mardi 10 avril 2012

Mendoza


Ça y est j'ai attaqué la partie désertique. La route entre Santiago et Mendoza est magnifique, on traverse toute la cordillère des Andes, d’où son nom la route des Andes. Le paysage est montagneux la route monte à plus de 3000m sans forcer. On peut apercevoir au loin le sommet le plus haut d’Amérique du Sud : l’Aconcagua 6962 m. Les montagnes passent du marron, au noir, au rouge, au blanc…

7h de bus tout de même pour arriver à Mendoza. J’ai prévu de faire du couchsurfing à nouveau chez un couple de 28 ans. Je ne mettrais pas moins de 3h a trouver la maison. Ici une même route peut être en plusieurs tronçons. Il faut que je fasse des détours énormes avec mon sac pour trouver l’autre morceau de la route qui porte le même nom ! Le comble c’est que l’adresse qu’elle m’a donnée existe en double dans cette ville ! Manque de pot je suis à l’autre bout de la ville à 22h. Je dois me résigner à prendre un taxi pour arriver enfin.

Le petit séjour chez eux va m’apprendre à vivre à l’argentine. Ils ne  se couchent jamais avant 2h du matin. Sans rien faire réellement. Lorsqu’ils sortent,ils vont dans les bars vers 1h du mat, en boite vers 3h et font l’after à partir de 6/7h !
La première journée sera récup pour changer ! Je me lève encore une fois bien tard pour ensuite me faire une petite visite de la ville tranquile. Le deuxième jour je vais à Coquimbito à 30min en bus pour aller faire la tournée des bodegas. En effet Mendoza et la capitale du vin en Argentine, donc il faut que je goutte ça…Je loue un vélo et c’est parti.  J’entame par la visite d’une fabrique de chocolat et d’huile d’olive où je ferais une bonne petite dégustation dont entre autre un shoot d’absinte à 75 degrés. Après je vais me faire une visite guidée en espagnol du musée del vino. Mon espagnol est encore loin d’être parfait après ces 2 mois intensif mais j’arrive à capter un petit peu de la visite. Histoire du vin argentin, visite des vignes et du process de fabrication. Bien entendu dégustation gratuite à la fin (et pendant ;-) d’ailleurs). Après je me dirige vers Carinae une bodega tenue par des français. Je commence à en avoir marre des cartes à touriste sans échelle. Les distances sont complétement faussés, ce qui est à 10 min sur la carte se retrouve à 40 min ! Mais au bout du compte j’ai de nouveau le droit à une petite visite en français cette fois. A la fin je me choisis une dégustation de la gamme de Malbec. Et il est déjà l’heure de rendre le vélo. Arrivé chez le loueur, j’échange mon vélo contre un apéro et une bouteille de vin pour moi tout seul. Pour ne pas boire tout seul, je m’installe avec un colombien qui bosse en Argentine. Un allemand nous rejoindra. Bien attaqué, on reprendra le bus pour retourner sur Mendoza. L’allemand m’invitera dans son auberge pour faire la fête un peu plus tard.
Le lendemain je ne vais encore pas être constructif, je vais me faire une ballade du grand parc Saint Martin de Mendoza avec ma couchsurfeuse et ses amis. Je profite aussi de cette journée pour commencer à chercher un bateau pour traverser le pacifique sur les sites internet. Ca prend un temps fou de mettre son profil à jour, une fois en anglais, une fois en francais, s’en suit les recherches. Ce n’est pas gagné !
 
Le lendemain après une courte nuit, je repars en direction de la route des Andes avec un bus. Je veux aller voir El puente del Inca situé à 160 kms de Mendoza. C’est en fait une arche naturelle recouverte de concrétion calcaire de couleur jaunâtre et blanche. Ne voulant pas rentrer en bus je fait du stop sur le parking. J’arrive à trouver une voiture pour Mendoza. Nikel ! Mais avant de rentrer on se fera le cristo redentor perché entre la frontière du Chili et de l’Argentine à 4200m. Sur la route du retour on fera un petit crochet par le cimetière des andinistes. Les morts de l’ascension de l’Aconcagua sont réunis ici. Un peu troublant, il y en a un de 2012 ! 

