
Powa powa powa powa powa, je ne trouve rien d’autre pour commencer ce récit ! Après 3 heures de sommeil il faut se lever pour partir à 4h30 du matin pour Cabo de la Vela. Cabo de la Vela est un spot supra venté, on dirait un fuerteventura sans vagues. Genre le désert de Namibie où ils font les records de vitesse de kitesurf et windsurf. Je n’ai pas de matériel mais bon à voir. Cabo est le port obligé pour aller sur Punta Gallinas ensuite.





Je vais rentrer dans les détails de l’organisation pour ceux qui veulent le faire. Je prends donc un taxi à 4h30
(5000 pesos) pour aller au terminal Reten de Mamatoco. Pas vraiment un terminal plus un vieux parking. A la sortie du taxi ça y est je suis assailli de conducteurs de bus et minibus tous à me dire de monter dans le bus. Il est 5h du matin, je n’ai pas trop envie de discuter, je demande à monter dans le premier gros bus que je vois etre le moins cher. Je monte dans le bus, il n’y a personne et je finis ma nuit. Le bus se remplit en 15 minutes et on part pour 4h de route direction plein Est vers 4 Vias Maican. Ceci me coûte 15000 pesos. Ayant demandé au conducteur en montant qu’il s’arrête à 4 Vias qui est juste une intersection où je peux prendre une voiture pour Uribia, je ne me pose aucune question. Pas de bol, le bus ne s’est pas arrêté et je me retrouve à 20 minutes
plus loin au terminus. Je demande au conducteur où est le problème, comment ce fait-il que je suis là. Il me répond qu’il s’est arrêté d’un ton affirmé pensant que je ne savais pas où c’était et que c’était ma faute. En fait il ne s’est pas arrêté du tout. Du coup un peu énervé, je lui demande où je vais maintenant. Il me dit, prends un bus dans l’autre sens ça ne te coutera que 2000 pesos ! Bon ce n’est pas cher, je ne perds pas de temps et je prends le premier bus que je vois sans dire au revoir. Mon souci est qu’il n’y a plus de voitures qui partent après 11h de 4 Vias. Et il est 10h30 ! Le bus prend son temps mais on arrive avant 11h. A peine sorti un conducteur me propose un lift jusque Uribia. Ok, je fonce pour 7000 pesos. En 30 minutes on arrive dans cette ville type ville frontière, un peu glauque sans grand intérêt. Pas le temps de dire ouf, en descendant il y a déjà un mec qui prend mon sac pour monter dans son 4x4. Bon je continue ma route sans avoir attendu une minute. La voiture était pleine. On est 7 à l’arrière dans la benne et 3 sur le toit. On transporte en plus de ça de l’essence, un vélo, des poules... Je me plains pas, ça me coûte 15000 pesos pour une nouvelle heure de voiture. Sur la route de terre on récupère des personnes au passage. Perdus en plein désert aride, on se demande d’où ils sortent. On traverse des bonnes zones de cactus pour enfin apercevoir la mer. La mer est vert bleu, translucide. Ca sent les vacances. Après une bonne 20aine de minutes à apprécier le paysage défilé avec ce vent chaud, on arrive enfin à Cabo de la Vela.


C’est le top, petit village dans le sable avec son désert derrière et sa mer chaude. Il y a une française qui est déjà là depuis 3 jours à ne rien faire, juste profiter du calme. Il me faut attendre le lendemain pour prendre un bateau qui va sur Punta Gallinas à 2 heures minimum selon la mer. On aura la chance de se faire plaisir à manger des grosses langoustes. Une tuerie !!! Il y a une école de kitesurf juste à côté. Le prix est bien trop cher pour moi 150 000 pesos pour 2 heures de location soit 75 euros. Malgré que je sympathise bien avec les mecs bien sympas de l’école. Mais qu’est-ce que j’en ai envie. Le site est parfait avec son vent force 6 offshore et sans aucune vaguelette ! Tant pis je pars faire une petite balade autour dans les montagnes super sympa. Que c’est agréable de vivre les pieds dans l’eau. On ira dormir en hamac dans une cabane sur la plage face à la mer.

