mardi 24 septembre 2013

Trip en moto à Chiang Rai



Je quitte ma petite auberge fort sympathique de Chiang Mai au petit matin. Je prends un tuk tuk, ces petites moto à 3 roues qui font taxi pour me conduire jusqu’au terminal de bus. De là je prends un bus direction Chiang Rai qui devrait être plus charmant de Chiang Mai. Chiang Rai reste une grande ville mais le centre ville a son petit charme mais ce sera surtout mon point de départ pour m’aventurer dans la région. 

Après 4 heures de bus j’arrive à destination. En marchantdans la rue pour louer une moto, je suis interpellé par une vieille dame qui me propose un hôtel. Le prix n’étaint pas dans mon budget, elle me propose une autre adresse. Je décide d’aller y faire un tour. Finalement pour 250 baht soit 6 euros j’ai ma petite chambre. Au moins je n’aurais pas perdu de temps ! Je vais pour louer ma bécanne en vitesse car je veux visiter le white temple au sud de Chiang Rai avant que cela ferme. Tout se passe bien jusqu’au moment où une drache se dessine à l‘horizon. Après quelques gouttes je préfère rebrousser chemin et visiter le temple le lendemain en espérant que le temps ne sera pas trop capricieux. Le type de la location de moto est sympa est veut bien que je lui retourne la moto pour la louer le lendemain ce qui ne me décompte pas un jour de loc. J’ai donc du temps à perdre et je décide de me faire un petit massage en attendant…et d’organiser le moto road trip des prochains jours.


Le lendemain de bonheur je m’attèle à mon plan. Je retourne chercher la moto en vitesse, et je vais droit vers le white temple. La visite est gratuite même s’il n’y a pas grand-chose à voir à l’intérieur. Par contre le temple est magnifique. L’effet du tout blanc est impressionnant. Ca change des dorures à la thai. Sur la route j’ai aperçu un gros boudha au loin, je demande la route pour y aller et après avoir traverser un labyrinthe j’arrive au boudha géant. Il est situé à côté d’un tout petit village et il n’y a que cet édifice. Aucun touriste bien entendu, je suis seul devant le monstre. Ca vaut le coup d’œil. Je suis tellement impressionné par la taille que je me tape le pied dans une ferraille qui me décolle l’ongle de l’orteil qui est en sang. Aouch ! C’est les risques du voyage, il faudra faire avec en plus des infections aux pieds que je tente de soigner tant bien que mal. Mais avec l’humidité, c’est une vrai galère, ça me rappelle les Mexique quand toutes mes plaies s’infectaient sans arrêt. Je ne m’arrête pas à un orteil, et je continue mon chemin maintenant vers le nord de Chiang Rai où je débute mon tour en moto vers le Golden Triangle.
Après 2 heures de route j’arrive dans le grand village de Mae Salong perché sur sa montagne qui sera mon point de départ pour une visite des alentours. En effet la région est remplie de petits villages ethniques. Je trouve une chambre qui me coûte 100 baht seulement (3 dollars). Ce qui est bien en saison des pluies c’est qu’il y a beaucoup moins de touristes et pour le coup je n’en ai pas croisé un. Par contre le mauvais côté c’est que l’on a de forte chance de se prendre de la pluie. Ca n’a pas loupé, les averses se succèdent toute la journée, heureusement j’ai ma super cape de pluie.

Je ne perds pas de temps à Mae Salong et je pars en moto dans les environs à la recherche de petits villages. 

Après seulement 4 kilomètres, je tombe sur un village Akkha facilement reconnaissable par ses maisons en bois sur piloti. Je laisse la moto sur le bord du chemin et je me ballade pour voir un peu ce qui se passe pas ici. A la deuxième maison, une vieille dame sort de chez elle et me fait un joli sourire. Je lui souris à mon tour et elle me fait un signe de la main m’invitant chez elle. Ne voulant pas refuser son invitation, j’entre dans sa maison précaire faite de planche de bois. Là il y a toute la famille qui regarde la télévision. Il me tende un petit siège en bois de 10 centimètres de haut pour m’asseoir. Je m’installe et tentant de communiquer pendant qu’elle s’impresse de me servir un thé (sans trop de goût, on dirait plus de l’eau chaude avec des morceaux noir dans le fond). Le fils parle 10 mots d’anglais, mais cela suffit pour comprendre un petit peu. Je profite de ce moment. J’ai l’impression de faire un voyage dans le temps. Bien qu’il y ait la télévision et une parabole dans la cour. C’est bien le seul détail qui me rappelle l’époque plus ou moins actuelle. Je parle comme je peux avec les mains, je dessine aussi pour me faire comprendre. Rien que pour le mot jour, ça m'a pris un moment. Le fils a 26 ans avec sa femme de 20 ans et leur bébé de 1 an. Ils vivent avec les parents sous le même toit ainsi que l’oncle et le grand père. 

