
Cusco est mondialement connu pour les ruines Incas du Machu Pichu, septième merveille du monde tout de même. La ville est à un peu plus de 3000m d’altitude entouré de montagnes. Cette ville a une véritable histoire (fondé par les incas) et a un charme fou. On a vraiment envie d’y séjourner même si c’est très touristique. Dans la rue on a le choix, les vendeurs ambulants sont partout pour nous vendre toute sorte de choses plus ou moins légales !

Après ma nuit passée dans le bus, bien dans le « coltard », je cherche un taxi pour m’amener dans le centre ville à la plaza de armas. Ne voulant pas payer le taxi au plein tarif, je trouve Guadaloupe, une argentine de 32 ans qui elle aussi cherche à se rendre au centre ville. Ca tombe bien ! Il est à peine 5h du mat quand on arrive à la place centrale. Il fait un froid de canard. On s’empresse de trouver un hôtel. Le taxi driver nous a proposé l’hôtel Felix pas cher à 12 soles la nuit soit 4 euros chacun en plein centre. On a de la chance, c’est ouvert et l’intendant ne nous fait pas payer de supplément pour le check-in un peu temprano. Complétement morts on refait une nuit en arrivant. Cette journée sera tranquille à flâner dans les rue de Cusco. Quel plaisir… La soirée sera endiablée dans un bar à deux pas de l’hôtel avec un petit concert in vivo puis boîte de nuit. Le surplus de bières ou de brochettes je ne sais pas me scotche au lit une bonne partie de la journée du lendemain ;-(
Option 1 : La plus courte, 3 jours en solo, consiste à prendre un bus de Cusco jusque Santa Maria 5h de route (25 soles), puis taxi jusque Santa Teresa 40 min de route (10 soles), puis taxi jusque Hydrolélectrico 30 min (5 soles). Une fois dans cette dernière il suffit de remonter à pied jusque Aqua Calientes 2h de marche le long des rails. Aqua Calientes se situe au pied du Machu Picchu. Le second jour, monter à pied jusqu’au Machu en 1h30 environ. Passer toute la journée au Machu puis rentrer par le chemin inverse…
Option 2 : Cher, dure 4 jours, c’est via le chemin inca qui amène directement au Machu Picchu. Le problème pour effectuer ce trek c’est qu’il faut réserver à l’avance genre 3 mois avant et même un an avant pour certaines périodes. Hors de portée pour moi qui voyage un peu au pif.
Option 3 : La moins coûteuse mais dure en tout 6 jours. C’est le trek du Salkantay qui mène à Hydrolelectrico. Parfaitement faisable tout seul sans guide contrairement à ce que l’on peut entendre à Cusco. C’est celle que j’ai faite j’y reviendrai plus en détails….
Option 4 : Assez longue, 9 jours je crois pour atteindre le Machu, c’est le trek de choquequirao faisable aussi tout seul je pense.
Il y a sûrement d’autres options mais je ne les connais pas…

Du coup après réflexion, et organisation on part avec Guadaloupe se faire le Salkantay en solo. En calculant bien notre temps, on prévoit de faire 3 jours de marche, puis un jour de repos pour se faire une petite expérience avec le cactus san pédro, puis on reprend la marche pour un jour et le 6 ème jour on se fait la journée au Machu Picchu et le lendemain retour à Cusco. Il faut préparer tout ce trip à l’avance car lors de la visite du Machu Picchu, je veux absolument monter au Huyana Picchu (sommet qui domine le Machu Picchu). Et pour cela il y a un nombre de places limité par jour réparti sur 2 créneaux un à 7h et l’autre à 10h (400 places en tout par jour et ça part comme des petits pains). Pour cette ascension il faut s’y prendre au minimum 3 jours avant (réserver au ministère de la culture) et il faut ajouter 10 dollars au prix de l’entrée du Machu Picchu qui est de 50 dollars.

Premier jour il nous faut nous lever après 3h de nuit pour prendre un taxi qui nous emmène dans le rue d’Arcopata dans Cusco où il nous sera possible de prendre un minibus pour nous emmener au début du trek dans le village de Mollepata à 2h de route. Tout se goupille bien à peine arrivés à 4h30 du matin dans la rue en question, on part en minibus pour Mollepata. Avec un peu de chance, il s’avère que le conducteur du minibus est un guide qui fait ce trek habituellement. Il nous expliquera toute la théorie du trek avant le grand départ. On a 5 jours d’autonomie en nourriture plus 3 litres d’eau chacun, les sacs sont un peu lourd mais ça se fait bien… A Mollepata on s’offre un petit plaisir avec un petit déjeuner dans un resto et on entame le chemin. Le premier jour n’est pas évident parce que l’on est pas mal chargé et ça monte doucement mais sûrement tout le long. La marche du premier jour sera la plus longue, juste 8h30 de marche alors que la nuit fut de 3h dur dur. Guadaloupe qui n’a pas l’habitude de marcher des masses lutte un peu dans les quelques grimpettes un peu raides. J’en viens même à prendre son sac par moments pour avancer. Le finish est vraiment dur pour elle, ça me fait un peu peur pour la suite… On arrive dans le camp de repos de Soraypampa à 3450m juste un peu avant la nuit qui tombe très vite ici dès 6h du soir. Ce sera le camp le plus en altitude du trek, ça caille méchant. Bien mort, on s’endort comme des crêpes en sachant qu’il faut se lever tôt le lendemain pour le jour le plus dur apparemment.