Le propriétaire du lodge me dit qu’il n’y a pas de bateau demain. Je lui demande gentiment d’appeler ce numéro normalement ce bateau pourrait venir en disant que je viens de la part de Miller un guide que j’ai rencontré la veille à Santa Marta et qui m’a filé tous les bons filons. Jackpot, il vient me prendre demain matin à 8h à l’auberge avec Amilia une anglaise qui veut aussi venir. Un 4x4 vient nous chercher et après 30 minutes de route on arrive au petit port de Cabo de la Vela. Sur le chemin de terre sont postés des enfants avec une corde et tentent d’arrêter les voitures en tendant la corde tout cela dans le but de raquetter les chauffeurs pour des bonbons. Un bateau nous attend et ça y est je prends le dernier transport pour Punta Gallinas. Encore 2h de bateau en compagnie de 3 ricaines et l’anglaise, et on arrive dans un paradis. On est à la pointe la plus au nord de l’Amérique du Sud tout près d’Aruba. Le site est splendide. Cette partie est désertique à mort entourée de lagunes d’eau salée avec de la mangrove par endroits et ces fameux cactus. Ici habite seulement les Wayhu, une tribu d’aborigènes venant de l’Amazonie colombienne. Ils sont 3000 à vivre ici. Mais c’est immense… Ils habitent dans leur maison en terre pour se protéger du vent et du soleil qui font rage.
J’ai essayé d’en apprendre un peu plus sur eux pendant mon séjour. J’ai était particulièrement étonné par certaines anecdotes que je n’ai pas envie de censurer. Ici quand un garçon a dix ans, il doit faire sa première fois avec un âne. Ca peut paraître choquant mais c’est comme cela là-bas. Le proprio de l’auberge quant à lui a 60 enfants avec plusieurs femmes toutes au courant. Le pire c’est qu’elles se connaissent et vive avec. Ou encore le piroguier de 26 ans qui a mis la fille de la voisine enceinte à l’âge de 14 ans. Là-bas ça passe. Voici quelques exemples qui montrent un peu le décalage de vie de ce peuple. Ils sont complètement coupés du monde. C’est encore un de ces rares endroits presque totalement préservé. Eh oui même les téléphones portables sont présents malgré un réseau capricieux.


Nous allons donc être accueillis dans une maison d’hôtes. La
mère Victoria dirige l’auberge pendant que son mari est à Cabo de la Vela avec ses autres femmes et fait le transport en jeep. Victoria a 6 enfants. 4 sont présents et aident à faire à manger. D’autres habitants viennent chacun faire une tâche qui leur est dédiée pour un petit pécule. L’un démonte les hamacs, l’autre fait la vaisselle, encore un autre s’occupe de tuer les chèvres, l’un conduit la jeep pour emmener les touristes… Il y en a pour tout le monde.
Les habitants sont très sympatiques et c’est un régal de partager leur culture, leurs habitudes si différentes. La majorité des voisins ne parlent pas du tout espagnol alors que c’est la langue de leur pays. Ils parlent simplement Wayhu. Ils vivent de pêche en abondance. Ici la spécialité ce sont les langoustes. Autant dire que j’en ai bien profité. 3 auberges comme celle-ci sont présentes sur ce petit bout de terre oublié. Cet endroit mériterait d’être nommé parc naturel. La bonne chose c’est que les touristes sont encore assez rares. On se balade tout seul sur des immensités. J’espère que ce site restera préservé du tourisme de masse ce serait tellement dommage de faire de ce site une usine à fric. Ici impossible de trouver de l’eau potable, tout est assez cher car la moindre bouteille d’eau doit être acheminée par camion puis bateau. La zone est très aride. Je n’ai pas vu la pluie des 6 jours que je suis resté sur place. Le vent y est quasiment constant. Des rafales à force 8 sans souci avec un côté donnant sur la mer des Caraîbes et
de l’autre
côté à 15 minutes à pied sur une mer intérieure sans vague. Ce n’est pas évident de décrire l’ambiance de cet endroit sans pareil. On nous installe nos hamacs 15000 pesos la nuit ou nos chinchoros (hamac 2 personnes fait par les Wayhu à 20000 pesos) à notre arrivée. On se fait prendre en charge par la famille.

Après un bon petit repas dès notre arrivée,
on monte à l’arrière du truck. Je n’ai jamais vu de voiture dans un si mauvais état. C’est rouillé de partout, il n’y a plus de pare-brise, les portes sont déglinguées, le capot et le toit sont complétement délaminés et la boite de vitesse est foutue. On peine à dépasser les 20 km/h. Une bonne heure de route on arrive sur un superbe mirador, ce sera le début des paysages grandioses. Ensuite un peu plus loin notre chauffeur qui n’a surement pas son permis agé de 14 ans nous dépose à la base d’une grande dune. De l’autre côté la mer, on fait un petit plouf dans les vagues avec les 4 filles qui m’entourent. Bien sympa cette petite fin d’après midi. A l’aller, comme au retour, on restera embourbé à un endroit technique pour le 4x4 à pneus lisses. Ca me rappelle Frazer Island en Australie où l’on s’était fait un 4x4 trip avec le vieux Rémi. J’aide le jeune chauffeur qui n’a pas l’air bien doué et qui ne parle pas espagnol ! En rentrant une autre partie de la famille est rentré, et je sympathise très bien avec la fille Catalina avec qui je passerai le plus clair de mon temps durant les 4 prochains jours. Elle m’intègrera dans la famille. Je suis le seul touriste à regarder la télé avec eux le soir. Je peux apercevoir quelques images des JO ce qui est assez troublant depuis cette endroit si loin de tout.

