Il nous faudra une
journée de voyage pour arriver à Urique en partant de Creel qui n’est pas si
loin. Après 3 mini bus on arrive dans le fin fond du canyon. La vue au passage
était magnifique. On avait une vue plongeante sur le canion.
Impressionnant ! Aller au canion del cobre sans passer par Urique ou par
Batopilas ne vaut pas le coup. On a bien fait de se rajouter quelques jours
pour découvrir ce petit village perdu.






A notre arrivé, on est
enchanté par la décontraction de ses habitants et la chaleur. L’ambiance est
bonne, tout le monde dit bonjour. Ils sont curieux et n’hésitent pas à discuter
avec toi. Sans le savoir on arrive juste quelques jours avant le marathon de 80
kilomètres dans la montagne avec un dénivelé total de 3000 mètres. Il faut être
en forme. Du coup tout le monde nous questionne là-dessus, si on vient courir
et tenter de battre les raramuris sur leurs terres. Beaucoup de coureurs du
monde entier viennent pour ce rassemblement convivial. Peint sur un mur du
village, on peut voir que sur les 10 éditions précédentes seul 3 étrangers ont
gagnés. Les raramuris courent en pagne avec des sandales à trois points faites
à la main avec des pneus et arrivent encore à gagner. L’année dernière le
vainqueur est venu à bout des 80 kilomètres en seulement 6h40. Les premiers ne
s’arrêtent jamais de courir même dans les montés bien raides. Les autres
coureurs qui courent normalement (déjà super bien) le font en 13h. Si le
coureur est trop lent, il le disqualifie. Du coup en ce moment tout le village
vit pour la course. Dommage que l’on doit partir rapidement pour rejoindre Ben.
Bonne surprise aussi,
on trouve une auberge super sympa. Ce sera la première du voyage où on a un
potager à notre service. Il ne reste plus qu’à cueillir et aller
cuisiner ! Première fois aussi que l’on installe notre hamac à la
montagne. Il y a même de l’eau chaude avec un système ingénieux mais un peu
dangereux. Un petit feu de bois chauffe une des conduites d’eau. A mon arrivé
j’ai remis un peu de bois pour rallumer un peu l’engin. La cheminée s’est mise
à cracher une fumée noire jusque là tout va bien. Ensuite la conduite a
complétement explosée avec la pression créée par le feu. Ca s’est mis à gicler
de l’eau bouillante. On était juste à côté, ça a failli me péter à la
tête !
La première journée
entière sur place on la passe à se détendre et profiter de ce soleil qui
chauffe avec le froid glacial de Creel.
La deuxième et malheureusement la dernière
journée sur place, on se fait une bonne rando de porcasse mais comparé aux
coureurs ce n’est rien du tout. On est allé jusque Los Naranjos à 11 kms de là
par le chemin fait pour la course. On a rencontré les 4 types qui s’occupent de
le remettre en état. Super sympas, ils nous ont même sollicité pour que l’on
prenne une photo avec eux.

Puis une fois dans ce village disparate, on en
veut encore. On a juste à lever la tête et des falaises énormes nous dominent.
Après une petite discussion avec les habitants et notre bouteille d’eau
rechargée, on attaque la montée. 900 mètres de dénivelé en plus de ce que l’on
vient de monter. Le chemin n’étant pas super emprunté, on a réussi à se perdre
de nouveau. On a essayé de persévérer pour rejoindre un chemin. C’est pentu, ça
glisse, ça griffe… C’est la merde. Tout compte fait on a fait demi tour pour
reprendre un autre chemin qui s’avérera être le bon. On aura atteint le sommet
en 2 heures. La vue est splendide. On a une vue sur tous les plateaux
environnant qui tombent à pic. On a réussi à se perdre au sommet, le sifflet de
mon sac à dos ne sera pas suffisant pour que Rémi m’entende. Tant pis, je
profite une bonne heure de ce moment magique. Tout seul assis, les pieds dans
le vide, sur mon rocher qui domine toute la vallée. Etant donné que Rémi à le
principal de la bouffe je ne mange qu’un demi avocat en pensant que Rémi n’en a
pas. C’est dans ces moments là qu’il faut mettre la faim de côté pour continuer
de profiter de l’instant.
Du coup je rentre seul
sans savoir si Rémi est déjà parti. Etant donné que j’étais devant je devrais
le retrouver sur la route. Je descends pas mal sans le voir. Tant pis, il
aurait fait de même, je retourne vers Urique. On aura fait une bonne rando de 7
heures mais seulement 35 kilomètres avec 1600 mètres de dénivelé... J’arrive à
la tombé de la nuit, Rémi n’est pas encore là, il arrivera en fin de compte
seulement 20 minutes plus tard.
Le lendemain on
retourne vers le Sud pour rejoindre El Fuerte. Pas très pratique de revenir en
arrière mais c’est la solution la moins chère et la plus pratique pour
rejoindre le bateau à Guyamas pour aller en Baja California.
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