La mère qui m’a invité a 60 ans et comme la tradition Akkha le veut elle a les dents rouge/noir. Je lui ai demandé comment elle fasait, et voilà qu’elle me sort les ingrédients pour que j’essaie. Elle prend une feuille dans laquelle elle met de la poudre et un genre de tabac. Elle m’a dit les noms dans son langage mais je n’ai aucune idée de ce que c’est (se renseigner). Elle referme la feuille et me l’a tend pour que je la mâche. Le goût est fort et amère. Vraiment pas bon. Après la première goulée de salive je comprends qu’il ne faut pas avaler. Un peu comme la chique. Elle me tend une bouteille en plastique déjà à moitié rempli de crachat qui pue. Je crache plusieurs fois et je finis par cracher l’ensemble pendant que toute la famille rigole. On passe un bon petit moment de partage.


Le père lui est assis et enlève le mais des épis secs. Ils se servent des épis pour les brûler dans le but de cuisiner. Dans la cuisine ils ont un emplacement par terre où ils font un feu avec la cocotte suspendu par dessus. Le plan de travail pour couper les légumes est un tronc d’arbre.

La fille veut absolument me faire à manger alors qu j’ai mangé juste avant de venir. Elle m’a préparé une salade de papaye avec des cœurs de palmiers. On mange tous ensemble dans la même assiette avec les doigts par terre. 

Le fils m’emmène faire tout le tour du village Akkha. La discussion est difficile mais avec les gestes je comprends un minimum. Il me montre les 3 portes d’un bout à l’autre du village qui sont censés protégé ce dernier des mauvais esprits. Il me montre la fameuse balançoire des Akkhas. Il me fait rentrer dans plusieurs maisons où dans chacune il se passe une scène différente. 

Dans l’une, il y a une dame qui porte l’habit traditionnel Akkha avec le « casque » et les vêtements. Elle râpe le manioc que son mari est allé chercher. Ils mettent celui-ci dans des sacs qu’ils revendront à Mae Salong. Je verrai son mari avec les quelques dents qui lui reste. Ils m’invitent à manger de l’ananas et des graines de tournesol. Le sourire est de la partie. Je joue le jeu de me déguiser en Akkha avec l’habit traditionnel. Ils m’invitent même à dormir chez eux sur une paillase. Je suis tenté mais j’ai un bon lit confortable qui m’attend non loin de là. Il me montre même un vieux cadre avec 3 photos d’identités de personnes comme moi qui ont dormi chez lui dont un couple. Il se met à rire en me disant qu’ils ont fait crack crack dans le salon ! Vraiment gentils ces gens, je continue ma visite. 

Je rentre dans une autre maison où cette fois ci le sorcier du village est en pleine action. Un viellard et une dame se font soigner. Mais attention à la technique encestrale. Cela ne pose aucun problème que je sois présent, ils sont même content. Le sorcier donne 2/3 petits coups de baguette magique sur le dos du vieillard et vient lui mettre à l’emplacement où il a touché avec sa baguette un verre où il vient y mettre le vide avec une pompe. La peau de l’homme est aspirée à en extraire du sang ! Il le laisse plusieurs minutes et refait de même à côté. Impresssionnant ! Pour la dame c’est la même, elle s’est cassée le poigné. Il lui fait la même et ensuite viendra enrober sa main dans une serviette où il a mis des plantes cuitent dans une feuille de banane. Bien entendu il a fait ses incantations lorsqu’il a ouvert la feuille de banane. Malheureusement je ne verrais pas le résultat !

En continuant ma ballade on passe voir le ferronier du village qui est en train de préparer la plaque métalique du casque pour les femmes Akkha. Son atelier est rudimentaire. Il chauffe le métal par terre sur un feu qu’il ravifie à l’aide d’un soufflet. Il vient ensuite taper le bout de métal avec un marteau pour l’applatir et l’agrandir.

Dans une autre maison, une jeune fille est en train de couper en lamelle le tronc d’un genre de palmier pour donner à manger aux cochons. Ils ont tous leurs cochons en dessous de leur maison en piloti. Dans ce village d’une autre époque je suis surpris d’entendre de la musique à fond depuis la maison d’à côté. 

A mon retour à la maison d’accueil, ils me montrent le calendrier et veulent que je reste 2 jours avec eux. Le problème c’est que je dois partir car mon visa arrive à expiration. On va nourrir les cochons, les lapins, et on prépare le repas du soir en piochant des herbes dans le jardin. Finalement je repartirai avant le diner car la nuit commence déjà à tomber et il me faut rentrer. J’aurai passé toute l’après midi dans cette famille. Super moment ! Je suis un peu déçu de ne rien avoir pu leur offrir en retour. Je ne voulais surtout pas donner de l’argent car c’est à cause de ce poison que le tourisme bouleverse les cultures et les rapports humains. J’ai juste pu leur offrir un grand merci. 
Ma visite des villages alentours n’aura pas été bien loin. Mais tant pis je préfère passer du temps à partager que de survoler tous les villages et dire j’ai tout vu. Ce n’est vraiment pas le but de mon voyage. Je ne recherche pas la reconnaissance dans ce voyage, juste de l’expérience de vie ! Je me foue que l’on me dise ouah qu’est ce que j’aimerai faire ce que tu fais… J’ai presque envie de rentrer sans en parler. J’ai même envie de dire, si tu veux savoir fais le, vie le et tu comprendras… Le raconter n’a pas la même saveur !