Le lendemain je quitte Mendoza pour partir vers le nord. Direction San Juan en bus. Je voulais faire du stop mais Mendoza est tellement grand, je sens la grosse galère pour sortir de la ville….

mercredi 4 avril 2012

4 jours à Valparaiso

Valparaiso est une ville sacrément populaire et une ville d'artistes. Je dirais que c’est le Marseille du Chili. C’est une ville assez étonnante à ne pas manquer au Chili parce qu’elle est montée sur une 20aine de monts. La ville est tout en hauteur organisée on se demande comment, avec des maisons de toutes les couleurs. Il ne vaut mieux pas compter le nombre d’escaliers. Au plus on s’enfonce vers les hauteurs plus c’est craignosse.


 Je vais à nouveau faire du couchsurfing pendant ces 4 jours. Ayant vu le profil de Gene un peu génération rebelle sur le site, je sais à quoi m’attendre. Mais j’ai ce pressentiment que je vais vivre quelque chose de différent. Son appart est situé en plein dans le centre de Valpo, à Bellavista. Après 2h de bus, je suis impressionné par cette ambiance de ville populaire. Beaucoup de monde dans la rue, d’une classe sociale décidément bien plus basse qu’à Santiago. Je monte dans un petit bus pour me conduire dans le quartier de Bellavista. Ca grouille de monde. Je n’ai que quelques escaliers à monter pour enfin arriver à bon port. Le problème c’est que Gene n’est pas là et qu’il n’y a pas de sonnette. Je fais donc demi-tour et je me mets à discuter avec 2 personnes qui squattent les escaliers. Par chance après un petit pito, ils me font rentrer chez la voisine de palier de Gene qu’ils connaissent. 
On boira un petit thé en attendant. Très bonne ambiance, très babacool ! La Gene arrive enfin avec une autre couchsurfeuse qu’elle loge elle aussi depuis quelques jours. Son appartement est bien précaire mais c’est mieux que rien. Les deux filles m’annoncent qu’elles veulent faire de la peinture  et prendre des photos cette après midi à l’appart. Je ne me pose pas trop de questions. Et quelques heures plus tard débarquent deux jeunes hommes, le peintre et le photographe. En fait chacune leur tour vont se faire peindre le corps dans le salon seins nues pour faire des photos artistiques. Assez original dirons-nous ! L’ambiance est sympa, elles poseront jusqu’à minuit. Après cette session direction la soirée de l’école de Gene. Soirée étudiante sur le port. Les autres jours seront tranquilous à visiter la ville pendant 2 jours. J’ai fait un petite visite gratuite de la ville (centre, cerro Alegre, cerro Concepcion), je suis allé visiter la maison de Pablo Neruda, fait la grande brocante et encore fait un peu la fête…

Après cela je retourne sur Santiago qui sera juste une escale pour aller de l’autre côté de la frontière à Mendoza. J’irai dormir là où dort Sarah en couchsurfing m’étant fait planter à la dernière minute par un couchsurfeur. Sarah m’ayant donné de mauvaises indications je me retrouve à attendre dans le mauvais parc à Santiago vers 21h. 2 jeunes m’aideront pour téléphoner et m’amèneront dans le bon endroit pas si loin. Super sympas les types on squattera tranquillement en attendant la demoiselle ! Encore un peu loin d’où elle habite il nous faut reprendre un bus parce que plus de métro à cette heure là. Enfin arrivé à l’appart, la fille qui nous loge nous attend avec des bières au frais… quelle journée !

Tout compte fait je vais rester une journée de plus à profiter de la piscine de l’immeuble qui est fort bien agréable. Je pars avec Sarah qui elle va sur Pucon au Sud, tandis que moi je pars pour Mendoza…

