C’est
en quittant ma mère et Clara sur l’île de Gili Trawangan que je pars rejoindre
Juanma qui est déjà sur Sumbawa. Le départ depuis Gili se fait tôt car la route
sera longue, très longue. Je prends le premier bateau navette à 7 heures du
matin pour Bangsal sur l’île de Lombok sans avoir beaucoup dormi la veille (2
heures de sommeil). En arrivant à Bangsal je récupère ma moto et ma planche de
surf que j’avais laissé chez un gardien. Voulant mener l’utile à l’agréable je
décide de traverser Lombok d’Ouest en Est par la route qui passe au nord du
volcan Rinjani. Malgré que je n’ai aucune idée si la route est bonne. Je
mettrai un peu plus de temps que par le sud qui est la route principale. Il me
faudra 3 heures de route pour arriver de l’autre côté à Labuhan Lombok d’où
part le ferry pour Sumbawa.



Le
ferry pour Lembar à Sumbawa dure 2 heures pour 53 000Rp soit 5 dollars.
Une fois arrivé Juanma m’attend pour que l’on continue la route ensemble. On
veut aller à Leaky beach un spot world class qui envoie du pâté. Seul problème
c’est que c’est à environ 300 kilomètres de Lembar. Pas de répis, on trace la
route chacun sur notre moto à 70 km/h.La route est étonament bonne sans trop de
trous ! On roulera 8 heures sans arrêts ou presque pour mettre de
l’essence et manger un petit casse dalle. Mais bien sûr c’est le ramadan et
tout les warungs (restaurants locaux) sont fermés. On devra se contenter de
barres chocolatées. Juanma crévera sur la route, Mais ce sera réparé en 30
minutes. Les paysages qui défilent changent de Lombok et de Bali. Bali est très
vert, Lombok un peu moins et déjà bien aride, Sumbawa est super aride. Les
paysages sont couleur jaune. Le tourisme y est encore moins développé que sur
Lombok, on a l’impression d’être les seuls étrangers à passer par ici. Ce qui
nous vaut des sourires dans tous les sens, des coucous des enfants avec le
fameux « Hello Mister » que l’on a le droit à tous les coups ou même
des adultes parfois. La route sera longue, on ne veut pas rouler de nuit mais
l’on sera contraint et forcé. Aucun hôtel sur la route que des petits villages
avec des maisons en bois. Du coup on continue la route pendant 2 heures de nuit
jusqu’à enfin atteindre une ville nommé Dompu. Il est 20h30 du soir quand on
arrive. Sans le savoir on était seulement à 40 minutes de Leaky Peak.
On
passera la nuit dans un hôtel miteux et hors de prix sans douche pour
160 000 Rp pour 2 soit 8 dollars chacun. Dès le lendemain matin on reprend
la route et on arrive sur le spot. On l’a bien mérité. On se trouve un hôtel
par cher et très bien Balumba pour 50 000Rp chacun soit 5 dollars la nuit
avec petit déjeuner.

On
arrive le 29 juillet 2013, le swell est énorme 8 foot avec 17 secondes de
période en prévisions mais dans la réalité c’est bien du 10 foot (plus de 3
mètres) qui casse devant nos yeux. On ira se faire une première session à
Nungas (le spot de repli mais on a encore droit à de bon gros paquets de 8
foot) qui est une super gauche qui déroule longtemps. Bien que venté on surfe
pas mal. Le lendemain le swell a bien diminué et on part surfer sur le fameux
spot de Leaky Peak. Cette vague fonctionne quelque soit la marée mais attention
à marée basse il ne reste pas beaucoup de fond. C’est un i frame qui nous donne
une droite et une gauche en même temps. La vague est parfaite elle se lève
quasiment toujours au même endroit. Elle est bien puissante, ça tube sans souci
à marée basse mais reste assez lente pour sortir du tube et envoyer des gros
rollers. Seul inconvénient si c’en est un c’est qu’elle n’est pas très longue
seulement 50 mètres.