Le lendemain levé 6h pour attaquer l’ascension du col du Salkantay à 4637m. 1000m de dénivelé à faire, 3h sont normalement nécessaires pour cette montée. Ce qui change la donne c’est le poids de nos sacs qui dépasse largement ceux des autres touristes qui sont avec des guides car tout leur chargement sont sur dos de chevaux. Pour ma part je ne rencontre aucune difficulté, je me sens même en super forme à cette altitude après l’ascension du Huyana Potosi (6088m) en Bolivie une semaine plus tôt. Ce qui n’est pas le cas de Guadaloupe qui après 5 minutes de montée commence déjà à cracher ses poumons. J’ai chargé mon sac un peu plus que le sien pour l’aider mais l’effet n’est pas au rendez-vous. Du coup je pars de l’avant et je monte à mon rythme en suivant les porteurs avec leurs chevaux qui tracent comme il faut. Je mets 1h30 à monter jusqu’au col au lieu de 3h ce qui me permet sans perdre de temps de déposer mon sac et de redescendre tout ce que j’ai monté pour aller chercher Guadaloupe qui n’a gravi que 1/3 de la côte en 2h. Elle avance à une lenteur sans précédent. Elle a le mal d’altitude et son cœur palpite au moindre effort. Je prends son sac sur toute la montée en l’encourageant. Tous les 20 mètres elle doit s’arrêter. On finit par arriver au bout après 4h au total. Dur dur mais on l’a fait. Maintenant c’est que de la descente, ce qui posera moins de problèmes. On se fera 4h de descente pour arriver dans le bled de Chaullay perdu dans les montagnes. Apparemment il y a eu des vols et des agressions sur ce trek, on est donc obligé de dormir dans les villages. Ce qui nous vaudra au moins le luxe d’une petite bière en plein trek.
Le troisième jour il n’y a que 5h30 de marche. On prend donc tout notre temps avant de partir. On démarre vers 10/11h tranquilou. La marche est sympa, tout en descente, on longe un fleuve toute la journée pour arriver dans le village de Lucmabamba où l’on se reposera le lendemain.
Le quatrième jour est le jour de repos du trek qui était optional en fontion du san pédro. Le san pédro est un cactus du Pérou qui pourrait être assimilé à une drogue en Europe mais ici c’est parfaitement légal. On est allé se procurer de la poudre de San pédro (une grande cuillerée chacun 10 soles) au marché avant de partir. Du coup après une petite balade matinale dans le village, on part s’isoler en contrebas. L‘accès est super difficile, on passe par un pan de montagne éboulé. Une fois arrivés là-bas, on se fait un petit feu. On est seul au monde parfait pour expérimenter le cactus. Guadaloupe me montre sa technique pour chauffer de l’eau avec une bouteille en plastique. Ca marche tellement bien que la première tentative s’avouera être une catastrophe. La pression dans la bouteille est telle que quand elle l’ouvre, la bouteille explose avec l’eau bouillante et est projetée à plusieurs mètres (vidéo à l’appui !).

Il nous faut recommencer en faisant chauffer moins longtemps cette fois. La deuxième tentative sera la bonne ce qui nous permet de mélanger l’eau chaude avec la poudre de San pédro. Le mélange est infâme, la substance est bizarre. Il nous faudra nous boucher le nez comme pour un médoc tellement ce n’est pas bon. Deux heures plus tard les effets se font sentir et l’on se retrouve dans un monde assez surprenant. Où l’on se sent en parfaite communion avec la nature. Aucune hallucination, seulement un bien être à profiter de la nature. Vraiment agréable comme effet. Ce n’était vraiment pas violent en tout cas cette fois-ci. L’effet dure plusieurs heures environ 3-4h. Il n’y a aucune perte de moyen comme avec l’alcool par exemple. C’est tout doux et très agréable… A la tombé de la nuit il nous faut remonter au village. Freddy chez qui l’on dort nous offre un petit apéro. Voilà une journée reposante à souhait après ces 3 jours de marche non stop.