4 jours à Santiago

 Je me décide enfin à quitter Pucon après m`être laissé un peu aller. Le logement était cool et pas cher ce qui ne m'a pas aidé à me bouger. Pour aller à Santiago je vais faire du stop jusqu'à Temuco, une ville à une bonne heure de route. Le conducteur bien sympa me conduira au terminal de bus pour acheter mon billet pour aller à Santiago directos dans la nuit. Pour attendre le bus, je patiente avec eux en me baladant dans un centre commercial. Jusque là rien de fabuleux!
Et là après une petite heure de marche tranquille dans le mall je sens une drôle de sensation qui m'était encore inconnue. Mes jambes bougent toutes seules alors que je suis à l'arrêt. Je regarde autour de moi et tout se met à bouger dans le magasin. Tout le monde s'est arrêté de respirer, plus un bruit dans le mall, les têtes se décomposent... Je sens des grands va et vient (de 50cm à 1m de gauche à droite et de bas en haut) pendant une bonne dizaine de secondes et ça s'arrête. Quelque verres cassés, le tremblement de terre est fini! Etant à Temuco, je me trouve assez loin de l'épicentre (à Talca 7.2 sur l'échelle de Riechter) mais la sensation de tout le bâtiment qui bouge est assez effrayante. Paradoxalement je suis content d’avoir ressenti la terre qui bouge. 

Depuis le 27 février 2010, les gens ont été traumatisés par le tremblement de terre de 8.8 qui a frappé Santiago. Depuis à chaque secousse, les chiliens paniquent. Ne sachant pas trop quoi faire quand ça bougeait, même si l'envie de courir pour sortir du bâtiment me démangeait, je suis resté immobilisé à tenter d'attraper quelque chose pour rester debout comme faisaient les gens autour de moi. Une fois que le sol a arrêté de trembler, tout le monde s'est dirigé vers la sortie plus ou moins tranquillement. Ils ont peur des répliques! Ni une ni deux avec mon chauffeur et sa femme, on repart direction le terminal pour que j'aille prendre mon bus pour Santiago. Là je rencontre un vieux chilien bien sympa qui m'apprend sa technique pour avoir des trajets pas cher en le prenant au tout tout dernier moment.

Après une nuit dans le bus j'arrive à Santiago où j'ai prévu de faire du couchsurfing. Ce sera la 2ème fois dans le voyage après Buenos Aires. Je trouve ça plutôt pas mal dans les grandes villes, ça permet d'une d'être logé gratis et de deux de rencontrer de personnes locales qui peuvent nous faire découvrir la ville de l'intérieur. Pour la première nuit à Santiago j'ai trouvé Fernanda une petite étudiante en droit qui habite en plein dans le centre. Une autre couchsurfeuse américaine Sarah est là aussi. Le premier jour à Santiago sera visite du centre, balade sur le cerro San Cristobal qui domine la ville ultra polluée. On ne voit même pas le bout de la ville tellement c'est grand et pollué! Les montagnes qui entourent la ville sont difficilement visibles. Après 2 mois à être dans des petites villes le choc est assez fort. Tous ces bruits stridents, le métro où tout le monde fait la gueule, les foules de gens qui traversent au feu vert... Je ne serais pas mécontent de quitter de nouveau cette ambiance. Mais bon qui dit grande ville dit fiesta. Ca tombe bien ça fait longtemps ! Le soir même direction la rue Pio Nono avec Sarah. Par hasard je vais rencontrer Guillaume l’un des deux français avec qui j’étais sur l’ile Chiloé. On fera la fête gentiment jusqu’à 4h du matin. Le lendemain  je récupère en dormant jusqu’à 16h comme au bon vieux temps…
J’ai trouvé un autre endroit en couchsurfing pour passer mes 2 prochaines nuits. Je suis acceuilli par un couple d’étudiants français qui font un semestre à Santiago. Petit appartement placé en cœur de Bellavista. Le quartier des bars ;-). Bonne nouvelle, j’ai enfin pu réparer mon écran de pc qui été cassé pour la modique somme de 60.000 pesos chilien soit 90 euros. Le mercredi soir ce sont les soirées qui commencent. Pour débuter la soirée on s’incruste avec mes 2 « colocs » dans un pot pour déguster le vin chilien. Ca tombe bien on avait soif ! Puis direction un petit bar dans la rue pio Nono pour manger et ensuite on se dirige vers la soirée couchsurfing de la semaine où il y a justement Sarah avec qui on avait prévu de se rejoindre. On ne restera pas longtemps juste le temps d’embarquer la petite avec nous pour aller en boite (gratuite pour les étrangers avant minuit). A la bourre de 5 minutes, je vais quand même devoir payer mon entrée. Damned ! On fera la fête jusqu’à la fermeture à 5h/6h. Voila une petite soirée bien sympathique. Le lendemain il est temps de quitter Santiago pour Valparaiso dur dur le réveil!