Après
une rame de plus de 100 mètres, on arrive au pic avec Juanma. Manque pot
l’ambiance est électrique. Il est 11 heure du matin (un peu tard), et il y a
plus de 30 surfeurs au pic. Moi je prends mes marques pour le début. Je laisse
les vagues au début pour m’habituer. C’est à ce moment là que j’entends
derrière moi des cris. Un local gueule à un autre surfeur « out
out… ». Le surfeur ne sort pas et reste où il est. Le local se rapproche
de lui, lui envoie un coup de poing sans succès et en vient à tenter le
l’assomer à coup de planche, l’autre se protège tant bien que mal avec son
bras. Un autre local se rapproche de l’action et gueule le même mot. Ce dernier
envoie sa planche avec le nez en premier dans la tête du surfeur. Il esquive
comme il peut et finit pas s’en aller. La tension est palpable. Il n’y pas le
droit à l’erreur, les locaux viennent de mettre une ambiance malsaine.
Finalement après une petite heure d’adaptation je prends pas mal de belles
vagues. La vague est super. On a 6 foot qui poussent…



Sur la fin de session en
attendant la vague au pic, vient la plus grosse série qu’il y a eu jusqu’à
maintenant. Elle casse juste devant moi, pas moyen de l’esquiver. La vague
étant trop puissante, lors de mon duck dive, je me fais aspirer en arrière qui
me projette instantanément au fond. Je touche le reef avec le dos et je sens
que je continue de frotter le corail, du coup j’utilise mes avant bras pour me
redresser sous l’eau. Une fois redressé je pousse avec mes pieds pour me
remonter à la surface de l’eau qui est rempli de bulles d’air (aucune
flottaison). Je reprends ma planche en vitesse sans avoir le temps de m’en remettre
et je rame vers la prochaine vague qui va de nouveau me casser en plein dessus.
Je refais un duck dive en me disant que cela va passer. Grosse erreur, je me
refais hâper au fond, cette fois ci en pire. Je viens me faire complétement
retourner et je touche un gros coup net avec mon épaule et qui s’en suit
l’oreille et le front. Je remonte à la surface, paniqué de peur de mettre
ouvert la tête. Quand j’émerge à la surface, la planche est toujours sous l’eau
(trop de bulles d’air). C’est la première fois que ma planche reste aussi
longtemps sous l’eau à tel point qu’elle n’apparaitra pas avant que la 3ième
vague du set ne vienne me casser dessus. En plongeant sous l’eau je me fais
bien tirer par la planche mais sans toucher le reef. Après ces 3 vagues qui m’ont
ruinée tout le corps (égratinures partout (pieds, tibia, mains, bras, épaule
bien profond, oreille et tête) je sors de la zone dangereuse. Je vois Juanma au
loin qui lui aussi s’est fait ramassé mais sans toucher le reef. Je lui demande
de m’attendre et de regarder ma tête. J’ai beaucoup de sang à l’épaule et
l’oreille. Le reste est superficiel, heureusement que j’ai touché la tête après
l’épaule sinon j’étais bon pour une bonne série de point de suture. Après cette
session catastrophique je ne retourne pas dans l’eau tout de suite. D’un j’ai
fait un petit choc en ayant touché la tête, et il me faut guérir un peu mes
plaies et ne pas qu’elles s’infectent.
Je
passe le reste de la journée en allant à Dompu pour me connecter à internet
(mon appartement arrive à sa fin). Ce soir là je me fais dévorer par les
moustiques. Dans la nuit je commence à faire un peu de fièvre mais pas méchant.
Le lendemain je suis mal et je passe la journée au lit fiévreux. Je prends des
dolipranes qui ne font rien passer, seul l’ibuprofène fonctionne quelques
heures. Le soir je monte pas mal en fièvre. Je me décide finalement d’aller à
l’hôpital de Dompu avec ma moto le lendemain. La malchance n’arrivant jamais
toute seule, je crève en plein milieu de la route. Ce qui n’est pas un gros
problème par ici car il y a des petits mécanos dans chaque petit village. Ils
me réparent la chambre à air à leur méthode en mettant le feu.