Le lendemain Guadaloupe part de l’avant car il y a à nouveau un sommet à gravir avec un peu moins de 1000m de dénivelé mais à altitude moindre en dessous des 3000m. Ce qui devrait poser moins de problèmes. Ce qui me permet de marcher à mon rythme. Avec son 1h30 d’avance, je la rejoins à la fin de la descente un peu avant d’arriver à Hydroélectrico au bout de 3h. Ensuite l’on marche jusqu’Aqua Calientes à 2h supplémentaires le long des rails. Arriver dans la civilisation (dans une ville avec des voitures), on se trouve un petit hôtel à 15 soles la nuit chacun. Le luxe ça faisait 5 jours que je ne m`étais pas lavé. Quel pied ! Petite visite de la ville ultra touristique, petit restaurant et au lit car le lendemain on attaque le Machu Picchu de bonne heure.



Il nous faut quitter Aqua Calientes à 4h30 du matin pour être à l’ouverture du Machu Picchu à 6h. Il nous faudra 1h15 pour monter au sommet de la montagne où se trouve le fabuleux site archéologique. Une ville Inca entière située au sommet d’une montagne grandiose. Le Machu Picchu (Montagne vieille en quechua langue des incas) a été découvert en 1911 seulement. On peut apercevoir toute la connaissance d’irrigation des incas, les croyances avec les sites de sacrifices, les bâtiments orientés vers le soleil… c’est impressionnant ! Cela date du 15ème siècle. Etant donné que l’on a l’entrée pour le huyana Picchu (montagne jeune), à 7h on traverse le site rapidement pour atteindre l’entrée de celui-ci. Et nous voilà repartis pour une ascension sur cette montagne sacrément à pic. 400m de dénivelé supplémentaire et nous voici au sommet. J’arrive en premier au sommet ce qui me permet de profiter quelques minutes tout seul de la magie du site. C’est fabuleux on surplomble tout, dont le Machu Picchu qui paraît tout petit. C’est franchement magique, le Huyana Picchu est absolument à faire si l’on fait le Machu Picchu. On restera près de 4h sur cette montagne sans voir le temps passer tellement c’est grandiose. On se dirige ensuite sur le huichuy picchu qui est un sommet un peu plus petit qui donne un autre point de vue sur le Machu Picchu. Ensuite on rentre de nouveau dans l’arène du Machu Picchu. On visite sans relâche jusque la fermeture à 17h. C’est impressionnant comment les roches sont taillées, emboitées, sculptées… quel plaisir ! Après cette longue visite il nous faut redescendre sur Aqua Calientes.
Le lendemain ne sera pas la meilleure des journées. Il nous faut entamer la marche retour de 2h le long de la voie de chemin de fer pour atteindre hydroélectrico. Choper un taxi pour Santa Teresa puis un autre pour Santa Maria et enfin un bus pour Cusco. Un peu galère mais ça vaut tellement le coup ce Machu. Depuis le début du voyage, c’est l’un des sites que j’ai préféré jusqu’à maintenant avec les chutes d’Iguaçu en Argentine/Brésil, le glacier Perito Moreno en Argentine et le salar de Uyuni en Bolivie.

Le dernier jour à Cusco j’en profite pour voir un peu plus de ruines incas. Je passe par un tour pour aller plus vite même si cela ne m’enchante pas. Début de la visite, on va dans le village de Chinchero pour apprendre comment se fait l’artisanat péruvien. Ensuite on se dirige vers les terrasses de Moray qui sont des terrasses faites par les incas dans une cuvette en forme de cercles. Ce qui leur permettait de faire de l’agriculture avec différents micro climats (notamment différentes sortes de patates et mais). Avec un système d’irrigation qui permet de récolter en saison sèche et en saison humide.

Par la suite on se dirige vers les salines de Maras. Il a plus de 400 petites parcelles et chacune appartient à une famille du village. La taille des salines correspond au nombre de personnes dans la famille. Ce sel provient d’une source d’eau salée et avec un système de canal ingénieux : ils remplissent chacun leur petit bassin pour récolter le sel en saison sèche.

L’après midi je change de tour et je fais la visite de quatre ruines (Saqsayhuaman (temple sur les hauteurs de Cusco), Tambomachay (tour de défense inca et lieu de pèlerinage, purification avec une fontaine), Pukapukara (tour de défense inca) et Q’enqo (lieu de sacrifice inca)) autour de Cusco qui à mon goût ne valent pas la peine. C’est beaucoup plus touristique qu’intéressant et en plus c’est cher (70 soles pour l'entrée sur les 4 sites + 15 soles transport + guide)!
Après cette journée complète je pars en vitesse au terminal de bus pour prendre un bus de nuit en direction d’Arequipa. Avec un petit regret de ne pas avoir pu faire la vallée sacrée avec quelques ruines intéressantes, mais il me fallait un jour de plus pour cela.
Superbe!!je crois que comme ton amie j'aurais eu du mal a grimper;) bisou de Paris ou le soleil arrive enfin....mais ca ne vaut pas ton trip!:) alexandra
RépondreSupprimer