Mon retour à Mae Salong se fera dans la brume et la pénombre avant que la pluie ne s’abatte toute la nuit sur le village. 

Le lendemain je suis allé voir le marché en attendant que les trombes d’eau se calment. Le marché est vraiment petit, et vue le temps, je n’ai pas pu voir toute la vie d’un vrai marché. Car normalement assez tôt entre 5 et 8 heures, on peut voir beaucoup d’ethnies se déplacer  pour vendre ou acheter. Après cette marche rapide, je repars sur mon scooter pour continuer mon périple. 





Je passe dans un autre village Akkha un peu plus touristique car quand j’arrive on me propose direct les souvenirs. Je ne ferais pas long feu, la route est longue. J’ai vraiment envie de voir une des tribus Karen. C’est la fameuse tribu où les femmes portent des anneaux autour du coup, on les appelle les femmes aux long coups. Il y a justement un village pas très loin de ma route. Je m’y arrête. Je suis un peu outré car il faut payer pour y accéder. Ils me demandent 250 baht soit 9 dollars. C’est devenu un vrai attrait touristique, on se croierait dans un zoo, ça me gêne de participer à cela. Finalement je négocie, et j’obtiens le prix d’un Thai à moitié prix mais quand même. Ce qui est par contre sympa c’est que je suis le seul touriste parmis eux. Je prends mon temps à tenter de discuter. Une femme a mis jusque 28 anneaux autour de son coup et ça pèse environ 8 kilos. Elles commencent à empiler les anneaux dès l’âge de 5 ans normalement en mettant 8 anneaux qui pèsent 1 kilo. Elles en ajoutent 3 tous les 3 ans jusqu’à ce qu’elles se marient ou qu’elles aient 25 ans. Une étude a montré que ces femmes n’ont pas forcément le coup plus long mais le poids des anneaux affesse les épaules et ramolie les muscles, c’est la raison pour laquelle elles ne retirent jamais leurs anneaux jusqu’à leur mort. Elles mettent aussi des anneaux autour de leurs chevilles et molets plus pour des raisons esthétiques. Auparavant les anneaux étaient en or mais maintenant c’est un métal moins précieux. Il y a des ethnies un peu partout dans le nord de la Thailande et malheureusement les Thai en ont fait une attraction à touriste.

Après ce petit moment à rigoler avec eux, il me faut repartir. J’ai aussi l’occasion de discuter avec d’autres vieilles Akkha qui fument leurs cigarettes maison. Feuille de mais séché il me semble avec du tabac maison. Ce n’est pas bon mais ils fûment tous ça.

De retour sur la route, je me dirige vers Doi Tong le point culminant de la zone. Ca grimpe, il fait plus frais. Un temple est au sommet mais la vue n’y est pas. Un peu déçu, je continue ma route sur la crête de la montagne vers Mae Sai avec la Birmanie à ma gauche et la Thailande à ma gauche. Sur la route en moins de 20 kilomètres, j’ai le droit à 4 barrages de l’armée sûrement dû au traffic d’opium qui sévit dans la région, et en plus on n’est vraiment pas loin de la frontière. J’ai le droit à la fameuse question : Où vas-tu ? Mae Sai ! Ah bon, ok ! Juste une fois ils ont bien checker la moto. Ils m’ont demandé mon passeport une fois, mais je ne l’ai pas car je l’ai donné en caution pour louer ma moto, ils n’ont pas cherché plus loin. La route est jolie en passant…

J’arrive à Mae Sai, la ville frontière avec la Birmanie. Jen profite pour poser ma question de visa. On peut passer la frontière sans visa pour 500 Baht soit 15 euros mais il faut rester dans la ville frontière du côté Birman. Si l’on veut entrer dans le pays véritablement, le visa est obligatoire. J’avais entendu dire que l’on est obligé d’entrer en avion, mais je ne pense pas finalement. Je ne ferais pas logntemps dans cette ville dénuée de charme. On peut y trouver un marché assez imposant qui peut être pas mal.

Je poursuis ma route vers l’Est pour aller vers le fameux Golden Triangle. Cet endroit porte ce nom car ce fût l’endroit du traffic d’opium qui valait de l’or à l’époque. Ce point géographique est le point triple entre la Thailande, la Birmanie (Myanmar) et le Laos. C’est l’intersection du kong (Mehkong), le 4ième fleuve d’Asie par le débit (10ième du monde) et du Ruak. L’endroit n’est pas particulièrement impressionnant !

Il y a un musée de l’opium un peu vieillot mais qui a quelques infos intéressantes. Le Hall de l’opium qui a l’air nettement mieux était fermé. Je passe faire un tour dans la ville paisible de Chiang Saen où j’avais prévu de passer la nuit. Finalement après avoir mangé au marché au couché de soleil, je rentre sur Chiang Rai à 60 kms de là. 

Pour finir cette longue journée de route rien de tel qu’un merveilleux massage thai avant de repartir le lendemain pour passer la frontière du Laos.



 

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