mercredi 19 septembre 2012

Croisière de 5 jours dans les îles San Blas (Panama)




Le fameux Colombie-Panama, c’est une grande étape dans mon voyage même si je reste sur le même banc de terre j’arrive pour la première fois depuis 9 mois sur une autre partie de l’Amérique : l’Amérique centrale. Fini l’Amérique du Sud, mon dernier endroit sera Carthagène. J’ai prévu de me faire une croisière vers les îles San Blas au Panama. En effet la frontière entre la Colombie et le Panama  n’est pas du tout sûre à cause de la domination des Farcs et autres bandes armées. Du coup pas de route entre les deux pays. Deux solutions l’air ou la mer.
 
En avion cela n’est pas donné, comme à chaque fois que l’on traverse une frontière en Amérique du Sud les prix flambent comparé aux vols intérieurs. Le prix des avions est d’environ 250 euros pour un aller simple. Par bateau cela va de 250 euros à 450 euros selon le trajet emprunté. Le moins cher est de partir de Capurgana mais le transport a l’air un peu galère avec de nombreux changements bus, bateaux… J’ai donc décidé de partir directement de Carthagène pour arriver à Panama City en passant par les îles San Blas. Cette option est loin d’être peu chère : 550 dollars soit 420 euros mais c’est certainement la plus simple et la plus sympa de toutes.
 
Les îles San Blas sont au nombre de 365 dont seulement une quarantaine habitées. Elles s’étendent sur une bande de 200 kms de long et 15 kms de large sur la côte caribéenne du Panama. Les îles sont habitées par des amérindiens nommés Kunas. Ils ne parlent pas forcément l’espagnol.
La croisière dure 5 jours au total. 2 jours de traversée en mer sans voir la côte pour arriver sur les îles San Blas et profiter 3 jours sur les différentes îles. Ensuite on arrive sur la vraie terre ferme à Porvenir ou dans un autre port au Panama où il nous faut prendre un 4x4 taxi pour 2h30 de route et enfin arriver à Panama City. Le taxi n’étant pas pris en compte il nous faudra rajouter une 30aine de dollars… Et oui au Panama comme en Equateur c’est le dollar ricain la monnaie du pays.

Depuis l’hôtel, j’embarque dans un taxi avec tout mon bordel (sacs, pack de bière, planche de surf) avec d’autres personnes de l’hôtel. Le taxi s’étant garé juste devant l’hôtel sur un stationnement interdit, un flic en moto (pour bien finir avec les flics colombiens ;-) ) lui demande de bouger en plein pendant le chargement. Le taxi commence à avancer avec une porte ouverte alors qu’il vient de mettre un sac sur le toit de sa voiture pas attaché et moi il me reste à mettre mon gros sac dans la voiture. Je lui demande de s’arrêter pour que je puisse monter à l’arrière avec mon sac, il ne s’arrête pas. Je suis contraint de monter alors que le taxi avance. En courant je monte comme je peux et mon pote ricain m’envoie mon sac depuis le trottoir. Du grand n’importe quoi, super dangereux ! Merci Monsieur le policier. Ca devait au moins se passer comme cela pour finir avec la Colombie !
 
