
Potosi et une ville minière de
150 000 habitants. Son cerro Rico est rempli d’argent. Pour les incas
c’est une montagne sacrée, et ils n’ont jamais exploité cette dernière. Par contre
elle a été longtemps exploitée par les espagnols pour créer leur monnaie et
rembourser leurs dettes. Ca a été pendant longtemps une des villes les plus
riches d’Amérique du Sud. Encore aujourd’hui le cerro est exploité mais les
ressources sont moindres, plus beaucoup d’argent mais encore de l’étain, du
zinc et du plomb. Pendant les 300 ans d’exploitation par les espagnols pas
moins de 8 millions de morts (indiens et africains).
Seulement 5h de bus depuis Uyuni,
j’arrive de nuit avec Marie et Arnaud mes compagnons du tour d’Uyuni. Après une
bonne petite nuit on ira visiter les mines de Potosi pour 60 Bs (7 euros). La
guide n’est pas terrible mais la visite est sacrément impressionnante. On se
prépare en s’habillant en tenue de combat : bottes, sur pantalon et veste
jaune, casque et frontale. On est fin prêts, avant d’arriver sur le site de la
mine on doit acheter des cadeaux pour les mineurs (sachet de coca, sodas,
biscuits ou même de la dynamite !).
Après cette étape dans la mini supérette on part dans la mini
fourgonnette en tenue de mineur.

Il y a près de 500 entrées dans
la montagne et près de 16000 mineurs y travaillent encore. Beaucoup ne
dépassent pas les 20 ans de travail et meurent de maladies des poumons
principalement dues aux inhalations de fines poussières de silice. Il n’y a pas
d’entreprises privées ou publiques qui exploitent la mine. Ce sont les mineurs
eux-mêmes qui vendent leur propres collectes chaque fin de semaine. On dit que
ce sont des coopératives mais c’est plutôt un mineur expérimenté (plus de 10
ans d’expérience) qui crée sa propre équipe de mineurs. Les mineurs sont payés
entre 80 et 120 bs (9 euros et 13 euros) pour une journée de travail d’environ
8h ou plus dans des conditions ultra difficiles. A chaque fois que les mineurs
rentrent dans la mine ils font une offrande au Pachamama le dieu de la terre
qui est représenté par un genre de statue à l’intérieur de la mine. Chaque
semaine ils font un rituel autour de la statue où ils boivent de l’alcool à 85
degrés. Ce rituel est pris très au sérieux par les mineurs.


On rentre dans la mine par une
des entrées cachées dans un recoin d’un mini village. Il fait sombre, et pas
très chaud à l’entrée de la mine. Il y a par endroit 20 centimètres d’eau, les
couloirs sont étroits de la taille d’un wagonnet. La hauteur des couloirs est parfois faite
juste pour un bolivien ! Il faut marcher en s’abaissant la plupart du
temps et même parfois il nous faudra ramper ! On se croirait dans
Germinal. La guide nous a prévenus que quand il y a un wagonnet il faut
absolument s’écarter et se coller à la paroi ou alors revenir en arrière pour
trouver une autre branche et ne pas se trouver sur le passage. Les premiers wagonnets
que l’on croise sont poussés par 3 personnes, ils font 1,5 tonnes remplis. C’est
hallucinant de les voir pousser de toutes leurs forces, sales comme il n’y a
pas. Quelques rondins de bois sont affaissés par le poids des cailloux du
tunnel. Au plus l’on s’enfonce au plus la chaleur est présente. A chaque mineur
rencontré on leur donne un petit cadeau. On s’enfonce sur plus d’un kilomètre
dans le labyrinthe de galeries. On arrive sur deux bonhommes complètement usés
qui à coups de pelles remplissent des ballots de caillasses ramenés par des
wagonnets plus gros de 2,5 tonnes poussés par d’autres mineurs. Ces wagonnets
sont trop lourds pour être amenés jusqu’à la sortie. Ils sont donc déchargés en
plein milieu où il y a un câble qui remonte les ballots de pierres
électriquement directement à la sortie. On
continue d’avancer dans la mine pour arriver jusqu’au bout. Là il fait très
chaud et humide. Il y a une dizaine de mineurs à pied d’œuvre certains torse nu. La méthode : gratter avec la pioche ou le marteau piqueur pneumatique
mais ce dernier coûte cher. Ensuite ils y vont au bâton de dynamite et ensuite
ils récupèrent les roches dans les fameux wagonnets pour les extraire. N’ayant
pas d’entreprise derrière et pas de réelles normes, les mineurs sont autonomes
et ce sont eux qui prennent soin des galeries en les renforçant pour ne pas
qu’elles s’effondrent. Voilà la vie dans la mine, ça fait vraiment réfléchir à
nos conditions de travail. Rien que de marcher 3h dans la mine j’étais épuisé,
je n’ose pas imaginer leur état !
Après cette visite assez
émouvante et fatigante je me trouve un hôtel car le lendemain je veux aller
visiter le musée de la moneda. Je quitte mes 2 compagnons qui partent dans deux
directions différentes.
Le musée de la Moneda est soit disant le meilleur de
Bolivie. La visite dure 2h, on y découvre tout l’histoire de la fabrication de
la monnaie à Toposi. Je rencontre par hasard à la visite un français que j’ai
rencontré 2 jours plus tôt au Salar de Uyuni. Ca tombe bien il veut aussi aller
sur Sucre juste après. On va rejoindre 2 autres personnes de son auberge qui
veulent aussi y aller. A son hôtel je rencontre par hasard la fille qui était
en couchsurfing avec moi un mois plus tôt à Valparaiso. De nouveau par hasard
l’une des personnes qui doit venir à Sucre, je l’ai déjà rencontrée à Futaleufu
2 mois plus tôt ! Quelle journée !
Tu portes bien tes EPI;).alex
RépondreSupprimerputain mecton ça faisait une paye que j'étais pas passé sur ton site
RépondreSupprimerOn dirait que tu t'en payes une bonne
Essaye juste de pas te faire bouffer par un jaguar ou jsai pa koi, histoire qu'on puisse sfaire une ptite soirée si tu reviens un jour en france!!
A +
gui le chti