Le timing étant
vraiment short (retrouvailles avec Ben à San Diego dans une semaine), on avait
prévu de passer juste 2 jours sur place et partir le plus rapidement possible
sur la Baja California. Mais l’endroit est tellement magique ce serait dommage
de sacrifier ce fabuleux endroit du Mexique. On décide donc de rallonger notre
séjour dans le canyon à 5 jours kit à prendre un train première classe pour
rentrer et à écourter la Baja California à son minimum soit 2 jours ! On
devrait juste avoir le temps de voir les baleines avant de tracer vers Tijuana
puis San Diego.
Un peu d’histoire sur
la Sierra Tarahumara et la Barranca del Cobre. Tirant profit de la multiplicité
de microclimats et d’écosystèmes, les indiens Tarahumaras trouvèrent refuge ici
après avoir été refoulés par les colons espagnols, puis pour échapper au
travail forcé dans les mines. Au début du 17 ième siècle, la région fût
découverte par les missionnaires jésuites. A la recherche de cuivre ils la
baptisèrent Barranca del Cobre. Mais en réalité, le sous sol renfermait bien d’autres
richesses qui attirèrent les chercheurs de fortune : de l’or, de l’argent
et de l’opale.

Les indiens Tarahumaras
est l’un des derniers peuples légendaires d’Amérique à résister au progrès et à
fuir les contacts avec la civilisation « occidentale ». Avec
l’arrivée des Espagnols, ils furent d’abord refoulés dans les montagnes, et les
missionnaires jésuites tentèrent, sans beaucoup de succès, de les convertir au
catholicisme. Au cours des siècles suivant, leurs terres furent envahies par
les métis, ce qui provoqua des heurts sanglants.

Depuis, les Tarahumaras ont
recherché la paix dans un isolement qui s’est révélé être le seul moyen de
défense efficace. Etablis dans leurs montagnes immenses, ils sont aujourd’hui
environ 60 000 à vivre en harmonie avec cet environnement austère,
disséminés dans la sierra. Chaque famille dispose de deux ou trois logements,
souvent des grottes naturelles, mais aussi de cabanes en bois et en pierre. Au
rythme des saisons ils changent d’habitats : au fond des canyons en
hivers, sur les plateaux en été. Ils vivent de leurs cultures et élèvent un peu
de bétail, se nourrissant pour l’essentiel de tortillas de mais, de pommes de
terre et de haricots. Ils viennent aussi en ville pour vendre leur artisanat,
mais le contact n’est pas facile à cause de la langue. Ils parlent le raramuri
qui signifie « les pieds qui courent ». Pour finir sur ce peuple, ils
ont une cette capacité étonnante d’être très endurant. Un rite Tarahumara
chargé d’un sens magique, est une course à pied qui dure au minimum 3 jours
consécutifs, et durant laquelle les coureurs poussent du pied une boule de bois
(de 10 cm de diamètre environ). Ils l’organisent sur des distances allant
jusqu’à 300 kilomètres pour les hommes et 100 kilomètres pour les femmes.
Autant dire qu’ils sont en forme. Certains ont même été sollicités pour
participer à de grands marathons.

L’arrivée à Creel se
fait dans un froid de canard. A peine sortis de notre train qui roulait depuis
déjà 12h, on se fait débarquer sur la place du village. On cherche le premier
hôtel sympa, ça tombe bien il est juste en face. On s’y précipite, dehors on ne
fait pas de vieux os. Le premier objectif de Creel sera d’organiser rapidement
(avant que tout soit fermé) le planning des prochains jours. Au programme petit
balade en VTT dans les vallées alentours, et descente dans le canion d’Urique
pour de la randonnée.
Du coup à l’arrivé du soleil sur le pueblo on
est prêt pour notre escapade. C’est marrant comment le village se met à vivre
avec le soleil. Avant le levé, il n’y a pas un chien, une vieille brume
s’empare du vario ainsi que son froid saisissant. C’est l’hiver ici même si on
arrive à sa fin. On n’aura pas le droit à la neige dommage ! Puis le
soleil finit par sortir de la montagne vers 8h du matin. Il fait jour à 6h30
pourtant. D’un coup le soleil réchauffe l’atmosphère, le froid est enfin
supportable et les gens sortent.
On loue nos bicyclettes chez 3 Amigos que je
recommande fortement. Le local nous explique le chemin. On n’a pas besoin de
faire une question réponse bateau comme c’est très souvent le cas par ici. Ils
ne viendront jamais imaginer la question d’après. Tu te dois de poser toutes
les questions si tu veux arriver à ton but. Combien de temps cela prend ?
Combien de kilomètres ? (parce qu’en général ils disent que c’est loin
mais ce que tu cherches en général est à seulement 5 minutes de marche !)
Si c’est dangereux par ici ? S’il y a à manger sur la route ? Ce
qu’il y a à voir ?... Les questions font partis de notre quotidien. C’est
comme pour organiser un emploi du temps sans savoir où l’on va, ni ce que l’on
va faire et ni combien de temps cela prend ! Résultat des courses on aura
un jour de retard pour arriver à San Diego pour l’arrivé de Ben.

On démarre notre tour
en vélo dans le froid mais avec le soleil. C’est parti pour une balade forte
bien agréable. Après 5 minutes de vélo on arrive dans la première vallée.
Certaines familles habitent dans les grottes sur le bord de la route. Parti
avec le bonnet, les gants, le manteau, le pull… il nous faut tout enlever
rapidement. Le soleil tape, il doit faire une sensation de 25 degrés à
l’hombre. On arrive peu après sur la vallée des hongos (champignons). Toutes
les pierres ont cette forme particulière. Comme si que des géants étaient venus
déplacer et mettre ces gros blocs de pierres les un sur les autres. On passera
par le petit village de San ignacio avec sa petite église rustique et
rudimentaire. Pas de banc ni de curé. Le village est muni de panneaux solaires
pour l’éclairage et l’eau chaude. Etonnant, le gouvernement mexicain les a
sûrement électrifiés pour le tourisme. En tout cas bonne initiative à mon goût.
Après quelques kilomètres on arrive dans la valle de los Monjes (des moines).
Cette zone est remplie de rochers aussi énormes qu’incroyables.

Ils se dressent
entre 10 et 20 mètres, c’est bien impressionnant. On se fera un pic-nic ici
avec un français pharmacien qui travaille à Mexico et 2 nanas de je ne sais
où ! On aura le temps dans ce décor de rêve de se faire un petit débat sur
les laboratoires pharmaceutiques. Ce marseillais faisait au pôle France du
Forty Liner, ces petits voiliers qui fusent. Après avoir bien profité du site
vide de touriste on se dirige vers le lac à quelques kilomètres de là. On n’a
pas trouvé le chemin, on a donc fait notre chemin à travers la forêt de pins
avec les vélos pour tenter de retrouver le chemin. On connaissait grosso modo
la direction du lac. On a finit par le trouver. Joli petit lac vert entouré
d’un terrain vallonné rempli de pins. On recoupe à travers champ pour le
retour. Bien sympa même si le vent s’est levé, ça recommence à cailler. On
passera par la grotte de Sebastian où l’on peut apercevoir l’aménagement de la
grotte fait par les raramuris. Ils doivent vraiment se les geler à vivre dans
leurs grottes en hivers. On peut voir que leur peau est sacrément abîmée par le
soleil et le froid. Je me croirai en Bolivie. J’ai failli me faire bouffer par
un chien aussi au passage. Pas cool !
Le lendemain on ne perd
pas de temps et on part dans le fond du canion à Urique.
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