Le
docteur incompétent me fait un test sanguin quise révèlera négatif au paludisme
et à la dengue. Il détecte cependant une déshydratation mais ne trouve aucune
autre explication à mon mal être malgré que je lui ai montré ma plaie profonde
à l’épaule. Il me sort que ça doit être la fatigue et que si ça persiste dans 5
jours, il faut que je repasse. Le petit épisode à l’hôpital ne m’aura pas été
d’une grande aide. Je rentre tant bien que mal, exténué du périple d’une heure
en moto pour le retour.
Je
ne suis vraiment pas bien toute la journée et le soir je monte à 40,7 degrés de
fièvre, juste avec de la soit disant fatigue. Sur les conseils d’un surfeur, je
prends de l’emoxyline qui est un antibiotique contre les infections. Le jour
d’après je commence à aller mieux même si je dois encore rester au lit. Au
troisième jour d’antibiotique je suis de nouveau en forme malgré que je viens
de choper un rhume (qui ne m’était pas arrivé depuis la France quasi !)
alors que la température extérieure est bien bonne (pas de pull de jour comme
de nuit). Cette mauvaise aventure m’aura empêché de retourner surfer pendant 5
jours dans un bled où il n’y a rien d’autre à faire que de surfer. Pas de
bol ! Il me reste 3 jours de surf pour finir le trip. Je surferai de
nouveau à Leaky Peak dans 1,5 mètres bien moins gros. Le dernier jour un gros
swell est prévu, on ira surfer à Nungas car Périscope est surpeuplé et ne
fonctionne pas super.
Durant
le séjour d’une dizaine de jours à Leaky Peak on a fait la connaissance d’un
bon groupe d’argentins et brésilien. On a bien tripé avec eux sans quoi le
temps se serait vraiment fait long dans ce bled perdu. Au Balumba notre hôtel
on avait quand même un billard, une table de ping-pong, une ligne
d’équilibriste et même un rétroprojecteur pour mettre des films ou vidéos de
surf, tout cela pour passer le temps.
On
avait aussi un groupe de brésilien comme voisin, le genre de personnes
irrespectueuses en ne disant jamais bonjour, en mettant la musique à 5 heures
du matinquand ils vont surfer en poussant de cris sans se poser la question que
des gens dorment. Les genres de types qui vont tous ensemble à 5 surfer le même
pic et qui ses disputent les vagues entre eux et s’embrouillent. Brésiliens ou
pauvre types au choix !
Le
dernier jour on ne part pas surfer, on profite du petit déjeuner à 7 heures du
matin et on prend la route dans la foulée. La route du retour sera longue, il
nous faudra 7 heures de route en bombardant à 80 km/h tout le long pour arriver
au port de l’autre côté de Sumbawa. On prend ensuite comme à l’aller le ferry
pour Lombok qui dure 2 heures. Arrivé à Lombok, on remonte sur nos bécannes et
on est repartit pour 3 heures de route pour atteindre Kuta Lombok où l’on q
prévu de séjourner 2 nuits pour dire de faire une petite pause.Juanma ne s’en
sort pas avec sa moto, sa chambre à air a de nouveau explosé. Mais cette fois
ci à 60 km/h ce qui lui a valut une belle frayeur. En fait son pneu est mort et
abîme la chambre à air prématurément. Ne voulant pas payer le remplacement du
pneu il change juste la chambre à air sous peine que cela puisse se reproduire.
On passera la dernière heure à rouler au ralenti à 40 km/h. On arrive
finalement à 21 heures et l’on se rencontre que tous les hôtels sont pleins. En
cette période de fin de ramadan c’est un vrai carnage et en plus on est en
plein mois d’août la haute saison. On trouvera une chambre cher et sans aucun
confort (même pas de douche, ni de petit déjeuner, ni d’internet) à 15 dollars
la nuit pour 2.