mercredi 28 mars 2012

De retour au Chili à Pucon

Après une heure de stop sans succès pour quitter Bariloche, je retourne à la gare routière pour me renseigner sur les bus qui vont sur Saint Martin de los Andes par la route des 7 lacs. A peine arrivé au comptoir je me fait interpeler par Rahel une allemande que j'avais rencontrée 2 semaines auparavant sur l'ile de Chiloé au Chili. Elle est avec sa copine Linn et veulent aussi aller à Saint Martin de los Andes. Ca tombe bien ! On retournera faire du stop à 3 où je laisse les filles tendre le pouce. Ca  fonctionne toujours mieux quand ce sont des filles. Mais l'endroit n'est vraiment pas top pour faire du stop. Elle finissent quand même par trouver une voiture qui nous conduira à Villa Angustura à mi-route environ. On se remotive pour de nouveau faire du stop. Il nous faudra pas moins de trois voitures pour arriver à bon port à Saint Martin de los Andes non sans mal. La dernière est une voiture de pompier qui tombera en panne. On se fera tracter par un camion qui s'est proposé de nous aider.Le soir on se fera la tournée des bars avec Linn. Pas très compliqué il n'y en a que 2.
 Le lendemain on s'est décidé pour faire une petite ascension de 2h. Pour se rendre sur le site on galère un peu à faire du stop sur un chemin où il n'y a personne. On finit par se faire prendre par une voiture de police qui nous conduira juste devant l'entrée du parc. Le temps est pas terrible, on repousse l'ascension au lendemain. On se fera un petit camping sauvage, avec un petit feu, un peu de jonglage... Le lendemain le temps est toujours aussi pourri donc on rentre sans avoir fait grand chose. 4 jeunes argentins nous ramèneront en ville, on passera la soirée avec eux dans leur maison et on mettra notre tente dans leur jardin.
Le lendemain je quitte ce petit monde temprano. Le bus est à 6h du mat, sympa quand on se couche à 4h ! Je me dirige de nouveau vers le Chili. Je vais directement à Pucon. Petite ville super sympa, très touristique. C'est une petite station balnéaire donnant sur un lac entourée de 6 volcans et de plusieurs thermes naturelles. Le premier jour sera ballade tranquile dans la ville avec mon petit vélo de l'auberge. 
Le lendemain je me suis pour la première fois offert un tour touristique d'une journée. Ca consiste à faire l'ascension du volcan Villarica (2847 m) en activité. On est obligé d'avoir un guide car il y a une partie glacée. C'est d'ailleurs sur laquelle il y a eu 2 morts il y a 2 semaines. Le temps a changé d'un coup, coincés dans la tempête les 2 touristes se sont perdus et ont dévalé la montagne glacée. On part le matin à 7h du mat, le temps n'a pas l'air terrible de Pucon mais tout compte fait ce sont des nuages de basse altitude. Arrivés au parking au pied du volcan, les guides font un speech sur le temps qui fera reculer la moitié du groupe. Ca tombe bien on était un peu nombreux. Il y a soit disant pas mal de vent today. On est une 15 aine à monter quand même. L'ascension prendra 5h à un rythme d'une lenteur ! Habitué à marcher ces derniers temps, c'est vraiment une balade tranquile.

A la moitié on arrive à la partie glacée. On met nos crampons, un surpantalon, une veste coupe vent et on prend notre piolet pour aller titiller la glace. On doit avoir 500m de dénivelé à faire avec les crampons. Le guide nous apprend avant de monter les situations d'urgence si on tombe, comment s'arrêter ? Quelques personnes un peu flippées ne monteront pas. Moi depuis le temps que je vois des glaciers sans pouvoir marcher dessus, je me régale... La pente est sévère par endroits mais ca accroche vraiment bien. Une fois au sommet on ne pourra pas rester plus longtemps que 5 minutes parce que les émanations de souffre nous empêchent de respirer normalement. Le trou du volcan fait 200m de profondeur, impossible de voir le fond. C'est vraiment impressionnant ! Pour le retour on se vêti d'une culotte et c'est parti pour descendre toute la partie glacée sur le cul. Ce petit trek d'une journée était vraiment sympa.
Après cela, je me suis fait un nouveau petit parc national: Huerquehue. Sur 2 jours avec un petit camping sauvage autour d'un lac. Sympa mais pas transcendant surtout après les treks des derniers jours.



