dimanche 3 mars 2013

5 jours dans la Barranca del Cobre



Le timing étant vraiment short (retrouvailles avec Ben à San Diego dans une semaine), on avait prévu de passer juste 2 jours sur place et partir le plus rapidement possible sur la Baja California. Mais l’endroit est tellement magique ce serait dommage de sacrifier ce fabuleux endroit du Mexique. On décide donc de rallonger notre séjour dans le canyon à 5 jours kit à prendre un train première classe pour rentrer et à écourter la Baja California à son minimum soit 2 jours ! On devrait juste avoir le temps de voir les baleines avant de tracer vers Tijuana puis San Diego.

Un peu d’histoire sur la Sierra Tarahumara et la Barranca del Cobre. Tirant profit de la multiplicité de microclimats et d’écosystèmes, les indiens Tarahumaras trouvèrent refuge ici après avoir été refoulés par les colons espagnols, puis pour échapper au travail forcé dans les mines. Au début du 17 ième siècle, la région fût découverte par les missionnaires jésuites. A la recherche de cuivre ils la baptisèrent Barranca del Cobre. Mais en réalité, le sous sol renfermait bien d’autres richesses qui attirèrent les chercheurs de fortune : de l’or, de l’argent et de l’opale. 





Les indiens Tarahumaras est l’un des derniers peuples légendaires d’Amérique à résister au progrès et à fuir les contacts avec la civilisation « occidentale ». Avec l’arrivée des Espagnols, ils furent d’abord refoulés dans les montagnes, et les missionnaires jésuites tentèrent, sans beaucoup de succès, de les convertir au catholicisme. Au cours des siècles suivant, leurs terres furent envahies par les métis, ce qui provoqua des heurts sanglants. 
Depuis, les Tarahumaras ont recherché la paix dans un isolement qui s’est révélé être le seul moyen de défense efficace. Etablis dans leurs montagnes immenses, ils sont aujourd’hui environ 60 000 à vivre en harmonie avec cet environnement austère, disséminés dans la sierra. Chaque famille dispose de deux ou trois logements, souvent des grottes naturelles, mais aussi de cabanes en bois et en pierre. Au rythme des saisons ils changent d’habitats : au fond des canyons en hivers, sur les plateaux en été. Ils vivent de leurs cultures et élèvent un peu de bétail, se nourrissant pour l’essentiel de tortillas de mais, de pommes de terre et de haricots. Ils viennent aussi en ville pour vendre leur artisanat, mais le contact n’est pas facile à cause de la langue. Ils parlent le raramuri qui signifie « les pieds qui courent ». Pour finir sur ce peuple, ils ont une cette capacité étonnante d’être très endurant. Un rite Tarahumara chargé d’un sens magique, est une course à pied qui dure au minimum 3 jours consécutifs, et durant laquelle les coureurs poussent du pied une boule de bois (de 10 cm de diamètre environ). Ils l’organisent sur des distances allant jusqu’à 300 kilomètres pour les hommes et 100 kilomètres pour les femmes. Autant dire qu’ils sont en forme. Certains ont même été sollicités pour participer à de grands marathons.

L’arrivée à Creel se fait dans un froid de canard. A peine sortis de notre train qui roulait depuis déjà 12h, on se fait débarquer sur la place du village. On cherche le premier hôtel sympa, ça tombe bien il est juste en face. On s’y précipite, dehors on ne fait pas de vieux os. Le premier objectif de Creel sera d’organiser rapidement (avant que tout soit fermé) le planning des prochains jours. Au programme petit balade en VTT dans les vallées alentours, et descente dans le canion d’Urique pour de la randonnée.

Du  coup à l’arrivé du soleil sur le pueblo on est prêt pour notre escapade. C’est marrant comment le village se met à vivre avec le soleil. Avant le levé, il n’y a pas un chien, une vieille brume s’empare du vario ainsi que son froid saisissant. C’est l’hiver ici même si on arrive à sa fin. On n’aura pas le droit à la neige dommage ! Puis le soleil finit par sortir de la montagne vers 8h du matin. Il fait jour à 6h30 pourtant. D’un coup le soleil réchauffe l’atmosphère, le froid est enfin supportable et les gens sortent.

 On loue nos bicyclettes chez 3 Amigos que je recommande fortement. Le local nous explique le chemin. On n’a pas besoin de faire une question réponse bateau comme c’est très souvent le cas par ici. Ils ne viendront jamais imaginer la question d’après. Tu te dois de poser toutes les questions si tu veux arriver à ton but. Combien de temps cela prend ? Combien de kilomètres ? (parce qu’en général ils disent que c’est loin mais ce que tu cherches en général est à seulement 5 minutes de marche !) Si c’est dangereux par ici ? S’il y a à manger sur la route ? Ce qu’il y a à voir ?... Les questions font partis de notre quotidien. C’est comme pour organiser un emploi du temps sans savoir où l’on va, ni ce que l’on va faire et ni combien de temps cela prend ! Résultat des courses on aura un jour de retard pour arriver à San Diego pour l’arrivé de Ben.
On démarre notre tour en vélo dans le froid mais avec le soleil. C’est parti pour une balade forte bien agréable. Après 5 minutes de vélo on arrive dans la première vallée. Certaines familles habitent dans les grottes sur le bord de la route. Parti avec le bonnet, les gants, le manteau, le pull… il nous faut tout enlever rapidement. Le soleil tape, il doit faire une sensation de 25 degrés à l’hombre. On arrive peu après sur la vallée des hongos (champignons). Toutes les pierres ont cette forme particulière. Comme si que des géants étaient venus déplacer et mettre ces gros blocs de pierres les un sur les autres. On passera par le petit village de San ignacio avec sa petite église rustique et rudimentaire. Pas de banc ni de curé. Le village est muni de panneaux solaires pour l’éclairage et l’eau chaude. Etonnant, le gouvernement mexicain les a sûrement électrifiés pour le tourisme. En tout cas bonne initiative à mon goût. Après quelques kilomètres on arrive dans la valle de los Monjes (des moines). Cette zone est remplie de rochers aussi énormes qu’incroyables.
 Ils se dressent entre 10 et 20 mètres, c’est bien impressionnant. On se fera un pic-nic ici avec un français pharmacien qui travaille à Mexico et 2 nanas de je ne sais où ! On aura le temps dans ce décor de rêve de se faire un petit débat sur les laboratoires pharmaceutiques. Ce marseillais faisait au pôle France du Forty Liner, ces petits voiliers qui fusent. Après avoir bien profité du site vide de touriste on se dirige vers le lac à quelques kilomètres de là. On n’a pas trouvé le chemin, on a donc fait notre chemin à travers la forêt de pins avec les vélos pour tenter de retrouver le chemin. On connaissait grosso modo la direction du lac. On a finit par le trouver. Joli petit lac vert entouré d’un terrain vallonné rempli de pins. On recoupe à travers champ pour le retour. Bien sympa même si le vent s’est levé, ça recommence à cailler. On passera par la grotte de Sebastian où l’on peut apercevoir l’aménagement de la grotte fait par les raramuris. Ils doivent vraiment se les geler à vivre dans leurs grottes en hivers. On peut voir que leur peau est sacrément abîmée par le soleil et le froid. Je me croirai en Bolivie. J’ai failli me faire bouffer par un chien aussi au passage. Pas cool !
Le lendemain on ne perd pas de temps et on part dans le fond du canion à Urique.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire