu
de pareil. On peut apercevoir au loin le volcan Paricutin avec sa trainée de
lave volcanique. Le volcan a été en éruption entre 1943 et 1952. Il y a
quelques touristes venus en cheval qui sont également sur le site. On marche
sur la lave qui s’est emparé des lieux. A certains endroits la lave atteint
bien 10 mètres voir 15. C’est bluffant. L’église était sacrément robuste quand
on regarde les murs parfois d’un mètre d’épaisseur. Il ne reste plus qu’un
clocher, l’autre tour est coupée à la moitié. On a l’impression que le temps
s’est arrêté par ici. C’est un vrai plaisir de rentrer avec sa lampe torche à
l’intérieur et escaladant les morceaux de lave.
On décide de ne pas
trop s’attarder sur les ruines car il nous reste du chemin. On a prévu d’aller
jusqu’au sommet du volcan. Il n’y a pas beaucoup de dénivelé seulement 500
mètres mais prêt de 10 kms aller retour à marcher sur de la lave et à trouver
son chemin. On a refusé tous les guides, mais Rémi a demandé quelques
indications à un local. Il y a 2 chemins, le chemin long et le chemin court.
Sans réfléchir on choisit le court. On doit trouver un portail où l’on doit
rentrer et ensuite couper sur la lave. Bon on part avec ces quelques
indications et notre litre d’eau qu’il nous reste. Le cagnard est féroce. J’ai
trouvé une casquette sur les ruines ce qui m’évitera de me brûler le visage.




On attaque la marche de
nouveau, au bout de 20 minutes à marcher sur une route en terre à travers la
lave on voit enfin ce portail. La route nous faisait partir à la
perpendiculaire d’où on vouait aller. On doit être sur la bonne piste
maintenant. On tente de suivre les traces de cheval au sol pour trouver le
chemin le plus emprunté à priori. Le premier nous fait traverser un champ de
cendres noires avec des palmiers pour arriver en cul de sac sur la coulée de
lave faramineuse. Plusieurs kms à marcher sur ces roches abrasives. Je monte en
haut de la première colline pour analyser le terrain mais on se doute que ce
n’est pas le bon chemin. On décide de faire demi-tour. On trouve un autre
chemin qui se termine par une barrière, tant pis on passe au dessus et on suit
le peu de chemin qu’il y a. On remonte un lit de rivière sec. C’est sûr que ce
n’est pas le chemin mais on avance quand même. Marre de perdre du temps à faire
demi-tour. Une fois avoir escaladé on continue de marcher dans la direction du
volcan et par chance on retombe sur un chemin qui va dans la bonne direction.
On le suit pendant 15 minutes et on arrive sur un cul de sac finit par de la
lave. En avançant un peu sur la lave pour admirer le volcan je vois des balises
blanches sur la roche. Nikel, il ne nous reste plus qu’à suivre ces traces et
le tour est joué. On mettra 2 heures à marcher sur cette lave. On remonte toute
la coulée à son endroit le plus étroit pour arriver au pied du volcan. Les
paysages sont chaotiques. Aucune trace de vie, juste une fois de temps en temps
une bouteille d’eau vide qui traîne. Le bonheur est ultime, on est tout seul.
Personne à l’horizon et on a trouvé le chemin tout seul. On apprécie cette
marche en économisant l’eau au maximum. Il fait chaud sur ces roches. Une fois
au pied du volcan, il ne nous reste plus qu’à grimper une 15 aine de minutes.
Le spectacle en monté est splendide. On peut apercevoir le clocher de l’église
qui est si loin. Il y a deux volcans, l’un petit encore fumant de toute part.
Le cratère de celui-ci est explosé, il n’a aucune forme particulière juste du
désolement. La roche au sommet passe du jaune, au blanc, noir, rouge… La roche
est bien chaude par endroit. En short on ressent l’humidité de l’air chaud qui
remonte contre nos jambes. Je vérifie bien que mes semelles ne fondent pas, un
peu flippant. On continue de monter pour arriver au cratère de l’autre un peu
plus grand. Celui a un cratère quasi parfait en arc de cercle. Il doit être
profond d’une centaine de mètres.
Après un petit repas à
base de mangue on part faire le tour du cratère. Il nous faut bien 30 minutes
pur faire le tour. On se régale. Les oiseaux jouent avec les vents ascendants.
On a une vue de 360 ° sur la coulée de lave. C’est magique, mais après une
bonne heure au sommet il nous faut déjà redescendre. On se fait le retour en
1h10 sur les roches volcaniques à un bon rythme effréné. On a du coup retrouvé
le bon chemin pour tout le retour. Ce qui nous permet de s’arrêter de nouveau
aux ruines mais cette fois sans aucun touriste et avec un beau couché de soleil.
On apprécie vraiment le moment. Rémi tellement excité monte sur le toit de
l’église enfin ce qu’il en reste. Ce sera chaud pour redescendre, je suis
obligé de venir l’aider. Il a le don pour se mettre dans des bons pétrins. On
finit la rando de nuit. Par chance en arrivant sur la route principale on chope
le dernier bus de la journée pour retourner sur Uruapan.

On se fait déposer au
burger king. On mange et on se lave les jambes noires de poussières dans les
toilettes. On récupère nos sacs, tout y est, on enchaine avec un bus de nuit
pour partir sur la côte du Michoacán
enfin.
Coucou tous les deux, je felicite le redacteur pour ses talents redactionnels, c'est incroyable d'arriver à decrire et nous faire vivre les choses avc tant de precision! Je vote pr une edition en format bouquin dès ton retour!bisous et profitez bien les aventuriers increvables.Alexandra
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