mardi 20 mars 2012

Une autre semaine à Bariloche (Argentine)

Après 2h de bus, et une belle route de montagne, j'arrive à Bariloche (900m d'altitude). C'est la ville de la montagne par excellence. Ultra touristique mais j'arrive pendant la saison la plus basse entre le plein été et l'hiver. Le hasard fait bien les choses. On dira que c'est le Courchevel de l'Amérique du Sud avec ses chalets en pierre et en bois, avec ses fabriques de chocolats prêtes à régaler les touristes (180 pesos soit 36 euros le kg de chocolat tout de même!) et ses glaces... A la base ce n'est pas trop ce que je suis venu chercher, c'est surtout encore un peu de rando dans les montagnes.
Le jour de mon arrivée je vais me renseigner sur ce qu'il est possible de faire et visiter la ville tranquillement. Je me repose les jambes après les 5 derniers jours de randos intenses à El Bolson. En sortant de l'office de tourisme je rencontre Rémi un routard francais comme moi de 29 ans avec qui je sympathise bien. On se décide de partir le lendemain pour 5 jours de trek pour faire le circuit des 4 refuges de Bariloche et finir par le parc national llao llao.
Cette première nuit à Bariloche je me fais le petit luxe d'une auberge de jeunesse très sympa. J'irai boire des bonnes bières locales avec 2 allemandes sympathiques dans un bar. Dans la même soirée, j'ai aussi rencontré un israelien un peu plus vieux que les autres que l'on rencontre habituellement (21 ans après le service militaire de · ans). Il a 29 ans et était militant politique en Israël. Pour ça il a fait 5 mois de prison étant plus jeune...
Le lendemain c'est parti pour une journée de rando soft. j'ai encore les courbatures de la rando d'El Bolson. On part pour le refuge Frey (1700m). Il nous faudra 3h de marche en montée tranquille (normalement 3 à 4 h). Le lendemain on rejoint le refuge suivant sur un rythme bien plus soutenu en 3h (normalement 5 à 7h). C'est le refuge San Martin. Tous les refuges sont à peu près à la même hauteur mais à chaque fois une ou deux barrières de montagnes à gravir.Pour celui-ci un seul sommet à 2100 m suffira à en venir à bout.
Le jour suivant on s'attaque à une rando qui nécessite un guide en temps normal. Le chemin est vraiment pas facile à trouver et en plus on sera les seuls à faire cette traversée jusqu'au refuge Italia. La route est longue. Il faut monter à un premier sommet avec une partie en escalade une fois en haut il faut tenter de trouver le chemin que l'on nous a précédemment expliqué avec des photos et repérer le pic vers lequel il faut se diriger. Ensuite une descente mortelle où l'on passe de plus de 2000 moins de 1000m et ensuite il faut remonter au refuge à 1700m. Tout ca en 5h (normalement entre 7 et 9h). Par contre la vue au sommet est de 360 degrés et vaut vraiment le coup.


L'avant dernier jour il nous faudra 3h pour arriver au refuge Lopez oú l'on s'arrêtera juste pour manger pour redescendre tout en bas dans la vallée de Bariloche en 2h. Cette journée sera faite de 2 sommets à plus de 2000m et bien sûr les descentes qui vont avec pour bien casser les genoux...

Par contre les vues sont de toute beauté. L'une sur toutes les montagnes environnantes et l'autre sur toute la baie de Bariloche. Une fois en bas on se retrouve dans le parc national parc Llao llao oú l'on finira par camper à la sauvage dans le parc national sur la plage. Le dernier jour tranquille on fera le petit mont de Llao llao avec une superbe vue de la baie à nouveau mais sous un autre angle.
Tout ça encore sous un soleil de plomb durant ces 5 jours, quelle chance!

lundi 19 mars 2012

Une semaine à El Bolson (Argentine)

