Le trajet pour Moni ne
sera pas de tout repos. En quittant Labuan Bajo tôt le matin, on emprunte un
bimo (mini bus local) négocié à toute allure pour se diriger vers le petit
aéroport. Le vol dans le petit coucou se passe bien, on survole plusieurs îles
de toute beauté avec eau turquoise… Il nous faudra pas plus de 30 minutes de
vol pour atteindre Ende ou autant dire le bout du monde. Mais à la sortie de
l’aéroport les taximan ne perdent pas la boule. Il ne demande pas moins de
700 000 Rp soit 50 euros pour faire seulement 3 kms en voiture jusqu’au
centre ville. Je n’aime pas qu’on me prenne pour un con, du coup je les envoie
bouler et je commence à marcher vers le centre ville. Après 3 minutes de marche
je vois un pick up à l’arrêt qui s’apprête à partir. Je l’interpelle et lui
demande avec mes quelques mots d’indonésien s’il va vers le centre ville par
hasard.
Coup de bol, on monte dans sa benne, et c’est parti les cheveux au
vent ! Comme prévu ce ne sera pas bien long, on traverse le village d’Ende
où tous les habitants me regarde comme un étranger comme si ils n’en avaient
jamais vu (peut être l’effet de mes dread locks blondes). Le conducteur nous dépose
à côté de son shop de tissu gratuitement. Il appelle un de ses amis qui
pourrait nous louer un scooter pour que nous puissions aller vers Moni. Le
premier prix est assez effrayant, pas moins de 150 000 Rp soit 12 euros la
journée. Je n’ai jamais vu un prix si élevé pour un scooter en Asie. A Bali je
paye 1 euro par jour !

J’arrive rapidement à descendre à 100 000 Rp
mais le prix restera inflexible. Tant pis on décide d’aller chercher plus loin
sous le soleil de plomb. Ici personne ne parle anglais alors il faut y aller
pour se faire comprendre. Mon indonésien assez mauvais mais me permet tout de
même de m’en sortir.Après 2 rues traversées, les gouttes de sueur tombent comme
sous la douche ! Il n’y a pas d’agence de voyage, ni d’hôtel dans le centre
qui serait suceptible de louer une moto. Du coup ce sont les locaux à qui on
demande. Les prix restent inflexibles à 100 000 Rp. Nous paraissant un peu
cher si l’on doit la louer 3 jours, on préfère aller à Moni à 2 heures de là en
Bemo public. On monte chacun sur une motobike négocié au coin de la rue pour
15 000 Rp (alors que 3 fois plus loin que l’aéroport) et on trace vers le
terminal de bus. On mange un bout dans le petit warung qui fait peur à côté du
terminal rempli d’indonésiens et on s’imisse dans le mini bus comme on peut,
l’espace n’étant pas en option. On part surchargé sur le toit comme à
l’intérieur, la femme devant moi est assise sur un sac de riz. Après 200 mètres
on arrive à caser encore 2 personnes qui seront tiendront debout avec tout le
corps sorti par la porte ouverte. 20 minutes plus tard quand on commence à
monter le traffic est à l’arrêt. « Land slide » nous dit une locale
« lima menit !». Cette route est particulièrement sujette au
glissement de terrain, des roches bouchent le chemin, mais des buldozères sont
constament présent pour arranger la situation. On n’attendra pas si longtemps
tassé comme des sardines. Le passage technique sera un peu flippant.

La
personne devant moi se met à prier. Des grosses pierres peuvent se détacher à
tout moment. Le bus est en piteus état ! Pour exemple, je suis situé au
dessus de la roue, il y a un trou dans le plancher ce qui fait que je reçois la
boue projetté par le pneu par le dessous, ou encore la pluie étant de la
partie, je reçois des gouttes du toit. Le conducteur n’ayant pas confiance en
ses freins, un type doit mettre une pierre sous la roue chaque fois que l’on
s’arrête en montée. Pour redémarrer le moteur le chauffeur laisse le mini bus
avancer en marche arrière et enclenche la vitesse de la marche arrière. Tout
une épopée ce trip en combi. On arrivera à bon port enfin à Moni.
Moni est un petit
village au pied du volcan Kelimutu. Il n’y a pas des masses de choses à faire
par ici mais suffisament pour y passer un à deux jours (waterfall, hot spring).
On a l’après midi pour organiser l’ascension du volcan que l’on souhaite faire
le lendemain.

On grimpera le volcan
en mini van pour 5 dollars chacun vers 4h15 du matin pour voir le levé de
soleil. On sera dans les temps, la marche depuis le parking est vraiment
courte. En seulement 20 minutes on sera au sommet. Les nuages gâchent un peu le
levé de soleilmais la lumière sera parfaite pour les photos. Depuis le top à
1600 mètres d’altitude, on peut voir les 3 lacs qui remplissent les cratères.
Chaque lac a une couleur différente qui change avec les annéesen fonction de
l’activité volcanique. On peut en voir un bleu foncé, un vert pâle et un vert
foncé. Le vert pâle est le plus actif, il était gris il y a quelques mois ou
encore rose il y a une dizaine d’années. On restera au sommet plusieurs heures
en n’hésitant pas à faire le tour d’un des cratères. Les différents points de
vue sont magnifiques. Le soleil se lève, l’ombre des parois dimniue, on a même
quelques nuages sur la fin qui viennent parfaire les photos. On n’hésite pas à
prendre notre temps. Après 3 heures au sommet on rentre sur Moni à pied. On a
manqué le chemin normal qui devrait durer 2h30 en descente. On se retrouve de
l’autre côté à prendre le chemin des locaux, et à traverser les villages catholiques.
A côté de chaque maison en bois bien sûr, on trouve une tombe. Ils enterrent
les morts dans leurs jardins. Tout le monde nous salue et nous questionnent sur
notre nom, nationalité. Il nous faudra 3 heures pour atteindre Moni en marchant
vite. Au retour sur Moni la chaleur étant telle, je n’ai qu’une envie c’est de
d’aller à la cascade. On se fait une petite baignade pour se rafraîchir. Le
pied !
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