Le taxi en vient à nous déposer sur un ponton, le petit zodiac vient nous chercher et nous dépose sur un super catamaran. On a de la chance, le bateau est comme neuf mais il a 20 ans déjà. C’est le nouveau bateau de Fritz le capitaine. En effet son ancien catamaran a coulé il y a 2 mois. Le capitaine avait pris 3 mois de vacances, et l’a laissé à un autre skipper qui faisait les traversées à sa place. Le bateau n’était pas super bien entretenu apparemment, et lors d’une ultime traversée, le bateau a pris l’eau à quelques miles de Carthagène. Eh oui ça arrive assez régulièrement qu’il y ait des bateaux qui coulent sur cette route, tempêtes, reefs… Cette fois le skipper a abandonné le bateau alors qu’il flottait encore. Avec le zodiac il aurait été possible de le ramener jusqu'à la côte ! Du coup le bateau flottant encore les nouvelles se répandent assez vite sur Carthagène. Fritz ne pouvant pas venir avant 2 jours des pilleurs ont visité le bateau encore à fleur d’eau et l’on fait couler. Une fois sur place des marins donnent de mauvaises indications à Fritz en donnant des coordonnées erronées. Ils n’ont jamais retrouvé le catamaran alors qu’ils avaient toute leur vie dedans. Complétement dégoûté et prêt à lâcher ce business, des gens de Carthagène le remotivent pour se relancer dans l’aventure. Et 2 semaines plus tard, il trouve un autre catamaran à St Martin. Et le voici de retour à effectuer cette traversée pour le plus grand bonheur des touristes. Ancien cuisinier en Hongrie, il nous concocte des supers plats différents tous les jours. En tout cas je conseille vivement de faire la traversée avec ce bateau « Josephine ».
 
Il peut accueillir jusqu’à 16 personnes à bord. Nous sommes 13 sur le bateau dont 10 touristes, le cuisinier, Fritz le capitaine et son amie. Tous les touristes sont de la même tranche d’âge donc plutôt sympa. Il y a une Koréenne du sud, 3 allemands toujours présents ces allemands, 1 hollandaise, 1 irlandais, 1 hongroise, 1 américaine, 1 brésilien (qui remonte du Brésil à l’Alaska en 4 mois en vélo) et moi le petit français. L’ambiance est à la bonne humeur.

On part en milieu d’après midi le temps de faire le plein d’essence et je ne sais quoi. Etant crevé de la veille je dors lamentablement sur le trampoline à l’avant du bateau. Ca y est on part pour de la pleine mer. Il nous faudra 2 jours pour enfin apercevoir un bout de terre. Le temps est bien calme, la mer plutôt tranquille au début. C’est à la tombée de la nuit du deuxième jour que le vent et la mer se lève. Un bon force 5 nous tombe dessus venant de là où l’on veut aller. Après quelques tentatives de louvoyage (remonter au vent), le capitaine met le moteur et baisse les voiles pour aller complétement face au vent en direction des îles. Toute la nuit sera agitée jusqu’à atteindre les premières îles à 2 heures du matin. La moitié des touristes tombent malades avec les mouvements du bateau. Moi je suis content, et je n’attends qu’une chose c’est que la tempête se lève encore pour voir les éléments déchainés. Je n’ai pas de cabine je dors dans le salon sur une petite banquette. L’avantage c’est que quand je me lève je peux voir à travers les hublots les îles vierges sans avoir besoin de bouger, quel pied !

Le troisième jour on est donc accosté à 50 m d’une île vierge et de 2-3 autres îles un peu plus au loin. Au programme, masque et tuba sur les barrières de corail et admirer les poissons, marcher sur les plages de sable blanc et écouler les bières bien sûr. Cette première sous l’eau sera vraiment sympa parce que l’on aura la chance de voir des poissons de toutes les couleurs, deux raies bien grandes (2 mètres d’envergure et une bonne queue de 3 mètres)  et de jolis coraux… Les 3 jours sur les îles seront vraiment sympas, le temps passe plutôt lentement étant donné que l’on n’a pas grand chose d’autre à faire… Je n’irais pas me plaindre non plus ! On change régulièrement d’île. On passera toutes les soirées sur le bateau sauf la dernière où j’arrive à motiver les troupes pour se faire une petite virée sur l’île vierge d’à côté. On se fait un bon gros feu en faisant attention de ne pas mettre le feu à l’île. Bien sympa la dernière soirée dure jusque bien tard. Il est déjà temps de rentrer sur la terre ferme une fois pour toute. Une petite embarcation vient nous chercher sur le catamaran pour rejoindre la côte. Quelle aventure !

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