Le lendemain les 3 ricaines s’en vont déjà et un groupe de 10 personnes les remplace . Le bateau, en accompagnant les ricaines, nous déposera avec Emilia l’anglaise sur une plage déserte. A notre tour de jouer. On part à l’aventure sans croiser une personne pendant près de 4h. On s’attaque à la chaine de montagnettes pour avoir une vue sur l’avancée de terre sur la mer. C’est magnifique, ça coupe le souffle. Les photos parlent d’elles-même. On va de l’autre côté et là on se retrouve avec 3 lacs salés chacun séparés par une bande de sable. L’un d’entre eux avec l’évaporation s’est même transformé en salar avec tout son sel blanc apparent. Après 4h il est temps de revenir au point où nous a laissé le bateau. On l’attend plus d’une heure en plein cagnard (pas un seul coin d’ombre) sans qu’il ne nous reste une seule goutte d’eau. Je suis prêt à nager pour aller de l’autre côté de la rive et chercher de l’aide (on se trouve à 3h de marche de l’auberge). Finalement on aperçoit l’embarcation au loin. Avec le vent violent de face le bateau a mis plus de 4h à venir !


Le jour suivant, la jeep nous déposera au bout de la presque île où se trouve une plage sympa comme tout. De nouveau on est tout seul sur cette plage. N’étant pas plagiste de nature, je commence à visiter les environs et au lieu de rentrer en voiture, je rentrerai à pied pour profiter du paysage et prendre des photos. L’expérience de la veille m’a fait emporter 2 litres d’eau pour ne pas risquer d’être à court. Je longe des plages vierges du côté caribéen puis je traverse au milieu des cactus pour atteindre l’autre rive et avoir une vue sur toute la mangrove, les îles et les bouts de mer. C’est magnifique. Sur le chemin je n’ai pas rencontré grand monde. A part 2 pêcheurs avec qui j’ai discuté. Je leur ai même demandé de m’emmener avec eux mais leur petite embarcation en bois est trop petite. Ils gonflent leur voile carrée maintenue par un mât en branche, le mât en vient à se tordre fortement mais ne casse pas malgré le vent soutenu. Les voilà partis mettre leurs filets dans un paysage de rêve. Je mettrai 3h30 à rentrer à l’auberge.

Le lendemain je repars en bateau pour retourner à l’endroit où je suis allé l’avant-veille. Je suis bien motivé pour faire tout le tour de l’île. Je quitte les 2 Colombiens avec qui j’ai été déposé sur la plage et j’en prends plein les yeux en allant aux deus extrémités de l’île. Ce qui m’a particulièrement étonné c’est que le salar présent il y a 2 jours n’est plus là. L’eau est montée et a de nouveau dissout le sel. Impressionnant, moi qui pensais que le salar était présent éternellement… Cette balade, un vrai régale mais les tongues ne l’ont pas vu de la même manière entre les cactus et les pierres…



Le dernier jour je profite qu’il n’y a plus de touristes et je passe plus de temps avec la famille. J’irai me faire une balade avec Catalina le long de la côte. Un vrai plaisir de profiter de ce dernier jour. On a un sentiment de liberté sans fin là bas. On est déjà lundi et il faut déjà repartir le lendemain en bateau et refaire tout le trajet en sens inverse. Le retour se fera avec deux chèvres dans le bateau et ensuite à l’intérieur du 4x4 dans le coffre. Elles hurlent à la mort ! Ils vont les vendre en ville à Uribia pour 70 000 pesos chacune soit 35 euros, pas si cher ! Sur la route on se fera arrêter par l’armée qui est postée tous les 10 kms. Les 2 militaires nous saluent et nous demandent ensuite une « propina » autrement dit un petit peu d’argent. C’est là que l’on se rend compte de la corruption. Hors de question que je donne quelque chose, je laisse les locaux se débrouiller pour arranger ça. En étant parti à 8h du matin de Punta Gallinas j’arrive en fin de journée à Santa Marta. Une petite nuit et je prends l’avion pour Bogota pour rejoindre Jbitz qui est enfin arrivé.
Pour l’instant je pense que cet endroit est dans le top 5 de l’Amérique du Sud pour moi à ne manquer sous aucun prétexte si on est dans le coin.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire