jeudi 26 avril 2012

2 jours à Potosi


Potosi et une ville minière de 150 000 habitants. Son cerro Rico est rempli d’argent. Pour les incas c’est une montagne sacrée, et ils n’ont jamais exploité cette dernière. Par contre elle a été longtemps exploitée par les espagnols pour créer leur monnaie et rembourser leurs dettes. Ca a été pendant longtemps une des villes les plus riches d’Amérique du Sud. Encore aujourd’hui le cerro est exploité mais les ressources sont moindres, plus beaucoup d’argent mais encore de l’étain, du zinc et du plomb. Pendant les 300 ans d’exploitation par les espagnols pas moins de 8 millions de morts (indiens et africains).

Seulement 5h de bus depuis Uyuni, j’arrive de nuit avec Marie et Arnaud mes compagnons du tour d’Uyuni. Après une bonne petite nuit on ira visiter les mines de Potosi pour 60 Bs (7 euros). La guide n’est pas terrible mais la visite est sacrément impressionnante. On se prépare en s’habillant en tenue de combat : bottes, sur pantalon et veste jaune, casque et frontale. On est fin prêts, avant d’arriver sur le site de la mine on doit acheter des cadeaux pour les mineurs (sachet de coca, sodas, biscuits ou même de la dynamite !).  Après cette étape dans la mini supérette on part dans la mini fourgonnette en tenue de mineur. 

Il y a près de 500 entrées dans la montagne et près de 16000 mineurs y travaillent encore. Beaucoup ne dépassent pas les 20 ans de travail et meurent de maladies des poumons principalement dues aux inhalations de fines poussières de silice. Il n’y a pas d’entreprises privées ou publiques qui exploitent la mine. Ce sont les mineurs eux-mêmes qui vendent leur propres collectes chaque fin de semaine. On dit que ce sont des coopératives mais c’est plutôt un mineur expérimenté (plus de 10 ans d’expérience) qui crée sa propre équipe de mineurs. Les mineurs sont payés entre 80 et 120 bs (9 euros et 13 euros) pour une journée de travail d’environ 8h ou plus dans des conditions ultra difficiles. A chaque fois que les mineurs rentrent dans la mine ils font une offrande au Pachamama le dieu de la terre qui est représenté par un genre de statue à l’intérieur de la mine. Chaque semaine ils font un rituel autour de la statue où ils boivent de l’alcool à 85 degrés. Ce rituel est pris très au sérieux par les mineurs.

On rentre dans la mine par une des entrées cachées dans un recoin d’un mini village. Il fait sombre, et pas très chaud à l’entrée de la mine. Il y a par endroit 20 centimètres d’eau, les couloirs sont étroits de la taille d’un wagonnet.  La hauteur des couloirs est parfois faite juste pour un bolivien ! Il faut marcher en s’abaissant la plupart du temps et même parfois il nous faudra ramper ! On se croirait dans Germinal. La guide nous a prévenus que quand il y a un wagonnet il faut absolument s’écarter et se coller à la paroi ou alors revenir en arrière pour trouver une autre branche et ne pas se trouver sur le passage. Les premiers wagonnets que l’on croise sont poussés par 3 personnes, ils font 1,5 tonnes remplis. C’est hallucinant de les voir pousser de toutes leurs forces, sales comme il n’y a pas. Quelques rondins de bois sont affaissés par le poids des cailloux du tunnel. Au plus l’on s’enfonce au plus la chaleur est présente. A chaque mineur rencontré on leur donne un petit cadeau. On s’enfonce sur plus d’un kilomètre dans le labyrinthe de galeries. On arrive sur deux bonhommes complètement usés qui à coups de pelles remplissent des ballots de caillasses ramenés par des wagonnets plus gros de 2,5 tonnes poussés par d’autres mineurs. Ces wagonnets sont trop lourds pour être amenés jusqu’à la sortie. Ils sont donc déchargés en plein milieu où il y a un câble qui remonte les ballots de pierres électriquement directement à la sortie.  On continue d’avancer dans la mine pour arriver jusqu’au bout. Là il fait très chaud et humide. Il y a une dizaine de mineurs à pied d’œuvre certains torse nu. La méthode : gratter avec la pioche ou le marteau piqueur pneumatique mais ce dernier coûte cher. Ensuite ils y vont au bâton de dynamite et ensuite ils récupèrent les roches dans les fameux wagonnets pour les extraire. N’ayant pas d’entreprise derrière et pas de réelles normes, les mineurs sont autonomes et ce sont eux qui prennent soin des galeries en les renforçant pour ne pas qu’elles s’effondrent. Voilà la vie dans la mine, ça fait vraiment réfléchir à nos conditions de travail. Rien que de marcher 3h dans la mine j’étais épuisé, je n’ose pas imaginer leur état ! 

Après cette visite assez émouvante et fatigante je me trouve un hôtel car le lendemain je veux aller visiter le musée de la moneda. Je quitte mes 2 compagnons qui partent dans deux directions différentes. 

Le musée de la Moneda est soit disant le meilleur de Bolivie. La visite dure 2h, on y découvre tout l’histoire de la fabrication de la monnaie à Toposi. Je rencontre par hasard à la visite un français que j’ai rencontré 2 jours plus tôt au Salar de Uyuni. Ca tombe bien il veut aussi aller sur Sucre juste après. On va rejoindre 2 autres personnes de son auberge qui veulent aussi y aller. A son hôtel je rencontre par hasard la fille qui était en couchsurfing avec moi un mois plus tôt à Valparaiso. De nouveau par hasard l’une des personnes qui doit venir à Sucre, je l’ai déjà rencontrée à Futaleufu 2 mois plus tôt ! Quelle journée !

2 commentaires:

  1. Tu portes bien tes EPI;).alex

    RépondreSupprimer
  2. putain mecton ça faisait une paye que j'étais pas passé sur ton site
    On dirait que tu t'en payes une bonne
    Essaye juste de pas te faire bouffer par un jaguar ou jsai pa koi, histoire qu'on puisse sfaire une ptite soirée si tu reviens un jour en france!!
    A +
    gui le chti

    RépondreSupprimer