
C’est parti pour se diriger vers Popoyo surnommé le
pipeline du Nicaragua. La vague à ne pas manquer si l’on passe par ici. En
partant de Granada je prends un bus pour Rivas. Cela fait déjà 3 ou 4 fois que
j’atterri dans cette jungle urbaine au ternimal de bus. Tout le monde essaie de
s’emparer de ton sac et te demande la fameuse propina pour t’avoir aidé à
sortir ton sac. Ensuite il me faut savoir comment je peux aller à Popoyo. Une
piste existe, des bus y vont mais nous déposent à Salinas, à 8kms de Popoyo. Mais
un taxi peut être pris pour cette petite portion ou alors on fini à pied.
Etant bien chargé et ne voulant pas attendre j’ai pris un taxi depuis Rivas
pour 20 dollars.

Sur la route le taxi prend une vieille dame, Gloria, sur le bord de la route. Gloria a une petite maisonnette en bois et en tôle les
pieds dans le sable juste en face du spot. En arrivant sur place je me rends
compte du bled que c’est. Une rue seulement, juste 3 familles habitent ici et
quelques hôtels. Etant motivé pour faire du camping je demande à Gloria s’il
est possible de mettre ma tente dans son jardin ou dormir en hamac quelque
part. Celle-ci accepte pour 4 dollars la nuit. Le moins cher sur Popoyo même si
les hôtels ne sont pas bien chers non plus (mini 6 dollars). Tout compte fait
pour le même tarif je dispose d’une petite chambre avec des murs en carton, une
porte qui se plie quand je la ferme, mais face à l’embouchure de la rivière qui
donne sur la mer, les pieds dans le sable. Pour aller au spot il y a 5 minutes
à pied et l’embouchure de la rivière. A marée haute il faut la traverser en
nageant.
Je suis resté une semaine et demie dans ce petit
paradis. Il n’y a pas grand chose à faire par ici. Mes journées se résument à
surfer, manger, dormir. Tous les matins je suis à l’eau vers 8h. Les vagues
à mon arrivée ne sont pas gigantesques. J’ai donc attendu le swell tranquillement
en apprivoisant la vague de Popoyo. On peut surfer à marée haute comme à marée
basse. De la roche volcanique fait office de reef. Les vagues se lèvent toutes seules. A marée basse il faut tout de même faire attention car certaines roches
apparaissent.
Il y a des harras magnifiques par ici. Des rouges,
des verts… Tu peux même leur parler, et ils te répondent.
Au début de Popoyo j’ai bien tripé avec un
couple canadien de Wisthler.




Il n’y a vraiment pas beaucoup de touristes à cette
époque. C’est bien mort, mais on ne peut pas plus reposant. La chaleur est au
top, de jour comme de nuit. Antoine un français bodyboarder est arrivé vers la
fin de mon séjour à Popoyo. On a bien sympathisé et on va continuer la route
ensemble.

Au milieu du séjour une nouvelle flippante m’arrive
aux oreilles. En revenant de mettre ma planche à réparer Gloria m’annonce qu’il
y a une alerte au tsunami. Un tremblement de terre de 7.5 a eu lieu entre le
Mexique et le Nicaragua. Elle venait tout juste de l’apprendre par téléphone.
Le tremblement de terre a eu lieu à 10h du matin. On attend les infos de 13h.
En effet alerte, toute la côte pacifique du Nicaragua est évacuée par sécurité.
Mais chez nous rien ne se passe, c’est tellement paumé. Le tsunami peut arriver
dans les 6h après le tremblement terre disent les infos. Etant en bord de mer,
s'il y a un tsunami on est sûr d’y avoir le droit, je vais voir si la mer
s’est reculée. Mais la mer est des plus tranquilles et n’a pas reculé anormalement. Ça me fait penser au calme avant la tempête… Du coup je fais mon
sac rapide comme jamais pour être prêt. Gloria me dit que si la mer s’en va, on
a 20 minutes pour partir dans une montagne. Ça me parait long 20 minutes. En
tout cas en face du spot il y a une colline. Je compte m’y réfugier si la mer
recule. Après plus d’une heure d’attente à regarder les infos, j’entends que
c’est par mesure de précaution que l’on a évacué San Juan Del Sur. Marre
d’attendre, je vais récupérer ma planche réparée et je suis allé surfer. En
supposant qu’il n’y aurait pas de tsunami. Tout compte fait aucun tsunami ne
frappera la côte. Et j’ai pu surfer tranquillement.
Pendant une semaine c’est assez petit mais les
vagues sont au top. Le vent offshore souffle à cette saison mais n’affecte en
rien la qualité de la vague. Puis est arrivé le gros swell. 3m de vagues
annoncé. Du jour au lendemain le spot s’est transformé en machine à vague. Des
monstres de vagues déboulent lorsque vient la série. Le jeudi il y a 2m de
vagues. Les conditions sont tops. Droite comme gauche la vague est presque
parfaite. Les tubes ne sont pas évidents à prendre, mais la vague à 2 m est
déjà bien puissante. On ne fait pas le mariole. Le lendemain le plus gros jour
arrive. On a 2,5m dans les sets et pour les plus grosses parfois 3 m. Je suis
quand même aller à l’eau malgré les monstres. L’entrée dans l’eau est assez
facile. Il est possible de contourner les vagues plus ou moins. Une fois arrivé
au large, c’est gros encore plus gros que ça ne parait depuis la plage. J’attends
5 minutes et là un set arrive. Le set est énorme, je peux voir le swell arriver de loin. Je commence à ramer vers le large pour éviter que cela me pète dessus.
Manque de pot je n’arrive pas à la
passer.