Dès
le lendemain matin avant la session de surf matinale, on checke Banana Bungalow
qui nous a été conseillé par les argentins. Pour le même prix on a la douche,
le petit déjeuner et internet inclus. Par chance il y a une chambrequi se
libère, on n’hésite pas, on réserve et on part surfer. Après avoir regardé le
spot de Grupuk qui semble vraiment petit, on ira à Are Guling qui ne rentre pas
trop mal. On a 1,5 mètres en droite qui pousse pas mal. On sent que la houle
vient de l’océan sans détour, les vagues sont puissantes. On s’amusera bien
même si la rame pour accéder est longue (300 mètres). A notre retour on change
d’hôtel. Je pars dans l’après midi visiter les environs de Kuta Lombok qui sont
vraiment magnifiques. J’ai visité la partie Ouest pour commencer en passant de
plage en plage et de collines en collines. Vraiment agréable cette balade en
moto. Le soir on part fêter mon anniversaire gentillement dans un warung
délicieux mais surpeuplé.
Je
passe la prochaine matinée à visiter de nouveau avec ma moto le côté Est de
Kuta. Celui-ci vaut à mon goût encore plus la peine que l’autre côté. On a des
vues en hauteur sur des paysages splendides (collines arides, palmiers vert et
eau turquoise). Au détour du chemin on passe dans des petits villages face à la
mer, très peu touché par le tourisme (même si les enfants te demandent de
l’argent pour te garer !). Les gens sont vraiment gentils. J’ai trouvé une
noix de coco sur la route, je me suis pointé au vilalge pour demander une
machette. Le type me l’a ouverte sans souci pendant qu’il prenait sa douche
dans le puit. Belle petite rencontre.
Après
mûre réflexion on reprend la route avec Juanma dans l’après midi pour rentrer à
Bali. Il nous faudra seulement 1h30 de route pour arriver à Lembar, 5 heures de
ferry et enfin 1h30 de route pour arriver à Canggu où se trouve Ayu. Juanma
quand à lui retourne sur Balangan. Sympa de revoir Ayu !

Pour
mon dernier jour en Indonésie, et oui mon visa de 30+30 jours arrive à
expiration, je vais sur Bingin à 2 heures de route pour surfer une dernière
fois. Le swell prévu est balaise mais ce ne sera pas si gros que cela (6 foot).
C’est impressionnant le monde à l’eau comparé à Juillet et bourré de
français ! Ayu s’est fait une petite bronzette sur la plage en attendant.
Je croise Juanma avant de retourner sur Kuta pour rendre ma moto. Cela me
permet de lui laisser ma planche de surf. A priori le plan serait de revenir
sur Bali avant mon retour en France prévu pour la fin de l’année. En passant à
Kuta je m’arrête dans mon warung préféré. C’est le premier restaurant que je
découvert et ce sera le dernier. Je me mange mon plat préféré un bon batagor (pâte
brisé avec herbes et avec ou sans tofu le tout frie et servi avec une sauce
cacahuète), un vrai délice.
On
rentre avec Ayu sur son scooter. Mon avion pour la Thailande est à 4 heures du
matin. Le réveil sera difficile à 1 heure du matin. Je conduis la voiture d’Ayu
jusque l’aéroport où on fera nos adieux. Le voyage seul me rend presque
insensible dorénavant. Mon triste destin de voyageur m’oblige à ne pas
m’émotionner de trop. Peut être que mes relations amicales ou amoureuses sont
prises avec beaucoup de recul maintenant. Je suis devenu une pierre de
sentiment. J’ai hâte de pouvoir revenir à une vie plus tranquile où l’on laisse
ses sentiments aller. En attendant je ne vais pas me plaindre, je pars pour la
Thailande. Après ce stop de plusieurs mois (2 mois à Hawaii et 2 mois à Bali),
je repars sur la route du backpaker éternel. C’est la dernière ligne droite je
compte finir par une boucle Thailande, Laos, Cambodge et Vietnam en 3 mois et
demi avant de me faire un dernier mois en Indonésie.
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