Après ce voyage de 2 jours pour atteindre cette ville hippie. Je suis bien bien naze. Pour la première fois depuis un peu plus de 2 mois de voyage, je ressens un bon coup de mou. je me demande ce que je peux bien faire dans cette ville. La fatigue ne m'aide pas à déchiffrer la petite carte de la ville que j'ai pu récupéré dans un Lonely planet. Je n'ai pas envie de demander aux gens mon chemin. Je pense que c'est le fait de se retrouver de nouveau seul face à son voyage... Cette sensation ne durera pas longtemps après une petite heure à errer dans la rue je me décide à aller au camping. Ce sera mon camp de base pour la semaine.
Le premier jour ce sera donc repos avec un bon assado (barbecue argentin), un petit marché sur la place principale et un petit gavage de glace 250g pour 12 pesos (soit 2 euros). Le lendemain je m'échauffe les jambes avec une rando d'une journée sur le cerro Piltriquitron (2260m) qui surplombe la ville. Après 5h de marche j'arrive au refuge qui n'est plus qu'à 30 minutes du col. Mais le temps me fera renoncer à aller plus haut. Je suis trempée et on ne voit strictement rien. Tant pis je serai plus chanceux pour la suite. Bien fatigué après cette montée ardue de 1000m de dénivellé, je sympatise avec des touristes argentins en lune de miel dans le refuge. Ils accepteront de me raccompagner en voiture vers la ville.