La vague énorme avec toute son énergie me casse dessus. J’ai décidé de
ne pas faire de canard, c’est trop gros. Je plonge donc sous la masse d’eau,
mais elle finit quand même par m’attraper. Et là c’est le cauchemar. Je me suis
fait projeter au fond du fond. Malgré que je sois à une centaine de mètre du
bord, j’ai touché le fond avec mon dos. Le dos tout griffé comme fouetté.
Ensuite il me faut remonter à la surface. Et là je ne compte plus les coups de
brasse que je dois donner pour remonter dans cette eau pleine de mousse. Je me
trouve à 4 m de profondeur. Tout compte fait je vois la fin du tunnel à bout de
souffle. J’ai du rester entre 10 et 20 secondes sous l’eau. Flippant. Ça commence bien. Après cela j’hésite à
rentrer au bord, ça m’a bien calmé. Mais je n’en ai toujours pas surfé une. Du
coup je suis resté. Tout le monde s’est fait fracassé par la vague. Un autre a
son leash qui lui a lacéré le mollet. Maintenant j’attends bien au large pour
ne pas risquer que cela se reproduise. A chaque fois que j’essaie de prendre
une vague je me prends une gerbe d’eau dans les yeux avec le vent offshore qui
souffle. Impossible de voir où l’on va. Vue de derrière c’est magnifique, à
chaque vague une gerbe d’eau est projeté à plusieurs mètres de haut.
J’ai réussi à avoir 3 vagues ce jour là. Super dur à
prendre. Elle arrive avec une vitesse impressionnante. On doit se jeter au take
off pour pouvoir la prendre. En plus avec ma 6.0 c’est loin d’être évident.
Beaucoup ont de plus longues planches pour pouvoir ramer plus vite (genre 6.6 à
7). J’aurai surfé les plus grosses vagues de ma vie ce jour là. Une fois dessus ça pousse fort derrière. On peut sentir la quantité d’eau qui est soulevée et ça
fait bien peur. Je me contente de faire des bottoms turns. J’aurai pris 2 gros
wipeout (gamelles) monumentaux. En retard sur le take off (quand on se lève) je
me suis fait projeter par la lèvre en l’air à 2-3m de haut. Quand on atterri
c’est le souffle presque coupé avec une masse d’eau sur la tête. Grosse grosse
session.
Sur les 3, une était plus grosse que les autres
(2,5/3m). J’ai fait un take off de folie (complètement à la verticale), puis un gros bottom, ensuite j’ai essayé
d’accélérer sur la vague mais celle-ci a fermé. J’ai quand même réussi à remonter sur la vague, je
me suis éjecté derrière elle mais la vague a fermé sur ma planche. Le leash a
cassé sans résistance tellement elle était puissante. J’ai du rentrer à la nage,
la planche s’étant barré bien loin. Pas évident de revenir. Des murs de mousses
me tombent sur la tête. Heureusement que je suis forme (2 mois que je surfe
presque tous les jours), j’ai pu rentrer au bord tout seul !
Un local m’a vendu un leash sur la plage. Nikel j’ai
pu y retourner…Mais que de frayeur. Résultat de la journée : 3 vagues surfées,
un leash pété, un dos tout griffé, 3-4 plaies sur chaque pied !
Le lendemain les vagues redeviennent plus
raisonnables mais toujours un 2 m dans les séries. Le top ! Après plus d’une semaine passée dans ce trou perdu,
je pars avec Antoine pour Corn Island (île maïs) qui sont deux îles
nicaraguayennes du côté caribéen.
Hola Buddy,
RépondreSupprimerFais quand même gaffe, c'est pas la Pointe Rouge ni même La Verrerie là!!
On croirait entendre "les dieux du surf"!
Kiffe bien bonhomme, a bientôt!
El Fillot
Tu t'es pris des Wipeout dans la Gueule ??? Sensation forte assuré hein ??
RépondreSupprimerC'était très très gros ici ce week end !! Du grand spectacle a Joaquina, 5 m de vague, 2ème fois que je vois cela en un an, j'ose pas imaginer me prendre cela sur la gueule !!
Spot de repli Barra lagoa avec un vent offshore et des gros rouleaux énormes !! Quand sa pète ça fait BOOOOOOOOOM !! Et hop un ptit voyage aquatique !! Mais que de sensations !!
Garde la vibe et surfe à fond !! Parce que qu'est ce que c'est bon !!