Ne sachant pas trop à
quelle heure part la navette, Rémi part devant sur la place du village au cas
où. Le temps de finir de ranger mon sac,
le bus m’attend déjà. Si on l’avait loupé, on perdait un jour sur notre timing
serré, ouf !
On remonte le canion
mais cette fois en mini bus. On s’arrête pour un changement de bus dans un
petit village. 
Je commence à discuter
avec un vieux de la vielle de 85 ans. Il est énorme le papi avec son chapeau de
cow boy et les quelques dents qu’il lui reste. Sa peau est fortement marquée
par le soleil, le froid et surement la vieillesse. Il n’est pas facile de le
comprendre mais une autre dame m’aide à le comprendre. Je lui sors ma planche
de surf pour lui montrer. Il la prend dans ses mains d’un air content. Je lui
explique comment ça marche et ce que l’on fait avec. C’est la première fois
qu’il voit une planche. Le bus vient à klaxonner, et j’embarque rapidement sans
pouvoir le saluer. Riche rencontre !
Rémi lui était parti
faire des photos dans le village. On le récupère sur le chemin. Mais vu que
l’on a changé de bus, il passe le bus sans y faire attention. Heureusement que
le chauffeur est relaxe. Après cette petite heure de bus on arrive à Bahuichivo
où il nous faut prendre le train pour El Fuerte. On a 4 heures à poiroter. On
se dégotte un petit resto. On y rencontre un nouvel acolyte. Pendant que Rémi
est parti sur internet, moi je reste avec la femme du restaurant ainsi qu’avec
un vieillard. On discute un bon moment sur lui. Le moment est fort. Au détour
de la conversation, je vois qu’il a des dread locks. Je lui dis que c’est comme
Bob Marley.
Ni lui ni elle ne le connaissent. Je suis enchanté par cette
préservation qu’ils ont gardée du monde occidentale. Sa vie est aussi
formidable qu’intéressante. Ce vieux monsieur ne sait pas quel âge il a. Entre
80 et 90 ans, personne ne le sait. Il s‘est inscrit sur les registres que plus
tard il y a 70 ans. Il a travaillé toute sa vie pour construire la voie ferrée.
Il a travaillé 6 mois dans les mines mais il n’aimait pas. On sent que ce
vieillard a survécu malgré les difficultés de la faim, du froid, du travail
forcé… J’essaie de profiter un maximum de ce moment tellement unique. Ils ont
bien voulu que je les filme donc j’ai une petite trace. SUPER MOMENT de voyage.

Je voyage pour des
moments comme cela. Un partage, apprendre de la culture, des gens, s’enrichir
de toutes ces expériences c’est tellement magique que l’on en ressort grandi.
En tout cas ce voyage n’est pas du temps perdu à mon goût. C’est bon de se
laisser vivre et de sortir de ce monde de furie dans lequel on vit. Ce stress
créé de toute pièce par cette société de consommation. Prendre le temps de penser un petit peu. De
penser à autre chose que son futur ou sa vulgaire retraite. Juste profiter du
moment. Je pense que ces 14 mois de voyage m’ont déjà bien changé. Peut être
pas changé dans le bon sens pour certains qui sont peu être trop ancrés dans la
société. Mais maintenant je sais pourquoi je vis. Juste être heureux. Et je
ferais tous pour le rester… Il faut se battre pour cela, tout n’est pas donné
mais on a les cartes en mains pour son propre destin. Il faut le saisir. Cela
fait maintenant plusieurs mois que je ne découvre plus ma façon de voyager.
Cela pourrait être une routine. Mais je me sens tellement bien dans ce que je
fais. J’ai atteint un niveau de relâchement total. J’apprécie d’attendre
maintenant. Voilà une petite réflexion sur mon état d’esprit du moment.
Après 4 heures de
train, on arrive de nuit à la gare d’El Fuerte. Un taxi privé d’un hôtel de
luxe nous propose ses services. Etant à 6 kms du centre ville, on a pas le
choix. On rentre avec lui. Il nous propose une chambre à 400 pesos (24 euros
pour deux) au lieu de 1400 pesos (84 euros) habituellement. La différence de
prix avec les hôtels les moins chers de notre guide sont seulement de 50 pesos.
Du coup on se fait le plus bel hôtel 5 étoiles de la ville ce soir là. On est
comme des princes. Ca s’appelle la Casa de Zorro. El Fuerte était juste une
étape. On repart dès le lendemain pour Guaymas avec une journée pleine de bus.
A Guaymas on prendra le bateau pour arriver à la dernière partie du Mexique que
l’on aura la chance de visiter : la Baja California. Mais une fois arrivé
à Guaymas, on prend un petit taxi qui nous emmène jusqu’au port pour prendre le
bateau. On avait tout calé sur l’horaire du bateau, c’était presque trop
parfait, on arrivait juste pile poil à l’heure sur site. Cette fois ci pas de
bol, le bateau est en panne.
Ils ne recevront pas la pièce avant la semaine
prochaine. Comme on dit chez nous, dans le cul lulu ! Le taxi étant
toujours là avec nos sacs dans le coffre ouvert et la planche de surf sur le
toit, on repart en direction du terminal de bus. On hésite à prendre un petit
coucou pour traverser en dernier recourt mais c’est notre destin à priori de ne
pas y aller. On ne va pas lutter contre lui, du coup on reprend un bus de nuit
pour remonter jusque Tijuana. On s’est
résigné à ne plus aller en Baja California. Dommage on ne verra pas les
baleines avec leurs baleineaux qui sautent juste à côté de la pirogue, on ne
verra pas non plus les peintures rupestres dans les grottes. Tant pis, je crois
que ce sera le premier véritable échec de ce voyage. Abandonner si prêt du but.
Mais je n’ai jamais été si pressé par le temps, on retrouvera Ben à San Diego
dans les temps du coup. En attendant viva Tijuana !!!!
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