Le lendemain tranquille je vais sur Lago Puelo à quelque kms d'El Bolson pour l'après midi. Il y a un parc national sympa. Le soleil est de la partie je rencontre 4 argentins en vacances. Bien sympa, on se baladera dans les petits chemins avec une jolie vue sur le lac pour finir. Avec au bout la frontière avec le Chili.
Les 5 prochains jours seront rando dans les montagnes aux alentours de El Bolson. Ne voulant pas payer le bus pour aller au point de départ  de la rando, je pars à pied. Il y a 3h de marche pour arriver au départ. Après 30 min je me fais prendre en stop par des gens qui m'ont vu partir du camping. Ca me fera économiser quelque précieux pas. Ils me déposent au point de départ. De là 45 min de plat (altitude 320m) puis 3h intenses de montée pour arriver au Refuge Hyelo Azul (4 à 7h normalement à 1380m). Après les quelques jours d'entrainement en rando faits à Ushuaya et à El Chalten, je compte bien y aller fort pendant ces 5 jours. Etant tout seul pas besoin d'attendre personne.
Les pauses seront presque inexistantes, je m'arrêterai seulement pour les sommets ou les bellissima vista. Ce sera mon sport à défaut de faire de la planche... Au refuge je rejoins les argentins de la veille avec qui je passerai une bonne petite soirée. J'ai pris ma tente pour ne pas payer trop cher le logement en refuge. Malgrè la tente, je dois quand même payer près de 30 pesos ( 7 euros) par nuit pour ne même pas pouvoir bénéficier de la douche (15 pesos sup) ou de la cuisine. Je me suis fait un sac le plus léger possible pour ces 5 jours. Aucun rechange et quand même entre 10 et 15 kilo.
La première nuit en montagne sera la plus froide, dans mon petit duvet je me gèle. Le lendemain on attaque les choses sérieuses. Je monte au sommet combre del Barda Negra à 2260m en avec une vue magnifique de 360 degrès. A mi montée il y a un glacier avec un joli petit lac. Au sommet je découvre un autre glacier où je me tente à marcher dessus. Quel bonheur! La descente se fera aussi vite que la montée. Je l'ai fait en peu moins de 4h de marche (normalement 5 à 8h). Le programme n'est pas fini je veux aller dormir au refuge Cajon del Azur (350m d'altitude) en sautant le refuge entre deux sur la route. Une bonne montée et une énorme descente ultra raide qui casse bien les genoux en 3h (normalement 5 à 8h). Arrivé au refuge je suis bien bien mort. 7h de marche à fond dans la journée. Je me fais le luxe de me boire une petite bière locale et une bonne pizza. Le lendemain direction le refuge de los laguitos (1150m). Marche assez facile comparé à la veille en seulement 4h j'y suis (normalement 6 à 8h). C'est le refuge le plus reculé de tous et il est situé sur un site fabuleux. Au milieu des montagnes dans la forêt face à un superbe lac. Je ne m'arrête pas de le prendre en photo. Les couleurs sont à couper le souffle. Je pose ma tente face au lac, je n'ai qu'à lever la tête dans ma tente pour apercevoir les montagnes au levé du jour miroiter dans le lac.
Le lendemain j'attaque la journée la plus musclée malgré les courbatures qui sont apparues. Etant donné que je veux écourter mon trip je vais faire ce que l'on fait en 2 jours en 1 seul. Parti à 8h pétante il me faudra 5h30 pour faire l'aller retour jusqu'au lago escondido normalement entre 7 à 9h de marche. Arrivé au 3 ème lac tout au bout perdu au milieu de nulle part je découvre une petite maisonette avec un veillard. Le vieil homme est super content de voir quelqu'un.Cela fait plusieurs jours qu'il n'a vu personne. Il m'offrira un petit déjeuner, il me fera à manger, me jouera de l'accordéon, me fera voir ses chevaux sauvages, me fera boire sa gnole de cerise tout ça en seulement 2h parce qu'il faut que je reparte pour finir ma dure journée. C'était vraiment tip top cette rencontre à laquelle je ne m'attendais pas du tout. Pas grand monde va jusqu'au 3ème lac.Je remplis mon camel back et je repars difficilement. Je serais bien resté plus longtemps...Mon timing est serré avec cette rencontre inaupinée.
La deuxième partie de la rando sera le cerro año nuevo à 1981m. Il me faudra 3h20 supplémentaires (normalement 5 à 7h) pour en venir à bout et être de retour au refuge pour la tombée de la nuit. Pour arriver au sommet ça n'a pas été facile parce que les balises s'arrêtent à la moitié du chemin. Les marques ont été faites un jour un peu trop enneigé. La fin se termine à éviter une partie glacée et à escalader. Je ne fais pas trop le fier une fois au sommet percher sur mon petit bout de cailloux. J'essaie de me déstresser en essayant de ne pas penser à la descente. Eh oui c'est toujours plus facile de monter que de descendre. Je me fais un bon gueleton en admirant la vue 360. Ca envoie, les jambes dans le vide. J'apercois les 2 premiers lacs du matin. Le 3ème est trop loin pour le voir, caché derrière une autre montagne. Je ne reste pas trop logntemps en haut car je préfère me garder un peu de temps en rab pour la descente ne sachant pas comment ça va se passer. Tout compte fait en prenant mon temps j'arrive à redescendre sans encombre. Quelle journée, je suis HS, après ces 9h30 de marche intensive.
Le lendemain il faut rentrer à El Bolson mais c'est loin surtout que je ne veux pas rentrer par le chemin par lequel je suis venu. Je vais devoir me faire un dernier col qui sera le plus dur du trek. Pas forcément très haut 800m de dénivellé. Mais le chemin est horrible. Il n'est presque pas emprunté et ca monte ultra raide dans un minuscule chemin boueux dans des bambous. Horrible, je manque de tomber presque tout le temps, je n'arrive meme pas à filmer en avançant tellement je lutte. Mais comme j'étais prévenu à l'avance de la difficulté j'essaie d'en finir le plus vite possible. J'y viendrai à bout après 50 min de montée infernale en tentant de ne pas m'arrêter pour pousser mes limites. La montée se fait normalement entre 1h30 et 2h selon le rythme.


Après s'ensuit un jeu de piste dans les bambous encore et toujours. Sur le chemin je finis par trébucher une bonne fois, et là tout le corps vers l'avant je tombe comme une crêpe sur le ventre. Heureusement je suis tombé dans le chemin je ne m'écorche qu'un tout petit peu au niveau des poumons avec un satané petit bout de bambous. Encore un peu il me transperçait, mieux vaut pas y penser! Je repars  de plus belle un peu en sang mais bon je veux en finir avec ces bambous. Il me faudra 4h20 pour atteindre le refuge sur la route (7 à 9h normalement). Après une petite pause maté (thé argentin) au refuge etanco blanco et il me faudra 3h supplémentaires au lieu de 4 à 5h pour arriver à la civilisation : une route goudronnée.Ca y est la rando de 5 jours sous un ciel sans aucun nuage est finie. J'aurais bien poussé mes limites...
Le lendemain je ne perds pas de temps est je pars pour Bariloche en bus.